Assemblée générale de la FDSEA. Rapport d’activité 2018
La sécheresse, pour ne rien arranger
Assemblée générale de la FDSEA. Rapport d’activité 2018
Publié le 24/01/2019
La sécheresse n’a fait qu’ajouter aux difficultés rencontrées par les agriculteurs en 2018. Pour la FDSEA du Bas-Rhin, l’un des nombreux chantiers de l’année a consisté à limiter ses conséquences sur un revenu déjà fragilisé par la conjoncture.
« Dans une période d’incertitude pour l’agriculture, le réseau FDSEA s’est mobilisé plus que jamais pour vous accompagner et bâtir un nouvel environnement avec moins de contraintes, plus de prix », a déclaré Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, en ouvrant l’assemblée générale du syndicat, vendredi 18 janvier à Kurtzenhouse. Avant de dérouler, en images, le compte rendu des actions syndicales menées durant l’année écoulée, il a tenu à rendre hommage à Jean-Paul Bastian, disparu voici moins d’un an. Rappelant sa contribution au développement de l’agriculture régionale, qu’il « a marquée de son empreinte » et son « côté visionnaire », qui l’ont poussé à anticiper sur les mutations agricoles en cours. La défense du revenu En 2018, la mobilisation syndicale a porté sur la défense du revenu et de l’outil de production. Elle a pris différentes formes : opérations coup de poing dans les grandes surfaces, sensibilisation des pouvoirs publics et des élus aux distorsions de concurrence, travail de fond pour limiter les normes excessives ou l’impact des grands projets… Mais il a fallu, en plus, gérer les aléas climatiques, en particulier la sécheresse. La FDSEA a tiré la sonnette d’alarme très tôt, a rappelé son secrétaire général Gérard Lorber, en organisant début août une rencontre avec les représentants des collectivités et de l’État. La Région Grand Est et le Conseil départemental du Bas-Rhin ont accepté de mettre la main à la poche en aidant à l’achat de fourrage. D’autres avancées ont été obtenues, comme le dégrèvement de la TFNB, soit près de 2,5 millions d’euros, et la reconnaissance en calamité agricole sur les légumes d’automne. Cette reconnaissance est également attendue pour les prairies qui ont subi de gros dégâts. « Au final, ce sont plus de 4 M€ qui seront débloqués auprès des agriculteurs les plus durement touchés », indique Gérard Lorber, précisant que ces sommes aideront à passer le cap. Cette sécheresse a suscité un élan de solidarité collective (plus de 1 300 t de paille de maïs ont été cédées gratuitement aux éleveurs d’Alsace Bossue et du Doubs). En revanche, Gérard Lorber regrette que l’administration n’ait pas joué le jeu en n’autorisant pas à récolter les jachères avant le 13 octobre. Et n’a pas dispensé les agriculteurs de remplir les formulaires sur la non-levée des SIE (surfaces d’intérêt écologique). « Quand vous devez composer avec la météo, vous casser la tête pour savoir ce que mangeront vos vaches cet hiver, il est terrible de perdre du temps et de l’énergie face à une administration qui devrait au contraire vous soutenir et vous protéger », s’offusque le secrétaire général. Autre sujet de mécontentement, la Pac. « Nouveau ministre, nouveau calendrier, nouveau retard » dans le paiement des aides, dénonce Gérard Lorber. « On se bat pour obtenir 3 000 € d’aides sécheresse mais dans les fermes, il manque 10 000 € de MAEC, c’est inadmissible ! » Un goût d’inachevé Pas de quoi pavoiser non plus du côté des États généraux de l’alimentation. Certes, ils ont suscité de grands espoirs chez les agriculteurs qui croyaient à « une inflexion de la politique du moins cher prônée depuis 30 ans ». Mais au final, ils leur laissent « un goût d’inachevé » : s’ils ont débouché - dans certaines filières - sur une amélioration des prix, ailleurs, « le problème de la compétitivité reste entier ». De nouvelles contraintes vont renchérir les coûts, prévoit même le secrétaire général de la FDSEA. À titre d’exemple, Gérard Lorber cite l’interdiction des néonicotinoïdes, la hausse de la taxe sur les pollutions diffuses, la séparation de la vente et du conseil. Des contraintes auxquelles n’est pas soumise la concurrence, rappelle-t-il. Restait à évoquer la montée en puissance de l’agribashing. « Pas une semaine ne passe sans une émission anti-viande, anti-phyto, anti-tout », déplore Gérard Lorber. « Les attaques que nous subissons sont injustes. Comment oser accuser un éleveur qui veille 365 jours par an sur ses bêtes, samedis, dimanches et jours fériés ? C’est un engagement sans borne et cela pour un salaire de misère. » Alors, plutôt que de laisser le découragement gagner les troupes, le secrétaire général de la FDSEA préfère invoquer la fierté du métier. « Nous faisons le plus beau métier du monde, peut-être pas le plus reconnu, mais assurément le plus beau », dit-il en appelant à le défendre.












