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Société d'aménagement foncier et d'établissement rural (Safer) Alsace

Les transactions agricoles augmentent, mais baissent en valeur

Publié le 23/05/2016

La Safer s'est réunie pour la dernière fois en tant qu'entité régionale avant de devenir la Safer « Grand Est ». Le résultat de son dernier exercice est positif et marqué par un marché agricole en très légère hausse en surface, mais en baisse de valeur.

« Les Safer se sont emparées de la problématique foncière et s'investissent pour le foncier rural depuis bientôt 60 ans, rappelle Marc Moser, président de la Safer Alsace. Forte de son expérience au service des territoires ruraux, la Safer Alsace propose des solutions équilibrées valorisant des exploitations agricoles compétitives à taille humaine et dont le renouvellement des générations reste la priorité. » En 2015, le marché foncier régional a progressé légèrement, avec une hausse de 2 % des surfaces échangées. En revanche, la valeur baisse de 6 %. Le même constat est fait au niveau du marché agricole, les transactions ont augmenté de 4,5 % (2 986 opérations pour 2 507 hectares), les surfaces de 1 % ; la valeur globale du marché, elle, diminue de 20 %. « Dans cet environnement toujours difficile, notre société constate un résultat positif pour l'année 2015, grâce à une forte activité de fin d'année et un développement de nos activités de prestations », remarque pourtant Marc Moser. Le directeur, Francis Risacher, détaille les opérations réalisées l'an dernier. Au titre du marché de l'espace rural, 5 874 opérations ont été notifiées à la Safer Alsace en 2015. L'ensemble des transactions a porté sur 3 850 ha, en hausse de 2,4 % par rapport à 2014. L'ensemble du marché baisse de 6,4 % en valeur. Ainsi, le montant total des transactions passe de 234 millions d'euros (M€) en 2014 à 219 M€ en 2015. Comparé au marché total, le marché agricole représente 65 % de la surface vendue, 51 % du nombre de transactions, mais seulement 16 % de la valeur globale. Ces chiffres présentent une forte stabilité depuis quelques années. Les ventes des terres et prés baissent de 3 % dans le Bas-Rhin (prix moyen de l'are : 57,30 euros) et augmentent de 5,7 % dans le Haut-Rhin (prix moyen de l'are : 66,20 €). Le marché des cultures spéciales connaît une baisse de 6 % en surface, passant de 63 ha en 2014 à 59 ha en 2015. « Les rétrocessions constituent l'essentiel de notre chiffre d'affaires visant à couvrir les charges de fonctionnement de notre société, expose le directeur. Ces opérations s'avèrent déterminantes pour permettre de conforter les outils de production et de pérenniser les exploitations. » Le maintien des preneurs en place (locataires) représente 55 % des surfaces attribuées. Les autres rétrocessions ont servi à la consolidation d'exploitation (6 % de la surface totale rétrocédée), à l'amélioration parcellaire ou remaniement (5 % de la surface totale rétrocédée et 20 % du nombre de rétrocession, notamment en viticulture), à l'installation ou l'agrandissement préparant une installation (5,6 %), à la réorientation en faveur des collectivités, aux opérations forestières (1 %) et à la rétrocession d'intérêt général agricole (24 %). « En la matière, le choix décisionnel s'avère de plus en plus difficile et délicat au regard notamment d'un grand nombre de candidats et de la complexité des dossiers. Pour les 356 rétrocessions, 1 322 personnes ont fait acte de candidature, soit en moyenne 3,7 candidats par bien vendu », note Francis Risacher. Le droit de préemption utilisé dans 121 cas Durant l'année écoulée, la Safer Alsace a appréhendé 485 ha, soit une surface identique à 2014 pour 10,70 M€ (10,90 M€ en 2014). Sur les 5 875 notifications de vente en 2015, la Safer a usé de son droit de préemption dans 121 cas. Les préemptions effectuées représentent 2 % du nombre des transactions notifiées et 3 % des surfaces mises en vente. Le stock foncier de la Safer s'élève à 313 ha, contre 323 en 2014, il s'agit principalement de stock récent (moins de cinq ans). Le stock ayant plus de 10 ans représentant 40 % des surfaces et 24 % en valeur. Le résultat de l'exercice 2015 de la Safer Alsace présente un bénéfice de 82 869,41 € contre 48 036,15 € en 2014. Le directeur en donne les raisons : « Malgré une diminution du chiffre d'affaires et un résultat d'exploitation en baisse, la marge dégagée est forte, de nombreuses facturations de prestations et une diminution des charges de structure permettent ce bon résultat ».

