Cultures spéciales

Publié le 05/10/2017

La campagne betteravière a démarré le 12 septembre et se terminera début janvier 2018. Une campagne plus longue que les précédentes donc pour les planteurs qui approvisionnent l’usine d’Erstein, situés sur une vaste zone couvrant l’Alsace, la Moselle et les territoires frontaliers allemands. Une zone qui a d’ailleurs enregistré cette année une augmentation des surfaces dédiées à la betterave de 10 % en moyenne. À la fin de cette semaine (semaine 40), 20 % des surfaces auront été arrachées. Le rendement s’établit à ce jour à environ 78 tonnes à 16 ° à l’hectare, pour une richesse moyenne de 17,50 °, après une semaine remarquable à près de 18 °. Les betteraves qui ont jusqu’ici approvisionné la sucrerie sont propres, grâce aux très bonnes conditions d’arrachage fin septembre et au chargement par avaleurs. Les pluies annoncées sont cependant les bienvenues car les sols commencent à devenir très secs. C’est donc un bon démarrage de campagne pour la sucrerie d’Erstein.

Publié le 30/09/2017

Du 22 au 24 septembre, une quarantaine d’animations gourmandes en Alsace ont marqué la fête de la gastronomie et sa thématique nationale « Au cœur du produit », déclinée notamment sur le Foodtour, un inédit de cette troisième édition régionale.

