Cultures spéciales

Publié le 27/04/2018

Le temps froid et humide du mois de mars a retardé les semis de betteraves à sucre. Mais les bonnes conditions météorologiques de la semaine dernière ont permis de compenser une partie de ce retard et les levées sont très homogènes.

Les semis de betterave à sucre commencent traditionnellement le 19 mars, fête de la Saint-Joseph. Mais pas cette année… Les premières graines ont été mises en terre durant les derniers jours de mars. « Il y a eu très peu de semis en mars, à peine 5 % des surfaces. Mais les levées sont magnifiques », souligne Michel Butscha, adjoint au responsable agrobetteravier de l’usine Cristal Union d’Erstein. Le gros des semis a eu lieu après Pâques, entre le 6 et le 15 avril. Huit jours intenses, indique le technicien. « Grâce à l’implication de tous, les semis ont été exécutés en un temps très court. » En Alsace, les semis se sont prolongés jusqu’à la semaine dernière : dans les terres lourdes, il était préférable d’attendre un peu. « La structure était bonne, mais les sols ont eu du mal à sécher. À partir du 12 avril, c’était impeccable. » En Lorraine aussi, les semis sont en train de s’achever. « Les betteraviers ont pris en compte l’état des sols et se sont montrés patients. » Patience récompensée : « La nature est en train de rattraper le retard ». Michel Butscha se veut optimiste : « Les pluies annoncées devraient éviter les soucis de levée. » Les levées ont été extrêmement rapides. « Si les conditions météorologiques de cette semaine restent bonnes, le retard devrait vite être comblé. » Cette rapidité ne facilite pas le désherbage : la première intervention à peine terminée, il faut déjà penser à la suivante. Heureusement, les mauvaises herbes montent au même rythme que les betteraves : elles poussent de manière très homogène, ce qui simplifie le désherbage. Enfin, on n’a pas constaté de dégâts de limaces ni de tipules, car le cycle de l’insecte est décalé par rapport au semis cette année. « Les attaques de tipules n’ont pas eu lieu parce que les graines n’étaient pas encore semées au moment de leur sortie. » On est à la fin du cycle de ce ravageur.

Publié le 13/03/2018

Du nouveau dans la politique agricole régionale. Le Conseil régional Grand Est a mis en place des aides pour accompagner les investissements en matériel d’irrigation économe en eau, afin de limiter l’impact de l’irrigation sur l’environnement et d'améliorer la gestion de l’eau. « Cette démarche a été initiée par la FDSEA du Bas-Rhin », souligne Gérard Lorber.

« Certains secteurs n’ont pas la chance de pouvoir irriguer. Mais pour les cultures spéciales, la sécurisation des ressources en eau est le seul moyen de garantir un revenu », souligne Gérard Lorber. Les aides de la Région Grand Est portent sur les études de structuration et les investissements en matériels d’irrigation individuels ou collectifs permettant d’améliorer la performance et la durabilité des exploitations agricoles. Mais quelles sont les productions éligibles ? Le maraîchage, y compris les légumes de plein champ, les productions fruitières, les autres cultures spéciales (tabac, houblon, production de semences). 25 dossiers de demandes de subvention ont déjà été déposés par les irrigants alsaciens. Le montant des subventions varie de 1 500 € à 20 000 €. Jouer la carte de l'environnement, de la qualité, ou du collectif Pour bénéficier de cette aide, l’exploitant devra soit mettre en œuvre une démarche environnementale (HVE, PFI, Ecophyto…) soit adhérer à une démarche qualité (IGP, AB), soit présenter une approche collective de la mise en marché de ses produits. Toute demande d’aide pour la création de forage ou de retenue d’eau devra être soumise à autorisation et faire l’objet d’un dossier Loi sur l’eau. Les dépenses éligibles sont : études de faisabilité technico-économique, forages, création de retenues d’eau de substitution, réseaux de transport constitués des canalisations et les systèmes de distribution (uniquement goutte à goutte). Pompes et raccordements électriques ne sont pas éligibles, hors projets collectifs.

Publié le 09/03/2018

Améliorer la compétitivité, dynamiser l’innovation, diversifier les marchés, élargir les débouchés, assurer le renouvellement des générations,  telles sont les lignes directrices de cette convention signée à Paris au Salon international de l’agriculture, sur le stand des Brasseurs de France.

