économie

Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace

Une politique identitaire

Publié le 29/11/2017

Le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace se réorganise en interne comme en externe. Son objectif : mieux cerner les enjeux de marketing et de communication pour le vignoble alsacien et ses produits.

Alors qu’il arrive bientôt à mi-mandat, Didier Pettermann a précipité l’assemblée générale du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), dans la droite ligne de la politique qu’il mène depuis son élection à la présidence. Elle a été convoquée six mois avant la date habituelle. « Le rythme des assemblées générales, l’une au mois d’avril pour le budget, l’autre fin juin pour les élections et les comptes financiers, ne convenait plus. Nous voulons davantage d’interaction entre les élus et les services pour assurer une meilleure contribution des entreprises du vignoble à la définition des actions de l’interprofession. Et une plus grande anticipation dans les orientations annuelles est nécessaire, que ce soit dans les domaines du marketing, de la technique ou de l’économie. La validation d’un budget prévisionnel alors que quatre mois de l’année sont déjà écoulés n’était pas cohérente avec ce besoin », explique le président du Civa. Les deux assemblées générales qui séquençaient l’exercice budgétaire ont donc été repositionnées dans un nouveau calendrier : celle actant le budget prévisionnel en novembre de l’année n - 1 (au lieu d’avril de l’année n) et l’assemblée statutaire et d’approbation du bilan financier de l’exercice n - 1 en juin de l’année n (cela reste inchangé). Un budget contraint Approuvé lors de cette assemblée générale, le budget prévisionnel 2018 est bien plus contraint que les années passées, dans le contexte d’une nouvelle petite récolte en volume pour les vins d’Alsace, qui implique une baisse des recettes de l’ordre de 6,3 % par rapport à 2016. « Les déclarations de récoltes étant en cours, il n’est pas possible de dresser un estimatif plus précis que celui des 855 000 hectolitres relevés cet été. Soit une baisse de l’ordre de 15 % par rapport à la moyenne quinquennale qui totalise désormais quatre petites récoltes. Cette première ébauche du budget pourra cependant être modifiée en fonction de l’évolution des ventes au cours des six premiers mois de 2018. » Didier Pettermann rappelle que 2017 est un budget de transition : « Bon nombre des actions ayant été engagées auront encore des répercussions budgétaires sur 2018. L’exercice 2019 sera le premier pleinement en adéquation avec notre nouvelle stratégie. » Les charges sont en progression avec le lancement d’une nouvelle politique marketing et 25 projets visant à améliorer le système d’information. Ce budget intègre quelques arbitrages et marque clairement le souhait des élus du conseil de direction de focaliser les moyens sur les actions les plus efficientes pour la valorisation des vins d’Alsace. Les élus du Civa ont approuvé ce budget prévisionnel 2018, qui laisse apparaître un résultat négatif global de 508 000 € qui sera comblé par un prélèvement sur les réserves. Le chantier MarCom Les petites récoltes successives ont des effets, globalement négatifs, mais variables selon les entreprises du vignoble alsacien. Certaines perdent des marchés en raison des augmentations tarifaires induites par les faibles volumes, d’autres du fait de la rareté du produit. « Cette situation doit nous interpeller collectivement. Avec nos petits volumes et la très belle qualité de nos derniers millésimes, notamment celui de 2017, nous devons mieux valoriser économiquement le fruit de notre travail, générer de la richesse à travers la valeur du produit, plutôt que par le biais artificiel de l’augmentation des prix du fait du manque de volumes », insiste Didier Pettermann. Pour y parvenir, le Civa opère des changements dans son fonctionnement avec le renforcement et la réorganisation de ses services et le développement de nouvelles actions de communication. Comme le chantier MarCom, présenté par Thierry Fritsch. Il a insisté sur la nécessité de reprendre un temps d’avance sur les concurrents du vignoble alsacien en matière de marketing et communication. Et de réunir toutes