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Intempéries dans la région de Wasselonne

« Taper sur le maïs est beaucoup trop facile »

Publié le 16/06/2016

Le violent orage qui s’est abattu mardi 7 juin dans la région de Wasselonne a provoqué d’importants dégâts dans plusieurs communes, dont Wasselonne et Romanswiller, et dans les cultures. Face à un début de polémique, les agriculteurs ont voulu rétablir quelques vérités.

Caves et garages inondés, voitures emportées, bitume arraché, canalisations endommagées… Trente-six heures après le violent orage qui s’est abattu sur la région de Wasselonne, les dégâts sont toujours visibles. À Romanswiller, où la profession agricole organisait une rencontre avec la presse et les élus, jeudi 9 juin, la traversée du village suffit à en donner un aperçu : devant les garages, tout un bric-à-brac s’amoncelle. Vélos, mobilier de jardin, pots de peinture… Les habitants passent le contenu de leur garage au jet d’eau, sortent des seaux de boue de leur cave. Une grande benne installée à quelques mètres de la mairie recueille tous les objets devenus inutilisables. Albertine, 71 ans, n’en est pas à son premier orage. « C’est la cinquième fois en deux semaines », se désole la septuagénaire, encore sous le coup du désastre. Les planches clouées à la hâte devant la porte du garage n’ont été d’aucun secours : elles ont été arrachées par l’eau qui s’est engouffrée dans la maison, submergeant le congélateur. « On a de l’aide heureusement, raconte Albertine, désolée de ne pouvoir offrir une bière à ceux qui sont venus lui prêter main-forte. « Les canettes sont pleines de m… » « L’éponge est pleine » « Nous sommes solidaires des habitants », affirment tour à tour Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin et Jean-Paul Bastian, président de la Chambre d’agriculture d’Alsace. Les agriculteurs du secteur ont été les premiers à aider à la remise en état des chemins, souligne Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs du département. La rencontre vise à calmer un début de polémique, qui fait du maïs le principal responsable de la catastrophe. « Taper sur le maïs est beaucoup trop facile, regrette Franck Sander. Quand vous avez 70 mm d’eau qui tombent en une heure, vous pouvez faire ce que vous voulez, ça ne suffit pas ! » Les pluies tombées l’avant-veille à Romanswiller s’ajoutent aux précipitations qui ont arrosé la région depuis deux mois. « Les sols sont gorgés d’eau et n’absorbent plus rien. L’éponge est pleine ! » Injuste, ce procès fait au maïs ? Dans ce bassin-versant, situé entre la D 1004 et le village de Romanswiller - le maïs est effectivement présent. Parmi d’autres cultures : betteraves sucrières, blé tendre d’hiver, tournesol. La zone fait l’objet d’un assolement concerté entre une douzaine d’agriculteurs depuis 2011-2012. L’objectif est d’alterner cultures d’hiver et cultures de printemps, pour mieux arrêter les coulées d’eau et de boue en cas d’orage. Sur les 43 ha concernés cette campagne, les cultures d’hiver, placées en amont, représentent un gros tiers des surfaces. « La barrière des cultures d’hiver a joué son rôle, juge Pierre-Paul Ritleng, responsable de l’Adar du Kochersberg. La fascine placée en amont aussi. Mais avec 70 mm d’eau, ça n’a pas suffi. La boue a été arrêtée, mais pas l’eau. » « Le pire a été évité », estime Patrick Bastian. Le vice-président de la communauté de communes des Coteaux de la Mossig, lui-même agriculteur à Zehnacker, insiste sur la conjonction de plusieurs facteurs de risques, parmi lesquels la configuration des lieux. « Nous sommes sur un bassin-versant énorme. Toute l’eau va dans l’entonnoir de Romanswiller. » Selon lui, les dégâts tiennent aussi au retard pris par les cultures cette année et à l’arrivée de plus en plus précoce des orages. « Les orages violents survenaient généralement en juillet/août lorsque les terres étaient très sèches, explique Patrick Bastian. Depuis quelques années, ils se déclenchent en mai-juin », alors que les cultures de printemps sont encore insuffisamment développées et les sols déjà gorgés d’eau. Répétant qu’au niveau agricole, « tout ce qu’il fallait faire a été fait », Franck Sander appelle à une réflexion plus large. « La question que nous devons nous poser, avec les collectivités notamment, c’est : qu’est-ce qu’il faut faire de plus ? ». Le président de la FDSEA du Bas-Rhin soulève en particulier le problème de l’urbanisation et de certains aménagements, tels que le busage des cours d’eau. « Il y a des choses à revoir pour que les villages et les maisons ne soient pas envahis par les eaux ». Jean-Paul Bastian plaide pour des actions à long terme. « Avec le Conseil départemental, avec les communes, la Chambre d’agriculture a mis en place depuis une quinzaine d’années une politique contre les risques naturels, mais ça ne peut marcher que s’il y a des engagements à moyen et long terme. » Trouver des « solutions à l’amiable » Dominique Hermann, le maire de Romanswiller, rassure les responsables agricoles quant à la polémique en cours. Une concertation sera mise en place pour trouver « des solutions à l’amiable », assure l’élu, qui fait état de plusieurs réflexions en cours comme la création de bacs de rétention naturels ou le rachat de certaines terres par la commune pour les mettre à la disposition des agriculteurs. Une concertation à laquelle appellent également le Conseil départemental du Bas-Rhin, représenté par son président Frédéric Bierry et le conseiller départemental Étienne Burger, et les services de l’État. « L’eau, c’est un cycle, il faut une solidarité entre les différents acteurs pour trouver des solutions intelligentes », a souligné Jean-Philippe d’Issernio, directeur départemental des territoires du Bas-Rhin.

