FDSEA

Publié le 24/11/2017

La section départementale des anciens exploitants s’est réunie vendredi 10 novembre. Au menu, décorticage du budget de l’État pour 2018. Pour les intervenants, si tout n’est pas à jeter, les anciens devront rester vigilants pour tirer leur épingle du jeu fiscal.

Le conseil départemental des anciens exploitants agricoles a été dominé par les débats sur le budget 2018. La réunion a eu pour objectif d’expliquer les tenants et aboutissants du chaotique projet de loi de finances 2018, adopté en première lecture à l’Assemblée nationale, en attente du vote du Sénat. Et ses conséquences concrètes sur les retraités. Philippe Wolff, ancien directeur adjoint de la Chambre d'agriculture du Bas-Rhin, s’y est collé. Pour lui, l’augmentation de la Contribution sociale généralisée (CSG), compensée par la diminution d’autres prélèvements, doit profiter à tout le monde… sauf aux retraités ! En effet, cet impôt calculé sur le revenu fiscal de référence va augmenter de 1,7 % en 2018. Le taux prélevé passera ainsi de 6,6 à 8,3 %. Mais il ne devait pas être compensé en totalité. Car en parallèle, les salariés vont bénéficier de la suppression des cotisations chômage et maladie. Taxes que les retraités ne payent pas. Suppression de la taxe d’habitation Principal motif de consolation, la suppression progressive de la taxe d’habitation. L’année prochaine, elle devrait baisser de 30 %, puis 65 % en 2019 et disparaître complètement en 2020. Enfin, Philippe Wolff a souligné la prolongation du crédit d’impôt transition énergétique. Mais les taux de prise en compte baissent là aussi. De moitié pour être précis. Ainsi, des volets roulants, pris en charge à hauteur de 30 % jusqu’en septembre 2017, ne sont remboursés qu’à 15 % jusqu’en décembre 2018. Pour Philippe Wolff, il serait judicieux d’investir maintenant, avant que ce crédit d’impôt soit définitivement enterré. Niveau sous, la Cour des Comptes a remis son rapport annuel en début d’année. Et les anciens exploitants ont fait leur apparition au milieu des 1 300 pages du document. Une mention dont se serait bien passé Paul Schiellein, président de la SDAE 67. En effet, par souci d’économies, l’institution préconise de supprimer les collèges d’anciens exploitants au sein des Chambres d’agriculture, à partir de 2019. Une mesure jugée inutile par le responsable syndical. « Avec trois ou quatre représentants à la Chambre, je ne vois pas bien de quelle économie on parle. » Car si les économies seraient symboliques, leurs conséquences seraient dramatiques pour les anciens exploitants. « La Chambre d'agriculture est le seul interlocuteur officiel dans les négociations avec l’État », a rappelé Philippe Wolff. Une disparition des agriculteurs retraités dans les instances régionales équivaudrait donc à les écarter des discussions avec le gouvernement. Afin d’empêcher une telle mesure, le conseil a adopté une motion à l’unanimité (voir ci-contre). Cette déclaration sera présentée en séance plénière de la Chambre d'agriculture en décembre. Pour une meilleure répartition des richesses Enfin, un invité de marque a donné sa vision de l’environnement économique mondial. Jean-Marie Sander, ancien président du Crédit Agricole, s’est d’abord félicité du budget 2018, un budget globalement « pro-européen et pro-entreprises ». Il a aussi attiré l’attention de l’assistance sur les taux d’emprunt très bas. Une bonne période pour investir dans l’immobilier, à la condition d’être prudent et de choisir le type de produit qui nous correspond. Selon lui, l’économie mondiale affronte différents périls. Le risque politique d’abord, avec la montée des extrêmes un peu partout en Europe et la crise migratoire. Puis vient le risque écologique. Le réchauffement climatique entraîne ainsi de fortes variations météorologiques, qui impliquent des récoltes très variables, et donc des cours des produits agricoles en dents de scie. La gestion de l’eau douce sera aussi au cœur de la géopolitique de demain. Jean-Marie Sander arrive à une conclusion implacable. Une meilleure répartition des richesses est indispensable à un avenir plus serein. Et l’homme d’affaires de prendre l’exemple de la France. « On ne peut pas laisser 9 millions de personnes sur le bord de la route au profit des 1 % les plus riches ! » Reste à espérer que son vœu soit entendu.

