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Jeunes Agriculteurs. Canton de Truchtersheim

Coup de projecteur sur le soja et les cous nus

Publié le 28/07/2018

La ferme Klein, à Gougenheim, servira de cadre au concours de labour organisé par les Jeunes Agriculteurs du canton de Truchtersheim. Ce sera l’occasion de mettre un coup de projecteur sur la culture du soja et l’élevage de poulets label.

Située à Gougenheim, la ferme Klein est une ferme de polyculture-élevage, assez typique de celles qu’on trouve dans le Kochersberg. Elle servira de cadre au concours de labour organisé par les Jeunes Agriculteurs du canton de Truchtersheim, dimanche 5 août. Jérôme Klein, 37 ans, y exploite une centaine d’hectares transmis par son père, Bernard Klein, et plus récemment par son oncle, agriculteur à Berstett. En plus du maïs, des betteraves sucrières, du colza et des pommes de table, il cultive 5 ha de soja. Une culture déjà présente sur l’exploitation voici quelques années, mais que la famille Klein avait fini par abandonner en raison de la concurrence des importations de soja nord-américain. Aujourd’hui, le soja a de nouveau le vent en poupe en Alsace, comme le montre l’évolution récente des surfaces qui y sont consacrées : c’est une alternative intéressante aux grandes cultures traditionnelles - maïs, blé, colza - et ses débouchés vont croissant, en alimentation humaine comme en alimentation animale. Les graines que récolte Jérôme Klein sont livrées aux établissements Armbruster, pour être transformées en boisson au soja par l’entreprise Sojinal, d’Issenheim (Haut-Rhin), qui a récemment augmenté ses capacités de production. Le public qui viendra à la ferme Klein le 5 août pourra trouver toutes les informations nécessaires sur cette culture et ses débouchés grâce à un chapiteau monté sur place et animé par les organismes collecteurs. Un microniseur et un toaster seront également visibles : ces deux appareils permettent de chauffer les graines de soja pour pouvoir les utiliser en alimentation animale. Une autre production sera mise à l’honneur ce jour-là à la ferme Klein : celle des poulets label rouge. Le père de Jérôme Klein a été parmi les premiers à se lancer dans cette production voici 30 ans : au premier bâtiment construit en 1988 sont venus s’ajouter d’autres poulaillers au fil des années. La ferme Klein en compte cinq aujourd’hui, répartis sur deux sites. Conformément au cahier des charges des poulets label rouge d’Alsace, les volailles sont élevées durant 84 jours et ont accès, à partir de 6 semaines, à un parcours arboré d’1 ha situé autour du bâtiment. Dans l’un d’entre eux, l’éleveur a mis en place des poulets cous nus jaunes : cette race est de plus en plus demandée par les consommateurs. En partenariat avec l’association Alsace Volaille, à laquelle adhère Jérôme Klein, et le fabricant d’aliments Lorial-Costal, un stand permettra d’en savoir plus sur les volailles label rouge, notamment sur leurs conditions d’élevage et d’alimentation. Biergarten et « loto picture » Le concours de labour proprement dit débutera le matin. « Comme tous les ans, on attend pas mal de participants », indique Guillaume Jung, président des Jeunes Agriculteurs du canton, qui comptent une quarantaine de membres actifs. La présence de Romain Friess, de Rohr, qui a terminé troisième à la finale nationale l’an dernier, promet une compétition relevée. À midi, les JA proposeront des steaks de poulet marinés au paprika, accompagnés de frites et de ratatouille et pour le dessert, des biebeleskas sur coulis de fruits. « Pour la restauration, on ne propose que des produits alsaciens, précise Guillaume Jung. C’est notre fierté. » Le soir, place aux tartes flambées, déclinées en quatre versions différentes. Comme tous les ans, une exposition de matériel et de machines agricoles est prévue, grâce à la participation des concessionnaires locaux. Le sentier de découverte de la bière, qui avait bien marché l’an dernier, sera remplacé par un biergarten, où l’on pourra déguster des bières brassées avec du houblon alsacien. Les animations seront complétées par un « loto picture », où les participants devront reconnaître les zones photographiées par un drone. Un petit train et un château gonflable sont prévus pour les enfants. La journée s’achèvera par un spectacle, joué par les JA du canton dirigés par Michèle Mehn et Sébastien Hager, et un feu d’artifice sera tiré à la tombée de la nuit.

Jeunes Agriculteurs. Canton de Niederbronn

Concours de labour et portes ouvertes

Publié le 27/07/2018

À l’occasion du concours de labour cantonal, Jonathan Karcher, président des JA du canton de Niederbronn, ainsi que les familles Urban et Leininger du Gaec Kirrfeld d’Engwiller, invitent à une journée portes ouvertes pour se plonger dans la vie d’une exploitation laitière.