4e édition de La Ferme en ville

Le local et ses facettes à l'honneur

Publié le 14/06/2016

Circuits courts ou jardins amateurs, la 4e édition de La Ferme en ville, organisée par la Ville de Strasbourg et la Chambre d'agriculture d'Alsace, en partenariat avec les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin et l'Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace, revient place Kléber à Strasbourg, du 16 au 18 juin. Elle sera axée autour de la thématique de la production nourricière du territoire.

Le magasin de la Nouvelle Douane à Strasbourg accueillait récemment la conférence de presse présentant la 4e édition de La Ferme en ville. La productrice de fruits à pépins et noyaux, Nathalie Dettling, de Westhoffen, a brièvement rappelé le concept de ce magasin qui réunit 22 producteurs locaux et offre aux consommateurs citadins une belle diversité de produits du terroir. Les surfaces en maraîchage et en bio ont triplé Françoise Buffet, conseillère eurométropolitaine déléguée et adjointe au maire en charge de la politique agricole communautaire et des circuits courts, a adressé ses remerciements à Laurent Fischer, représentant la Chambre d'agriculture d'Alsace (CAA), Julien Scharsch, président de l'Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba), pour leur présence. Elle a rappelé que La Ferme en ville est « une vitrine de l'agriculture locale » et de la politique de la ville en faveur de ces productions, dont l'objectif est « de répondre aux besoins alimentaires du territoire ». Cette manifestation montre ce qui existe au niveau des circuits courts, « une demande bien présente, à développer ». Un tiers du territoire de l'Eurométropole est agricole. À cela s'ajoutent des agri-citoyens, par le biais des jardins familiaux. Ce volet fait partie de la thématique globale de cette 4e édition, axée sur le « Produire et manger local ». Le partenariat développé depuis 2010 avec la CAA a favorisé les circuits courts et permis notamment l'installation de jeunes, à la Meinau et à La Robertsau. Des diagnostics d'exploitation ont pu les faire évoluer vers du maraîchage, dont les surfaces, comme celles en bio, ont triplé. « L'objectif est de préserver la proximité des consommateurs et des producteurs. » La balle est aussi dans le camp des consommateurs, a indiqué Françoise Buffet : « À eux d'être vigilants dans leurs achats, en étant conscients des enjeux de l'agriculture. Les liens au territoire sont importants dans la crise que traverse actuellement l'agriculture. » Progression plus rapide de la demande locale Laurent Fischer, éleveur de poules pondeuses à Lingolsheim, membre du magasin de producteurs Hop'la, « complémentaire » à celui de la Nouvelle Douane, a précisé que ce seront les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin qui s'occuperont de la restauration de cette édition. « Ils apportent un grand dynamisme à l'agriculture du territoire. » Dans le partenariat engagé avec la ville, « on a fait plus que ce qu'on avait imaginé au départ », a poursuivi Laurent Fischer. Les différentes éditions de La Ferme en ville et du Tour des fermes ont permis une bonne communication avec le public et « un réel rapprochement entre le consommateur et le monde agricole ». Acheter local est devenu « une vraie sensibilité », a-t-il souligné. Et, « le respect de la saisonnalité des produits est de plus en plus ancré ». Laurent Fischer constate une progression de la demande locale, plus rapide depuis trois ans. Julien Scharsch, producteur de céréales, légumes et fruits bios à Saessolsheim, a précisé qu'en 2015, les surfaces en bio avaient augmenté de 15 %, portées notamment par l’introduction de produits bios dans les cantines. 65 % des produits y sont désormais locaux : « Le territoire est pionnier en la matière. Il y a un effet levier pour l'agriculture », a souligné Françoise Buffet. Bacs hors sol, compostage et moutons Christel Kohler, adjointe au maire en charge de la ville en nature et ville nourricière, a précisé que la Strasbourg compte 4 800 parcelles de jardins familiaux auxquelles s'ajoutent depuis 2008 les jardins partagés. Pour mettre en valeur ce volet agri-citoyen sur La Ferme en ville, 50 bacs hors sol avec différentes plantes vont être installés place Kléber sur 300 m2. Les visiteurs pourront peut-être gagner l'un d'eux par tirage au sort. Les 700 écoliers des classes de maternelle grande section et de primaire, attendus les 16 et 17 juin, pourront quant à eux repartir avec une pousse d'herbe aromatique. L'idée est de développer « l'esprit d'autonomie de l'alimentation ». Sur un parcours semé d'animations, ils pourront découvrir entre autres le travail du maraîcher avec les JA, la ferme biologique avec l'Opaba, les moutons de la filière ovine, Alsace Qualité et sa roue de la chance et les animaux de la basse-cour avec l'Union des aviculteurs. Les enfants pourront également s'initier au mécanisme de compostage. La cabane du jardinier, kiosque de la ville, abritera des documents et donnera des informations sur les différents types de jardins. À noter que la nocturne du samedi sera animée par un groupe musical folklorique. Avec huit producteurs présents, trois structures collectives de producteurs, cinq filières agricoles, le public aura un bel aperçu des productions locales, des produits laitiers aux charcuteries, en passant par les fruits, les légumes et les champignons, au cœur des saveurs d'ici, c'est du 16 au 18 juin à Strasbourg.

