économie

Jean-Louis Chandellier, FNSEA

Vers une nouvelle donne fiscale

Publié le 24/12/2017

De nombreux changements vont impacter la fiscalité et commencent déjà à le faire, a indiqué Jean-Louis Chandellier, directeur du département entreprises et territoires de la FNSEA, lors de la récente assemblée générale du Centre de fiscalité et de gestion du Bas-Rhin (AGC-CFG). « L’agriculture, notamment, est très concernée par la loi de finances 2018. »

Le premier budget du gouvernement Philippe introduit des outils pour relancer la croissance, l’emploi et le pouvoir d’achat des actifs, souligne Jean-Louis Chandellier. La loi de finances 2018 contient des mesures touchant l’économie et les entreprises, dont certaines concernent directement l’agriculture. La loi sur la sécurité sociale prévoit des mesures pour les travailleurs indépendants, la création d’entreprise, la maîtrise des dépenses sociales, la réduction du déficit de la sécurité sociale, l’augmentation de la CSG, etc. Et ce n’est pas fini : la FNSEA a recensé six projets qui pourraient impacter la fiscalité des entreprises agricoles. « À la FNSEA, nous allons défendre nos mécanismes agricoles et faire des propositions dans le domaine de la fiscalité et du droit des entreprises. » Une baisse de l’impôt sur les sociétés (IS) est programmée dans la loi de finances 2018, pour arriver à une convergence vers les taux européens. « Cela représente un gain de 11 milliards d’euros pour les entreprises. » L’objectif est d’arriver à un taux de 25 % d'ici 2022. « En 2017, le taux est réduit à 28 % pour les PME. Cela développe l’appétence pour l’IS. » Autre disposition de cette loi, la transformation du CICE en allégement de charges pérennes induit une simplification du dispositif et une diminution du coût du travail. « Les sociétés de personnes pourront bénéficier à 100 % de ces allégements de charges qui ne tomberont plus en non-valeur, sans parler des coopératives agricoles qui ne pouvaient pas prétendre à ce crédit d’impôt. » Mais cette nouveauté fiscale présente un gros inconvénient, la perte de six points de CICE pour les travailleurs occasionnels demandeurs d’emploi. « Nous sommes clairement défavorisés par rapport à nos concurrents européens. La FNSEA essaie de maintenir cet avantage d’une manière ou d’une autre, car sa suppression risque de causer des difficultés dans beaucoup de productions. » Dans un tout autre domaine, l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) disparaît et est remplacé dès 2018 par un impôt sur la fortune immobilière (IFI). « L’objectif est de défiscaliser la production pour drainer l’épargne vers les entreprises. » L’IFI ne concernera que les détenteurs de patrimoine immobilier d’une valeur supérieure à 1,30 M€. Certains biens sont exonérés, comme les immeubles affectés à l’exploitation de l’entreprise, les placements financiers immobiliers et les comptes d’associés. Quid de l’immobilier agricole ? Le projet de loi prévoit une exonération des immeubles affectés à l’exploitation de l’entreprise ou mis à disposition par l’agriculteur, des baux à long terme, des parts de GFA. « Mais la profession demande une exonération totale d’IFI sur les terres agricoles. Les discussions sont en cours avec Bercy. » Un prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital Autre constat, les revenus du capital sont surimposés dans notre pays. La ponction fiscale varie de 40 à 58 %, contre 20 à 26 % chez nos voisins. Le gouvernement veut mettre en place un prélèvement forfaitaire unique (flat tax) de 30 % sur les revenus du capital - intérêts, dividendes, plus-values mobilières, etc. Cette taxe se compose de 12,8 % d’IR et 17,2 % (au lieu de 15,5 %) de CSG. « C’est plutôt favorable pour les hauts revenus, beaucoup moins