communication

Fermes ouvertes dans le Kochersberg

Un beau jardin à découvrir

Publié le 31/07/2018

Voilà trois ans que l’office de tourisme du Kochersberg, alias Le Beau jardin, organise des visites de fermes. Avec la volonté de retenir sur son territoire les touristes qui y logent, mais aussi de permettre à la population locale de faire plus ample connaissance avec l’agriculture qui l’environne.

« L’activité agricole est encore très intense dans le Kochersberg, et revêt un intérêt touristique, si tant est que des opportunités sont créées », indique Marie-Hélène Mattern, directrice de l’office de tourisme. C’est tout l’objet de ces visites de ferme. « Nous avons identifié des agriculteurs ressources, qui sont familiers de l’accueil de public, et qui sont les moteurs de ces animations », poursuit-elle. Ensuite, c’est tout simple : les agriculteurs proposent des dates, l’office de tourisme organise le calendrier, les visiteurs sont invités à s’inscrire auprès de l’office de tourisme, qui fait le relais auprès des agriculteurs. Résultat, jeudi 19 juillet, c’était Julien Messer, de la ferme Saint-Ulrich à Durningen, qui accueillait la vingtaine d’inscrits. Parmi eux, pas de touristes, mais des locaux, surtout des grands-parents, ou des mères de famille, avec des enfants. Mais Marie-Hélène Mattern ne désespère pas d’attirer les touristes : « Le territoire compte 500 lits touristiques. Des hébergements qui sont surtout choisis pour la proximité de Strasbourg, de Colmar, de l’Allemagne… Mais nous avons la volonté de retenir les touristes sur notre territoire, afin de capter une part des retombées économiques, en étoffant l’offre de sentiers, musées, visites guidées… Et si ces visites permettent en même temps de valoriser nos agriculteurs, leur travail, et de sensibiliser le public à leurs contraintes, c’est une bonne chose. » Car le Kochersberg se caractérise par une population néorurale croissante, qui peut avoir de l’agriculture une image de carte postale. Des agriculteurs rusés Expliquer ses pratiques à ses concitoyens, c’est ce que s’est employé à faire Julien Messer deux heures durant. Les enfants étaient souvent trop occupés - à nourrir les génisses, caresser les vaches, câliner les veaux, poursuivre le chat, jeter le bâton au chien, brosser l’âne, jeter des cailloux dans les bouses… - pour écouter ses explications, mais les adultes en ont eu pour leur 4 €. La visite démarre par des considérations météorologiques : depuis plusieurs jours, il fait chaud : « Les vaches boivent plus, mangent moins, et ont tendance à maigrir. Il faut les inciter à venir manger et à se faire traire ». Les agriculteurs rusent : « Nous leur donnons moins à manger le matin, et plus le soir. Un système de brumisation installé au-dessus de l’aire d’alimentation incite les vaches à venir chercher la fraîcheur… et à manger ! » Faciliter les vêlages Il explique ensuite les choix, contraintes et opportunités qui ont dicté l’évolution de la ferme. Transformer le lait en yaourts, par exemple, découle d’un accès au foncier restreint en raison de son coût élevé. Cette stratégie permet de faire vivre deux familles sur la ferme. Le choix de la race, la prim’holstein, répond à la nécessité de produire suffisamment de lait sur une surface limitée. Mais tout n’est pas figé. La brune des Alpes, dont le lait se caractérise par une meilleure fromageabilité, est en cours d’introduction dans le troupeau. En effet, les agriculteurs envisagent de produire du fromage car cela permet de stocker du lait. Très vite, les visiteurs posent les questions qui les taraudent : « Pourquoi les vaches ne pâturent pas ? » Encore une fois il s’agit surtout d’une question du coût du terrain, qu’il faut rentabiliser. Mais aussi de temps de travail. Et de régularité gustative de la production. « Que deviennent les veaux mâles ? » Ils sont gardés jusqu'à l'âge de 6 mois pour produire des veaux de lait. « Est-ce que vous utilisez des taureaux ? » Oui et non, explique Julien Messer qui donne des détails sur l’insémination artificielle, et enchaîne sur la gestation et la préparation du vêlage. Les vaches laitières sont logées en logettes, mais les vaches taries, gestantes, sont sur aire paillée : « Elles se couchent différemment, car elles sont gênées par le veau, qui prend de la place. Et elles ont besoin d’être tranquilles, pour se reposer avant le vêlage. C’est important car cela contribue au fait que le veau soit bien positionné, et que le vêlage se passe bien. » Du préventif plutôt que du curatif Julien Messer détaille ensuite comment sont nourris les animaux, et comment la ration est adaptée en fonction des besoins spécifiques à chaque stade de la vie de l’animal. Les visiteurs apprennent ainsi avec surprise qu’une vache sous-alimentée fera un veau plus gros, car il a plus de la place pour grandir. « Le vêlage risque d’être compliqué, d’où l’intérêt de donner des fourrages encombrants aux vaches en gestation. » Le robot de traite est un passage apprécié. Julien Messer vante ses avantages : la « totale liberté » des vaches, l’enregistrement des données, qui permet d’anticiper des problèmes sanitaires, donc d’agir de manière préventive plutôt que curative… À l’heure du goûter arrive la question fatidique : « Est-ce que vous utilisez des produits phytosanitaires ? Pourquoi ? » Oui, Julien Messer en utilise, surtout pour venir à bout de certaines adventices, comme le liseron. Mais le moins possible, « car cela a un coût ». Pour en utiliser moins, il fractionne les apports, applique les produits dans de bonnes conditions, traite en dirigé, couvre le sol avec des intercultures… C’est aussi pour utiliser moins d’engrais qu’il pilote ses apports au plus juste grâce à des images satellitaires et, qu’avec des collègues, il est en train de tester des symbioses d’espèces : du maïs avec du pois par exemple… « Eh ben, c’est un métier », glisse un homme à son épouse sur le chemin du retour. CQFD.

