Pomme de terre
Une culture de diversification intéressante
Pomme de terre
Publié le 14/12/2016
Lors du groupe céréales organisé par la FDSEA du Bas-Rhin, Sarah Ramos-Schneider, technicienne en charge du suivi technique de la production de pommes de terre au Comptoir agricole, était invitée à présenter cette culture qui peut représenter un complément de revenu intéressant pour un certain nombre d’exploitations agricoles alsaciennes.
La filière pomme de terre a vu le jour en Alsace en 2000, par le regroupement de quelques producteurs. Dès l’année suivante, une section pomme de terre a été créée au Comptoir agricole, ainsi que la marque Reine Anne, clin d’œil à l’ancrage territorial de la production : des producteurs alsaciens qui écoulent leur production sur le bassin rhénan. En 2007, le Comptoir agricole investit dans sa chaîne de conditionnement en l’équipant d’un trieur optique. À l’heure actuelle, le Comptoir agricole conditionne chaque année quelque 5 000 tonnes de pommes de terre, mais la coopérative se fixe pour objectif d’atteindre les 6 000 à 6 500 t de pommes de terre conditionnées. Pour l’instant, la production locale n’y suffit pas et le Comptoir agricole est contraint de s’approvisionner auprès d’autres origines. « C’est pourquoi nous aimerions recruter de nouveaux producteurs en Alsace », indique Sarah Ramos-Schneider, qui égrène les atouts de la production de pommes de terre. Le premier, et non des moindres par le temps qui courent, c’est que c’est une culture qui requiert peu d’investissements puisque la plupart du matériel est accessible au sein d’une Cuma. Tous les approvisionnements (plants, engrais, produits de protection des cultures) peuvent être gérés par le Comptoir agricole. En outre, les équipes du service agronomie et environnement suivent de près les parcelles et guident les producteurs dans leurs choix techniques. « La pomme de terre requiert un suivi technique pointu et l’aspect visuel des tubercules est important », note Sarah Ramos-Schneider. Après la récolte, le Comptoir agricole gère le stockage et le conditionnement des pommes de terre. Les adhérents apportent leur récolte du champ dans des palox qui sont mis à leur disposition. Ces dernières sont stockées sur cinq sites différents, ce qui permet de limiter les déplacements. Elles restent au froid en attendant leur utilisation. Elles sont alors nettoyées, séparées de la grenaille, épierrées, lavées, polies (sauf les pommes de terre précoces), retriées dans un trieur optique, puis conditionnées en filets de 2,5 ou 5 kg et enfin expédiées. Une culture rémunératrice Dans un marché alsacien de la pomme de terre très concurrentiel, le Comptoir agricole cible essentiellement les grandes et moyennes surfaces, les industriels et les grossistes. Le mode de rémunération des producteurs dépend du type de pommes de terre produites : les précoces bénéficient d’un prix net défini chaque semaine en fonction des marchés, les pommes de terre de conservation d’un prix minimal garanti avec plusieurs acomptes et un définitif lors du déstockage, les pommes de terre destinées à l’industrie d’un prix fixe garanti. Christian Schneider, responsable du groupe céréale et Véronique Klein, vice-présidente de la Chambre d'agriculture, font tous les deux partie des producteurs de pommes de terre alsaciens. Ils ont pu témoigner du bon chiffre d’affaires que la culture permet de dégager. Même si, comme toute autre culture, les résultats fluctuent en fonction des années. Ainsi, en 2016, le rendement chez Véronique Klein, où les pommes de terre sont conduites en bio, a fortement diminué. Chez Christian Schneider il a été davantage maintenu, mais au prix de nombreuses interventions phytosanitaires.












