économie

Chambre d'agriculture d’Alsace

Un budget 2017 de plus en plus contraint

Publié le 01/12/2016

La Chambre d'agriculture d’Alsace vient d’adopter son budget prévisionnel 2017. La baisse drastique des dépenses de fonctionnement, due notamment au transfert de personnels vers la Chambre régionale d’agriculture du Grand Est, ne compense pas celle des recettes, impactées par le recul des subventions de l’État et des Conseils départementaux.

« Nous avons transféré au 1er juillet vers la Chambre régionale Grand Est (Crage) le personnel affecté aux différentes missions régionales, soit huit salariés », annonce le président Laurent Wendlinger, en ouvrant la session de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA) le vendredi 25 novembre, en présence des représentants des collectivités territoriales et de l’État. Cette évolution et le départ du directeur général adjoint, Gilles Neusch, ont entraîné une réorganisation des services, avec un nouvel organigramme. Dans la foulée, la gouvernance de certaines commissions a été revue : Christian Schott succède à Franck Sander à la présidence de la commission formation, Danièle Bras remplace Claude Gebhard à la tête de la commission grandes cultures. Enfin, Christophe Rue remplace Clarisse Sibler à la présidence de la commission circuits courts. La coordination entre les deux structures, la Chambre interdépartementale (CAA) et la Chambre régionale (Crage), n’est pas chose facile, mais les élus veillent à ce que le nouveau système soit le plus efficace possible au service de l’agriculture de ce territoire et, surtout, qu’il ne génère pas de surcoûts budgétaires. Le budget, justement, était l’un des thèmes de cette session. « La situation est de plus en plus tendue, avec des recettes en baisse et la nécessité d’agir fortement sur le niveau des dépenses pour maintenir des équilibres acceptables », souligne Laurent Wendlinger. Il rappelle que la régionalisation de 2013 a permis de réaliser des économies déterminantes pour la maîtrise des charges. Une décision courageuse, mais insuffisante, vu l’évolution de la situation. « L’État nous a ponctionné 1,6 million d’euros de fonds de roulement en 2015, soit le tiers de nos réserves. Les recettes de l’imposition n’ont pas augmenté depuis cinq ans - elles ont même baissé de 2 % en 2016. » Par ailleurs, la réforme territoriale et la loi NOTRe ont eu raison du partenariat historique avec les deux Conseils départementaux, dont les enveloppes financières ont été revues à la baisse. Malgré cet environnement contraint, la CAA a décidé de ne pas augmenter les tarifs de ses prestations pour 2017. André Jacob, directeur général de la Chambre d'agriculture, revient sur le budget rectificatif 2016 de la CAA, revu à la baisse suite à la régionalisation de certaines compétences au niveau du Grand Est. Avec 17,35 M€, les dépenses restent supérieures aux recettes, et le résultat d’exploitation est négatif, à - 208 000 €. « Avec les dotations aux amortissements de 570 000 €, nous dégageons une capacité d’autofinancement de 330 000 € qui nous permettra de financer le projet de modernisation du restaurant d’entreprise. » Les charges de personnel, le poste le plus important, sont en baisse significative du fait du transfert de huit agents à la Crage et de la réduction d’effectif (non-renouvellement des départs à la retraite et des CDD). Les charges de fonctionnement s’inscrivent, elles aussi, à la baisse, de même que les subventions. La Chambre d'agriculture est traditionnellement financée par trois types de recettes : l’imposition, les subventions et les prestations. « C’est par ce dernier point que nous pouvons augmenter nos recettes », poursuit André Jacob. Car le produit de l’imposition est en baisse, tout comme les subventions, comme le signalait précédemment Laurent Wendlinger. La régionalisation se poursuit « Pour 2017, les contraintes restent les mêmes, mais sur une année pleine. » Une réforme imposée par la Direction générale des finances publiques (DGFIP) entraîne une nouvelle distribution du budget au sein des masses budgétaires, prévient André Jacob : la masse « prestations de services » est noyée dans une masse « autres produits » ; par ailleurs, une distinction est opérée entre les subventions de l’État et les autres subventions. Le budget prévisionnel se caractérise par une baisse substantielle des charges de personnel. Elles représentent 60 % des dépenses qui frôlent les 17 M€. Cette baisse s’explique par les réductions d’effectifs, le personnel de la CAA s’élevant désormais à 185 ETP. Les charges de fonctionnement s’inscrivent, elles aussi, à la baisse du fait de la prise en charge par la Crage de l’opération « Salon de l’agriculture ». « Outre ces effets mécaniques, la Chambre d'agriculture mène une politique volontariste de réduction des dépenses, notamment au niveau des frais de location et de déplacement. » Malgré ces efforts, le budget de fonctionnement affiche un résultat négatif de 286 000 €. Côté recettes, André Jacob relève la baisse des subventions de l’État, elle aussi liée aux transferts de compétences à la Crage, ainsi que la baisse importante des subventions des deux Conseils départementaux. « De ce fait, notre addiction aux subventions est moindre », explique le directeur général. Seul élément dynamique, l’augmentation des prestations de service, avec le lancement de nouvelles prestations en direction des collectivités et la montée en puissance de Mes P@rcelles. André Jacob annonce une étape supplémentaire dans la régionalisation des Chambres d’agriculture : « L’ensemble des fonctions support - relations humaines, comptabilité, etc. - sera transféré à la Crage en cours d’année. Cela donnera lieu à un budget rectificatif. » « Nous avons rarement connu une telle baisse des moyens, souligne Jean-Paul Bastian, vice-président de la CAA. Cela nous oblige à nous recentrer sur les priorités tout en continuant à être présents sur des dossiers comme l’innovation, les nouvelles technologies. » Pour lui, il faut tout faire pour garder une Chambre d’agriculture relativement importante et avoir un projet d’avenir, malgré l’environnement contraint.

