Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin
« Mettons-nous au travail ! »
Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin
Publié le 23/02/2018
Entre États généraux de l’alimentation et élections des Chambres d’agriculture, l’heure n’a jamais été aussi propice à la prospective. Franck Sander a lancé quelques pistes de réflexion et annoncé un projet concret pour l’agriculture alsacienne d’ici l’été.
Franck Sander adresse un message aux futurs installés : « Le rôle des jeunes, c’est d’y croire. Soyez fiers de reprendre une exploitation, montrez ce que vous faites, montrez que vous produisez des produits de qualité, tracés, conformes aux normes. » Les moyens dédiés à la Politique agricole commune vont être amputés. « Nos exploitations auront-elles les reins assez solides pour faire face aux aléas, à la volatilité des prix ? » Pour passer le cap d’une année difficile, il faudra jouer sur tous les tableaux : la gestion des risques, la fiscalité, la diversification. La spécialisation prônée hier est moins vraie aujourd’hui, estime Franck Sander. « Les exploitations les plus résilientes sont celles qui ont su se diversifier. » Au niveau des productions, mais aussi de la mise en marché. « À nous de dire ce que nous voulons demain ! » Emmanuel Macron a demandé à chaque filière de se positionner sur son avenir, à travers les plans de filières. « Cela veut dire s’organiser en interprofession et redonner du poids aux agriculteurs. Prenons à nouveau la main que nous avons perdue à cause de la loi sur la concurrence. Ce qu’il faut retenir pour l’avenir, c’est que le prix sera construit à l’envers : on partira du coût de production moyen, auquel on ajoutera les frais de transformation et de distribution du produit pour fixer un prix minimum à la consommation. Mais pour cela, nous devrons tous connaître nos coûts de production. » Il faudra aussi gagner en compétitivité, en faisant baisser le poste charges sur les fermes. Car il y a des marges de progrès, estime Franck Sander. « L’écart entre les fermes est très important. Cet écart, il est possible de le réduire, en investissant par exemple, avec le soutien des collectivités territoriales. » « Mettons-nous au travail dans les quatre prochains mois, dressons un état des lieux des différentes filières, pour aboutir d’ici l’été à projet concret, porté par l’ensemble de la profession. Un projet qui puisse orienter l’action de nos partenaires et la politique agricole portée par la Chambre d'agriculture. »












