FDSEA

Jérémy Decerle, président de Jeunes Agriculteurs

« Redonner un cap »

Publié le 24/01/2019

Dans un discours énergique aux propos parfois fleuris, Jérémy Decerle, président de Jeunes Agriculteurs, a dénoncé quelques absurdités, et appelé, en filigrane, à remettre un peu d’humanité dans les politiques agricoles et les relations commerciales.

« Le renouvellement des générations, l’installation, la transmission des exploitations, sont les fers de lance des Jeunes Agriculteurs, et un enjeu prioritaire », introduit Jérémy Decerle. Pour relever ce défi, le syndicat a cherché à améliorer l’accompagnement des porteurs de projets : « La Dotation jeunes agriculteurs (DJA) a été renforcée, ce qui permet à chaque jeune de consolider le financement de son projet, alors que le coût de reprise des exploitations a fortement augmenté. Et nous avons aussi effectué un travail sur l’accompagnement humain des porteurs de projet. » Préparer à la transmission les nombreux agriculteurs qui vont partir à la retraire est une lourde responsabilité : « Chaque agriculteur qui arrive à la retraite doit bénéficier d’un accompagnement digne de ce nom, nous devons dorloter nos anciens ! » La Pac a besoin d’un sillon Mais les Jeunes Agriculteurs vivent aussi au présent. Et, alors que l’équilibre économique de leur affaire est encore fragile, ils sont particulièrement concernés par les évolutions de la Politique agricole commune (Pac) : « Avant de se battre sur les montants et les modalités d’attribution des aides, il faudrait redonner un cap, des objectifs clairs à cette politique. Être plus libéral, on a vu ce que ça a donné. Il faut avant tout définir ce qu’est un agriculteur, pour mieux répartir les aides entre ceux qui sont formés et qui respectent les règles, et les autres. Il faudra des outils de gestion des risques. Et mieux intégrer la société à la Pac, donc y mettre un caractère alimentaire. Il faudra aussi être à la fois plus malin et plus humain dans les négociations commerciales. » Autrement dit : « Arrêter d’échanger des avions de chasse contre des kilos de viande pendant que d’autres meurent de faim ailleurs dans le monde. » En France, rappelle Jérémy Decerle, les syndicats agricoles ont été très occupés par les États généraux de l’alimentation : « Nous avons participé à un nombre incalculable de réunions pour défendre les intérêts de la profession. Et nous irons jusqu’au bout, nous irons chercher les acteurs des filières qui ne respectent pas les règles pour que les paysans de ce pays soient respectés. » Enfin, il dénonce les méthodes « irresponsables » de certaines associations : « Il faut cogner fort, avec les méthodes juridiques en vigueur, pour mettre ceux qui nous nuisent plus bas que terre. » Voilà qui est dit !

Section des anciens exploitants du Bas-Rhin

Améliorer le pouvoir d’achat des retraités

Publié le 24/01/2019

La section des anciens exploitants du Bas-Rhin milite pour une revalorisation de 2 % des petites retraites pour 2019. En attendant des avancées plus substantielles.

« Qu’est-ce, aujourd’hui, qu’un agriculteur retraité ? C’est une femme ou un homme qui a beaucoup travaillé, qui s’est investi corps et âme pour nourrir la nation, qui a participé à l’animation rurale de son territoire et qui, maintenant, avec une retraite en dessous du seuil de pauvreté (760 € en moyenne), est un oublié de la nation. » Propos teintés d’amertume de Paul Schiellein, président de la section des anciens exploitants, à l’assemblée générale de la FDSEA du Bas-Rhin. Le représentant des anciens a rendu compte des principaux points défendus devant le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, lors de son passage à Strasbourg : « Un socle minimal de retraite pour tous, retraites actuelles et à venir, de 85 % du Smic, financé par la solidarité nationale ; un régime unique par point financé par les cotisations sociales basées sur le revenu du travail, regroupant l’actuelle retraite de base et la retraite complémentaire obligatoire ; un calcul de retraite sur les 25 meilleures années ». Si ces propositions ont reçu un accueil favorable, leur mise en œuvre n’est pas prévue avant 2023, voire 2024. En attendant, la section des anciens exploitants milite pour une revalorisation des petites retraites à hauteur de 2 % pour 2019 et non de 0,3 % comme prévu. « Que représentent 0,3 % par rapport à l’augmentation de nos charges ? », interroge Paul Schiellein qui revendique une amélioration du pouvoir d’achat des retraités agricoles. Sur le plan local, la section des anciens exploitants a plaidé la cause des retraités auprès des organisations partenaires dans le but de faire baisser les primes d’assurance et les frais bancaires. Elle a participé à l’élaboration d’un guide pour faire face au décès d’un conjoint et à celle d’un dépliant en faveur de la transmission. Par l’achat de tablettes et l’organisation de formations, elle a accompagné ses membres dans l’usage du numérique. Enfin, elle a apporté sa contribution au schéma départemental de l’autonomie élaboré par le Conseil départemental du Bas-Rhin, en défendant notamment le soutien aux aidants bénévoles des personnes maintenues à domicile et l’aménagement du domicile. Alors que les élections à la Chambre d’agriculture sont en cours, Paul Schiellein a appelé l’assistance à aller voter : une question de crédibilité alors que la FNSEA a pesé de tout son poids pour maintenir le collège des anciens exploitants à la Chambre d’agriculture.

