Journée de l’installation au lycée agricole d’Obernai
Une installation réfléchie pour un projet abouti
Journée de l’installation au lycée agricole d’Obernai
Publié le 03/02/2018
La Journée de l’installation, temps fort de la formation des étudiants des filières agricoles, s’est déroulée le mardi 23 janvier au lycée agricole d’Obernai. Cette rencontre leur a donné l’occasion de découvrir les principaux aspects d’un projet d’installation en agriculture, des démarches administratives aux formations à suivre et aux calculs de viabilité économique.
« C’est une chance pour les étudiants de pouvoir participer à cette journée, dans un contexte où la formation est écourtée. C’est en rencontrant des jeunes installés, engagés pour dynamiser leur territoire et faciliter les installations, que nos étudiants peuvent obtenir des réponses à leurs questions ». Pour Thierry Girodot, proviseur du lycée agricole, plusieurs messages importants se dégagent de cette journée : « Tout au long de votre vie professionnelle, vous aurez besoin de vous former ! La majorité d’entre vous seront des chefs d’entreprise, qui devront maîtriser à la fois la technique et la gestion de l’exploitation. » Formés pour des exploitations viables, vivables et transmissibles Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, souligne l’importance de la formation avant l’installation. « Il faut mettre à profit le temps dont vous disposez avant votre installation pour faire des stages, découvrir d’autres régions, d’autres systèmes de production et de fonctionnement. Acquérir une ouverture d’esprit, ne pas se contenter de ce que l’on connaît, est important pour la gestion de votre exploitation. » L’appartenance à un réseau d’agriculteurs permet aussi de continuer à apprendre des autres et à progresser tout au long de sa carrière. « Nous œuvrons pour que les installations se fassent sur des exploitations viables, vivables et transmissibles, et cela passe en premier lieu par une bonne formation des agriculteurs. Cette année encore, nous avons réussi à maintenir un rythme intéressant d’installations », ajoute-t-il. Julien Koegler, secrétaire général des JA67, remercie tous les protagonistes de cette journée, le lycée agricole d’Obernai, la Chambre d'agriculture d’Alsace, le Centre de formation professionnelle et de promotion agricole, sans oublier l’équipe des JA 67. Avant de présenter le parcours à l’installation, qui débute par un rendez-vous au Point accueil installation. Il précise que c’est une démarche qu’il faut anticiper : « Un projet réussi, c’est un projet mûri, mené par un chef d’exploitation qui a pris le temps d’acquérir les connaissances nécessaires à la pérennité de son entreprise ». Études de cas Julien Koegler présente ensuite le travail qu’ont mené les groupes d’étudiants au cours de la matinée. Prenant, pendant quelques heures, la place des conseillères installation et formation, les étudiants ont réalisé des études de cas. Répartis en groupes, ils se sont creusé les méninges sur des projets d’installation, fictifs ou réels. Avec l’aide de jeunes installés et des conseillères, ils ont rédigé un Plan de professionnalisation personnalisé (PPP). Le PPP détaille toutes les formations et stages que le jeune doit suivre pour obtenir la capacité professionnelle, mais aussi les formations préconisées tout au long de sa carrière, les stages obligatoires devant être effectués avant l’installation. Anticipation : le mot d’ordre de l’installation Les étudiants ont préconisé de nombreux stages, courts et longs, aux différents candidats à l’installation fictifs dont ils ont étudié les dossiers. Ils ont ainsi mis en évidence l’importance de réaliser un maximum de stages et de formations au cours de leur cursus scolaire, mais aussi et surtout d’anticiper les démarches d’installation. Ils ont estimé à un an et demi le délai moyen nécessaire pour s’installer, ce qu’ont confirmé les représentants de la direction régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (Draaf) et de la Région Grand Est, présents dans la salle. Une fois l’étape du PPP passée, reste à établir le Plan d’entreprise, une étude qui permet de vérifier la viabilité du projet d’installation. Ce sont d’autres groupes qui se sont intéressés à l’analyse de l’ensemble du projet sur le plan économique. Ils ont calculé le revenu disponible pour l’installant pendant quatre ans, et ce en prenant en compte la fluctuation des prix et la possibilité d’une conjoncture encore plus difficile. Prendre en compte la volatilité des prix Cet exercice leur a montré qu’il est indispensable de prendre en compte la volatilité des prix lorsque l’on réalise l’étude de viabilité d’une installation. Le secrétaire général des JA67 insiste sur deux points : « Aujourd’hui, l’augmentation de la production n’implique pas forcément une augmentation du revenu disponible pour l’exploitant ! En revanche, la maîtrise des charges et la technicité sont primordiales, car c’est grâce à elles que vous pourrez encaisser ces fluctuations. » Les témoignages et les calculs des étudiants montrent aussi que diversifier ses productions est un atout indiscutable dans une région dotée de filières fortes. Gaby Wampfler, du Centre de formation professionnelle et de promotion agricole, et Stéphanie Jehl, de l’Odasea, ont commenté les présentations tout au long de l’après-midi, insistant sur les points clés à prendre en compte pour donner au projet d’installation toutes les chances de réussir. Des partenaires pour soutenir les installations Pour clôturer la journée, les partenaires des Jeunes Agriculteurs qui soutiennent les installations ont été invités à prendre la parole. Le Crédit Agricole, Groupama et le Service de remplacement ont tour à tour présenté les chartes et les avantages qu’ils proposent aux jeunes dans le cadre de leur installation.