Pour l’édition 2018 de leurs concours de labour, les Jeunes Agriculteurs du canton de Niederbronn ont choisi le Gaec du Kirrfeld pour mieux faire connaître leur métier, leur engagement, leur passion et leurs partenaires. Le canton de Niederbronn compte une trentaine d’exploitations agricoles dont celles de 24 jeunes agriculteurs avec trois installations par reprise en 2017. Dans ce secteur, précise Jonathan Karcher, c’est l’élevage, laitier et allaitant, qui prédomine, mais d’autres formes d’élevage existent : poules, chèvres et même de buffles pour produire de la mozzarella. Cette prédominance de l’élevage valorise les prairies dans un environnement vallonné où, à terme, seront peut-être entrepris « quelques derniers remembrements », ajoute Michel Urban. Le Gaec Kirrfeld des familles Urban & Leininger, avec son cheptel de 100 prim’holstein et autant de veaux, exploite 172 ha répartis sur Engwiller et les neuf communes limitrophes, avec quatre associés : Michel, Yolande, Nicolas Urban et Jean-Marc Leininger. Outre 35 ha de prairies naturelles et 16 ha de prairies temporaires, le Gaec cultive 65 ha de maïs, 40 ha de blé, 6 ha de triticale (un hybride entre le blé et le seigle) et 10 ha de betteraves sucrières. Depuis 2015, après un important investissement pour l’acquisition de deux robots, permettant jusqu’à 2,9 traites/jour/animal, la traite est entièrement robotisée. Comme les vaches laitières bénéficient d’un accès minimum de 6 h par jour à la pâture, le Gaec produit un peu plus d’un million de litres de lait de prairie, en contrat avec Alsace Lait. Une production que les exploitants voudraient porter à 1,4 Ml afin de pérenniser l’exploitation.

Chambre d'agriculture d’Alsace. Sortie agricole

Les conseillers départementaux se mettent au vert

Publié le 27/07/2018

Les conseillers départementaux ont profité de l’accalmie estivale pour aller à la rencontre du monde agricole. Et mieux comprendre leurs problématiques en matière de recrutement, de formation, de distorsion de concurrence, de circuits courts, de coulées de boues, etc. Une sortie en deux temps : la première étape les a conduits dans une entreprise paysagiste, la seconde dans une exploitation maraîchère.

