FDSEA

FDSEA-JA. Assemblées générales cantonales

Rebondir malgré les difficultés

Publié le 24/02/2017

Après son assemblée générale départementale, dont le thème était la gestion des risques, la FDSEA vient de lancer ses assemblées générales cantonales. Les deux premières réunions se sont tenues dans les cantons de Hochfelden et Soultz-sous-Forêts.

Hochfelden : « débureaucratiser » l’économie française C’est dans une salle comble à Schwindratzheim que les agriculteurs de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs ont tenu leur assemblée générale. Après la mauvaise année agricole 2016, les trésoreries des exploitations sont dégradées. La question de la gestion des aléas est devenue primordiale pour permettre aux exploitations de faire face à la volatilité des prix et des rendements. Mais au-delà des aléas dont il faut pouvoir se prémunir, la FDSEA entend avancer sur les dossiers de fond que sont la compétitivité, la surréglementation ou encore la répartition plus équitable des marges. Pour le président cantonal de Hochfelden, Joseph Lechner, il faut libérer les énergies dans ce pays qui a besoin de réformes. La balance commerciale de la France, pourtant premier pays agricole en Europe, est devenue négative avec l’Union européenne en 2016, poursuit Franck Sander. Cela est évidemment à mettre en relation avec la faible récolte de céréales, mais aussi avec notre manque de compétitivité et l’excès de réglementations en tous genres. Le député Patrick Hetzel très attentif aux 13 mesures proposées par la FNSEA aux candidats à l’élection présidentielle, confirme que la priorité doit être de réduire les charges et « débureaucratiser » l’économie française. Les agriculteurs tablent aussi sur un développement du consommer local. Le travail de fond mené par notre réseau commence à porter ses fruits, mais la marge de progrès demeure importante, a précisé le président de la FDSEA. Au niveau local, les agriculteurs se demandent comment se prémunir des inondations de la Zorn. Évoquant certains problèmes de permis de construire, ils s’interrogent aussi sur la place de l’agriculture dans les communes. Soultz-sous-Forêts : comment être compétitif face à nos concurrents ? « C’est dans les moments de difficulté qu’il faut le plus se serrer les coudes », a lancé en introduction le président cantonal, Georges Werly. Les agriculteurs ne veulent pas baisser les bras mais souhaiteraient pouvoir vivre correctement de leur métier. Les discussions tarifaires en cours entre l’industrie agroalimentaire et la grande distribution laissent tout particulièrement les producteurs de lait bouche bée. Le prix du lait payé en 2016 ne permet pas de couvrir les charges et la grande distribution exige une baisse des prix pour 2017 ! Les agriculteurs acceptent mal ce diktat d’autant que l’observatoire de la formation des prix et des marges montre que la marge est régulièrement confisquée par l’aval, toutes productions confondues. La compétitivité ou plus précisément le manque de compétitivité fait partie des autres dossiers déterminants qui mobilisent le réseau FNSEA. « On ne peut pas demander aux agriculteurs français englués dans les normes franco-françaises d’être compétitifs face aux producteurs de blé australiens, de sucre thaïlandais ou de soja brésiliens », a insisté Franck Sander. Pour le député Frédéric Reiss, les questions agricoles n’ont pas été suffisamment traitées sous l’angle économique à l’assemblée nationale, mais trop sous l’angle écologique. En présence de nombreux élus, les agriculteurs ont aussi abordé les conséquences de la réforme territoriale. La Région, mais aussi les intercommunalités, vont prendre de plus en plus d’importance. La conseillère régionale Évelyne Isinger a insisté sur le fait que la Région Grand Est a fait le choix d’être aux côtés des agriculteurs, particulièrement dans cette période difficile.

FDSEA-JA. Groupe porc

Des perspectives positives

Publié le 13/02/2017

Le premier groupe porc de l’année 2017, organisé conjointement par la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, a eu lieu le 24 janvier à Schiltigheim.