Initiatrice de la déclinaison régionale de la fête nationale de la gastronomie, Alsace Destination Tourisme (ADT), en collaboration avec les chefs restaurateurs et la Chambre d'agriculture d’Alsace, a offert au public un programme dense, festif et très gourmand pour sa troisième édition, du 22 au 24 septembre. Restaurateurs et producteurs, des collaborations pérennes Parmi les différentes animations, le Foodtour Alsace « Du champ à l’assiette » a été inauguré le 22 septembre à l’Îlot de la Meinau à Strasbourg. « Sans bons produits, pas d’excellence dans l’assiette », a lancé le chef Jacques Eber, rappelant que 32 de ses homologues se mobilisent pour cette fête, en proposant jusqu’au 1er octobre un menu terroir, illustré par l’affiche d’un selfie réalisé avec des producteurs. Cette coopération « met en avant leur savoir-faire ». « Ce Foodtour est l’occasion de découvrir ce territoire exceptionnel, ses productions agricoles diversifiées et sa convivialité », a ajouté Vincent Debès, président délégué d’ADT, saluant la présence de Marie-Thérèse Fischer-Phung, représentante nationale du commissariat général de la fête de gastronomie. Paul Schiellein, représentant la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), est revenu sur « ce partenariat gagnant-gagnant » avec les restaurateurs. Les producteurs ont « tout intérêt à vendre leurs produits aux restaurateurs qui vont les mettre en valeur » et pour les chefs, utiliser des produits locaux est un plus. Cette collaboration est « pérenne tout au long de l’année », a-t-il souligné. Quatre salariés s’occupent des circuits courts à la CAA. « C’est le rôle de la Chambre d'agriculture d’accompagner ces productions agricoles périurbaines », à l’image de cette exploitation agricole à la Meinau, gérée par Geoffrey Andna. Créée en 2014 avec deux associés, elle compte 6 144 m2 de serres sur 11 hectares au total et décline une quarantaine de productions. Les produits sont vendus en direct et via un réseau de restaurateurs, qui représentent 50 % de l’activité. L’Îlot a produit « 1 tonne de tomates par jour en pleine saison », a précisé Geoffrey Andna, en invitant les participants à la visite de l’exploitation. Du chou au confit de choucroute Après avoir souligné « la richesse que nous avons tous sous les pieds », Jean-François Vierling, président d’Alsace Qualité, a rappelé que la marque Savourez l’Alsace Produit du terroir est gage de qualité. Les participants ont ensuite été accueillis par Sébastien Muller, à la choucrouterie Le Pic à Meistratzheim pour découvrir ce « légume ancestral » aux multiples qualités dont l’Alsace produit 75 % du volume. Cinquième génération à la tête de cette entreprise familiale, Sébastien Muller a rappelé qu’elle exploite 70 hectares de choux à choucroute, qui sont lavés, coupés et transformés sur place, après « une fermentation naturelle qui peut durer 15 jours à deux mois », pour une production de 4 000 à 5 000 tonnes de choucroute par an. L’entreprise propose une gamme de choucroute bio et les participants à ce Foodtour ont pu apprécier sa dernière création, le confit de choucroute qui se marie parfaitement au foie gras. Sébastien Muller a précisé que le jus de choucroute sert à la méthanisation, et les feuilles vertes sont épandues. La choucrouterie Le Pic, qui aura un site internet en janvier, accueille le public tous les jours, une communication importante « pour éviter les amalgames et se défaire de l’image lourde de la choucroute garnie ». Président de l’Association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace, Sébastien Muller œuvre avec Alsace Qualité et sa directrice, Bénédicte Dubois, pour l’obtention de l’IGP choucroute d’Alsace, une demande toujours en cours depuis vingt ans. « Longueur, finesse, blancheur », les critères sont précis pour l’obtention de ce label européen. Aquaponie et vins du terroir Ce Foodtour s’est poursuivi par la découverte de la start-up myFood à Gertwiller, une serre connectée pour une culture aquaponique verticale. Partis de l’idée d’autoalimentation, trois passionnés, venus de la finance et de l’informatique entre autres, ont installé un bassin avec des poissons, qui alimente des plantes, ces dernières filtrant l’eau du bassin, dans un système d’économie circulaire. Quelques panneaux solaires sur le toit de la serre permettent la production d’énergie pour obtenir « une parfaite autarcie alimentaire au niveau des légumes », précise Julien Wosnitza, l’un des créateurs. La consommation d’eau est fortement diminuée, car il y a moins d’évaporation, ajoute son associé, Matthieu Urban. Leur objectif est « d’apporter l’alimentation chez tout un chacun, en réunissant la permaculture, la bioponie et l’aquaponie ». Avec seulement une heure de maintenance par semaine, ils ont déjà installé 50 serres en Europe et seront présents au prochain Salon international de l’agriculture. Ils ont également un projet au Vaisseau à Strasbourg. Les participants du Foodtour ont ensuite été accueillis au domaine Hering à Barr. Jean-Daniel Hering, cinquième génération de vignerons, et son épouse, Fabienne, leur ont présenté succinctement le domaine, totalement en bio, dont les vignes du grand cru Kirchberg qui s’étendent au pied de leur domaine. Les vins, issus de ce grand cru, « un lieu unique », sont en « lien direct avec le terroir » et font « la singularité du domaine, plus que les cépages riesling ou pinot gris entre autres, qui peuvent être plantés partout », a souligné Jean-Daniel Hering. Les participants ont dégusté trois vins avec les recettes du chef Christian Boulard, du château d’Andlau, dont un pinot gris grand cru Kirchberg de Barr 2013, prouvant les qualités de garde des vins blancs, et un gewurztraminer 2008 sur une soupe de carotte froide au cumin. Après un passage à Saint-Pierre pour apprécier les fromages de la ferme Haag et les bières de la brasserie, le Foodtour s’est terminé dans le Haut-Rhin, avec un cook show à six mains harmonisé par les chefs étoilés Nasti, Binz et Jaegle, et retransmis sur écran géant. Puis Jérôme Jaegle, une étoile au Michelin, a accueilli les participants dans son restaurant L’Alchémille à Kaysersberg-Vignoble pour une pause dînatoire qui leur a permis de déguster des bouchées en direct du potager. Pour finir, petite escale au musée des eaux-de-vie à Lapoutroie pour déguster des mignardises de Christine Ferber, accompagnées d’eaux-de-vie. Un tour surprenant, au cœur des produits de la gastronomie alsacienne et des hommes qui la font vivre, apprécier et… fêter !

Arrondissement de Sélestat-Erstein

La rentrée agricole du sous-préfet

Publié le 24/09/2017

La FDSEA et les Jeunes Agriculteurs ont accueilli le sous-préfet de l’arrondissement de Sélestat-Erstein sur deux exploitations de Mussig. Une façon de lui faire découvrir la production laitière et celle de tabac, et de le sensibiliser aux problèmes agricoles d’actualité.