Publié le 17/01/2019

Le lycée agricole d’Obernai et les Jeunes Agriculteurs ont organisé une journée dédiée à l’installation des futurs exploitants, mardi 8 janvier. Les lycéens ont touché du doigt une étape capitale de leur projet professionnel.

Après-midi animée dans l’amphithéâtre du lycée agricole d’Obernai. Soixante jeunes en dernière année de bac pro ou de BTS sont réunis pour parler installation avec des professionnels et des experts. « Nous sommes là pour vous donner toutes les réponses dont vous avez besoin », a assuré Julien Koegler, président des JA, à l’origine de l’événement. Le responsable a mis sa casquette de professeur. Cinq groupes d’élèves se succèdent sur scène pendant deux heures. Plus timides les uns que les autres. Les étudiants restituent les travaux effectués durant la matinée. « Ça les entraîne à parler en public, c’est important », estime Simone Hentz, prof de gestion et organisatrice de la journée. Ils présentent d’abord le parcours académique et professionnel de jeunes agriculteurs rencontrés quelques heures plus tôt. Apprendre des expériences passées Bac pro ou BTS ? Stages en entreprise ou journées de formation spécialisées ? Période en tant que salarié agricole ou installation directe ? Le cursus de chaque intervenant est passé au peigne fin. Avec ses forces et faiblesses. « Notre témoin regrette de ne pas avoir suivi de formation en comptabilité », lance une jeune fille assise sur un fauteuil sous les projecteurs. Tirer les leçons de parcours d’installation vécus par d’autres. Voilà l’intérêt de l’exercice. Les jeunes apprennent de leurs aînés et tentent de ne pas répéter leurs erreurs. Ensuite, les groupes livrent leurs réponses à différents exercices théoriques effectués en classe. Étude de viabilité économique d’un projet d’installation fictif et son plan professionnel personnalisé (PPP). Il s’agit en fait d’établir un programme de formations et de stages adaptés à la situation et aux objectifs du jeune en passe de s’installer. « Nous préconisons des formations courtes en pilotage économique d’une entreprise et biosécurité avicole, puis un stage d’un mois dans un élevage », sanctionne un jeune homme. Des experts corrigent. « Vous prévoyez de très bons PPP, mais ils sont difficilement réalisables », note Stéphanie Jehl, conseillère à la Chambre d'agriculture. Comme ce menu de formations et stages sur deux ans censés préparer un père de famille au chômage à reprendre une exploitation maraîchère. « Vous pensez qu’il pourra passer deux ans en stage avec une famille à charge ? », titille le professeur Koegler. Certaines réalités échappent encore aux jeunes. « Ils savent qu’ils vont s’installer, sans plus » Voilà l’avantage d’inviter des agriculteurs à animer la journée. « Là c’est du concret, explique Marie-Laure Couvet, enseignante de zootechnie. Si on avait fait ces exercices en classe, ils les auraient pris comme une énième activité théorique. » Cette après-midi, les élèves restent concentrés jusqu’au bout. « Cette journée leur permet de se poser les bonnes questions », estime Simone Hentz. Ces jeunes sont encore très détachés du sujet. « Ils savent qu’ils vont s’installer, sans plus », confirme la prof. Normal. À 17 ans, difficile de se projeter sur du moyen terme. « J’ai plein d’idées, mais rien de précis, témoigne Théo Wollenburger, en terminale bac pro. Je veux juste me lancer dans la vie active au plus vite. » Un sentiment partagé par de nombreux camarades. En témoigne cet échange en fin de session. « Alors, après cette journée, qui est encore motivé pour s’installer ? », demande Julien Koegler. Dans les gradins, presque tous les jeunes lèvent la main.

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