Cultures spéciales

Coopérative Tabac Feuilles de France

2016, l’année de la fusion avec le Poitou

Publié le 07/12/2017

Après Niort et Reims, la coopérative Tabac Feuilles de France (CT2F) a tenu sa troisième - et dernière - assemblée de section à Schiltigheim, le mercredi 29 novembre sous la présidence de Rémy Losser. Cette séance de travail très dense a permis de tourner définitivement la page de la campagne 2016. Une campagne marquée par la fusion avec la coopérative du Poitou, actée il y a tout juste un an.

Ces derniers mois, plusieurs événements se sont produits au sein de la coopérative, comme la mise en place du site internet grand public, la réorganisation du service technique et la reprise de Tritab, un atelier de triage à façon qui appartenait à la coopérative du Poitou. Sans oublier le lancement d’un plan de communication sur la filière pour attirer de nouveaux producteurs dans les régions à fort potentiel de développement. 2016 a été marquée par l’arrêt de 14 producteurs (- 6 %). Leur nombre s’élevait à 200, pour une superficie de 1 787 ha, dont 1 700 ha de virginie et 87 ha de burley. En 2015, la superficie totale s’élevait à 1 937 ha, dont 1 824 ha de virginie et 113 ha de burley. « Nous avons perdu un quart des surfaces de burley, suite à l’arrêt annoncé d’un acheteur », a déclaré le directeur, Olivier Riedinger. Les planteurs de virginie bio sont eux aussi confrontés à la défection de leur acheteur. Les planteurs de virginie ont une pléthore de variétés à leur disposition, mais l’ITB 683 occupe une position hégémonique. « Nous avons un très intéressant panel de variétés, dont certaines ont des caractéristiques spécifiques, comme la résistance à différentes maladies, et qui donnent satisfaction aux acheteurs. » Les surfaces de burley se répartissent, elles aussi, en différentes variétés, mais dans des proportions très voisines. « Un gros effort de sélection variétale a été fait ces dernières années sur le burley, car l’institut de recherche de Bergerac était propriété d’Imperial Tobacco. Aujourd’hui, la filière a repris en main la recherche et les efforts portent essentiellement sur le virginie pour avoir des variétés adaptées. » Un rendement moyen assez faible La coopérative a vendu près de 4 200 tonnes de tabac en 2016, dont 212 t de burley, 3 723 t de virginie conventionnel et 256 t de virginie bio. Le rendement moyen était relativement faible, de l’ordre de 2 345 t/ha. Les pertes totales se sont élevées à 780 t. En burley, le prix net payé aux producteurs non sinistrés a légèrement augmenté, la différence de prix s’expliquant par la qualité des tabacs récoltés. En virginie, il est resté pratiquement stable. Le total des actifs de la coopérative se monte à 7,40 millions d’euros (M€). « L’actif circulant s’élève à 6 M€. Il constitue les ressources dont dispose la coopérative pour injecter dans les comptes des coopérateurs. » Les capitaux propres atteignent 6,30 M€, les dettes 1 M€. Quant à la production vendue, elle se chiffre à 15,80 M€. L’exercice se solde par un résultat net comptable de 184 000 €. Un taux de perte de 6 % De son côté, la Caisse d’assurance mutuelle agricole Tabac Feuilles de France (Cama T2F) a engrangé l’an dernier 1,20 M€ de cotisations, pour un capital assuré de 16,30 M€. En 2015, les cotisations avaient dépassé 1,30 M€. « La différence provient de la baisse des surfaces et de l’ajustement des rendements », indique le directeur, Olivier Riedinger. Le montant des indemnités versées aux planteurs s’élève à 1 M€, contre 732 000 € en 2015. 52 % de ces indemnités ont été versées par la mutuelle, le reste par la caisse de réassurance qui, en contrepartie, perçoit 40 % des cotisations versées par les adhérents. Malgré le montant des indemnités versées, la caisse dégage un résultat total de 272 000 €, grâce notamment à la rémunération des placements. « Ce résultat est important, car nous pourrons renflouer nos réserves, mises à mal par plusieurs campagnes fortement sinistrées. » Celles-ci atteignent désormais 4,80 M€. « Pour combler toutes les réserves, il manque encore 400 000 €, mais nous sommes sur la bonne voie. » Comme les années précédentes, le conseil d’administration a pris la décision d’attribuer des subventions de prévention pour l’achat de butteuses et d’enjambeurs, ainsi que des aides pour pieds relevés dans le Poitou. Il a également prolongé la date d’arrêt de la campagne, fixée officiellement au 8 octobre, pour permettre l’indemnisation des sinistres de gel survenus en Alsace les 10 et 12 octobre 2016. Un nouveau président pour la Caisse d’assurance Daniel Mérigot a succédé à Bruno Paulus à la présidence de la Cama T2F. Agriculteur dans le Poitou, il cultive 44 hectares de tabac, auxquels s’ajoutent 7 ha en prestation, élève des porcs et produit de l’électricité. Il a rappelé les aléas climatiques qui ont frappé la campagne tabacole écoulée. « Cela a commencé par des pluies importantes dans l’Est, entraînant stagnation des eaux et inondations. L’ouest de la France a ensuite été touché par des attaques de mildiou conséquentes. Puis le sclérotinia s’est développé dans toutes les zones. En fin de campagne, deux épisodes de gel ont été déplorés en Alsace. Autre fait important relevé par le président, l’augmentation de l’orobanche, une plante herbacée envahissante. L’ouest de la France est particulièrement touché. C’est un fléau majeur de la production tabacole. Les rares solutions techniques existantes viennent en contradiction avec la commercialisation. » Tous les espoirs se tournent vers la recherche : « La meilleure solution, c’est la résistance à l’orobanche. Quelques variétés tolérantes apparaissent sur le marché. » 2017 est la première année de fonctionnement de la coopérative élargie. « Malgré les défis, c’est une belle réussite », a affirmé le président, Rémy Losser. La nouvelle configuration est très satisfaisante, sur le plan du fonctionnement comme de l’équilibre bilanciel. « C’est un atout de pouvoir payer des avances parce que nous avons les fonds propres nécessaires. Cela nous permet d’avoir une politique de rémunération sans tensions, tout en optimisant les charges. Il faut maintenir et conforter ces équilibres, c’est ce qui nous permettra d’affronter l’avenir. À l’heure où nous sommes confrontés de plein fouet au marché, il faut être solide. La fusion nous permet d’avoir un outil envié par les autres régions. Il faut continuer à consolider nos fonds propres », a déclaré Rémy Losser.

