économie

Rendez-vous annuel des Cuma d’Alsace

La fédération régionale est sur les rails

Publié le 01/03/2017

Depuis le 2 janvier dernier, la Fédération régionale des Cuma du Grand Est remplace les anciennes fédérations départementales et interdépartementales de huit départements de la grande région. Une nouvelle entité qui entend mutualiser les compétences de tous ses adhérents tout en renforçant les liens avec les acteurs du terrain.

Un dispositif « simplifié » pour gagner en efficacité. C’est le vœu pieu de la nouvelle Fédération régionale des Cuma Grand Est, créée en juin 2016 et active depuis le 2 janvier 2017, qui regroupe 506 Cuma de huit départements de la région Grand Est (la Meuse et les Vosges n’en font pour le moment pas partie). Lors du rendez-vous annuel des Cuma d’Alsace qui a eu lieu le 8 février dernier, le président de cette nouvelle entité, Matthieu Goehry, a souligné l’intérêt qu’avait l’ensemble des Cuma départementales à se regrouper aujourd’hui sous une même bannière. « Avec la réorganisation territoriale entérinée en 2016, nous devions nous aussi évoluer pour nous adapter à cette nouvelle donne. Désormais, le Conseil régional, la Draaf ou nos financeurs n’ont plus qu’un interlocuteur en face d’eux. » Exit donc les anciens échelons départementaux ou régionaux. Place désormais à la FRCuma Grand Est, une entité qui entend devenir la référence sur la mécanisation et l’organisation collective des exploitations agricoles. « Nous devons pour cela construire et affiner notre autonomie financière pour être véritablement indépendants. Cela passera principalement par les cotisations de nos adhérents et par les prestations de services que nous proposons », détaille Matthieu Goehry. Fédérer l’existant Un élément essentiel de cette nouvelle fédération régionale reste le maintien de la proximité avec l’ensemble de ses adhérents. Si le siège est établi à Châlons-en-Champagne, des antennes locales, à travers des sections départementales ou interdépartementales (comme en Alsace par exemple), continueront d’assurer le lien au plus près du terrain. Et afin de ne « pas perdre le fil » avec ce qu’il se passe dans les territoires, la FRCuma Grand Est souhaite renforcer ses structures locales en leur permettant de se concentrer en premier lieu sur le travail d’animation. Une évolution qui satisfait pleinement Hubert Reech, l’animateur des Cuma d’Alsace. « J’ai passé beaucoup de temps ces dernières années sur les aspects administratifs et statutaires. Un travail indispensable, mais lourd, qui prend beaucoup de temps. » Désormais, ces fonctions supports seront gérées en grande partie par la fédération régionale, sous la houlette de sa directrice, Hélène Hertgen, recrutée spécialement pour l’occasion. « Nos antennes locales doivent vivre le plus possible avec des projets pilotes pour chacune d’entre elles. Il faut qu’il y ait un maximum d’idées qui remonte. C’est grâce à cela que nous pourrons évoluer et répondre aux évolutions souhaitées par les chefs d’exploitations. Il faut que l’on comprenne comment vous fonctionnez pour préparer l’agriculture de demain », indique le président de la FRCuma Grand Est. Autre atout de cette nouvelle fédération régionale, c’est la possibilité pour les différentes Cuma de bénéficier des savoirs et savoir-faire d’autres Cuma. « Nous pouvons mutualiser l’ensemble des compétences de la grande région. Grâce à cela, chacun pourra bénéficier du même service, où qu’il se trouve sur le territoire. Notre idée est de fédérer ce qui existe », conclut Matthieu Goehry.

Jean Cordier, invité d’honneur de l’assemblée générale de la FDSEA du Bas-Rhin

Les futures politiques agricoles devront mieux intégrer la gestion des risques

Publié le 28/01/2017

Après une année 2016 chaotique d’un point de vue climatique et des prix guère plus réjouissants, la question de la gestion des risques revient sur toutes les lèvres. Aucune exploitation n’est suffisamment armée aujourd’hui pour surmonter de telles situations, surtout lorsqu’elles se succèdent. La FDSEA a donc souhaité faire de la gestion des risques et des aléas le thème de son assemblée générale le 3 février prochain à Brumath. Elle a invité à cette occasion un spécialiste de la question, le Professeur Jean Cordier qui interviendra autour du thème : Demain, comment se prémunir des aléas en agriculture ? Le Professeur Jean Cordier a notamment rédigé une étude économique sur le sujet qui fait référence tant auprès des pouvoirs publics, des instances européennes que des organisations agricoles françaises. Un résumé de ces travaux est à lire en encadré ci-contre. Ceux-ci montrent qu’il n’y a pas de stratégie unique pour se protéger du risque. Les mécanismes de type assurantiel semblent cependant incontournables.

Journée de l’installation au lycée agricole d’Obernai

Être acteur de son installation

Publié le 20/01/2017

Moment fort dans la vie du lycée agricole d’Obernai, la journée de l’installation s’est déroulée le mardi 17 janvier. Les étudiants de seconde année des différentes filières agricoles ont eu l’occasion de saisir les différentes composantes d’un projet d’installation, sur le plan des démarches administratives, de la viabilité économique et de la formation.