Alexandre Piton, sous-préfet de Sélestat-Erstein, a pris ses fonctions en mars dernier. Vendredi 15 septembre, la FDSEA et les JA de l’arrondissement l’ont invité à découvrir deux exploitations agricoles de Mussig, sous la conduite de Gérard Lorber et Julien Koegler, secrétaires généraux des deux syndicats, et des présidents cantonaux. Le Gaec Losser est spécialisé dans la production laitière. Ses trois associés - Adrien et Daniel Losser, Thomas Thirion - élèvent 145 vaches laitières produisant 1,7 million de litres de lait par an. Une production qui a été multipliée par deux depuis 2010. C’est une ferme laitière typique de plaine d’Alsace : les vaches ne sortent pas au pâturage, mais elles sont nourries avec les cultures de la ferme et des sous-produits. Le Gaec Losser dispose de 72 ha de terres labourables, dont 50 ha de maïs, 7,5 ha de blé, 10 ha de betteraves et 3,5 ha de céleri, précise Adrien Losser, l’un des associés. Le Gaec Losser est confronté à la crise laitière qui dure depuis trois ans. « On a perdu 125 000 € sans rien faire », témoigne Adrien Losser. Les associés sont parvenus à limiter la casse en réduisant le coût alimentaire, mais cette solution a ses limites. L’an dernier, les inondations ont gravement affecté la qualité du foin et les éleveurs ont été obligés de passer davantage de maïs sur l’élevage. Cette année, c’est l’inverse : le foin a été récolté très tôt, il est donc de bonne qualité, mais la quantité n’est pas au rendez-vous, déplore Adrien Losser. Devant le sous-préfet, l’éleveur de Mussig évoque un autre sujet : la demande des laiteries pour du lait provenant de vaches nourries sans OGM. « Cela va nous créer un surcoût de 10 €/t sans recette supplémentaire », expose Adrien Losser. La mise en place de cette filière va également engendrer un surcoût pour les laiteries, obligées de multiplier les circuits de ramassage alors que tout plaide pour rationaliser les coûts. La multiplication des cahiers des charges n’est pas le fait du consommateur, mais elle est imposée par les distributeurs, qui veulent se démarquer de la concurrence, ajoute Gérard Lorber. Tabac : un marché porteur Quelques centaines de mètres séparent l’étable d’Adrien et Daniel Losser du hangar à tabac de Rémy Losser et de son fils Étienne, en cours d’installation. Cette deuxième exploitation de polyculture (blé, maïs, betteraves sucrières) est spécialisée dans le tabac. Une plante historiquement présente en Alsace, mais dont les surfaces ont baissé de moitié depuis 20 ans, précise Étienne Losser. Rémy Losser et son fils sont à contre-courant de cette tendance : le tabac, qui représentait « une activité annexe », est désormais une culture phare de leur exploitation (36 ha en 2017). Suite à un essai mené en 2004, ils ont abandonné la récolte manuelle au profit de la récolte mécanisée. Le tabac blond produit en Alsace est entièrement exporté, en particulier en Égypte où il est très prisé par les fumeurs de chicha. « C’est un marché porteur découvert il y a cinq ans, précise Étienne Losser. Combien de temps va-t-il le rester ? On ne le sait pas. » Les cigarettiers ont de toute façon délaissé le marché français pour s’approvisionner au Brésil et en Pologne. Ce dernier pays est en train de monter en puissance sur le marché. Les coûts de revient y sont deux fois moins élevés que ceux des producteurs français, fait remarquer le jeune tabaculteur. Du semis au conditionnement des feuilles en passant par la plantation, l’entretien, la récolte, le tri et le séchage, les différentes étapes de la culture du tabac nécessitent de la main-d’œuvre saisonnière : l’équivalent de 4,5 équivalents temps plein sur l’année pour une exploitation comme celle de la famille Losser. En tant qu’employeur, Étienne Losser utilise le Tesa (Titre emploi simplifié agricole), mais ses conditions d’utilisation (durée maximum, obligation de déterminer à l’avance le nombre de jours du contrat) ne sont pas toujours adaptées aux contraintes agricoles. Toujours dans le domaine de l’emploi, le jeune tabaculteur dénonce le casse-tête que représente le compte pénibilité et la distorsion de concurrence qu’il induit. « Encore une fois, on met aux employeurs français du secteur agricole des contraintes supplémentaires par rapport au cadre européen et on pénalise la compétitivité de