pour les petits contribuables. C’est pourquoi il est possible d’opter pour le barème de l’IS, mais c’est une option globale pour l’ensemble des revenus. » Les produits de l’épargne - intérêts de livrets bancaires, de comptes à terme, de produits d’épargne logement ouverts à partir de 2018, coupons d’obligations - seront amputés « à la source » de 30 %. Quelques cas d’exonérations subsistent : le livret A, le LDD, le LEP et le PEA conservent leur exemption fiscale. L’assurance-vie conserve elle aussi l’essentiel de ses avantages, mais avec quelques modifications. Ainsi, le bénéfice du régime particulier est limité à 150 000 € d’encours pour l’ensemble des contrats d’assurance vie détenus par le contribuable. S’agissant des plus-values privées, l’imposition est fixée à 30 % sur les parts sociales, mais il est possible d’opter pour le barème de l’IS. Le report des moins-values sur dix ans est maintenu. Par contre, quasiment tous les abattements sont supprimés. Le régime de départ à la retraite des dirigeants est maintenu jusqu’en 2022, avec un abattement fixe de 500 000 €. Le régime des micro-entreprises est lui aussi modifié : le plafond est porté de 33 200 à 70 000 € pour le BIC et le BNC, celui des BIC autres (achat-revente) passant de 82 800 à 170 000 €. Objectif : faciliter la création d’entreprise. « Nous nous sommes demandé s’il fallait appliquer cette mesure aux entreprises agricoles. Mais nous avons décidé de ne pas bouger car le régime micro-BA est plutôt avantageux… » Parallèlement, la loi de finances 2018 contient une mesure qui, selon Jean-Louis Chandellier, est un véritable coup poignard dans le dos. « Une disposition scélérate supprime le fonds de compensation mis en place lors du passage du forfait au micro-BA pour compenser ceux qui étaient lésés par le nouveau système. 25 M€ sont extirpés de l’agriculture. Cela nous choque beaucoup ! » Hausse de la CSG au 1er janvier 2018 La hausse de la CSG au 1er janvier 2018 a déjà fait couler beaucoup d’encre. Elle est portée à 9,2 % pour les actifs et à 8,3 % pour les retraités, soit une augmentation de 1,7 point. Une compensation est prévue pour les salariés, mais pas pour les retraités qui vont subir de plein fouet cette augmentation. « Pour les petites retraites, cela n’aura pas d’impact, mais celles qui sont supérieures à 1 200 € par mois seront affectées par cette hausse. La suppression de la taxe d’habitation devrait compenser cette hausse, selon le gouvernement. » Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Pour compenser cette augmentation, les commerçants et artisans bénéficient d’une baisse des cotisations allocations familiales et maladie. « En toute logique, les agriculteurs auraient dû bénéficier d’une baisse des cotisations Amexa. Mais ce n’est pas le cas. Nous avons désormais le même régime que les indépendants : nous abandonnons le taux proportionnel au profit d’un taux progressif, et nous perdons ainsi les dégrèvements obtenus récemment. On se retrouve nettement défavorisé. Pour un revenu professionnel de 40 000 €, cela représente une perte sèche de 1 200 €. » La FNSEA veut continuer à mener ce combat très important, indique Jean-Louis Chandellier. De nombreux amendements ont été déposés. Parmi eux, la fusion des régimes de rattachement des recettes commerciales aux recettes agricoles. Actuellement, il est possible de rattacher les recettes BIC aux recettes BA réel dans la limite de 30 % des recettes agricoles, ou 50 000 €. Pour les recettes provenant de la production d’électricité photovoltaïque ou éolienne, les seuils sont de 50 % ou 100 000 €. « À l’avenir, les deux seuils seront fusionnés. Pour toute activité commerciale, vous aurez la possibilité de rattacher 50 % des recettes agricoles et 100 000 €. »