Le 12 juin au Cref de Colmar

13e Rendez-vous des vignerons bios d'Alsace

Publié le 12/06/2016

La 13e édition du Rendez-vous des vignerons bios d'Alsace aura lieu dimanche 12 juin au Cref de Colmar. Entre dégustations libres, conférences et accords mets vins, cette manifestation se veut une journée de « découverte » d'une viticulture biologique de plus en plus plébiscitée par les consommateurs.

Pour sa 13e édition qui aura lieu le dimanche 12 juin, le rendez-vous des vignerons bios d'Alsace investit le Cref de Colmar, en lieu et place du château de la confrérie Saint-Étienne, à Kientzheim. Un choix motivé par l'organisation, le lendemain au Parc des expositions de la ville, de la nouvelle édition du salon Millésimes Alsace, piloté lui par le Conseil interprofessionnel des vins d'Alsace (Civa). « On voulait se rapprocher de cet événement pour créer une certaine dynamique. On verra bien si ça fonctionne », explique Martine Becker, vice-présidente de l'Organisation professionnelle de l'agriculture biologique en Alsace (Opaba), et viticultrice bio à Zellenberg.  Si le lieu change, la philosophie reste la même : faire découvrir la qualité et la diversité des vins bios et biodynamiques alsaciens. Un moment « d'échange » dénué de toute ambition commerciale (on ne peut que déguster, pas acheter) destiné aussi bien au grand public qu'aux professionnels de la vigne. « C'est une possibilité pour des vignerons conventionnels de venir découvrir ce qui se fait pour éventuellement se convertir », souligne le directeur de l'Opaba, Joseph Weissbart. Ils sont en effet de plus en plus nombreux à franchir le pas dans la région. À la fin 2015, on comptait 280 viticulteurs bios en Alsace contre une cinquantaine seulement en 2003. Un phénomène qui est parti pour durer à en juger les études récentes sur l'agriculture biologique en France. « Sur tout le territoire, on observe une augmentation constante des achats en vin bio », poursuit le directeur de l'Opaba. « C'est même devenu un facteur d'attractivité sur la route des vins d'Alsace », complète Martine Becker. Des accords mets vins « surprenants » Un atout de plus pour les organisateurs de cette manifestation qui espèrent attirer au moins autant de personnes que l'an passé (plus de 500 avaient fait le déplacement). Un objectif qui devrait être atteint au vu du programme de la journée. Outre les dégustations libres des vins (130 références réparties en six espaces distincts) encadrées par la quarantaine de producteurs présents, les visiteurs pourront assister à 11 h 30 à une conférence sur « Les splendeurs viniques de l'Alsace à travers les âges », animée par l'historien passionné de vins, Claude Muller. L'occasion de découvrir douze vieux millésimes bios grâce à l'atelier de dégustation qui aura lieu en même temps. À 14 h, le spécialiste en connaissance des terroirs et dégustations, Jacky Rigaux, animera une conférence sur les « Vins et la géo-sensorialité ». À 15 h 30, l'atelier « Mets et vins » plébiscité les dernières années sera reconduit. Il sera animé par le Meilleur sommelier de France 2006, Pascal Léonetti, avec, au menu : un muscat d'Alsace 3 Châteaux 2014 accompagné d'une tartelette à la cerise et à la cébette ; un riesling grand cru Altenberg de Bergbieten 2010 accompagné d'un tartare d'asperges, d'oignons rouges et d'herbes fraîches ; un pinot gris Blosenberg 2008 avec un sablé aux noix, un confit d'échalotes et un fromage frais ; un gewurztraminer grand cru Zinnkœpflé 2004 et un cupcake tex-mex ; un riesling grand cru Schlossberg Vendanges tardives 2005 et un moelleux aux amandes, citron et safran ; et un pinot gris Rimelsberg VT 2008 et une tartelette à l'abricot et à l'amande. Cet atelier étant limité à 100 personnes, il faut préalablement réserver auprès de l'Opaba, soit par e-mail, soit par téléphone. Enfin, le vigneron Jean-Pierre Frick animera à 17 h l'atelier « Pinots blancs, d'où viennent-ils ». « L'idée est de comparer ce cépage qui n'a pas toujours bonne presse avec d'autres vins blancs français. On pourra se rendre compte qu'il a plus de potentiel qu'on ne croit au regard de ce qui se fait sur le marché », détaille Martine Becker.

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