les forces collectives, les compétences et savoir-faire pour plus de dynamisme et réactivité dans le pilotage des programmes. Ainsi l’équipe MarCom travaille sur l’identité de marque. Une enquête, dont les résultats seront connus prochainement, a été réalisée auprès des entreprises du vignoble pour définir les caractéristiques de la personnalité de la marque à construire. La stratégie marketing mise en place pour la période 2018-2021 privilégie les régions et pays où l’Alsace a une légitimité, afin de les reconquérir, ainsi que les régions de conquête à forts potentiels de croissance. Elle vise aussi à augmenter la présence des vins d’Alsace sur internet, à favoriser l’exportation par la mise en place d’un « kit exportation » ou encore à rendre incontournable l’Alsace sur la scène nationale et internationale. L’objectif est de construire l’image des vins d’Alsace grâce à son territoire, en améliorant notamment leur connaissance auprès des prescripteurs, et de communiquer en priorité sur trois produits clés du vignoble : le riesling, le gewurztraminer et le crémant. La nouvelle campagne de communication sera l’aboutissement de ces travaux. Elle sera relayée par une présence plus importante sur les foires et salons. Autre chantier en cours d’exploration, le Story Telling (marketing de contenu). « Une bonne stratégie de contenu marketing permettra aux vins d’Alsace d’augmenter le trafic du site internet, de séduire de nouveaux consommateurs, d’améliorer le référencement du site vins d’Alsace, de devenir reconnu dans son domaine, d’interagir avec les consommateurs ou encore de gagner en confiance et donc de valoriser les vins d’Alsace. Il faut sortir d’une stratégie de publicité et rechercher des consommateurs plus actifs, afin qu’ils deviennent les meilleurs relais des vins d’Alsace », argumente Thierry Fritsch. Last but not the least*, le Civa veut mieux communiquer vers le vignoble. « Les 900 metteurs en marchés et les 4 000 viticulteurs sont les groupes cibles prioritaires. Les autres acteurs comme la presse, les syndicats, les élus et bien évidemment les Alsaciens ne doivent pas être oubliés », complète Thierry Fritsch. « Ouvert aux autres » Le Civa s’attache à construire et valoriser l’identité des vins d’Alsace. Après avoir identifié les piliers de son positionnement par rapport aux autres vignobles du monde, la conceptualisation de son identité est en cours. Les six agences de création sollicitées doivent rendre leurs propositions d’ici le mois de janvier. Et la nouvelle campagne de communication devrait être lancée lors du salon Millésimes Alsace. Didier Pettermann s’est félicité de la dynamique actuelle du Civa, du travail effectué par les différentes commissions, des partenariats engagés, actuels et futurs. « Je voulais un Civa ouvert aux autres. Cet objectif est en passe de se mettre en œuvre. » Il a cité en exemple la feuille de route recherche-développement-innovation, corédigée avec l’Association des viticulteurs d’Alsace, le Comité interprofessionnel du vin Champagne (CIVC), le Syndicat général des vignerons de la Champagne (SGV) et des appellations lorraines. « Nous avons réussi à nous concerter à l’échelle de ces trois vignobles, tous très différents, pour déposer un programme pluriannuel commun qui a reçu un très bon accueil de la part de la région Grand Est, commanditaire de ce travail. » Le président a rendu hommage à ses collaborateurs et salariés pour le travail effectué ces derniers mois. « 2017 a été une année très compliquée, car il fallait faire cohabiter deux modèles, l’ancien et le nouveau Civa. L’année a été consacrée à du cadrage, des actions notamment. Je souhaite que 2018 soit au service de la libération des énergies, de la créativité, du travailler ensemble. Le tout dans une année riche en événements, comme les salons Millésimes Alsace, Prowein ou VinoVision. Nous préparons l’avenir du vignoble. Nous y arriverons si nous travaillons tous ensemble. Le Civa, qui pensait être en phase avec les attentes du terrain, ne l’était pas en réalité et a fini par se retrouver isolé et décrié. Nous prendrons des initiatives, avec nos partenaires, pour promouvoir l’engagement professionnel au sein de notre vignoble », conclut Didier Pettermann.

