FDSEA

Publié le 24/07/2017

L’administration vient de mettre en ligne sur TelePac le portefeuille définitif des DPB 2015. La DDT a annoncé que vous ne recevrez pas de notification papier de votre portefeuille de DPB mais que vous pourrez le retrouver directement sur TelePac.

Si vous avez repris du foncier entre 2014 et 2015 et que vous avez envoyé une clause de transfert de DPB à la DDT en 2015 pour reprendre les droits correspondants, nous vous invitons à vérifier sur votre compte TelePac si ces DPB vous ont bien été attribués. Pour y accéder, sur TelePac, il suffit d’aller dans la rubrique « Mes données et documents » (cartouche à gauche de l’écran) puis « Campagne 2015 ». Cliquer sur l’onglet vert « Courriers » puis « Courrier de notification du portefeuille DPB 2015 » (voir image). Le courrier indique le nombre définitif de DPB attribué ainsi que leur valeur 2015. Si le nombre de DPB indiqué n’intègre pas les droits repris, contactez la DDT au 03 88 88 92 74 ou au 03 88 88 91 47. - En cliquant dans l’onglet jaune « DPB », vous pourrez connaître la valeur unitaire de vos DPB. Il s’agit de la valeur du Droit à paiement de base (les paiements redistributifs et verts se rajoutent). Attention cependant au chemin de convergence indiqué. Celui-ci est erroné, car il ne tient pas compte des changements intervenus en 2016 et de la baisse des DPB au profit du paiement redistributif. Le montant réel des DPB 2016 est donc d’environ 11 % inférieur à la valeur indiquée pour tenir compte de la redistribution du paiement redistributif. - En cliquant dans l’onglet bleu « Aides », vous pourrez accéder au détail du calcul de l’aide découplée via l’onglet « Voir détail » dans la partie « Valorisation ». Vous pouvez également accéder au récapitulatif des paiements dans l’onglet orange « Paiements ». Pour toute information complémentaire, n’hésitez pas à joindre la FDSEA du Bas-Rhin.

Le nouveau préfet Jean-Luc Marx sur le terrain

L’agriculture bas-rhinoise en mal de compétitivité

Publié le 24/07/2017

Lors d’une visite sur le terrain, le 11 juillet, les organisations professionnelles agricoles bas-rhinoises ont sensibilisé le nouveau préfet aux prix insuffisants et aux problèmes de compétitivité que rencontrent les agriculteurs du département.