Jeunes Agriculteurs. Canton d’Alsace Bossue

Une ferme laitière vue de l’intérieur

Publié le 29/07/2018

Dimanche 5 août, les Jeunes Agriculteurs d’Alsace Bossue organisent leur concours de labour à la ferme laitière Bauer-Reppert, à Keskastel.

Les Jeunes Agriculteurs d’Alsace Bossue préparent activement leur concours de labour, qui aura lieu le dimanche 5 août à la ferme Bauer-Reppert, au lieu-dit Hoellenkopf, à Keskastel. Laurence Bauer a accepté d’accueillir la manifestation, avec la ferme volonté - partagée par ses collègues JA - d’en faire une journée de découverte de l’élevage laitier et de ses spécificités. La jeune femme, qui s’est installée en 2010 en association avec ses parents, a été rejointe par son mari, Thierry Reppert en 2015. Tous deux sont désormais à la tête de l’exploitation, depuis le départ à la retraite des parents de Laurence, au 1er janvier 2018. Le passage de relais entre les deux générations s’est accompagné de plusieurs investissements importants : l’étable des vaches laitières a été rénovée et agrandie en 2011 et un robot de traite a été mis en place en 2015. La surface est restée stable, une centaine d’hectares, mais la production laitière est passée de 360 000 litres avant l’installation de Laurence à 600 000 litres aujourd’hui. Le troupeau se compose de 60 vaches de race holstein et leur suite, soit 130 bovins. La stratégie de Laurence Bauer et de son mari est de produire un maximum de lait avec la ration de base. Ce qui explique que le couple soit « très pointilleux sur la qualité des fourrages. » Cela passe par la fauche précoce des 32 ha de prairies temporaires destinées à l’alimentation des vaches laitières, les prairies permanentes étant, quant à elles, récoltées en foin car situées sur des parcelles à contraintes (Natura 2000, zone de captage d’eau). C’est le père de Laurence, Pierrot Bauer, qui a commencé à semer des prairies temporaires multi-espèces. Elles sont aujourd’hui complètement intégrées aux rotations. Le choix du mélange d’espèces se fait avec le souci de favoriser la diversité de la flore, pour couvrir les besoins en protéines et en énergie du troupeau laitier. Le jour du concours de labour, les visiteurs pourront circuler dans les bâtiments et voir comment sont élevés les vaches laitières, les génisses et les veaux. Laurence Bauer et Thierry Reppert ont à cœur de montrer la passion qu’ils vouent à l’élevage et l’importance qu’ils attachent au bien-être de leurs animaux : la surface de l’étable est suffisante pour que toutes les vaches et les génisses aient une place de couchage et une place au cornadis. De plus, le bâtiment est doté d’une longue ouverture permettant aux vaches de profiter du soleil, tandis que des ventilateurs et des brumisateurs rafraîchissent l’atmosphère quand il fait trop chaud. Et si le couple s’est équipé d’un robot de traite en 2015, ce n’est pas pour fuir le contact avec les animaux : « J’adore passer du temps avec les vaches, précise Laurence, mais la traite est un travail dur physiquement et suite à un accident, j’ai préféré être soulagée dans cette tâche. » Gymkhana et bœuf à la broche Outre la visite de la ferme, le programme de la journée comprend l’épreuve de labour. Les Jeunes Agriculteurs d’Alsace Bossue et leur président, Éric Geyer, accueilleront les candidats dès 10 h du matin pour les inscriptions et les essais, mais la compétition ne débutera qu’en début d’après-midi. Pour le repas de midi, ils proposeront du bœuf à la broche. Des grillades seront servies toute la journée, des pizzas et des tartes flambées le soir. Pour agrémenter l’après-midi, deux parcours de gymkhana sont prévus : petits et grands devront faire preuve d’agilité en surmontant différents obstacles. Voilà qui promet de grands moments de rigolade !