Malgré une météo capricieuse, les éleveurs de porcs bas-rhinois sont venus nombreux. Jean Kauffmann, nouveau responsable du groupe porc, a animé sa première réunion en compagnie de Mathieu Schneider, responsable de la section porc des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin. Il en a profité pour remercier chaleureusement Laurent Ulrich pour son travail accompli durant des années en tant que responsable de la section porcine. Fluidité des marchés Après une année 2016 catastrophique dans sa première moitié et en demi-teinte sur la fin, le cours du porc se stabilise à un niveau plus élevé qu’à la même période en 2016. Selon le marché du porc breton (MPB, voir le graphique ci-contre), le marché français a profité de la bonne demande mondiale et notamment de celle de la Chine et Hong Kong. Le report d’une partie des exportations espagnoles a également permis de reprendre de l’oxygène et libérer le surplus de l’offre. Malgré une consommation intérieure en baisse sur tous les morceaux, l’année 2016 s’est donc terminée dans un état de fluidité, ce qui est de bon augure selon le MPB. Perspectives soumises à la géopolitique Le marché du porc mondial est fortement influencé par les événements géopolitiques (embargo, rupture de traités, jeux d’alliance). Ces décisions jouent in fine sur l’équilibre offre-demande. Selon l’institut du porc (Ifip), il y a peu de probabilité de voir se lever l’embargo russe. Sur le marché mondial, Donald Trump menace aussi l’accord transpacifique et remet en cause celui avec l’Europe. Ce ne sera pas forcément une mauvaise nouvelle pour les cours européens qui pourraient se voir davantage compétitifs face à un cours américain en hausse suite à ces décisions. Enfin, selon l’institution financière internationale Rabobank, la Chine va maintenir, en 2017, le même niveau d’importation qu'en 2016. Suite à une année 2016 difficile, les perspectives sont donc positives, mais la prudence reste de mise. Répondre aux attentes du consommateur La profession, dans sa volonté de répondre aux attentes du consommateur, a souhaité expérimenter l’étiquetage des produits transformés. Mis en place de manière expérimentale jusqu’au 31 décembre 2018, il s’applique sur les viandes en tant qu’ingrédient dès lors que le produit contient plus de 8 % de viande. La précision de l’origine concerne le pays de naissance, d’élevage et d’abattage des animaux. Se faire aider pour tout investissement Deux démarches d’aides aux investissements sont possibles en ce début d’année 2017 : le Plan de modernisation des bâtiments d’élevage (PMBE) et l’aide aux investissements en faveur de la qualité de l’air. Le premier a été présenté par Pierre-Paul Ritleng, de la Chambre d’agriculture d’Alsace (CAA). Il est revenu sur les conditions d’éligibilité, la procédure d’analyse de la candidature et a fait un bilan de sa mise en œuvre. La Région, financeur, était représentée par Patrick Bastian, conseiller régional. « Une priorisation a été mise pour les jeunes agriculteurs » selon lui car la grille de points a été réévaluée pour permettre aux jeunes d’accéder à une aide plus facilement. Le nombre de demandeurs reste soutenu d’année en année. Les producteurs de porcs alsaciens ont déposé 11 demandes en 2016, alors qu’ils n’étaient que 2 en 2015. Par ailleurs, les montants d’aides ont été réévalués depuis 2015. Le montant moyen atteint désormais 59 000 €, contre environ 35 000 € avant 2015. La première vague des dépôts de dossiers est arrivée et annonce, selon le conseiller de la CAA, un maintien du nombre de demandeurs pour le Plan bâtiment de 2017. Patrick Bastian a souligné l’effort de la Région dans ce dossier. « Nous avons réussi à ajouter environ 5 millions d’euros d’aides au Plan bâtiment et je suis confiant pour 2017. La Région a la volonté de ne pas laisser tomber le soutien à ces investissements », a ajouté le conseiller régional. Jean Kauffmann, lui, est revenu sur le Plan d’aide aux investissements pour la qualité de l’air. Ouvert tout d’abord aux élevages IED (> 2 000 places), il sera étendu à tous les élevages ICPE. Les investissements éligibles sont étendus aux matériels d’épandage, couvertures de fosses, laveurs d’air et matériels d’évacuation des effluents. Les demandes, instruites par FranceAgriMer, sont à faire avant le 15 avril 2017. Pour tout complément d’information, n’hésitez pas à vous renseigner sur le site de FranceAgriMer, à la CAA ou à la FDSEA du Bas-Rhin. La profession mobilisée sur le dossier des impayés Copvial Mathieu Schneider et Jean Kauffmann sont revenus sur les impayés Copvial et les solutions mises en œuvre par la profession pour minimiser la créance des éleveurs. Ils ont abordé les différents dispositifs d’aides qui seront activés. Au final, une solution serait trouvée à hauteur de 60 à 70 % des impayés. En fonction du montant de l’impayé et de l’éligibilité des éleveurs aux différents dispositifs, les paiements s’étaleront sur plusieurs mois.