l’agriculture française. » Besoin de personnel compétent Malgré les mesures d’allégement concédées ces dernières années, le coût du travail en France reste supérieur à celui constaté en Allemagne, insiste Étienne Losser qui chiffre le surcoût à 3,06 €/h pour une exploitation spécialisée française. Il aimerait que les réductions de cotisations sociales soient étendues à la main-d’œuvre qualifiée car « les exploitations ont besoin de personnel compétent pour mener des projets de diversification ». En plus des mesures à court terme, il appelle à « plus de convergence sociale » en Europe. La gestion de la Pac est un autre sujet de préoccupation pour les agriculteurs bas-rhinois. Gérard Lorber s’en est ouvert à Alexandre Piton : l’augmentation du paiement redistributif et le transfert d’une partie des montants des crédits du premier pilier vers le second pilier de la Pac vont se traduire par une baisse des aides accordées aux exploitants du département. À cela s’ajoutent les retards de paiement pour l’agriculture biologique et les MAEC (mesures agro-environnementales). Sur le secteur de l’Ill, où beaucoup d’exploitants pratiquent la fauche tardive et sont exposés aux inondations de printemps, ces retards sont particulièrement mal vécus. Gens du voyage : l’aire de Benfeld prête l’an prochain Toujours au chapitre des inondations, le secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin évoque le PAPI d’intention Ill-Ried-Centre Alsace (programme d’actions de prévention des inondations). Ce programme prévoit différentes mesures comme l’arasement des digues de protection en secteur agricole pour protéger les habitations en cas de crue importante. Compte tenu des enjeux agricoles, la FDSEA et les JA du Bas-Rhin demandent à être associés plus étroitement aux discussions en intégrant le comité de pilotage du PAPI. Dans le domaine des phytosanitaires, Gérard Lorber met en garde contre les restrictions grandissantes dont font l’objet certains produits, quand ils ne sont pas purement et simplement interdits. Il appelle à ne « pas prendre de décision dictée par l’idéologie ». Un appel entendu par le député Antoine Herth, présent à cette rencontre, pour qui le « zéro phyto » n’est tout simplement « pas faisable en l’état actuel de nos connaissances » et qui recommande la prudence sur le sujet. Cette rencontre avec le sous-préfet a également été l’occasion d’évoquer les gens du voyage et les « dégâts collatéraux » causés sur les prairies lors de l’installation sauvage et en grand nombre de caravanes. Un médiateur a été mis en place cet été et le schéma départemental d’accueil des gens du voyage va être « retravaillé », précise Alexandre Piton. Les travaux de construction d’une aire d’accueil vont démarrer à Benfeld, ajoute Denis Schultz, conseiller départemental du canton d’Erstein. Cet équipement, qui devrait être prêt l’an prochain, contribuera à « améliorer les conditions d’accueil » des gens du voyage, présume le sous-préfet, dont le rôle consiste à « prévoir les arrivées pour limiter les dégâts. » « Du revenu pour les agriculteurs » Le faible montant des retraites agricoles et les actes de malveillance sur les cultures ont également été abordés. Tout comme les États généraux de l’alimentation. Denis Digel, qui participe à l’atelier sur les initiatives locales et le développement des synergies, a fait part de ses doutes quant aux résultats de ces rencontres. « L’enjeu principal, c’est de trouver du revenu pour les agriculteurs et de le garder », a-t-il expliqué. Le député Antoine Herth, lui, compare les États généraux de l’alimentation au Grenelle de l’environnement : « C’est extrêmement important que la profession y soit. C’est important aussi que l’Assemblée nationale se mobilise et c’est ce que nous faisons. Cela permet à une majorité qui n’est pas issue d’un parti politique de se forger une opinion sur un sujet qu’elle ignore et de fixer le cap à l’issue des États généraux. » Concernant la Pac, indépendamment des problèmes de retard de paiement, Antoine Herth estime que le système actuel « n’est pas le bon » et qu’il « génère sa propre perte à trop vouloir coller à des microréalités ». Il se dit attentif aux propositions que fera la profession pour faire évoluer la Pac en 2020.

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