FDSEA-JA. Groupe lait
Segmentation doit rimer avec valorisation
FDSEA-JA. Groupe lait
Publié le 04/10/2017
Le groupe lait de la FDSEA et des JA faisait sa rentrée le 28 septembre dernier. Au cœur des débats, la segmentation du marché et l’instauration des cahiers des charges dans les laiteries.
Plus vert, c’est plus cher. C’est le leitmotiv porté par Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, et c’est aussi ce que réclament les producteurs de lait. En réponse aux attentes sociétales, aux lubies des distributeurs ou à des opportunités de marché, les cahiers des charges prônant le sans OGM, le pâturage ou le bien-être animal poussent comme des champignons. Les annonces d’Alsace Lait sur son passage au sans OGM et au pâturage sur une partie de la collecte étaient au cœur des débats. La coopérative Sodiaal est également concernée sur une partie de la collecte pour le sans OGM. Les éleveurs craignent que cette première annonce ne soit le début d’une spirale infernale. « Aujourd’hui, cette marche sera peut-être accessible sans engendrer un surcoût trop élevé (lire l’encadré), estime un éleveur. Mais demain, comment être certain que les attentes ne seront pas plus lourdes financièrement ? ». Une valorisation des cahiers des charges est donc impérative dans le futur. « Nous sommes prêts à modifier certaines pratiques, mais encore faut-il nous payer correctement pour le faire », a déclaré un autre éleveur. Du côté des laiteries, on confirme que ce passage ne s’est pas fait de gaieté de cœur. Ce n’est pas un moyen de mieux valoriser le lait, mais une condition d’accès à certains marchés (en Allemagne et aux Pays-Bas notamment). « Nos cahiers des charges sont calés sur ceux de nos concurrents, l’objectif étant de pouvoir écouler nos produits, tout simplement », a expliqué Michel Debes, président d’Alsace Lait. Les régions herbagères mettent en avant cet argument commercial et certaines régions, aux pratiques différentes, se trouvent en porte-à-faux. S’agit-il d’un épiphénomène ou d’une tendance lourde ? Personne ne peut répondre à cette question, à ce jour. Pour l’instant, seule la grande distribution est concernée, la RHD n’y attache que peu d’importance. « L’idéal serait d’arriver à orienter le consommateur vers des modifications de pratiques qui nous conviennent mieux, en tant que producteurs, mais les médias pèsent beaucoup dans la balance », a conclu Didier Braun. Un marché mondial schizophrène Sur le marché mondial, l’écart entre le prix des protéines et de la matière grasse est de plus en plus marqué. Sous l’effet du ralentissement de la collecte en 2016 et du retour en grâce du beurre, les cours de ce dernier flambent, montant à des niveaux jamais atteints. Dans le même temps, l’Union européenne croule sous les stocks de poudre depuis des mois. Malgré tout, la valorisation beurre/poudre atteint 330 €/tonne sur les dernières semaines et permet une embellie sur le prix payé ces derniers mois dans les entreprises concernées par ces marchés. Si on conjugue cette légère embellie des cours et un marché intérieur stable, on peut espérer que le prix du lait se tienne sur les derniers mois de l’année. Marc Hoenen, directeur d’Unicoolait, a tempéré ce discours, il a tenu à signaler que l’équilibre du marché est fragile. La collecte européenne semble repartir à la hausse, ce qui pourrait changer la donne.












