Cultures spéciales

Chou à choucroute

La récolte vient de démarrer

Publié le 29/07/2018

Dans la plaine d’Alsace, les producteurs de chou à choucroute s’activent : la récolte 2018 a officiellement démarré. « Les variétés précoces ont une dizaine de jours d’avance dans certaines communes », indique Laurent Heitz, président du syndicat des producteurs de chou à choucroute. « Cela se présente plutôt bien au niveau des rendements », confirme-t-il. Il prévient : « Pour certains choucroutiers, il faudra commencer à couper plus tôt, pour éviter d’avoir des déchets de surmaturité. » Une certaine inquiétude plane pour les variétés plus tardives : « Tout le monde attend la pluie ! En cette période de pommaison, il faut absolument de l’eau. » L’état sanitaire des choux est plutôt bon, car les nuits restent relativement fraîches. « Tant que cet écart de température se maintiendra, tout ira bien. Mais s’il fait plus chaud la nuit, cela risque de se gâter… » En attendant, le marché ne se porte pas trop mal, même si la période estivale n’est pas très propice à la consommation de choucroute. « Nous espérons que l’IGP boostera les ventes. »

Bilan de la saison du tabac

Une fin de saison avec le sourire

Publié le 26/07/2018

Alors que la récolte du tabac vient de commencer en Alsace, retour sur une campagne mouvementée. Malgré des débuts difficiles, la qualité et la quantité du cru 2018 devraient satisfaire producteurs et clients.

« Ça s’annonce bien. » Devant ses cinq hectares de tabac, Paul Lossel affiche un grand sourire. Les plantes sont de très bonne qualité après une semaine de récolte. « Ça fait longtemps qu’on n’a pas eu de feuilles basses aussi belles », se réjouit le producteur de Pfulgriesheim. La quantité est aussi au rendez-vous. « Il y a beaucoup de feuilles, elles vont donner pas mal de matière sèche », se félicite Bénédicte, la belle-sœur de Paul, en charge du triage et du séchage. Mais les tabaculteurs ont vécu quelques frayeurs avant de retrouver le sourire. Le début de saison s’est montré poussif. Le froid et le manque de soleil de février et mars ont retardé la maturité des semis sous serre. Les pluies ont ensuite repoussé la plantation du 10 au 20 mai. Dix jours, une éternité pour les cultivateurs. Et pourtant, « on s’en tire bien dans la vallée du Rhin, estime Olivier Riedinger, directeur de la Coopérative tabac feuilles de France (CT2F). En Charente, il a tellement plu qu’on a dû planter à l’arrache, coûte que coûte, vers le 20 juin. » Avec plus d’un mois de retard. « Revenir aux prix de 2016 » Les maladies et parasites ont aussi menacé les plantes. Le sclérotinia, un champignon à l’origine entre autres de la pourriture blanche, a guetté les semis sous serre en mars. Plus de peur que de mal, le parasite n’a pas proliféré. « On a aussi craint le mildiou, mais les traitements sanitaires ont permis de limiter la casse », selon Olivier Riedinger. En Alsace, l’horizon des tabaculteurs s’est éclairci en même temps que le ciel. La chaleur et le soleil du mois de juin ont compensé les retards de croissance accumulés depuis février. Un rattrapage fulgurant. La récolte manuelle, a même commencé depuis deux semaines. À la même date que l’an dernier. Désormais, la coopérative se préoccupe d’un objectif économique. À savoir, « revenir aux prix de 2016 », après une récolte 2017 jugée mal payée au vu de la qualité de la production. Dernière crainte dans les champs : la sécheresse estivale. Surtout à Hochfelden et dans le Kochersberg. Là, les agriculteurs n’irriguent presque pas, faute de nappe phréatique accessible. Mais les pluies du samedi 21 juillet ont résolu le problème, pour un temps au moins. « Ici il est tombé 25 cm, on est couvert pour 15 jours », explique Paul Lossel. Une nouvelle raison de garder le sourire.

Association des producteurs d’asperges d’Alsace

Recettes de blogueuses

Publié le 12/05/2018

Trois blogueuses culinaires ont participé au concours de la meilleure recette d’asperges d’Alsace. Et c’est Julie qui l’a emporté avec un risotto d’asperges à la crème d’asperge et asperges grillées, baptisé « Se mettre au vert ».