Le président du Conseil départemental du Bas-Rhin, Frédéric Bierry, était de sortie, le jeudi 19 juillet. À l’invitation de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), il a visité deux entreprises de Hœrdt, en compagnie de plusieurs conseillers départementaux. Parmi eux, Christiane Wolfhugel, Étienne Burger, Étienne Wolf, Rémi Bertrand, ainsi que Marcel Bauer, président de la commission agricole du Conseil départemental. Élus départementaux et responsables agricoles se sont retrouvés à l’entreprise paysagiste René Wolff et fils, spécialisée dans les espaces verts et le service à la personne. Ils y ont été accueillis par Denis Riedinger, maire de Hœrdt, et Denis Ramspacher, 1er vice-président de la CAA. « L’an dernier, nous étions dans la montagne, a indiqué ce dernier. Cette année, nous changeons de décor, l’objectif étant de montrer la diversité de l’agriculture alsacienne. » Une stratégie qui se révèle payante, puisqu’elle a permis d’installer de nombreux jeunes agriculteurs et qu’elle est porteuse d’emplois. Une affaire de famille « L’entreprise Espaces Verts René Wolff et fils a été créée en 1966 par mes parents, a indiqué Jacky Wolff. Ma mère s’occupait des champs, mon père des jardins : il produisait du gazon et effectuait des plantations. » Quelques années plus tard, l’entreprise réalise ses premiers travaux de dallage et de pavage. En 1975, la famille Wolff construit son premier hall. « Depuis, nous construisons régulièrement de nouveaux bâtiments pour nous agrandir. » Le dernier projet en date est la construction d’un « show room ». Dans les années 1990 démarrent les premiers chantiers d’aménagement urbain à Strasbourg, les plus emblématiques étant ceux du tram (CTS), menés à titre individuel ou en cotraitance avec d’autres entreprises, comme l’entreprise paysagiste Thierry Muller. « Nous travaillons la terre, le végétal, le fer, le bois, le béton, en hauteur ou à l’horizontale. » Les pépinières Wolff produisent elles-mêmes une partie des végétaux qu’elles mettent en œuvre. « Cela reste la source de notre métier ». Mais au fil du temps, d’autres activités ont pris le dessus : outre la conception et l’aménagement d’espaces verts pour les collectivités, les entreprises et les particuliers, la famille Wolff a créé une entreprise de services à la personne (entretien de jardins), dirigée par Nicolas Wolff, le fils de Jacky. C’est une affaire de famille : « Ma sœur a longtemps géré la comptabilité, ma belle-fille Magalie a pris la relève. Mon épouse assure le volet administratif. Le moment est venu pour moi de passer la main. C’est Nicolas qui prendra le relais, d’ici quelque temps. Cette succession, nous la préparons depuis dix ans. » Une trentaine de salariés travaillent dans ces deux structures, dont deux apprentis, le nombre de salariés variant selon les saisons. « L’entreprise n’aurait pas pu en arriver là sans leur implication, et ce quel que soit leur niveau de qualification, employés, agents de maîtrise ou cadres. Nous cultivons le bien-être au travail. » Et ça marche : l’ancienneté moyenne des collaborateurs est de 16 ans. Tous les ans, l’entreprise accueille des stagiaires, notamment des collégiens dans le cadre des stages « Découverte des métiers ». Faciliter l’insertion des migrants par le travail Plus original, elle est membre du réseau des « entreprises accueillantes » du parcours immersion des bénéficiaires du RSA. Récemment, elle a accueilli deux réfugiés en période d’observation professionnelle, dans le cadre du dispositif de formation FLAG mis en place conjointement par la CAA, Germa Alsace et le Département du Bas-Rhin. Un dispositif que Sébastien Libbrecht, chef du service formation-emploi de la CAA, et Matthias Lienhart, coordinateur de cette formation, ont présenté aux conseillers départementaux. « Nous projetons de poursuivre, voire d’étendre cette expérimentation à l’avenir. Nous devrions former une cinquantaine de réfugiés en 2018, voire plus en 2019. » La formation est, pour Jacky Wolff, une priorité. « Nos salariés ont des cursus hétéroclites : nous embauchons du CAP à la Licence pro, parfois de métiers tout à fait différents. Certains de nos salariés ont choisi de se reconvertir dans le paysagisme après une carrière dans l’informatique, la sidérurgie, et même l’imprimerie. » Président du CFA d’Obernai, Jacky Wolff accorde une grande place à l’apprentissage : « Nous avons formé 36 apprentis depuis 1978. Neuf d’entre eux sont toujours membres de l’entreprise. » Celle-ci mène une politique de formation active pour permettre à ses salariés d’entretenir et développer leurs compétences et se forger un patrimoine de connaissances. Ces dernières années, les difficultés de recrutement se sont accrues, a-t-il souligné. « Nous travaillons avec l’Union nationale des entreprises du paysage (Unep) sur ce dossier. » Le monde imaginaire de Catherine Muller Catherine Muller, présidente de l’Unep Grand Est, le confirme, « nous manquons de bras. » La profession fait une large place, dans ses entreprises, aux publics en difficulté ou en insertion. « Et nous sommes prêts à accueillir des migrants. » Le secteur du paysage représente 30 000 entreprises en France et emploie 92 000 salariés, pour un chiffre d’affaires de plus de 5 milliards d’euros. Dans le Bas-Rhin, on recense 227 entreprises pour 1 700 salariés. « Nous avons trois cibles : les collectivités, les grands donneurs d’ordre privés (promoteurs immobiliers et bailleurs sociaux) et les particuliers, qui constituent tout de même 40 % de la clientèle. » « Imaginez une ville sans arbres, sans plantes, sans gazon, une ville grise, sentant la poussière… Un cauchemar ! » Par cet exemple, Catherine Muller a voulu frapper les esprits et souligner la contribution des entreprises du paysage à la lutte contre le réchauffement climatique, par la création d’îlots de fraîcheur dans les villes, par la plantation d’arbres, par la mise en œuvre de trames vertes et bleues. « Cette approche me plaît bien, a souligné Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin. Cela prouve qu’à travers l’activité économique, nous sommes en capacité de répondre aux enjeux sociétaux et environnementaux. Nous avons besoin de personnes qualifiées qui nous secondent dans nos métiers, mais aussi de travailleurs occasionnels. Quand le chômage baisse, il est difficile de trouver des saisonniers et de les fidéliser. Pour la première fois en Alsace, des parcelles d’asperges n’ont pas pu être récoltées, faute de main-d’œuvre. » Franck Sander a insisté sur le rôle du Département en matière d’aménagement foncier et de valorisation des produits agricoles. « À l’avenir, les appels d’offres devront être formulés de manière à lever les freins qui empêchent les produits locaux de figurer en bonne place dans les assiettes des collégiens. Le low cost ne peut pas être la solution : cela ne nous permettra pas d’améliorer nos revenus, ni la santé de nos enfants. » Particulièrement sensible à la problématique de l’emploi, Frédéric Bierry a rappelé la stratégie du Département en matière de retour à l’emploi des bénéficiaires du RSA. « Nous repérons les personnes qui ont du potentiel, nous les formons pour acquérir les bases du savoir être, si nécessaire, et nous les accompagnons pour lever les obstacles à l’employabilité et à la mobilité. Pour ce faire, nous nous appuyons sur le tissu économique local. »

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