AGC-Centre de fiscalité et de gestion du Bas-Rhin

Toujours mieux répondre aux attentes des adhérents

Publié le 13/12/2017

Chaque année apporte son lot de nouveautés en matière fiscale et sociale. Le millésime 2017 n’échappe pas à la règle et celui de 2018 nous promet lui aussi une belle moisson… L’assemblée générale du Centre de fiscalité et de gestion du Bas-Rhin a été l’occasion de faire un tour d’horizon très complet des nouveautés. Mais aussi d’évoquer le nouveau projet stratégique sur cinq ans.

« Le bilan de notre centre comptable est satisfaisant, de même que l’évolution de nos services. Notre activité est stable malgré la baisse du nombre d’agriculteurs et le renforcement de la concurrence », affirme Jean-Paul Bastian, président de l’AGC-CFG 67. Le conseil d’administration souhaite mettre en œuvre un projet stratégique à moyen terme pour mieux répondre aux attentes de ses adhérents, améliorer et développer ses services et répondre à la diversité de ses adhérents. « Ce projet s’appuie sur nos forces : des adhérents nombreux et fidèles, des fonds propres importants, une offre de services large et compétitive, et enfin une équipe de collaborateurs dévoués et proches des adhérents. Mais nous avons aussi des faiblesses : comme nous avons toujours le nez dans le guidon, nous ne sommes pas très réactifs, ni très communicatifs. Nous avons développé peu de partenariats avec les autres centres. » L’AGC-CFG est une organisation qui a un véritable potentiel, poursuit Jean-Paul Bastian. Mais « il faudra étoffer les équipes, renforcer le conseil aux entreprises, séduire les jeunes agriculteurs qui sont nos futurs adhérents ». Avant d’explorer de nouvelles pistes, les responsables de l’AGC-CFG 67 ont donc décidé de faire le bilan de l’existant. Ils se sont adjoint les services de consultants extérieurs sous l’autorité du président, Jean-Paul Bastian. Un nombre croissant de sociétés agricoles Le Centre de fiscalité et de gestion a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires dépassant les 7 millions d’euros, le résultat de l’exercice étant largement positif. « Le service dédié au social a fortement développé son activité, avec la mise en place de la déclaration sociale nominative (DSN) », souligne le directeur, François Anstett. Les prestations juridiques ont, elles aussi, augmenté du fait du nombre important de créations de sociétés en 2016. « Comme l’année agricole était mauvaise, nous avons fait l’effort de ne pas augmenter les tarifs de nos prestations comptables », relève-t-il. Les charges sont en légère augmentation, car l’AGC-CFG 67 a réalisé des investissements informatiques. Actuellement, l’AGC-CFG 67 gère la comptabilité de 3 497 adhérents, dont 218 au forfait et 3 279 au réel, souligne Rémy Uffler dans son rapport d’activité. Un nombre en légère augmentation par rapport à 2016. Les formules sociétaires occupent une part de plus en plus importante : les 2 009 sociétés (EARL, Gaec, SCEA, SARL, SA, SAS, GFA, SCI, SNC) représentent plus de 57 % des exploitations adhérentes. Au total, le CFG emploie 86 salariés, dont 55 interviennent dans le domaine de la comptabilité. La réforme des professions comptables a entraîné de profonds bouleversements qui ne vont pas forcément dans le sens d’une simplification. « Depuis 2010, nous faisons partie de l’ordre des experts-comptables, ce qui engendre de nombreuses obligations, comme le compte rendu de fin de mission, la vérification par les signataires, les normes antiblanchiment, le visa fiscal, etc. » L’AGC-CFG 67 propose désormais le service « e-banque », c’est-à-dire la récupération des données des comptes bancaires de l’entreprise pour les intégrer automatiquement dans sa comptabilité. Une palette toujours plus large de services Si la mission comptable est au cœur de son métier, le centre de fiscalité et de gestion a développé ses services dans le domaine social et juridique, poursuit Rémy Uffler. Il a établi 35 000 bulletins de paie l’an dernier, assuré la transmission des données dans le cadre de la DSN, apporté son expertise pour la création et la transformation de 75 sociétés et établi 200 actes (cession de parts, procès-verbal d’assemblée générale, etc.) « Vous serez prochainement contactés pour la déclaration des bénéficiaires effectifs, nouvelle obligation pour les sociétés. » Enfin, indique Rémy Uffler, le centre de fiscalité et de gestion avance sur la voie de la transition numérique. « Nous sommes en train de préparer le futur numérique de votre comptabilité - dématérialisation des documents, archivage électronique, inscriptions comptables, etc. » Rémy Huchelmann, responsable d’équipe, présente les résultats économiques 2016 des exploitations et les perspectives pour 2017. Pascale Remen, responsable du pôle social, dresse un état de lieu du chantier de la DSN. « La déclaration unique mensuelle et dématérialisée par flux informatique remplace désormais une vingtaine de déclarations différentes », rappelle-t-elle. Un gros travail de paramétrage a été nécessaire pour les gestionnaires de paie, et il a fallu mettre en place de nouveaux outils pour améliorer la communication des informations concernant les paies avec les employeurs. « Toutes nos entreprises sont passées en DSN depuis quelques jours. » Désormais, plus de facture trimestrielle envoyée par la Mutualité sociale agricole. « C’est votre gestionnaire de paie qui vous informera du montant des cotisations à payer. Mais attention, vérifiez bien le montant prélevé par la MSA. »