Chambre d'agriculture interdépartementale d’Alsace (CAIA)

EGAlim : « Traduire les ambitions dans les faits »

Publié le 29/11/2017

La restructuration des services des Chambres d’agriculture se poursuit, entre transferts de personnel et création de nouveaux services. Les moyens financiers, eux, restent très contraints et le budget initial 2018 de la Chambre d'agriculture interdépartementale d’Alsace accuse un résultat fortement négatif. Heureusement, l’année culturale a été globalement meilleure qu’en 2016, ce qui devrait améliorer la trésorerie des exploitations, et les premières annonces des États généraux de l’alimentation sont une source d’espoir. À concrétiser dans les faits…

C’est par un hommage à Joseph Ehrhart, décédé samedi 18 novembre, que s’est ouverte la session plénière de la Chambre d'agriculture interdépartementale d’Alsace (CAIA, nouvelle dénomination), le lundi 27 novembre à Schiltigheim. Ce vigneron de Wettolsheim, ancien président du groupe Wolfberger, vice-président de Groupama Grand Est, a été membre de la Chambre d’agriculture du Haut-Rhin, puis de la Chambre régionale. 2017 a été marquée par le transfert des personnels des fonctions support vers la Chambre régionale d’agriculture Grand Est (Crage), a rappelé le président de la CAIA, Laurent Wendlinger. Onze salariés de la Chambre alsacienne ont ainsi rejoint la Chambre régionale le 1er juillet dans l’administration, les finances, les ressources humaines et l’informatique. « L’objectif, à terme, est de rationaliser ces fonctions support, mais pour l’heure un gros travail d’organisation, de cohésion, est nécessaire. » Un pas supplémentaire va être fait dans cette voie, avec la création d’un service commun « IRD » (Innovation recherche-développement) et « Forêt ». Les membres de la CAIA ont approuvé cette décision. Pour autant, « cette nouvelle organisation ne doit pas générer de surcoûts pour nos budgets respectifs », a insisté Laurent Wendlinger. Une situation budgétaire de plus en plus tendue La transition vers le premier point de l’ordre du jour, le budget, était toute trouvée. « Depuis quelques années, la situation est de plus en plus tendue au niveau de notre budget. Avec des recettes en baisse notamment au niveau des subventions publiques, avec des risques importants sur la fiscalité forestière, nous devons plus que jamais être rigoureux dans nos dépenses. Nous devons aussi travailler sur nos prestations pour répondre encore mieux aux besoins des agriculteurs et des collectivités locales. » Après plusieurs années difficiles pour les agriculteurs alsaciens, la campagne 2017 se caractérise par de bons rendements pour la plupart des productions, hormis la vigne et les fruits. La qualité est au rendez-vous mais les prix restent bas pour la plupart des productions. Le blé et le maïs reprennent des couleurs La récolte de blé a retrouvé des niveaux corrects après une année 2016 catastrophique. Le maïs constitue la bonne surprise avec de bons, voire très bons rendements, et des humidités faibles. La viticulture fait malheureusement exception à ce tableau avec une production en retrait de quelque 30 % par rapport à 2016 en raison du gel et de conditions difficiles à la floraison. Heureusement, la qualité est excellente ! Les fruits aussi ont connu une année très difficile en raison du gel de printemps. Pour les betteraves, les productions spéciales et les légumes, l’année 2017 sera finalement très correcte. Dans le domaine de l’élevage, la situation s’est quelque peu améliorée après des années particulièrement difficiles. Le prix du lait et de la viande s’est redressé, mais la conjoncture reste fragile. Yves Jauss a présenté plus en détail ce bilan de campagne. « Après plusieurs années difficiles, 2017 se présente donc comme une année de transition avec des résultats en amélioration, mais les trésoreries auront bien du mal à se reconstituer », a déploré Laurent Wendlinger. Pour les exploitations les plus fragiles, les cellules Réagir poursuivent leur travail. « Ces démarches ont permis d’accompagner plus d’une centaine d’agriculteurs alsaciens en 2017 pour essayer de redresser l’équilibre de leur exploitation. » Une nouvelle répartition de la valeur ajoutée Après plusieurs années difficiles, l’agriculture doit retrouver des perspectives en termes de production et de prix, estime Laurent Wendlinger. C’est une des ambitions des États généraux de l’alimentation (EGAlim), lancés par Emmanuel Macron dès cet été. « Les bonnes intentions affirmées par le président de la République le 11 octobre à Rungis sur le partage de la valeur ajoutée et l’annonce d’un vaste programme d’investissement de 5 milliards d’euros doivent maintenant se concrétiser. » Pour Laurent Wendlinger, ces États généraux doivent ouvrir le débat sur le modèle agricole et alimentaire français, afin de « redonner du sens et de la valeur à l’agriculture, à l’alimentation de notre pays ». La charte d’engagement, finalement signée au bout de la 35e version, doit garantir « une répartition équitable de la valeur ajoutée entre tous les acteurs de la filière ». Le président de la CAIA souhaite qu’une loi, voire une ordonnance, valide cette répartition de valeur afin de redonner un peu de sérénité aux agriculteurs et des perspectives aux jeunes qui s’installent. Ce sujet a fait l’objet d’un vaste débat lors de cette session plénière, avec des invités quelque peu inattendus. Outre Marie-Pierre Muller, directrice régionale adjointe de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt, Marie-José Fignier, présidente de la Chambre de consommation d’Alsace, et Philippe Grass, représentant la grande distribution, ont présenté leur façon de voir les choses. Ce fut ensuite au tour des membres de la Chambre d'agriculture de faire part de leur ressenti. À l’international aussi, de nombreux défis attendent l’agriculture française. Les traités internationaux comme le Ceta ou le Mercosur, la COP 23 ou la future Pac risquent d’impacter gravement l’agriculture française. Mais Laurent Wendlinger reste confiant : « L’agriculture a de tout temps su s’adapter et relever les nombreux défis, qu’ils soient techniques ou environnementaux, afin de répondre aux aspirations du marché et aux attentes de la société. » Pour le président, le piège serait d’opposer les modèles agricoles, voire les agriculteurs entre eux. « Nous pouvons développer le bio sans dénigrer le conventionnel. Nous pouvons développer la vente directe, tout en continuant d’alimenter nos filières et industries agroalimentaires qui sont structurées pour approvisionner les GMS mais aussi la RHD et d’autres circuits de proximité. De vraies opportunités de développement existent dans les filières longues ou courtes, dans le bio et le conventionnel. »

