économie

Gaec du Kirrfeld à Engwiller (67)

Une montée en puissance bien gérée

Publié le 14/12/2016

Au Gaec du Kirrfeld à Engwiller, exploitation familiale avec 95 prim’holstein en production, 180 hectares de SAU, repartis en 65 ha de maïs, 50 ha de céréales et triticale et 65 ha de prairies, le développement de la production laitière a été raisonné et pensé de manière progressive.

Après un BTS STAV au lycée agricole d’Obernai et plusieurs stages, Nicolas Urban travaille durant huit mois comme salarié sur deux Entreprises de travaux agricoles, s’occupant des travaux du sol et des moissons. Il est ensuite embauché comme salarié à mi-temps sur l’exploitation familiale, le Gaec du Kirrfeld à Engwiller, avant de s’installer en janvier 2012, rejoignant sa mère, Yolande, son père, Michel, et l’un de ses cousins, Jean-Marc Leininger. Nicolas Urban apporte 120 000 litres de quota aux 570 000 l, l’objectif étant de développer la production. « Nous avons choisi de ne pas acheter de bêtes, mais d’y parvenir par le biais du renouvellement du troupeau. Cela nous a pris deux ans. À l’époque les vaches étaient très recherchées, donc relativement onéreuses, et il y a toujours un risque sanitaire lorsqu’on introduit un animal. » « Afin de pouvoir consacrer le temps nécessaire au développement de la production de lait, nous avons décidé, juste après mon installation, d’arrêter le raifort, gourmand en main-d’œuvre, précise Nicolas Urban. Jusqu’à il y a deux ans, nous gardions les veaux mâles pour les engraisser. Nous avons aussi arrêté, car cela devenait compliqué de tout gérer ensemble. » Robots : 2,8 à 2,9 traites par vache par jour Progressivement, la production de lait atteint 800 000 l. Souhaitant mécaniser la traite, les quatre associés du Gaec décident une nouvelle fois de développer le cheptel : « Nous avions trop pour un robot, pas assez pour deux ». En novembre 2015, deux robots de traite entrent en action. « La mise en route s’est bien passée, au bout de deux mois nous avions atteint notre rythme croisière, avec une production de 950 000 l. » Pour Nicolas Urban, les avantages de la traite robotisée sont nombreux. « Outre la fin de l’astreinte physique de la traite, nous avons davantage de flexibilité et de souplesse dans la gestion du temps de travail, notamment au moment des fortes périodes de travaux. Et nous pouvons consacrer davantage de temps à la surveillance et au suivi du troupeau. » Par ailleurs, avec une moyenne de 2,8 à 2,9 traites par jour, les vaches sont montées en production, passant de 9 300 à près de 10 000 l de moyenne. « Et malgré les 10 % de lait en plus, la qualité n’a pas bougé, avec des taux stables. » Réduire les charges Aujourd’hui, « l’objectif est de pouvoir optimiser les deux robots en passant à terme à 120 vaches à la traite. Nous disposons des installations nécessaires, le bâtiment construit en 2000, puis étendu en 2008, disposant de 120 places. Et nos charges fixes seraient les mêmes. » Afin de réduire leurs charges, les associés du Gaec envisagent le forage d’un puits pour être autonome en eau pour l’étable. « Le forage coûte deux ans d’eau, c’est un investissement qui sera rapidement rentable », indique Nicolas Urban.

AGC-Centre de fiscalité et de gestion du Bas-Rhin

« Passer le cap et savoir rebondir »

Publié le 14/12/2016

En cette fin d’année 2016, l’heure n’est pas à la joie pour nombre d’exploitants agricoles dont le revenu est en forte baisse. L’AGC-Centre de fiscalité et de gestion du Bas-Rhin est au côté de ses adhérents pour leur permettre de traverser au mieux cette période difficile.

Un vent contraire souffle sur l’agriculture alsacienne. Pour autant, toutes les filières ne sont pas logées à la même enseigne, souligne le président Jean-Paul Bastian, en ouvrant l’assemblée générale de l’AGC-CFG67, le mardi 6 décembre à Schiltigheim. La viticulture, notamment, tire son épingle du jeu, avec une récolte prometteuse sur le plan quantitatif et qualitatif. « Pour gagner en compétitivité, chaque exploitation doit trouver son propre équilibre, en travaillant sur les critères à améliorer (charges, investissements) et en augmentant ses marges de production », poursuit Jean-Paul Bastian. Il identifie un autre levier : « Nos exploitations ne sont pas surendettées, elles peuvent donc demander un refinancement de leur dette. » Identifier les leviers de compétitivité Le Centre de fiscalité et de gestion du Bas-Rhin entend donner à ses adhérents toutes les informations pour les aider à passer le cap, précise le président. Outre une sensibilisation générale, une étude plus poussée par le comptable et le conseiller de gestion peut leur permettre d’identifier les marges de progrès. Les diagnostics d’exploitation sont une autre piste pour avancer, car ils permettent de se comparer aux meilleurs. « Nous sommes en pourparlers avec la Région Grand Est pour obtenir la gratuité de ces diagnostics. » Enfin, la cellule Réagir a été mise en place pour venir en aide aux exploitations les plus touchées. Les préoccupations des agriculteurs évoluent. « Il y a dix ans, nous parlions beaucoup d’optimisation fiscale. Puis nous avons été amenés à proposer de nouveaux services pour favoriser la transmission du patrimoine, préparer la retraite. Aujourd’hui, il s’agit avant tout d’aider les agriculteurs à passer le cap en cette année de crise. Quand un adhérent a des difficultés, nous ne le laissons pas tomber », conclut Jean-Paul Bastian. Le nombre d’adhérents est stable en 2015, même si le nombre de « forfaitaires » est en baisse, indique le directeur du Centre de fiscalité et de gestion du Bas-Rhin, François Anstett. L’AGC-CFG 67 gère 3 483 comptabilités. Le poids des sociétés est important : elles représentent 57 % des exploitations adhérentes. Un partenariat avec les banques Sur un plan pratique, 70 % des adhérents participent à l’enregistrement de leurs pièces comptables. « 57 % d’entre eux utilisent notre logiciel », précise François Anstett. Les deux tiers ne clôturent pas leur exercice en fin d’année civile, ce qui permet d’étaler le traitement des dossiers et de proposer un meilleur conseil. « Nous avons renforcé nos moyens humains ces trois dernières années. » Ces embauches entraîneront un changement de comptable pour certains adhérents, prévient le directeur. « Nous avons également investi dans du matériel téléphonique et informatique - tous les comptables sont désormais équipés d’un ordinateur portable permettant une connexion directe à l’ordinateur central - ainsi que dans la programmation. Suite à un partenariat avec le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel, la récupération des opérations bancaires, qui est en cours de déploiement, permettra une modélisation des écritures afin de les intégrer directement dans le logiciel comptable », indique François Anstett.