Publié le 21/05/2016

La confrontation européenne en race holstein se déroulera les 17, 18 et 19 juin au parc des expositions à Colmar. 180 animaux originaires de quatorze pays européens seront présents. En parallèle de cet événement prestigieux, la « grande fête du lait » permettra de promouvoir l'élevage et le métier d'éleveur laitier.

Toute la filière laitière européenne sera au rendez-vous ! À un mois de cet événement, les organisateurs (le Club Holstein 68, Prim'Holstein France, Eurogénétique et la Chambre d'agriculture d'Alsace) multiplient les rencontres et les réunions pour réussir cette belle manifestation. Pour la première fois depuis vingt ans, ce concours européen itinérant se déroulera en France. La dernière fois, c'était à Paris. « Ce sont les jeux olympiques de la holstein. Ils sont organisés tous les trois ans dans un pays différent. Le prochain pays sera la Belgique. L'association dont je suis le directeur a décidé de l'organiser en Alsace car c'est un projet de qualité qui rassemble un savoir-faire et des gens motivés. Par ailleurs, Colmar est un lieu idéal. La ville est bien centrée au niveau européen. Nous sommes dans une belle aventure humaine avec des gens de terrain qui s'impliquent », explique Denis Biéri, directeur de Prim'Holstein France. Pour le concours, 180 vaches holstein originaires de quatorze pays différents seront présentes. « C'est un record ! Cela montre que les éleveurs sont motivés, malgré les difficultés économiques actuelles. Les problèmes sanitaires, et notamment la fièvre catarrhale ovine (FCO), ont engendré quelques incertitudes concernant certaines participations. Finalement, tout le monde sera là, hormis les vaches danoises. Mais le Danemark sera quand même présent avec des jeunes éleveurs. Des pays seront très bien représentés, d'autres plus modestement comme la Slovénie avec six vaches. Cette confrontation européenne s'annonce belle. Certains éleveurs viendront de loin. Les premières vaches arriveront à Colmar dès le 14 juin », ajoute Denis Biéri. Pour les professionnels et le grand public La manifestation est avant tout professionnelle avec, le vendredi 17 juin, un concours de clippage des jeunes, le « showmanship », qui permettra de mettre en valeur les animaux. Il précédera la cérémonie officielle fixée à 15 h et le concours des holstein rouges à partir de 15 h 45. En soirée, à partir de 19 h 30, une vente aux enchères sera organisée. 35 animaux, entre 6 mois et 1 an, seront proposés à la vente. Cette dernière s'annonce de grande qualité puisque ce sont de futures vaches intéressantes et rares. Samedi 18 juin aura lieu le concours de présentation le matin et, surtout, à partir de midi, le grand concours des holstein noires. Avec, au final, une grande championne et un pays vainqueur. Si la première partie de cette confrontation européenne est destinée aux professionnels de l'élevage, le grand public y trouvera son compte… et toute sa place. De nombreuses animations seront prévues à son intention. La Chambre d'agriculture d'Alsace (CAA) est particulièrement impliquée dans ce projet. « L'objectif est de montrer la diversité et le savoir-faire de l'Alsace et de son élevage. Par le biais, par exemple, du réseau Bienvenue à la ferme, mais également de la Maison des vins d'Alsace », explique Stéphane Janus pour la CAA. Un burger 100 % fermier sera ainsi proposé à la dégustation. Il y aura également des démonstrations de fabrication de fromage à l'ancienne, des dégustations autour de l'élevage et du terroir alsacien, un marché fermier, sans oublier quatre représentations, dans le hall 1, d'un spectacle théâtral spécialement conçu pour la grande fête du lait. Ce spectacle est réalisé par la compagnie Mattagumber qui retracera l'évolution du métier d'éleveur laitier du siècle dernier à nos jours. Dans les halls 2, 3 et 4, animaux et exposants seront répartis pour utiliser au maximum les possibilités du parc des expositions de Colmar. Les visiteurs auront le loisir de découvrir les meilleures vaches laitières d'Europe et de discuter avec les éleveurs exposants. Le ring au théâtre de plein air Et au mois de juin, les stars du théâtre de plein air seront les vaches ! Le théâtre est pour l'occasion complètement relooké en ring pour l'organisation du concours. Après le concours, samedi soir, il se transformera en lieu de fête : la société Aquatique Show et la compagnie Mattagumber uniront leurs talents pour un spectacle inédit. À l’issue du spectacle, Docteur Boost prendra le relais pour faire danser les visiteurs. « Ce sera un grand moment. Nous avons pensé à tout le monde. Les professionnels évidemment, mais également le grand public. La preuve, c'est la première fois que la fête se prolonge jusqu'au dimanche soir. Face à la crise de l'élevage, il faut communiquer et montrer ce que nous vivons au quotidien. Cette confrontation européenne est une bonne occasion pour nous d'avoir une tribune pour le faire. Les 120 exposants, les éleveurs, les organisateurs sont prêts. Au public de venir à notre rencontre », conclut Denis Biéri.