C’est une visite en deux étapes qu’a effectuée Jean-Luc Marx, nouveau préfet du Bas-Rhin et du Grand Est, mardi 11 juillet. Il s’est d’abord rendu sur l’exploitation de la famille Diemer, à Kolbsheim. Thibaut Diemer, installé depuis quatre ans, a présenté l’exploitation familiale qui compte 63 hectares, dont 58 ha de grandes cultures et 5 ha de légumes. La diversification dans le maraîchage résulte d’un constat : la surface consacrée aux grandes cultures ne suffisait pas à assurer une rémunération suffisante aux exploitants. Thibaut Diemer produit une vingtaine de légumes différents, qu’il vend en direct sur les marchés, quatre fois par semaine, ou qu’il écoule auprès d’un confrère. Encore aidé de ses parents, d’un salarié à temps plein, de saisonniers, le jeune exploitant a fait le pari de réduire l’usage des produits phytosanitaires. Pour ses cultures sous abri, il n’utilise plus d’insecticide mais des auxiliaires pour se débarrasser des ravageurs indésirables. « Il y a un équilibre qui se fait dans la serre, mais la lutte biologique marche plus ou moins bien selon les années », constate le jeune maraîcher. Malgré les pertes de surface induites par le futur GCO, Thibaut Diemer continue à aller de l’avant : il vient de construire une nouvelle serre de 500 m2 cette année et s’est porté candidat pour vendre ses produits sur un nouveau marché à Schiltigheim. « C’est ce qui va nous permettre de pérenniser l’entreprise et d’installer mon frère, ébéniste, qui nous donne déjà un coup de main sur les marchés le samedi. » « Un marché énorme » À Gimbrett, Freddy Bohr et son épouse Marianne vont aussi de l’avant : leurs trois fils - Serge en cours d’installation, Paul et Rémy - sont tous passionnés d’agriculture. La famille Bohr s’est spécialisée dans l’élevage laitier et la viticulture. Elle exploite 64 ha, dont 24 ha situés dans la région de Sarrebourg qui servent à faire du foin. Une nouvelle étable a été construite en 2002, dimensionnée pour 80 laitières - l’exploitation n’en comptait que 50 à l’époque. L’installation de Serge Bohr va permettre d’augmenter la production - 530 000 litres - de 150 000 l supplémentaires. Le jeune éleveur s’apprête à construire un nouveau bâtiment pour les génisses, ainsi qu’un silo pour l’ensilage, suite à l’agrandissement du troupeau. Il espère bien toucher des subventions du Plan bâtiments pour la réalisation de l’étable et de la fosse. « Sans ces aides, il est impossible de réaliser ce bâtiment », précise Freddy Bohr. Également maire délégué de Gimbrett, l’exploitant insiste sur la nécessité de bien informer la population avant les travaux, afin que l’extension du bâtiment d’élevage soit acceptée. C’est Alfred, le père de Freddy, qui s’est lancé dans la viticulture dans les années 1960. Freddy et Marianne Bohr commercialisent entre 40 000 et 45 000 cols par an, dont un tiers de crémant. En 2010, ils ont débuté la construction d’une cave et d’une salle de dégustation avec vue sur la cuverie, afin de recevoir des cars de touristes. « Nous sommes à 16 km de Strasbourg, c’est un marché énorme », explique Freddy Bohr. S’il a pu faire aboutir ce projet, c’est grâce… au TGV et au remembrement organisé en 2007 que l’exploitant considère aujourd’hui comme une réussite. Les agriculteurs concernés par le GCO en diront-ils autant dans dix ans ? Pour le moment en tout cas, les positions sont beaucoup plus réservées. Tandis que la Coordination rurale, par la voix de son président départemental Paul Fritsch, réaffirme son opposition au projet, Régis Huss expose au nouveau préfet la position de la Chambre d’agriculture d’Alsace (CAA), dont il est directeur adjoint : le GCO devrait faire disparaître 300 ha de terres agricoles parmi les plus fertiles d’Alsace, et soustraire 80 ha supplémentaires le temps des travaux. Sur l’ensemble de l’emprise, 116 ha sont situés en zone de protection du hamster, 20 ha en zone humide et 35 ha en forêts, ce qui oblige le concessionnaire, Vinci, à trouver des compensations environnementales avant de démarrer les travaux. Hamster : huit ans d’engagement volontaire L’achat de foncier au titre de ces compensations est « inconcevable », prévient Régis Huss. Jean-Paul Bastian, vice-président de la CAA, et Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, enfoncent le clou. La compensation doit se faire sur la base d’un coefficient « un pour un » et à travers des MAE volontaires. « Sur le hamster, les agriculteurs ont huit ans d’engagement et une crédibilité. Plus de 100 agriculteurs sont engagés volontairement dans la démarche. On continuera à faire ce qu’on a fait jusqu’à présent, ni plus, ni moins », martèle Jean-Paul Bastian. « Il faut que l’État joue le jeu, ajoute Franck Sander, et que les agriculteurs touchent les compensations. On ne peut pas leur demander de s’engager et ne payer que deux ans et demi après. » Prix bas : aucune production épargnée La conjoncture agricole difficile constitue l’autre grand chapitre de la rencontre avec le nouveau préfet. Le faible niveau de prix n’épargne aucune production : les céréales, le sucre, le lait, la viande sont touchés. En élevage laitier, la situation est telle que la question du renouvellement des générations est posée, témoigne Thomas Gillig, président des JA du Bas-Rhin. « On a l’impression que ce sont les agriculteurs qui servent de variable d’ajustement : ils prennent ce qui reste quand tout le monde s’est servi », s’indigne Paul Fritsch, regrettant que le prix d’équilibre « n’intègre pas un salaire digne ». Dans la filière lait bio, où des jeunes se sont lancés récemment, les aides à la conversion n’ont pas été versées, dénonce Véronique Klein, vice-présidente de la CAA. Dans le Grand Est, il n’y a aucune visibilité quant à l’avenir du lait bio, regrette-t-elle. Or, les prochains plans de conversion seront gérés à l’échelon de la grande région. Didier Braun, responsable de la section lait de la FDSEA, attire l’attention du préfet sur les promotions abusives pratiquées par la grande distribution. « On voudrait que la Répression des fraudes fasse son travail de contrôle. » S’agissant des achats publics, Didier Braun appelle l’État à « faire preuve d’exemplarité sur l’origine des produits ». Michel Debes, président d’Alsace Lait, rappelle que tous les producteurs livrant leur lait à la coopérative sont contractualisés. « L’entreprise s’engage sur les volumes. Nous sommes obligés de suivre les prix du marché. » Alsace Lait doit aussi s’adapter à la nouvelle segmentation imposée par la grande distribution, avec le lait de prairie, pour ne pas perdre de marchés. Après deux années climatiques difficiles, le gel a touché les vignes et les vergers au cours de la deuxième quinzaine d’avril, ce qui occasionné de grosses pertes chez certains producteurs de fruits à noyau, à pépin et de petits fruits. Une demande de reconnaissance en calamités agricoles a été déposée, signale Franck Sander. Faire baisser le coût du travail Pour sortir de la crise, des mesures à court terme sont nécessaires. Mais elles ne suffiront pas à améliorer la compétitivité des exploitations bas-rhinoises. Le président de la FDSEA du Bas-Rhin réclame la fin des distorsions de concurrence. « Les Allemands travaillent avec des saisonniers qui leur coûtent 30 % moins cher », rappelle-t-il. Dans une région où les productions à fort besoin de main-d’œuvre sont nombreuses, il est nécessaire de faire baisser le coût du travail, estime le syndicat, qui réclame « une convergence sociale européenne » en la matière. Le retour de la compétitivité passera également par « une meilleure répartition de la valeur ajoutée ». « Il faut qu’on travaille au volume, à la visibilité, à la contractualisation de nos produits et permettre à nos filières de mieux rentrer dans la RHD (restauration hors domicile). Les services de l’État peuvent nous y accompagner », espère Franck Sander. La Région Grand Est a pris sa part dans ce chantier en organisant les assises régionales pour le développement des filières et des marchés alimentaires, fait valoir Patrick Bastian, conseiller régional. Ces rencontres, qui répondaient à une demande forte de la profession agricole, ont rassemblé près de 900 personnes. Si Jean-Luc Marx, tout juste entré en fonction, n’a pas apporté de réponse concrète aux questions évoquées, il a exprimé sa volonté de faire en sorte que l’agriculture ne soit pas bridée par une gestion trop restrictive des autorisations d’exploiter. S’agissant de la Pac, l’administration fait le maximum pour gérer les dossiers, a-t-il assuré.