Il y a huit ans, la filière houblon traversait une grave crise. Depuis, de nombreuses actions ont été engagées pour renflouer cette filière (voir encadré). Avec un résultat probant. Entre 2011 et 2013, seuls 350 ha de houblonnières étaient en production effective. En 2016, les surfaces en production sont passées à 432 ha avec 44 planteurs dont 15 ha de houblon certifié bio. Pour honorer les contrats et répondre à la demande, la surface houblonnière devrait être augmentée de plus de 100 ha, pour atteindre 600 ha d'ici 2020. « Le nerf de la guerre, c’est donc désormais de trouver rapidement trois ou quatre nouveaux planteurs pour créer une nouvelle dynamique », indique Marc Moser, président du Comptoir agricole. Problème : le montant des investissements dans les houblonnières et dans les outils de transformation peut faire peur (il faut compter 1 M€ d’investissement pour exploiter 20 ha de houblonnière). L’évolution des prix aussi. Les acteurs de la filière en sont bien conscients : «Pour que des jeunes se lancent, il faut leur offrir un projet», indique Marc Moser. Et la convention qui vient d’être signée pour une durée de trois ans y contribue. En effet, le contrat de filière houblon s’articule autour de quatre grands objectifs généraux : soutenir les jeunes agriculteurs ou débutants dans la filière ; maintenir la compétitivité et la rentabilité des exploitations ; renforcer les actions de recherche et d’expérimentations ; améliorer la mise en marché de la production de houblon du Grand Est. Le soutien des jeunes agriculteurs ou débutants dans la filière passe par l’accompagnement dans l’installation-transmission qui doit permettre le renouvellement des générations en apportant des références techniques aux jeunes installés. Des actions de formation et de parrainage sont envisagées par le Comptoir agricole afin d’améliorer les connaissances des futurs installés sur les problématiques spécifiques à la culture. De plus, la Région aide les installations par le biais des subventions et le financement de formations à hauteur de 60 % des frais engagés plafonnés à 8 000 €. Des engagements financiers conséquents Pour maintenir la compétitivité et la rentabilité des exploitations, il s’agit de moderniser les structures. Et améliorer leurs performances (économiques, environnementales, sociales) pour faire face aux mutations économiques actuelles. Car afin de satisfaire la demande et d’améliorer la rentabilité des exploitations, le Comptoir agricole mise notamment sur l’augmentation des surfaces de culture de houblon. Les investissements étant un frein important au développement des surfaces, le Comptoir agricole propose un soutien financier à hauteur de 1 000 €/ha/an pendant cinq ans à destination d’anciens ou de nouveaux planteurs qui augmentent leur surface de houblonnières par montage de nouveaux échafaudages. La Région quant à elle soutient l’acquisition de matériels neufs (poteaux, fils) pour la construction et le montage de nouvelles houblonnières. Le taux d’aide est de 40 % avec une aide maximum plafonnée à 8 000 €/ha. Une aide régionale de près de 107 000 € bénéficiant à neuf exploitants est programmée pour la Commission permanente du 20 avril 2018. Cette somme représente une augmentation de surface totale de 21,81 ha. La Région soutient également l’acquisition de matériels de production afin de maîtriser les coûts de main-d’œuvre, contrôler les postes de dépenses énergétiques et réduire la pénibilité du travail. Une aide de 20 600 € est ainsi programmée pour quatre exploitants ayant investi dans du matériel de culture. Pour Marc Moser, il s’agit là d'« engagements conséquents » qui doivent inciter des jeunes soit à se lancer dans la culture, soit à augmenter leurs surfaces : « Le Comptoir agricole et la Région s’associent pour assurer un accompagnement sur les investissements, les prix. Il ne manque plus que les banques dans ce triptyque. Nous y travaillons », encourage-t-il. La convention porte aussi sur le renforcement des actions de recherche et d’expérimentations. Il s’agit de soutenir les programmes de recherche en lien avec la réduction de l’usage des produits phytosanitaires, d’encourager les programmes d’expérimentations de lutte raisonnée et de techniques alternatives à l’utilisation des produits phytosanitaires. Et d’aider la diffusion de ces connaissances. Pour atteindre ces objectifs, le Comptoir agricole va élaborer un programme expérimental de lutte raisonnée. Et la Région finance à hauteur de 10 000 €/an les coûts de suivi de ces expérimentations. La recherche variétale relancée Enfin, pour améliorer la mise en marché de la production de houblon du Grand Est, le Comptoir agricole va relancer le plan de sélection variétale afin de proposer de nouvelles variétés qui répondent à un marché en pleine évolution. Ce programme de sélection permettrait de créer de nouveaux arômes mais aussi de rendre les houblons plus résistants aux maladies dans un contexte de réduction de l’usage des produits phytosanitaires. Aussi la Région s’engage à soutenir à hauteur de 20 000 €/an le programme de développement des nouvelles variétés. Pour Marc Moser, il s’agit là d’une avancée majeure, puisque la recherche variétale qui a permis à la filière de renaître de ses cendres était à l’arrêt depuis trois ans. La relancer, c’est pérenniser ce qui fait le succès du houblon du Grand Est : une offre aromatique large, qui correspond à l’essor des bières de spécialité. Concrètement, la sélection des nouvelles variétés se fera en partenariat avec l’exploitation agricole du lycée d’Obernai. Mais, si le principal critère de sélection reste la qualité aromatique, d’autres s’ajoutent : « Nous voulons aussi élaborer des variétés qui permettent de dégager du revenu. Donc productives, explique-t-il. Et s’il est possible d’y associer des tolérances aux maladies, tant mieux. »

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