Publié le 13/12/2016

L’année 2016 a été agronomiquement très difficile pour les producteurs de céréales alsaciens. Et comme les marchés restent atones, leur revenu s’en trouve significativement impacté.

Lors de la dernière réunion du groupe céréales, Yves Jauss, directeur régional adjoint de la Chambre d'agriculture d’Alsace, a présenté les résultats économiques d’un échantillon d’exploitations céréalières alsaciennes. En blé irrigué, le prix prévisionnel de vente pour 2016 a été estimé à 145 €/t (une moyenne qui dissimulera de gros écarts en fonction de la qualité). En face, le prix de revient* s’élève à 250 €/t, « les charges n’ayant pas baissé et étant plutôt réparties sur un rendement 50 q/ha que de 80 q/ha ». Résultat, avec un rendement moyen appliqué de 50 q/ha, le revenu agricole plonge à - 350 €/ha en 2016 (contre un peu plus de 200 €/ha en 2015). En blé non irrigué le schéma est sensiblement le même, avec un prix revient à 245 €/t et un revenu de - 337 €/ha. En maïs irrigué, avec un prix de vente de 148 €/t et un prix de revient de 159 €/t, le revenu agricole atteint péniblement les 50 €/ha. « Malgré une baisse des charges, ce n’est pas un résultat terrible car le diviseur, le rendement, passe de 135 q/ha à 125 q/ha », illustre Yves Jauss. En maïs non irrigué, le prix de revient est de 172 €/t et le revenu de - 90 €/ha. Des prix de revient très disparates Yves Jauss tire plusieurs conclusions de cette analyse économique : « Elle démontre l’importance du diviseur des charges qu’est le rendement, puisqu’il apparaît que les rendements de 2016 n’ont pas suffi à couvrir les charges. » Lorsqu’on considère l’évolution du prix de revient dans le temps, on constate « une explosion des charges de 2010 à 2013 dans tous les systèmes, avec un effet de ciseau de 2013 à 2015 ». L’importance de l’évolution des prix de vente, et de la qualité des céréales est également un facteur important de la construction du revenu des exploitations céréalières. Enfin Yves Jauss précise que les prix de revient moyens utilisés dans cette analyse cachent d’importantes disparités entre les exploitations, reflétant des modes de production plus ou moins économes. En décortiquant les charges, les deux plus importantes s’avèrent les engrais (266 €/ha) et les frais de séchage (285 €/ha) sur un total de 882 €/ha. Ce qui fait dire à Yves Jauss qu’il doit exister une marge de manœuvre de 30-40 €/ha à actionner sur les frais de séchage dans un certain nombre de situations. De 2010 à 2015, les charges de mécanisation et d’irrigation ont sensiblement augmenté : + 30 % en 6 ans pour atteindre 753 €/ha en 2015. Ceci s’explique essentiellement par l’augmentation du coût du carburant et de l’entretien du matériel : les amortissements (hors irrigation) et les charges d’irrigation sont les postes qui augmentent le plus, respectivement de 37 % et de 46 %, alors que l’inflation sur la période est de 7 %. Comme pour le prix de revient, Yves Jauss note que si la moyenne des charges de mécanisation et d’irrigation est de 753 €/ha, elle oscille de moins de 400 €/ha à plus de 1 200 €/ha en fonction des exploitations. Idem pour les charges d’amortissement, dont la moyenne est de 243 €/ha en moyenne mais avec une fourchette de 300 €/ha entre le niveau le plus bas et le plus haut. Étaler l’endettement De cette analyse des charges, Yves Jauss tire plusieurs conclusions : « Il faut parfois repositionner le matériel sur l’exploitation. Son acquisition a beaucoup été raisonnée en termes de fiscalité, mais il faut d’abord raisonner d’un point de vue économique, car ce sont les aspects économiques qui priment. Et puis il faut parfois peut-être faire durer le matériel quelques années de plus, afin de faire baisser le prix de revient, ou encore envisager la copropriété, le travail en Cuma… » Voici pour le matériel. En ce qui concerne les financements, Yves Jauss analyse : « Vous n’avez généralement pas trop d’endettement, mais il est de mauvaise qualité. En effet vous avez souvent un capital important qu’il s’agit de mettre en face d’un financement stable et à long terme. Or la plus grosse partie de votre endettement est à court terme. Il serait donc judicieux de remplacer votre dette à court terme par de la dette à long terme, donc de financer les investissements sur une durée plus longue afin de réduire les difficultés de trésorerie et d’amoindrir le remboursement annuel des emprunts. Enfin, la constitution de réserves durant les bonnes années est un impératif. »

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