Publié le 27/10/2017

La conjoncture houblonnière est bonne, la filière est dynamique. Et, grâce notamment au travail mené par le Comptoir agricole sur les variétés aromatiques, les opportunités de débouchés, en lien avec l’essor des microbrasseries et des bières très travaillées, sont réelles. Aussi, de nouvelles houblonnières sont-elles petit à petit érigées en Alsace. Comme ce samedi 21 octobre, au Gaec Harter à Duntzenheim.

   

Publié le 25/10/2017

Les interprofessions ont tiré un premier bilan mitigé de la récolte de pommes de terre, choux et pommes, jeudi 19 octobre, au restaurant Gavroche du centre de Strasbourg. Tous tablent sur un bon prix de vente pour sauver les meubles.

Des pommes de terre bradées, un chou qui a souffert de la pluie et des pommes gelées. Les représentants des trois productions ont partagé leurs inquiétudes avec la presse, à la table de Benoît Fuchs, à l'initiative de l'interprofession des fruits et légumes (Interfel), et du Comité national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT). Si les agriculteurs font face à des problèmes différents selon leur production, ils espèrent tous un bon prix pour sauver la saison. Dans le salon du Gavroche, Frédéric Kiehl se félicite d'avoir agrandi son entrepôt de Duppigheim l'an dernier. Et pour cause, la production de patates a explosé cette année. Conséquence directe, les prix dégringolent. Le président de l'association pour la promotion de la pomme de terre en Alsace avance un prix en baisse de moitié par rapport à 2016. Pas défaitiste pour autant, il attend avec impatience que les productions du nord de la France soient écoulées. « Aujourd'hui on inonde le marché car certains producteurs ne peuvent pas stocker, explique-t-il. On espère une remontée des prix d'ici fin novembre. » Optimiste, le CNIPT l'est aussi. « Il n'y a pas de raison de paniquer, rassure Carole Blandin, responsable communication de l'organisation. La pomme de terre a de nombreux débouchés à l'export, les cours vont remonter. » En attendant cette embellie, le CNIPT planche sur un outil pour éviter la crise de nerf dans les années à venir. Il s'agira d'un indice interne à la profession, pour indiquer les prix moyens pratiqués. « Dès 2018, les producteurs pourront se situer par rapport au marché français », détaille la responsable. Le but ? Que les agriculteurs aient toutes les cartes en main pour établir leurs prix... et se rassurer par rapport au voisin. Moins de volumes pour la pomme, mais de meilleurs prix  Côté chou, l'humeur change d'une terroir à l'autre. « La campagne est très hétérogène cette année », constate Laurent Heitz, président du syndicat des producteurs de chou à choucroute basé à Geispolsheim. S'il a été épargné par la pluie cet été, ses collègues de Meistratzheim ont beaucoup souffert. À mi-récolte, l'élu prédit déjà que les cuves ne feront pas le plein. Mais les prix ne s'envoleront pas pour autant. La vente de chou à choucroute contractualisée, les prix sont déjà fixés. « Au moins, on sait qu'ils ne casseront pas la figure en cours de route », ajoute le responsable. Niveau volumes, les pommiers ont le plus souffert. « On a perdu près de 40 % de la production par rapport à l'an dernier », estime Pierre Barth, responsable fruits à la FRSEA. En cause, le gel de printemps qui a beaucoup affecté les vergers haut-rhinois. Là encore, les prix vont être déterminants pour donner une note définitive à la campagne 2017. À l'inverse des pommes de terre, la pomme voit son cours grimper. Plus 20 % au détail et jusqu'à 50 % d'augmentation pour l'industrie (les fruits invendables aux particuliers). Mais le responsable syndical reste prudent, « la hausse de l'industrie ne compensera pas la perte due aux pommes non produites. »

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