Chou à choucroute
Les producteurs à la peine
Chou à choucroute
Publié le 21/01/2018
Les nutritionnistes le répètent à qui veut l’entendre, la choucroute a de nombreuses vertus diététiques. « La seule vertu qu’elle n’a pas, c’est d’être rentable », souligne Laurent Heitz, président du syndicat des producteurs de chou à choucroute d’Alsace.
L’Alsace ne compte plus qu’une cinquantaine de producteurs de chou à choucroute, pour une superficie de 600 à 700 ha. « Nous perdons des producteurs chaque année, déplore Laurent Heitz. Rien que l’an dernier, cinq d’entre eux ont décidé d’arrêter. En dix ans, nous avons perdu la moitié des effectifs, essentiellement en raison du prix très bas du chou et de la choucroute. » Pour Laurent Heitz, le prix payé par les choucroutiers alsaciens n’est pas à la hauteur des espérances des producteurs. Certes, il a légèrement évolué : il se situe à 80 €/t de choux à choucroute pour la prochaine saison, contre 77,50 €/t pour la saison qui vient de s’achever. « Mais ce n’est toujours pas suffisant pour maintenir la production et inciter des jeunes agriculteurs à s’y lancer. » Ce qui l’inquiète le plus, c’est que certains jeunes, qui avaient repris le flambeau familial il y a quatre ou cinq ans, ont fini par jeter l’éponge. « Le matériel étant vieillissant, ils renoncent à investir. Une machine à récolter le chou à choucroute représente un investissement de 100 000 € ! » « Nous sortons de trois années très compliquées au niveau météorologique et sanitaire », explique Laurent Heitz. Cette année, les choux à choucroute ont subi de fortes attaques d’altise. Par ailleurs, les parcelles irriguées ont eu de gros soucis de pourriture, les températures très élevées ayant provoqué un choc hydrique. Résultat, le rendement moyen se situe à 80 t/ha en 2017, alors qu’il faudrait atteindre 100 t/ha pour que la culture soit rentable. « Nous vivons vraiment dans la crainte de la désertion des producteurs, par manque de motivation, indique ce syndicaliste engagé depuis longtemps dans la défense de la profession. Si rien ne bouge, certains choucroutiers alsaciens auront du mal à s’approvisionner localement… »












