FDSEA

Publié le 05/10/2017

Philippe Richert a marqué la vie politique alsacienne de ces trente dernières années. Les responsables agricoles saluent un homme à l’écoute des exploitants.

Un élu accessible Franck Sander, président de la FDSEA 67 « Philippe Richert nous écoutait avant de prendre ses décisions, précise le responsable syndical. Il nous a ouvert des portes pour avancer sur certains gros dossiers et on pouvait le joindre dans la journée. » Une disponibilité bienvenue dans une grande région comme le Grand Est. Et le président de la FDSEA 67 de se souvenir des Terres à l’envers, la finale nationale et européenne de labour de 2011. À cette occasion, Philippe Richert, alors à la tête du Conseil régional d’Alsace, a pris au sérieux l’organisation de l’événement. « J’étais encore jeune président des JA, je lui ai demandé son soutien pour organiser une manifestation de plus de 100 000 personnes. Il a tout de suite compris l’enjeu autour d’un tel événement. » Dans un registre moins festif, le responsable syndical salue l’engagement de l’ex-président de Région sur les gros dossiers agricoles. « Il a créé un service agriculture à la Région. Nous sommes donc mieux entendus, à la fois dans les sphères politiques, mais aussi au niveau administratif. Les filières sont accompagnées par des professionnels, des gens qui connaissent leur sujet. » Ce qui explique le succès du plan bâtiment ou du futur dossier irrigation, selon lui.

Publié le 29/09/2017

Le conseil d’administration de la FDSEA du Bas-Rhin a eu le privilège d’accueillir Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, à la ferme-auberge Trau à Ebersheim. Pendant plus de deux heures, les présidents cantonaux ont eu des échanges constructifs avec l’éleveuse venue du Maine-et-Loire.

Comme lors de ses passages sur les plateaux télé, Christiane Lambert a insufflé un vent de dynamisme au conseil départemental. Six mois après son élection à la tête de la FNSEA, elle a su prendre la difficile succession de Xavier Beulin. Au gré des échanges avec les responsables professionnels, la présidente de la FNSEA a détaillé son programme qui s’articule en trois priorités : améliorer les revenus en augmentant les prix, réduire les charges et les normes et enfin redresser l’image de l’agriculture et de la FNSEA. Améliorer les prix Les responsables de filières du conseil de la FDSEA ont insisté sur le manque de revenu de ces dernières années en élevage comme en céréales. « Il faut sortir de la logique de prix bas », a martelé l’éleveuse de porc. Dans beaucoup trop de productions, le prix payé est inférieur au coût de revient. « La FNSEA cherche à développer les outils permettant d’absorber la volatilité conjoncturelle des prix, mais là nous sommes structurellement en dessous des coûts de production, et ceci n’est pas tenable sur le long terme ». Sur ce point, les États généraux de l’alimentation sont suivis de près. Sans pour autant croire à la solution miracle, les différents ateliers seront l’occasion pour la profession de poser les jalons de notre stratégie sur les prix (lire l’article ci-dessous). Haro sur les phytos Si un dossier est symptomatique de l’accumulation des contraintes, c’est celui des phytosanitaires. Depuis quelques années, les contraintes s’accumulent, et ce sans fondement scientifique. Dispositif végétalisé permanent, certificats d’économie de produits phytosanitaires, interdiction de certaines molécules (diméothates, néonicotinoïdes) autant de nouvelles réglementations apparues ces dernières années. Aujourd’hui, c’est la position de la France sur la ré-homologation du glyphosate qui fait débat. « Sur ce sujet, il faut être très pédagogique », insiste la présidente de la FNSEA. Le grand public, sous l’influence des associations environnementales et des médias, ne comprend pas le sujet et réclame forcément l’interdiction. « Nous devons expliquer sans cesse que nous l’utilisons de façon raisonnée, qu’il n’existe pas d’alternative crédible à ce jour, qu’il est la base des systèmes de production comme les TCS qui sont promues dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique. » Enfin, rappelons qu’il y a trois rapports d’agences indépendantes qui se sont positionnés pour la ré-homologation. En plus de la pédagogie, il faut de la fermeté. « La manifestation aux Champs Élysées fait partie de notre stratégie pour défendre nos moyens de production. En aucun cas, la FNSEA ne pourra accepter une interdiction brutale et unilatérale de la France pour une molécule aussi importante que le glyphosate », a-t-elle conclu. Fier d’être agriculteur Mais, insiste la présidente, « il s’agit d’un sujet sensible ». Le ministre Nicolas Hulot fait de ces grands dossiers des objets politiques. « Pour l’opinion publique, c’est la FNSEA qui défend une molécule cancérigène. Dans ces conditions, vous êtes inaudibles, il faut renverser la vapeur. » Certains ont catalogué la FNSEA dans une image d’Épinal de syndicat tout-puissant qui défend l’agro-industrie et les fermes des 1 000 vaches alors que la FNSEA est comme l’agriculture : riche de sa diversité. « Quand on est le syndicat majoritaire, on regroupe une multitude de producteurs comme j’ai pu le voir dans votre conseil d’administration, céréaliers, éleveurs, conventionnels, bios, filières longues et vente directe se côtoient pour défendre ensemble les intérêts de l’agriculture ». Pour la présidente de la FNSEA, il faut redorer le blason de la FNSEA, en même temps que celui des agriculteurs qui sont las de voir chaque semaine des émissions sur le véganisme, les scandales alimentaires et le bien-être animal. « Ce bruit de fond médiatique est insupportable pour les agriculteurs alors qu’ils peinent à se sortir un salaire et qu’ils travaillent 70 heures par semaine. Nous avons une stratégie offensive dans les médias, nous cherchons aussi à nous entourer de nouveaux profils (universitaires, sociologues, journalistes) pour toucher tous les publics ». Cette stratégie offensive et volontariste, la présidente de la FNSEA l’a utilisée le lendemain du conseil d’administration de la FDSEA lors d’un débat organisé par le journal « Le Monde » en présence de l’association végane L214.