Ce dimanche au plan d'eau de Brumath

Les jeunes éleveurs ont la fibre des concours

Publié le 19/05/2016

À la veille de l'inauguration du festival de l'élevage de Brumath, coup de projecteur sur les nouveautés de cette édition 2016 avec Jean Bernhard, président de l'Union des syndicats des éleveurs de bovins du Bas-Rhin.

Que pensez-vous de la nouvelle version du festival de l'élevage ? L'idée est très bonne car elle séduit davantage les jeunes. Nous attendons une trentaine de participants pour le concours des jeunes présentateurs du samedi soir. Il est ouvert à toutes les races, même si la prim'holstein tient la vedette. De nombreux jeunes se sont formés à l'école des jeunes présentateurs organisée sur la ferme Wilt à Dachstein. En seconde partie, le concours sera élargi aux candidats libres qui pourront venir avec leur propre génisse ou s'en procurer une sur place. Les inscriptions se feront le samedi soir avant le début des festivités. L'autre bonne idée, c'est que cette épreuve est ouverte aux candidats haut-rhinois. Cela permettra aux éleveurs des deux départements d'apprendre à mieux se connaître, à travailler ensemble, à quelques semaines de la confrontation européenne holstein de Colmar.  Nous laisserons aux jeunes présentateurs le choix de la tenue. Par contre, ils seront jugés sur la préparation de la génisse et la façon de la faire défiler dans le ring. La plupart des candidats ont passé beaucoup de temps à apprendre à leur génisse à marcher au licol, à la tondre, à la pomponner. Nous allons donner un tour festif à ce concours, en organisant une finale « à la Sébastien Loeb », quitte à faire mousser le crémant. Avoir un grand nombre d'animaux et d'éleveurs dans le ring est un vrai challenge. On en revient à l'essence même de cette manifestation, un concours d'élevage qui met en avant l'éleveur, surtout le jeune. La passion des concours est une vocation qu'il faut susciter dès le plus jeune âge. Pourquoi un concours régional de génisses ? C'était une évolution inévitable. D'année en année, de moins en moins de candidats participaient au concours de la race. C'est pourquoi les éleveurs bas-rhinois ont fait le choix d'aller avec leurs vaches à la foire Simon et Jude de Habsheim. En contrepartie, les éleveurs haut-rhinois viennent avec leurs génisses au festival de l'élevage de Brumath. L'essentiel est que les éleveurs n'hésitent pas à présenter des animaux. Crise de l'élevage, risque de fermeture de l'abattoir, les problèmes du moment ne risquent-ils pas de plomber l'ambiance ? Au contraire ! En cette période d'incertitude, c'est une bonne chose de se rencontrer, d'échanger. Il faut souligner que les adhérents d'Alsace Lait ne connaissent pas trop la crise, car le prix du lait reste correct, même s'il est en baisse. Et les éleveurs laitiers ne sont pas trop impactés par les problèmes de l'abattoir, contrairement aux éleveurs allaitants ou aux engraisseurs. Pour autant, les difficultés que traverse Copvial nous inquiètent. Tout doit être fait pour sauver l'abattoir. L'Alsace est une région qui compte énormément de transformateurs. Il serait préférable que les animaux soient abattus à proximité, plutôt que de parcourir des centaines de kilomètres. Et n'allez pas croire que la disparition de l'abattoir est une bonne chose pour la filière : une bonne concurrence est toujours très saine. Y a-t-il d'autres nouveautés à signaler ? Nous avons souhaité impliquer davantage les jeunes du lycée agricole d'Obernai. Ils vont venir avec un bus entier pour nous donner un coup de main. Certains d'entre eux participeront au concours de pointage, le dimanche après-midi. Ils ont eu droit à une formation, sous l'impulsion de leur professeur de zootechnie, Marie-Laure Couvet. C'est un challenge motivant : chaque finaliste d'une race est invité, tous frais payés, à la finale nationale, durant le salon de l'agriculture de Paris.

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