POMME DE TERRE
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POMME DE TERRE
Publié le 06/01/2018
En 2017, les données s’inversent pour la pomme de terre. Une production plus importante tire les prix vers le bas.
L’année 2017 a été à peine plus facile à gérer au champ que 2016. Après un hiver froid qui procure une bonne structure, les premières primeurs sont mises en place sous bâche fin février. Le reste des plantations s’étale jusqu’à mi-avril. Les températures fraîches retardent la levée et le développement des plantules. Les fortes gelées des 20 et 21 avril, les pires depuis vingt ans, ne laissent guère de chance aux parcelles levées à cette date, pas ou mal protégées par bâches ou aspersion d’eau. Les plantations suivantes profitent bien de l’année malgré une pression précoce et assez marquée des doryphores à partir d’avril. Les températures douces favorisent la tubérisation. Elle est supérieure à la normale. Le printemps sec demande rapidement la mise en route de l’irrigation. L’eau est également nécessaire pour faciliter la récolte des primeurs. Quand elles sont arrachées ! Car le niveau de la demande, tardive et faible en raison d’une météo humide et fraîche, pousse certains producteurs à ne pas engager ces frais au champ ! Des marges brutes à peine positives Le choix de variétés résistantes au stress hydrique et l’irrigation sont payants en 2017. Le rendement des demi-tardives grimpe à 50 t/ha, 10 t de plus qu’en 2016. Celui des variétés précoces progresse de 5 t/ha à 25 t/ha alors que celui des variétés de conservation est stable à 30 t/ha. Les soucis apparaissent en fin d’été. L’alternance de phases de croissance et d’arrêt de la végétation stimule des repousses. Gale argentée, dartrose et conditions de récolte particulièrement sèches dégradent la qualité des tubercules. Limaces et taupins occasionnent des dégâts sur les variétés arrachées jusqu’à début octobre. Les facteurs économiques de l’année sont mal orientés. Le stock est élevé. Les surfaces en variétés de conservation progressent de 5,1 % en France et de 4,6 % dans l’Union. Le rendement européen est en hausse de 8,5 % et la production globale de 13,5 %. Ajoutons à cela des chevauchements fréquents de mise en marché entre les différentes régions de production et l’on comprend que les prix dépriment. En début de campagne, ils n’atteignent pas leur niveau de 2016. À ce jeu, les précoces qui se négocient à 200 €/t perdent 50 €/t. À 150 au lieu de 350 €/t en 2016, les variétés à chair ferme divisent leur produit plus que par deux. Mais que dire des demi-tardives dont le prix dévisse de 200 à 80 €/t… Pour ces deux dernières catégories, les marges brutes restent à peine positives à 395 et 695 €/ha. Autant dire, que pour elles, l’année finit dans le rouge.