Publié le 07/11/2016

La session nationale de Jeunes Agriculteurs s’est tenue du 2 au 4 novembre à Sainte-Croix-en-Plaine. Plus de 40 responsables syndicaux étaient présents pour réfléchir aux contours de la prochaine Politique agricole commune. L’occasion de se pencher à la fois sur des outils de répartition de ces aides, mais surtout sur la vision à long terme de l’agriculture que le syndicat souhaite défendre.

« La Politique agricole commune 2015 à l’échelle européenne, si je voulais être un peu mordant, ressemble presque déjà à un champ de ruines, du moins dans ce qu’elle avait de « commun ». Nous avons l’impression qu’elle est aujourd’hui davantage une somme d’intérêts nationaux ou sectoriels. Nous devons nous doter d’une stratégie commune européenne pour l’agriculture. L’exercice de simplification engagé par le commissaire à l’Agriculture, Phil Hogan, en est un bon exemple : chacun y va de « sa » simplification, ce qui aboutit à encore plus de subsidiarité : chacun fait un peu ce qu’il veut… Je ne dis pas qu’il faille renier les spécificités des territoires, des productions, je dis qu’il n’y a plus de stratégie commune européenne pour l’agriculture. Or, nous ne voulons plus d’une Pac pansement qui remplace les politiques sociales ou qui engraisse les grands propriétaires. Nous voulons d’une Pac qui se donne pour priorité le renouvellement des générations », explique Jérémy Decerle, président de Jeunes Agriculteurs. Des propositions Parmi les propositions concrètes, les responsables syndicaux ont affirmé plusieurs chantiers prioritaires. La priorité n° 1 est que la Pac puisse répondre aux enjeux de l’emploi et du renouvellement des générations en agriculture sur des exploitations de type familial, viables, vivables et transmissibles. Pour cela, le syndicat demande la mise en place d’une définition contraignante de l’agriculteur actif au niveau européen, pour un meilleur ciblage des aides. Cette définition doit être basée sur des critères de revenu, de temps de travail et exclure les personnes percevant une pension de retraite. En outre, les Jeunes Agriculteurs estiment que la Pac doit prémunir les agriculteurs de la volatilité des prix auxquels ils sont exposés. Pour cela, il faut envisager la mise en place d'aides variant en fonction des prix, et développer les outils assurantiels. Enfin, la troisième priorité est la mise en place d’un nouveau pacte alimentaire européen pour protéger les ressources et favoriser la sécurité, la diversité et la qualité alimentaire. Pour cela, les Jeunes Agriculteurs prônent la mise en place d’une politique basée sur des objectifs de résultats et non de moyens. « Des fermes ! Pas des firmes ! », insiste Jérémy Decerle. « Nous sommes convaincus que les fermes, héritées du modèle familial, qui mettent les chefs d’exploitations à la fois à la tête du capital, des décisions et des pratiques, sont les plus résilientes, les mieux à même de relever ces défis nombreux qui sont posés à l’agriculture. La base de la stratégie agricole européenne doit reposer sur les hommes et les femmes qui font ce métier », ajoute-t-il. Un projet commun et partagé Pendant trois jours à Sainte-Croix-en-Plaine, les Jeunes Agriculteurs de l’hexagone ont donc cherché à construire un projet commun, à l’échelle de l’Europe. L’occasion de regretter l’absence du ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, et de nombreux autres élus pour une session nationale inscrite dans le calendrier depuis très longtemps. « Pour autant, dans les moments difficiles que nous traversons sur nos exploitations, dans nos réseaux, nous avons montré depuis mercredi, vous nous avez démontré malgré tout que JA s’engage toujours pour construire l’avenir, qu’il est urgent d’y croire et de poser les jalons de l’agriculture de demain et d’après-demain, dès aujourd’hui ! Loin des querelles de territoires, de filières, nous avons montré qu’il était de notre devoir de construire ce projet commun et partagé, pour l’agriculture, et pourquoi pas un nouveau pacte alimentaire européen. Pas seulement commun au réseau JA, pas seulement commun à l’échelle du territoire national, mais commun à l’échelle de l’Europe », précise encore Jérémy Decerle, qui a remercié les Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin pour leur accueil. Vincent Touzot, membre du bureau national de JA, a ensuite dressé le futur portrait de ce que pourrait être une agriculture européenne « équitable », forte d’une stratégie cohérente faisant la part belle aux jeunes exploitants. Les JA ont insisté : « Le renouvellement de générations (6,5 % des agriculteurs européens ont moins de 35 ans), bref le soutien à l’installation. Il faut préserver nos capacités d’entreprendre, donner plus de latitude aux régions, favoriser les investissements sur les énergies renouvelables », poursuit Vincent Touzot. Pour sa part, le président des Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin, Christophe Bitsch, s’est félicité de la tenue de cette session nationale dans le département. « Il n’y a pas de meilleur endroit que le centre de l’Europe pour réfléchir à l’avenir de la Pac. Une réflexion d’autant plus importante que 2020, c’est demain. » Des interventions et des travaux qui ont été salués par la Chambre d'agriculture d’Alsace et par Anne Sander, député européenne. « Je vais intégrer vos propositions dans les travaux parlementaires. Vous proposez des solutions nouvelles. À l’heure où les agriculteurs ne peuvent plus vivre dignement de leur métier, nous devons réfléchir tous ensemble, nous écouter et avancer. Il faut absolument que l’Europe arrête de se mettre des boulets au pied et s’affranchisse de ses propres barrières. Le monde évolue, l’agriculture évolue et l’Europe doit également évoluer », a-t-elle expliqué.

