Assemblée générale de la FDSEA du Bas-Rhin
« Inverser la logique de la fixation des prix »
Assemblée générale de la FDSEA du Bas-Rhin
Publié le 09/02/2018
Manque de prix, manque de compétitivité… Les agriculteurs vivent une période de doute, a souligné le président Franck Sander, en ouvrant l’assemblée générale de la FDSEA du Bas-Rhin, lundi dernier à Kurtzenhouse. Les trois vice-présidents ont fait le tour de ces préoccupations.
Un thème a fait la une de l’actualité en 2017, les prix à la production. « Le président de la République, Emmanuel Macron, en a fait une cause nationale », indique Didier Braun, vice-président de la FDSEA. La valeur ajoutée a échappé aux agriculteurs, déplore-t-il. Les agriculteurs sont bien décidés à faire respecter la loi, qu’il s’agisse des promotions abusives ou de l’affichage de l’origine des produits transformés. Il ne s’agit pas de faire du protectionnisme caché, mais de donner au consommateur le choix de son achat, explique-t-il. « Il y a encore du travail ! » Pour le vice-président, il faut inverser la logique de la fixation des prix, en partant des coûts de production de l’agriculteur pour établir le prix de vente final au consommateur. « Pour l’instant, les relations commerciales sont en faveur des distributeurs : les industriels plient et les producteurs trinquent. » Le gouvernement parviendra-t-il à inverser la tendance ? En tout cas, « il doit donner l’exemple, en étant plus dur dans les négociations commerciales avec le Canada et le Mercosur ». « C’est inacceptable de vivre une telle situation ! » Didier Braun dit « stop à la surenchère environnementale », comme dans le cas du GCO : « On veut planter des arbres sur les meilleures terres agricoles ! » Fabien Metz, vice-président de la FDSEA, renchérit : « Il faut arrêter les surcompensations environnementales ». Il déplore le fait que les agriculteurs soient les seuls à porter ces compensations, comme dans le cas du GCO, ce qui ampute dangereusement leurs exploitations. L’opération de restructuration foncière, qui devait porter sur 11 000 ha, a été remise en cause par Alsace Nature. C’était pourtant le seul moyen de restructurer les exploitations pour qu’elles soient viables. Il dénonce également « le chantage scandaleux » exercé par cette association sur la protection du biotope (APPB), dans le cadre de la construction de l’A31bis. « Les nombreux efforts consentis par les agriculteurs sont réduits à néant. » Concernant le futur arrêté ZNT (zones non traitées), Fabien Metz rappelle : « L’État veut nous imposer 1 500 km supplémentaires de bandes enherbées ». Comment accepter une telle mesure ? « Nous devons trouver un compromis acceptable », tout en prenant en compte les situations où la qualité de l’eau est dégradée. L’agriculture est porteuse de solutions pour l’environnement, souligne-t-il. « Notre activité s’est toujours adaptée au territoire, mais elle a besoin de règles claires. Le dossier de la classification des cours d’eau est un bon exemple. » Non à l’agribashing Revenant sur l’utilisation des produits phytosanitaires, il estime qu’il faut empêcher les impasses techniques, trouver des méthodes alternatives, ne pas surtransposer les règles européennes, comme dans le cas du glyphosate. « Emmanuel Macron avait promis de ne pas faire de surenchère réglementaire. Alors pourquoi limiter à trois ans l’utilisation du glyphosate, alors que l’Union européenne est repartie pour cinq ans ? Pourquoi autoriser, notamment dans le cadre des accords commerciaux bilatéraux, l’importation de produits génétiquement modifiés et traités au glyphosate ? » Lors du débat autour de la réhomologation de cette molécule, on a assisté à un véritable agribashing orchestré par le lobby écologiste. Fabien Metz suggère de « se baser sur des données scientifiques réelles et non sur des considérations politiques ». « Nous sommes conscients que nous devons évoluer pour atteindre la multiperformance économique, sanitaire, environnementale et sociétale, poursuit-il. Pour cela, il faut valoriser l’expérience déjà acquise, développer l’innovation et la recherche, et pousser les pouvoirs publics à accompagner ces solutions. » « Ayez le réflexe FDSEA ! » « L’amour de notre métier nous permet de nous surpasser », confie Laurent Fischer, vice-président de la FDSEA. Sinon, comment supporter « les retards inacceptables dans le paiement des aides Pac », les dégâts causés par les corvidés, en constante augmentation, et les ravages causés par le gibier, notamment dans les prairies ? « L’administration fait très fort ! Le Bas-Rhin est l’un des meilleurs départements français pour le traitement de la Pac, paraît-il. Or nous venons de vivre les pires années pour le paiement des aides… » La FDSEA veut faire avancer les dossiers, comprendre le décompte des aides Pac versées, récupérer les montants injustement déduits, souligne Laurent Fischer. Qu’il s’agisse de la reconnaissance de calamité agricole, des dégâts de gibier, des problèmes juridiques, « ayez le réflexe FDSEA. Nous sommes un réseau de terrain, d’échange et de convivialité. »