Christiane Lambert visite la ferme-auberge Trau à Ebersheim

Le double pacte de la FNSEA

Publié le 27/09/2017

C’est un double pacte économique et sociétal que la FNSEA veut conclure avec les Français. Les agriculteurs sont prêts à répondre aux attentes des consommateurs en termes d’environnement, de qualité, de sécurité, à condition de retrouver du revenu. Pour cela, il faut « construire les prix en marche avant », estime Christiane Lambert, présidente de la FNSEA.

« Les agriculteurs sont très attente des États généraux de l’alimentation mais pas que… Les crises économiques, sanitaires, climatiques qui ont frappé l’agriculture font qu’aujourd’hui, les revenus sont en panne. Il est très difficile d’envisager l’avenir quand on a du mal à boucler le présent », souligne Christiane Lambert, lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée le vendredi 22 septembre à la ferme-auberge Trau, à Ebersheim. À ses côtés, de nombreux responsables professionnels, notamment Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, et Jean-Paul Bastian, président de la Chambre d'agriculture d’Alsace. Sur fond de génisses de boucherie - « C’est quand même plus sympa que la façade de la FNSEA à Paris», confie-t-elle à un responsable agricole -, Christiane Lambert passe en revue les sujets d’actualité, des États généraux de l’alimentation au Ceta, en passant par la fixation des prix agricoles, les négociations avec les distributeurs, etc. Une manifestation à Paris le 11 octobre « On sent qu’il y a une vraie prégnance de ces problèmes économiques, poursuit-elle. À cela s’ajoutent les incertitudes pour l’avenir. On a un nouveau gouvernement, qui pour l’instant s’est assez peu exprimé sur ce qu’il veut faire pour l’agriculture. On a hâte de voir, lors des prochaines prises de parole d’Emmanuel Macron ce qui va être dit pour l’agriculture française. » Le président de la République a annoncé qu’il interviendrait le 11 octobre pour clore le premier round des États généraux de l’alimentation, consacré à la création et répartition de la valeur. Un rendez-vous que la FNSEA ne veut pas manquer : Christiane Lambert a demandé une entrevue au président de la République. « Il faut aussi très vite modifier la loi de modernisation de l’économie, car les négociations commerciales vont démarrer en octobre et il faut que d’ici là, les nouvelles règles du jeu soient posées. » C’est pour cela que la FNSEA organisera une grande mobilisation à Paris pour dire que les agriculteurs sont capables de répondre à toutes les demandes des consommateurs français, s’ils ont du revenu et de la visibilité. « Notre ambition à nous, c’est d’avoir une agriculture productive et compétitive, durable, pleinement insérée dans les territoires et résiliente, c’est-à-dire capable de résister aux à-coups. » Pour Christiane Lambert, ce n’est pas gagné : « Il faut des ajustements en termes de revalorisation des prix des produits agricoles. Une revalorisation au niveau national, mais aussi international, avec une stratégie de conquête à l’export.» « On est descendu au premier sous-sol » « Le dogme du prix bas qui prévaut en France depuis trente ans conduit à écraser toujours plus les prix des produits agricoles. Mais là on touche le plancher, on est même descendu au premier sous-sol, souligne Christiane Lambert. Tout le monde y perd : les agriculteurs, les industriels. Même les distributeurs commencent à dire qu’ils y perdent aussi. » Les États généraux sont l’occasion de définir une meilleure répartition de la valeur entre tous les acteurs, estime-t-elle. D’où l’idée de « construire les prix en marche avant ». Construire les prix en marche avant, c’est contractualiser et inscrire dans le contrat une référence aux coûts de production. « En France, nous avons des exigences prémium au niveau de l’environnement, du bien être animal. » La société, explique-t-elle, est très exigeante pour son agriculture mais assez prompte à aller acheter des produits bon marché. « Une exigence haut de gamme et une consommation low cost, il y a un hic. L’agriculture française risque de perdre peu à peu des volumes de production. » C’est ce que la FNSEA met en avant lors des États généraux de l’alimentation. « Nous mettons en avant le double pacte économique et sociétal. Des retours de centimes pour redonner de la rentabilité aux exploitations. » Verdict du président de la chambre d'agriculture : « Elle a le sens de la formule ! »

Pages

Les vidéos