Assemblée générale de la FDSEA du Bas-Rhin

Ils ont dit

Publié le 12/02/2017

• Paul Schiellein, président de la section des anciens exploitants, a indiqué que « les anciens ont soutenu les actifs dans leur combat pour vivre décemment de leur travail ». Et qu’ils n’ont pas non plus relâché leurs efforts pour faire entendre leur voix dans le cadre de la loi pour l’adaptation de la société au vieillissement. Ainsi, la section départementale des anciens exploitants a été intégrée au comité départemental de la citoyenneté et de l’autonomie, juxtaposé au Conseil départemental. La première séance plénière de ce comité départemental aura lieu le 10 mars : « Nous y serons présents et actifs », a affirmé Paul Schiellein. Lors de la manifestation du 29 novembre, les anciens exploitants ont rappelé au préfet « l’urgence de trouver une solution pour le financement des petites retraites et la nécessité pour le gouvernement de respecter ses engagements ». Suite à ce mouvement une conférence sociale a été organisée au ministère de l’Agriculture « en l’absence du ministre ». Mais un décret a été publié au Journal officiel le 30 décembre, proposant une issue au débat avec l’augmentation d’un demi-point de cotisation RCO en 2017 et 2018, une double hausse qui va apporter 110 M€ de contribution supplémentaire, et qui sera couplée à une contribution de l’État, également à hauteur de 110 M€. De quoi permettre d’atteindre l’objectif des 75 % du Smic pour les petites retraites en 2018. « Nous espérons que l’État tiendra parole, et rappelons que rien n’aurait été obtenu sans notre mobilisation et notre acharnement », a affirmé Paul Schiellein. D’ailleurs, ce n’est qu'« une étape » dans un processus qui doit permettre d’obtenir 85 % du Smic et une retraite calculée sur les 25 meilleures années. « C’est le minimum de reconnaissance que nous attendons. » Paul Schiellein a salué le travail de l’équipe du bureau, qui a rencontré ses partenaires historiques afin de pérenniser les baisses de charge. La campagne 2017 sera consacrée à l’accompagnement des retraités pour faciliter la dématérialisation, a-t-il annoncé. En mars, des réunions territoriales seront l’occasion de fournir des conseils élaborés et mutualisés avec les Jeunes Agriculteurs, la Mutualité sociale agricole, l’Odasea, le CFG, la FDSEA afin de faciliter la réflexion sur la transmission du patrimoine des entreprises agricoles. Et la section des anciens exploitants va continuer à militer en faveur de l’accompagnement de la vie à domicile des aînés, en encourageant auprès des instances la création de postes d’aidants formés, un droit au répit de ces derniers. Il s’agira aussi de soutenir les démarches d’adaptation du logement, d’appeler au maintien des commerces de proximité, des solutions de transport à la demande, des services de santé dans les campagnes… • Patrick Dietrich, président FDSEA du canton d’Alsace Bossue, s’est exprimé sur la liaison entre Lorentzen et l’A4, un ouvrage qui représente une emprise foncière de 35 hectares, et pour lequel une compensation environnementale transitoire, qui devait concerner 400 ha a été mise en place. Sauf que cette compensation environnementale qui devait être transitoire est maintenant amenée à durer dans le temps. C’est inadmissible. « Pourquoi mettre en place des contraintes environnementales sur du foncier agricole alors que les agriculteurs subissent une perte de foncier ? » • Christian Schneider, responsable de la section