Publié le 05/11/2016

La première journée du salon Agrimax offrait une tribune de circonstance aux élus de la Région Grand Est pour présenter les orientations et les premiers plans d’action de leur politique agricole.

Le jeudi 27 octobre à Metz, alors que la crème de l’élevage laitier et allaitant se mesurait pour la cinquième édition du salon Agrimax, Philippe Richert, président de la Région Grand Est, a présenté la copie agricole de la toute jeune région. « Dix mois après la création de la nouvelle collectivité », le patron du Grand Est s’est, en premier lieu, félicité du travail de « coconstruction dans la préparation de la politique agricole de la région », soulignant « la qualité des contributions de l’ensemble des filières agricoles, sans oublier la forêt ». Il saluait au passage l’investissement de Philippe Mangin, vice-président en charge de la Ruralité et de l’Agriculture, et de Pascale Gaillot, présidente de la commission Agriculture et Forêt. Quatre axes d’intervention Venus en nombre, les responsables professionnels ont globalement bien accueilli cette nouvelle politique régionale structurée autour de quatre axes. Le premier concerne les efforts de la Région consacrés à « l’amélioration de la compétitivité et à la modernisation de l’ensemble de la chaîne de valeur ». Un programme doté de 10 M€ qui doit dynamiser l’investissement pour mille projets d’exploitation dès 2016. La Région souhaite aussi mobiliser le Fonds régional d’investissement à cet effet. Les filières de transformation agroalimentaires ne seront pas en reste. Le deuxième axe affirme la volonté d’augmenter la part de marché des produits de proximité dans l’approvisionnement des 5,5 millions de consommateurs du Grand Est. Pour relever ce défi, la Chambre régionale d’agriculture se voit confier un rôle central. Dans cette dynamique, les mentions territoriales « Savourez l’Alsace », « La Lorraine notre signature » et « Savourez la Champagne-Ardenne » subsisteront. Le troisième axe engage la collectivité dans le renforcement de l’acquisition de connaissances, en s’appuyant sur les différents sites d’expérimentation du Grand Est. La Région participera aussi aux actions en faveur de l’information des producteurs. L’installation et le renouvellement des générations constituent le quatrième axe de la politique agricole régionale. Une thématique qui a suscité quelques remarques de la part des Jeunes Agriculteurs du Grand Est, alertant sur le risque d’iniquité de traitement en fonction de l’orientation technique des projets d’installation. Une interpellation qui a conduit Pascale Gaillot à commenter les limites « de l’autorité de gestion confiée aux nouvelles régions ». Une thématique pour laquelle Philippe Richert s’était montré critique devant les élus du monde agricole, fustigeant « le passage obligé de l’instruction des dossiers du Feader par Paris », et appelant de tous ses vœux « une évolution dans l’articulation de certaines compétences entre l’État et la Région ». Gouvernance resserrée Pour mettre en musique cette politique, le président du Grand Est s’est doté d’une gouvernance « qui renforce l’approche par filière et associe les acteurs institutionnels et économiques ». Cette nouvelle organisation semble, avant tout, servir un objectif d’optimisation du nombre d’instances. Une commission régionale « resserrée » pilotera cinq comités thématiques en coprésidence État-Région, dont les rôles principaux consisteront à définir la stratégie d’intervention et assurer le suivi des politiques publiques. Ces comités thématiques s’appuieront sur la contribution de quatre comités techniques organisés par filières. Ce seront essentiellement des lieux d’échange et de concertation sur les demandes professionnelles. Pour compléter cette organisation de la gouvernance de la politique régionale agricole, Philippe Mangin annonçait « la création prochaine d’un comité de prospective » qui, selon ses propos, « sera nécessaire pour redonner des perspectives aux agriculteurs ».

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