Publié le 19/10/2017

Face à la recrudescence des dégâts dans le secteur, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin ont organisé une sortie sur le terrain en présence du sous-préfet de Saverne, Christophe Lotigié.

Des images valent souvent un grand discours. C’est sur ce principe que les élus de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs ont demandé au sous-préfet de Saverne de se déplacer sur des parcelles de Reipertswiller et Lichtenberg. Sur des dizaines d’ares la prairie est complètement ravagée, avec une intensité rarement vue, confie le chasseur. Sur ces terrains en pente, les agriculteurs s’inquiètent, eux, de la difficile remise en état et des pertes de fourrage qui vont en découler. Julien Jacob, responsable du dossier chasse chez les JA, a expliqué que « le choix s’est porté sur cette commune, car récemment des problèmes nous ont été remontés. Mais il s’agit d’un problème beaucoup plus large. » Pascal Perrotey, directeur du Fonds d’indemnisation des dégâts de sangliers du Bas-Rhin, a précisé que sur le département les dégâts ont diminué ces dernières années. Mais « dans l’arrondissement de Saverne c’est l’inverse, on assiste à une augmentation importante des dégâts ». Les syndicats ont voulu alerter le responsable de l’administration sur cette situation inquiétante. D’autres facteurs font craindre des lendemains difficiles. En effet, la reproduction des sangliers a été bonne cette année avec peu de mortalité chez les jeunes. Pire, on constate même que certaines femelles font plusieurs portées, ce qui accroît forcément le nombre de sangliers. Pour Yohann Lecoustey, directeur adjoint de la FDSEA, « beaucoup de chasseurs s’impliquent pleinement dans la gestion des dégâts, ce qui a permis d’avoir de bons résultats dernièrement. Toutefois, certains secteurs sont sur la mauvaise pente et souvent, l’augmentation des dégâts provient du comportement du chasseur. Ces comportements doivent cesser pour retrouver l’équilibre agro-sylvo-cynégétique. » Tirer dans le même sens Christophe Lotigié a été à l’écoute, il a cherché à comprendre ce qui pouvait expliquer cette dynamique inverse dans son secteur, et a surtout insisté sur le besoin de trouver des solutions collectives à ce problème. « Il ne faut pas s’enfermer dans des visions corporatistes où chacun se renvoie la balle. Ensemble, agriculteurs, chasseurs et services de l’État doivent travailler à une solution commune. » Aussi bien localement que sur l’arrondissement, le sous-préfet a cherché à avancer méthodiquement pour inverser la tendance actuelle. Rendez-vous est donné à la fin de l’année pour faire un premier bilan. « Au 15 décembre, nous serons à mi-parcours de la campagne de chasse et nous pourrons ainsi voir l’avancement de notre programme et l’adapter si besoin. » La FDSEA et les JA resteront attentifs à l’évolution des dégâts sur le département.

Publié le 13/10/2017

Le 11 octobre, alors que le président de la République devait annoncer des premières mesures issues du premier chantier des États généraux de l’alimentation, près de 300 agriculteurs se sont installés place de la République à Paris, selon la FNSEA et Jeunes Agriculteurs. Toutes les régions, sauf la Corse, étaient représentées avec comme message commun à porter aux Parisiens : « Votre alimentation a un prix. La même exigence pour les produits importés que pour les produits français ». Les 12 régions au rendez-vous ont présenté la diversité de l’agriculture et la qualité des produits français. Et ont offert aux Parisiens la possibilité d’acheter un certain nombre de produits issus de l’agriculture française, tout les sensibilisant, grâce à des illustrations, à ce qui revient au final au producteur. Les interprofessions aussi étaient représentées, ainsi que les filières et les associations spécialisées. La mobilisation était aussi l’occasion de souligner les externalités positives de l’agriculture : impact sur la vie des territoires, rôle économique, maintien de la biodiversité, etc. Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA, a pris la parole dans la matinée : « Emmanuel Macron doit donner un signal et venir à la rencontre des agriculteurs présents ici aujourd’hui. » Le chef de l’État devait prononcer un discours depuis le marché de Rungis en fin d’après-midi pour clôturer le chantier 1 des États généraux de l’alimentation. Pour les deux syndicats, son discours va conditionner la tenue du chantier 2 des EGAlim.

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