Didier Braun, président de la section lait de la FDSEA

« Les agriculteurs ne font pas la vie chère »

Publié le 03/07/2017

Face aux rumeurs d’augmentation du prix du croissant suivant le cours du beurre, Didier Braun, président de la section lait de la FDSEA, donne son point de vue.

Les professionnels de la boulangerie ont annoncé une probable hausse de leur produit suite à l’envolée du cours du beurre, qu’en dites-vous ? Didier Braun : Le cours du beurre atteint effectivement des niveaux records, au-delà des 5 400 €/t, ce qui peut causer un surcoût pour les boulangeries. Toutefois j’aurais deux remarques, le prix du croissant n’a pas baissé quand les cours du beurre étaient à 2 800 €/t, il y a moins de 18 mois, et nous aussi, agriculteurs, aimerions bien pouvoir augmenter nos prix en cas de hausse des charges. Comment expliquer cette hausse du prix du beurre ? DB : C’est une addition de facteurs, d’un côté une production en baisse et une consommation en hausse. La mauvaise conjoncture a incité les éleveurs à produire moins de lait et depuis des années certains agriculteurs ont fait le choix de sélectionner des animaux moins performants en TB. Parallèlement, le beurre retrouve ses lettres de noblesse après avoir été décrié pendant des années. Les scientifiques ont montré les bienfaits du beurre d’où une augmentation de la consommation aux États-Unis et en Asie notamment. Et le prix du lait au producteur ? DB : Ce n’est pas le producteur qui fait la vie chère, nous le disons souvent, mais cela se confirme une fois de plus, car pendant que les cours du beurre s’envolent, le prix au producteur stagne. En fonction des laiteries, le prix oscille entre 300 et 315 € les 1 000 litres sur les six premiers mois de l’année. Comment expliquer ce décalage ? DB : Il y a deux raisons principales. Les stocks de poudre écrémée, qui rendent la valorisation beurre-poudre moins profitable que le beurre uniquement. Mais surtout le dysfonctionnement de notre filière entre amont et aval. Face à cette envolée des cours et dans un contexte extrêmement difficile pour les éleveurs, on espérait une reprise rapide du prix du lait, mais il n’en a rien été. Il a fallu une fois de plus que les producteurs montent au créneau pour réclamer des hausses aux transformateurs et à la grande distribution. Comme par miracle suite aux mobilisations, les annonces se sont multipliées. Toutefois, il faudra rester attentif au respect de ces annonces. Il est insupportable que les éleveurs doivent systématiquement manifester pour réclamer leur dû. Nous ne pouvons pas faire les commerciaux de nos produits sans arrêt. Quelles solutions pour la filière ? DB : On peut toujours rêver à une prise de conscience de nos partenaires pour qu’ils stoppent la course aux prix bas, mais je n’y crois pas beaucoup. Il faut travailler à la transparence de la filière et donner plus de poids à l’observatoire des prix et des normes. Par ailleurs, il faut reconnaître nos coûts de production, à l’instar des boulangers, quand le prix de l’aliment augmente, nous devons pouvoir répercuter ces surcoûts, sans quoi nous sommes condamnés à produire en dessous du coût de revient et à perdre encore des producteurs de lait.

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