Publié le 29/07/2018

L’agence Claire D sera à nouveau présente dans le Parc Agricole pour présenter l’ensemble de ses créations, dont sa dernière innovation (candidate au Trophée de l’Innovation 2018) : l’impression céramique pour les étiquettes des bouteilles de vin. Une technique qu’utilise déjà la Cave de Turckheim pour « sublimer » ses grands crus.

Il faut parfois peu de chose pour sortir du lot. Pour les étiquettes de vins, une couleur, une forme ou une matière permettent à la bouteille d’attirer l’œil du chaland. C’est la première étape. Après, il faut que cette étiquette soit suffisamment séduisante pour déclencher l’acte d’achat. Belle, oui, sans pour autant être provocante ou tape-à-l’œil. Une équation que tente de résoudre quotidiennement l’agence Claire D depuis 2004 pour ses nombreux clients situés dans le Bordelais, en Champagne et en Alsace. À chaque fois, la réponse apportée est différente. « Avec Claire, on travaille ensemble, progressivement, pour aboutir au résultat espéré », explique Corinne Vonarx, responsable marketing d’Union Alliance Alsace, qui regroupe la Cave de Turckheim et celle du Roi Dagobert. Voilà sept ans que les deux entités travaillent avec Claire Deffarge pour élaborer de nouvelles étiquettes plus « design » et « attractives ». Toute la gamme de la cave du Roi Dagobert y est passée. À Turckheim, le « dernier gros bébé » était la gamme de grands crus. « Nos vins de terroirs n’étaient pas assez mis en avant. On cherchait quelque chose pour les sublimer », poursuit Corinne Vonarx. Plusieurs pistes sont explorées pendant des mois, sans succès. « On était partis sur du nacré, et des étiquettes dessinés avec des motifs complexes. Mais cela n’allait pas. Il manquait le lien avec le terroir, il manquait la magie », confie Claire Deffarge. Et puis, impossible d’être trop novateur pour des bouteilles déjà marquées historiquement et commercialement. « Pour les grands crus, il faut quelque chose de rassurant. Ces bouteilles sont connues depuis longtemps. Il ne fallait pas les dénaturer », justifie Corinne Vonarx. « Raffiner » les codes et couleurs existants La solution sera finalement trouvée « un peu par hasard » après moult essais sur la machine : l’impression sur céramique sur un tout nouveau papier réagissant à la chaleur. « Il a fallu près de trois ans à un industriel italien pour réussir à créer ce papier magique qui est ni mat, ni brillant, mais neutre. Et quand on pose un fer chaud dessus, il devient transparent. Cela a ouvert la porte à de nouvelles possibilités créatives comme l’impression céramique », souligne la créatrice. Seule la lettre du grand cru en question est imprimée selon cette méthode. L’idée étant que la nouvelle étiquette garde les codes et les couleurs de l’ancienne, tout en ajoutant une subtilité qui la rend « sublime » et « raffinée ». Cela fait deux mois que les grands crus commercialisés par la Cave de Turckheim (Ollwiller, Brand, Hengst, Sommerberg) sont vendus avec ce nouvel habillage, plus le pinot noir rouge qui est produit à partir de raisins situés sur des parcelles de grands crus. Ce sont les premiers vins en Alsace à bénéficier de cette technique d’impression sur céramique. La Cave de Turckheim espère maintenant que le succès commercial sera aussi probant que celui rencontré avec les autres bouteilles « rhabillées » par l’agence Claire D, à l’image de la gamme « Racines & Terroirs » de la cave du Roi Dagobert, qui est retenue tous les ans dans les foires aux vins des supermarchés. « Et à chaque fois, ils sont en rupture au bout de quelques jours », se satisfait la responsable marketing de l’Union Alliance Alsace. Il suffisait juste de sortir du lot.

Pages

Les vidéos