Choucrouterie Baur à Blaesheim
La dernière campagne choucroutière
Choucrouterie Baur à Blaesheim
Publié le 16/10/2017
La famille Baur, à Blaesheim, ferme un chapitre de son histoire. Créée en 1948, la choucrouterie Baur achève actuellement sa dernière campagne. Retour sur 70 années de passion choucroutière.
« La choucrouterie Baur a été créée en 1948 par mon père et mon grand-père, explique Jacques Baur. Mon grand-père cultivait déjà du chou auparavant et le livrait aux choucroutiers de Strasbourg. » Les six premières cuves ont été construites en 1948. « L’entreprise s’est agrandie progressivement, en ajoutant de nouvelles cuves, en 1952 et 1956. » En 1964, quatre cuves supplémentaires viennent s’y ajouter, suivies de cinq cuves en 1969. « Je me suis installé en 1972, explique Jacques Baur, mon frère, Jean-Philippe en 1976. » C’est cette année-là qu’est créé le Gaec du Gloeckelsberg, dont les associés sont le père, Paul, et les deux fils, Jacques et Jean-Philippe. De gros investissements sont réalisés deux ans plus tard : « Nous avons mécanisé la récolte de chou à choucroute et modernisé la transformation ». « Nous nous sommes mariés en 1970, poursuit Adeline Baur. J’ai travaillé dans un cabinet d’expertise comptable jusqu’en 1973 et me suis dès lors impliquée dans la gestion de la choucrouterie, dont je tenais déjà la comptabilité. Et je donnais un coup de main sur l’exploitation. Je sais ce que c’est de récolter des choux à la main… » À partir de 1982, sa belle-sœur, Denise, rejoint à son tour l’entreprise familiale pour s’occuper de la facturation. Création des Ets Paul Baur en 1984 « À cette époque, la choucrouterie était en nom personnel », explique-t-elle. Elle est transformée en SARL en 1984 et prend le nom d’Ets Paul Baur, la gérance étant confiée aux deux belles-filles, Adeline et Denise. « C’est là que nous nous sommes vraiment spécialisés dans la choucroute, précise Jacques Baur. Pour élargir notre clientèle, nous avons racheté plusieurs fonds de commerce, comme les sociétés Felden à Holtzheim, Speiser à Ostwald et Schneckenberger à Strasbourg - la célèbre Choucrouterie, aujourd’hui cabaret spectacle. » Le rachat de ces deux dernières entreprises a permis à la choucrouterie Baur d’effectuer des tournées auprès des boucheries, restaurants, restauration collective, grossistes et GMS dans un rayon d’une centaine de kilomètres, jusqu’en Lorraine et même en Allemagne. « C’est Jean-Philippe qui s’est occupé de ces tournées. Moi, je me suis consacré à l’agriculture et à la transformation à la choucrouterie. Les très bonnes années, nous avons planté jusqu’à 45 ha de choux et nous avons produit 2 400 t de choucroute, voire plus, car nous achetions du chou à d’autres producteurs. » Le colza remplacera bientôt le chou Jacques Baur a décidé de « raccrocher » à la fin de la saison. « Cinquante années, cela suffit. J’ai planté mes premiers choux à 17 ans et j’en ai 67 aujourd’hui ! » Le fonds de commerce a été vendu à la choucrouterie René Weber et fils à Krautergersheim. La choucrouterie, quant à elle, sera démolie : un promoteur immobilier l’a rachetée pour y construire un ensemble résidentiel. L’arrêt de la culture du chou ne signifie pas la fin de l’exploitation. Jacques Baur continuera à faire tourner l’exploitation agricole avec son frère. Une exploitation de 110 hectares, où le colza succédera au chou comme troisième culture, diversité de l’assolement oblige. « Je n’en avais pas cultivé depuis 50 ans. » Comme ces deux plantes font partie de la famille des crucifères, elles ne font pas bon ménage… « Nos enfants ne voulaient pas poursuivre l’activité de transformation. » Ce n’est pas sans un petit pincement au cœur que la famille Baur tourne la page du chou à choucroute. « Nous avons conduit des essais variétaux avec la société semencière Bejo pendant 42 ans, se rappelle Jacques Baur. Et j’ai de tout temps été le responsable technique du chou à choucroute pour la profession, en travaillant en étroite collaboration avec le Suad de la Chambre d’agriculture et ensuite avec Planète Légumes. » Quant à Adeline Baur, elle a présidé l’Association de valorisation de la choucroute d’Alsace (AVCA) qui a mis en place le cahier des charges choucroute d’Alsace.