grandes cultures de la FDSEA du Bas-Rhin, a dénoncé le lynchage des produits phytosanitaires par les organisations écologiques. « Nous utilisons ces produits pour répondre à des exigences sanitaires vis-à-vis des consommateurs. Nous utilisons des produits de santé du végétal dans un cadre réglementé. Et nous sommes prêts à mettre en œuvre des solutions alternatives, encore faut-il qu’elles existent. Il faut donc privilégier la technicité au dogmatisme. » • Véronique Klein : responsable de la section agriculture biologique de la FDSEA du Bas-Rhin, a indiqué qu’en 2016, 43 conversions à l’agriculture biologique ont été enregistrées en Alsace. Désormais, plus de 650 fermes, soit 6,5 % de la SAU régionale, respectent le cahier des charges de l’agriculture biologique. « Il était donc très important que la FDSEA soit présente sur le dossier de l’agriculture biologique, car plus on sera nombreux, plus il y aura des dysfonctionnements qui vont voir le jour, et il y en a déjà. » C’est pourquoi un groupe bio a été créé au sein de la FDSEA, et s’est réuni deux fois. La deuxième réunion, qui portait sur les céréales bios, a réuni tous les acteurs de la filière autour de la table. L’objectif étant de trouver des solutions satisfaisantes pour l’amont comme pour l’aval de la filière afin de ne pas freiner la production par des difficultés de collecte ou de transformation. Les agriculteurs biologiques ne sont pas épargnés par les retards de paiement : « Les aides à la conversion à l’agriculture biologique de 2015 ne sont toujours pas versées. Or les premières années de conversion sont techniquement et financièrement particulièrement difficiles », a dénoncé Véronique Klein. Dans un contexte difficile, il ne faudrait pas freiner la dynamique de conversion à l’agriculture biologique qui est enclenchée sur tout le territoire. « Il est donc important d’abonder les enveloppes du Feader destinées à soutenir ce mode de production, et qui sont bientôt épuisées », a souligné Véronique Klein. • Philippe Hassler, agriculteur à Vendenheim, a évoqué le projet du Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg. Le projet avance, les sondages et les fouilles archéologiques sont en cours, « mais de nombreuses incertitudes persistent et on ne peut pas les accepter. Nous ne voulons pas de ce projet, ni de la double peine liée aux compensations environnementales qu’il va engendrer. » • Maurice Schmitt, agriculteur à Zeinheim, a fait part de son inquiétude suite au dépôt de bilan de Copvial, alors que par le passé déjà des difficultés auraient dû inciter à la plus grande vigilance vis-à-vis de la santé financière de la coopérative et de l’abattoir : « Y a-t-il encore un pilote dans l’avion ? », s’est-il interrogé. Franck Sander lui a répondu : « L’élevage et l’engraissement souffrent c’est vrai. Mais il y a encore des perspectives : des avancées en matière de traçabilité, des consommateurs qui jouent le jeu, une nouvelle dynamique qui se met en place… Il y a donc encore des perspectives et des lueurs d’espoir. » Il en veut pour preuve la consommation de l’intégralité de l’enveloppe allouée à l’élevage dans le cadre du Plan bâtiment, la prise en charge de 70 % des impayés hérités du dépôt de bilan de Copvial, la mise en œuvre d’un nouveau centre d’allotement… « La profession s’est prise en main, et grâce à sa nouvelle envergure, Cloé va peser encore plus au niveau du Grand Est. »

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