Crédit Agricole Alsace Vosges

Un soutien aux exploitations viticoles

Publié le 27/11/2017

Partenaire historique de la viticulture alsacienne, le Crédit Agricole Alsace Vosges met en œuvre un dispositif de soutien aux viticulteurs impactés par la petite récolte 2017 comprenant différentes mesures, adaptées pour répondre aux besoins selon les situations.

Les épisodes de gel du printemps dernier ont fortement impacté le vignoble alsacien, entraînant une baisse très importante de la récolte 2017. Les niveaux de production sont hétérogènes, selon les territoires et les cépages. Certaines exploitations sont plus fortement touchées et leur trésorerie pourra être fragilisée. Les mesures possibles sont : La pause d’une année dans le paiement des échéances des prêts existants. Cette solution peut bénéficier d’une prise en charge du surcoût par l’État et/ou la Région, complétée par le Crédit Agricole. Le dispositif d’année blanche est ouvert sous condition d’éligibilité jusqu’au 31 décembre 2017. Un prêt moyen terme de consolidation des échéances d’une année. La modulation des échéances à la baisse avec rallongement de la durée des prêts. Un prêt moyen terme de reconstitution du fonds de roulement. Les viticulteurs sont invités à contacter les conseillers et experts du Crédit Agricole Alsace Vosges pour tous renseignements. Ils examineront la situation de chaque viticulteur concerné pour identifier le besoin immédiat ou futur et déterminer, avec lui, la solution la plus adaptée. Anticiper les éventuelles difficultés permettra à chacun d’appréhender plus sereinement l’année à venir. Par cette démarche, le Crédit Agricole Alsace Vosges réaffirme son engagement au côté de la filière viticole alsacienne et souhaite contribuer à préserver son dynamisme et sa compétitivité.

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