« C’est la première fois, dans mon parcours professionnel, que je vois ce type de journée se mettre en place », souligne Thierry Girodot, proviseur du lycée agricole d’Obernai. Il a fait le lien avec la bonne dynamique d’installation que connaît le Bas-Rhin. « Le but de cette journée est multiple : démystifier le parcours de l’installation, échanger avec des jeunes agriculteurs qui étaient sur les bancs de l’école il y a encore quatre ou cinq ans, obtenir des réponses à vos questions. » Pour le proviseur, il y a quelques messages importants à retenir : « Bien que vous sortiez de l’école, vous allez devoir vous former. Cela peut vous paraître bizarre ! Au-delà du stage 21 h, on peut vous demander de faire plusieurs mois de stages supplémentaires, dans le cadre du plan de professionnalisation personnalisé. » Et ce besoin de formation peut ressurgir tout au long d’une carrière. Autre message important, il est vital de maîtriser à la fois la technique et la gestion de l’entreprise. « Dans un monde en pleine mouvance, qui est en mesure, de nos jours, d’avoir une visibilité à cinq ou dix ans ? Vous devez être capable de démonter que l’investissement que vous projetez est viable. » Viable, vivable et transmissible « Une exploitation viable, vivable et transmissible. C’est dans cette optique que nous incitons les jeunes à s’installer », renchérit Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin. « Dans notre département, nous arrivons à maintenir un rythme intéressant d’installations », ajoute-t-il avant de remercier tous les protagonistes de cette journée, le lycée agricole d’Obernai, la Chambre d'agriculture d’Alsace, le Centre de formation et de gestion du Bas-Rhin, sans oublier l’équipe des JA du Bas-Rhin. « Quand j’étais étudiant, j’étais comme vous, affirme Marcel Bauer, président de la commission agricole du Conseil départemental du Bas-Rhin. Une fois mon diplôme en poche, je pensais pouvoir commencer à travailler. Mais tout au long de sa vie, il faut continuer à se former. Et ce quelle que soit l’orientation choisie. » Marcel Bauer souligne que, malgré la réforme territoriale qui entraîne des modifications de compétences, le Conseil départemental du Bas-Rhin entend rester proche de l’agriculture. Julien Koegler, secrétaire général de JA67, explique le parcours de l’installation. « L’idéal, c’est de préparer son installation deux ans à l’avance. » Prendre son temps permet de mûrir son projet, mais aussi d’acquérir les connaissances nécessaires pour garantir la pérennité de l’exploitation, ajoute Thomas Gillig. « Il faut avoir une vision à long terme, se fixer une ligne de conduite tout en conservant une certaine flexibilité. » Julien Koegler poursuit : « La première démarche consiste à entrer en contact avec le point accueil installation, où l’on vous remet un document appelé autodiagnostic. Une fois que vous aurez rempli ce document, un deuxième entretien a lieu avec une conseillère « formation » et une conseillère « projet » qui identifiera les savoirs et les savoirs faire pour élaborer le PPP (plan de professionnalisation personnalisé). » Le PPP détaille les formations et les stages que le jeune devra suivre pour obtenir la capacité professionnelle, mais aussi les formations préconisées tout au long de sa carrière, les stages obligatoires devant être effectués avant l’installation. Reste ensuite à établir le plan d’entreprise, une étude qui permet de vérifier la viabilité du projet d’installation. Le PE analyse l’ensemble du projet sur le plan économique et calcule le revenu que l’installant est en mesure d’atteindre durant les quatre premières années de l’installation. Pour bénéficier des aides à l’installation, le plafond bas doit être équivalent au minimum au Smic, le plafond haut égal au maximum à trois fois le Smic. C’est le diplôme agricole de niveau IV minimum, le PPP validé et le PE qui donnent la capacité professionnelle pour s’installer. Pour Thomas Gillig, l’accompagnement du candidat à l’installation est essentiel. « Pour le jeune qui veut se lancer dans l’agriculture, nous avons mis en place un suivi pour lui permettre de s’installer dans les meilleures conditions. De nombreux acteurs interviennent sur le dossier pour que l’installation se passe le mieux possible et dans des délais raisonnables. » Prendre en compte la volatilité des prix Le président des JA insiste sur deux points : « Aujourd’hui, il faut tenir compte des fluctuations des prix, car elles peuvent compromettre la viabilité du projet. Aussi la maîtrise des charges et la technicité sont-elles primordiales, car c’est grâce à elles que vous pourrez encaisser ces fluctuations. » La diversification est un autre atout. « Notre force est d’avoir des débouchés organisés, des filières fortes dans le département. » Il cite l’exemple du lait, des céréales, des betteraves à sucre et des fruits et légumes. Certaines d’entre elles sont à la recherche de nouveaux producteurs, comme le houblon ou le tabac, ajoute-t-il. Les aides à l’installation sont appelées à évoluer, indique Thomas Gillig. Avec la baisse des taux d’intérêt, les prêts bonifiés ont perdu toute attractivité. Aussi le dispositif des prêts bonifiés à l’installation des jeunes agriculteurs devrait-il être supprimé pour être remplacé par une nouvelle modulation de la dotation jeune agriculteur intégrant l’équivalent de l’actuelle subvention.

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