Samedi 5 mai, l’association des producteurs d’asperges d’Alsace avait invité trois blogueuses culinaires à participer au concours de la meilleure recette d’asperges d’Alsace. Une première. Réunies dans les cuisines du Resto du coin dans le quartier de Neudorf à Strasbourg, elles ont été accueillies par Sylvain Scherer, le chef de l’établissement, son collègue Nicolas Pfirsch, du restaurant Au Cerisier à Westhoffen, Myriam Muesser et Dominique Krafft, de l’agence Musiconair, en charge de la communication sur l’asperge d’Alsace. Le but de ce concours était de la sortir de son image traditionnelle en laissant carte blanche à trois jeunes femmes, trois « influenceuses » du web. Et qu’à travers leurs écrits, elles suscitent la curiosité et l’intérêt d’une clientèle plus jeune pour ce légume qui marque l’arrivée du printemps en Alsace. En récompense de sa participation, la gagnante du concours verra l’adresse de son blog imprimée sur les étiquettes ornant les bottes d’asperges des membres de l’association, ce qui représente une diffusion de l’ordre du million d’exemplaires. La recette gagnante sera quant à elle diffusée via la newsletter adressée aux 24 000 personnes qui constituent le fichier de l’association des producteurs d’asperges d’Alsace. Miss Elka : en tarte fine Âgée de 28 ans, miss Elka - Lucie de son prénom -, tient un blog culinaire depuis trois ans et demi. Un loisir avant tout pour cette passionnée de gastronomie et de nourriture, qui travaille dans le marketing et la communication d’un groupe de restauration. La jeune femme présente sur son blog des recettes, ainsi que des commentaires de restaurants qu’elle a testés. « Je suis Strasbourgeoise, donc je me concentre plutôt sur les restaurants de Strasbourg, où je me rends en client mystère. Je déguste et je paie mon addition. » Miss Elka ne partage que les adresses qu’elle apprécie, c’est ce qui différencie son travail de celui d’un critique gastronomique, qui n’hésitera pas à faire part de ses coups de gueule contre tel ou tel établissement. Lucie participait samedi dernier au concours de la meilleure recette d’asperges d’Alsace, avec deux autres « influenceuses » du web alsacien. Avec sa tarte fine aux asperges, sauce mousseline et jambon Forêt Noire, elle a proposé une version revisitée de la recette traditionnelle alsacienne, plus élaborée dans son dressage pour donner à ce légume de printemps une touche « gastro » résolument contemporaine. Dans son blog comme dans la vie, Miss Elka défend les produits locaux de saison : été comme hiver, elle se ravitaille au marché couvert de Neudorf, à deux pas de chez elle, où elle apprécie la fraîcheur et l’authenticité des produits. Pour sa recette, elle a utilisé les asperges de l’îlot de la Meinau. Sokhna : en version exotique Originaire du Sénégal, qu’elle a quitté à l’âge de 13 ans, Sokhna (prononcez Sorna) a grandi dans le milieu de la restauration. C’est pour passer plus de temps avec sa mère, qui tenait un restaurant de spécialités africaines, qu’elle s’est mise à cuisiner. Elle a entamé un CAP cuisine, qu’elle a mis provisoirement entre parenthèses pour travailler au Café Bâle, sur la place d’Austerlitz à Strasbourg, où elle est en charge des entrées, des salades et des desserts. Il y a trois ans, elle a ouvert son blog, Taste of sun, où elle partage ses recettes mais aussi toutes ses bonnes adresses « lifestyle ». Également présente sur les réseaux sociaux, Sokhna réalise depuis quelques mois des vidéos de cuisine diffusées sur YouTube : ses abonnés peuvent suivre pas à pas les différentes étapes de ses recettes, qui s’inspirent tout à la fois de la cuisine africaine et de la cuisine occidentale. L’utilisation des épices, des ingrédients exotiques et les mélanges sucrés-salés ne lui font pas peur. La preuve ? Dans le cadre du concours, la belle Sénégalaise, âgé de 26 ans, qui aime cuisiner « sain et de saison », a réalisé des asperges aux gambas rôties, beurre passion et mayonnaise à la vanille. Sans dénaturer le produit, elle a osé l’assortir à des saveurs exotiques totalement inhabituelles, et à en faire une association qui a plu au jury, composé de Sylvain Scherer, Nicolas Pfirsch, et Myriam Muesser. Julie : pour se mettre au vert Son premier blog, ouvert il y a sept ans, était consacré aux nouvelles technologies ; le dernier, Les recettes de Julie Gri, ouvert il y a six mois, parle de cuisine. « Au départ, je l’ai créé pour retrouver mes propres recettes car j’aime beaucoup improviser et je ne me souviens pas toujours de ce que j’ai mis dans les plats que je confectionne », explique la jeune femme. Âgée de 29 ans, designer d’applications mobiles de profession, Julie a l’habitude de cuisiner pour ses collègues. Il y a un an, elle a découvert la cuisine végétarienne, ce qui lui a donné envie de partager ses recettes sur le web. « Beaucoup de gens pensent que la cuisine végétarienne se limite aux graines et aux salades. Mais en fait, on peut se nourrir en se faisant plaisir, même quand on a une contrainte alimentaire ». Julie alimente son blog très régulièrement, plusieurs fois par semaine lorsqu’elle a le temps, de même que son compte Instagram où elle poste presque quotidiennement des idées de petits-déjeuners. Originaire de Fegersheim, la jeune femme a travaillé durant cinq ans à Paris avant de revenir en Alsace car la région lui manquait vraiment. Et si l’asperge ne l’inspirait pas plus qu’il ne faut au départ, elle s’est prise au jeu du concours et s’est creusé la tête pour trouver de quoi mettre en valeur ce légume emblématique de la région, en l’interprétant à la mode végétarienne. Sa recette ? Un risotto d’asperges à la crème d’asperge et asperges grillées, baptisé « Se mettre au vert ». Julie l’a imaginé après un brainstorming en famille et l’a testée auprès de sa sœur avant de la soumettre au jury.

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