Publié le 11/12/2017

Jeudi 23 novembre, Jean Kauffmann et Mathieu Schneider, responsables de la section porcine de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, ont réuni les éleveurs pour évoquer de nombreux dossiers d’actualité.

Comme pour chaque section, la conjoncture et les perspectives ont été présentées lors de cette réunion. Le bilan de l’année 2017 est en demi-teinte, malgré une hausse des cours moyens par rapport à 2016. En effet, durant la période estivale, le cours français était à un niveau correct par rapport au coût de production, mais inférieur de 20 centimes par rapport à nos voisins européens, comme l’Allemagne. Cette différence des cours s’est en partie expliquée par plusieurs facteurs nationaux : la diminution des exportations de la France vers les pays tiers, la déstabilisation du marché provoquée par les entreprises Cooperl et Bigard lors de la reprise des activités de charcuterie du groupe Turenne-Lafayette, et aussi une baisse de la consommation globale de viande. Cette perspective semble malheureusement gagner du terrain. Ainsi, cette conjoncture morose additionnée à une production forte risquent de maintenir les cours à la baisse sans réelle perspective de reprise dans les mois à venir. Rôles de l’interprofession porcine Cette réunion a été l’occasion d’évoquer le rôle de l’interprofession porcine en présence de Franck Bellaca, directeur de l’interprofession porcine Grand Est. Ses missions sont nombreuses. Elle doit pouvoir se prononcer sur les orientations et les mesures à prendre au niveau régional par les pouvoirs publics afin d’assurer le développement et l’amélioration de l’ensemble de la filière. Elle doit également, selon le directeur, « coordonner les initiatives et les actions à entreprendre entre les différents partenaires de la filière porcine ». Mais le rôle de l’interprofession porcine est aussi de promouvoir la viande porcine par des actions. Le suivi de l’étiquetage de l’origine et la mise en avant de la viande porcine dans les foires (en direct ou en lien avec FDSEA) avec dégustation, présence de diététicienne, borne tactile, distribution de livres pour enfants, de recettes, de goodies, etc. font partie du quotidien. Pour Franck Bellaca, l’interprofession peut aller encore plus loin. L’objectif serait en effet d’augmenter la communication auprès des scolaires et de mettre en place des outils afin de faciliter le renouvellement des générations. « Des annonces qui vont dans le bon sens » Les débats ont également tourné autour des États généraux de l’alimentation. Jean Kauffmann et Mathieu Schneider ont tenu un discours positif en évoquant des « annonces qui vont dans le bon sens » et notamment l’idée d’inverser la construction du prix. Franck Bellaca a salué ces annonces, regrettant toutefois que l’interprofession au niveau régional n’ait pas été davantage consultée. Le contrat de filière développé par l’interprofession porcine reprend, selon lui, les mêmes attentes et les mêmes thèmes (compétitivité, diversification, création de valeur ajoutée, renouvellement des générations) que les plans de filières qui seront présentés au gouvernement par l’interprofession nationale. Parmi les autres sujets d’actualité abordés, la peste porcine africaine (PPA), qui devient de plus en plus préoccupante. La Fédération nationale porcine (FNP) s’inquiète de l’évolution du virus qui gagne du terrain (des cas ont été révélés en République Tchèque). Dans un marché où l’export a une importance capitale dans l’équilibre de l’offre et de la demande, un cas de PPA en France rendrait l’export vers la Chine et les autres pays asiatiques impossible. La FNP redouble donc de vigilance et organise régulièrement des actions de communication et de sensibilisation.

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