Publié le 10/05/2016
Début mai, la Chambre d'agriculture d'Alsace a organisé une série de réunions techniques. L'occasion d'effectuer les analyses pour piloter le 3e apport d'azote sur blé. Et de faire le point sur la septoriose, dont la pression s'avère importante cette année.
Pour ces réunions de Tour de plaine, les agriculteurs étaient invités à ramener le matériel végétal nécessaire à la réalisation des analyses pour piloter le 3e apport d'azote sur blé. Mercredi 4 mai à Hohengœft, Pierre Geist, conseiller grandes cultures à la Chambre d'agriculture d'Alsace, et Matthieu Bihler, stagiaire, enchaînaient donc les analyses N-Tester, qui consistent à mesurer optiquement la teneur en chlorophylle d'une quarantaine de dernières feuilles étalées de maîtres brins, celle-ci étant fortement corrélée à l'état de nutrition azotée de la plante. La valeur moyenne obtenue est renseignée sur le site internet du constructeur de l'outil électronique, de même que l'identité de l'agriculteur, la variété semée, le stade de la culture, la quantité d'azote déjà apportée et la quantité d'azote à apporter obtenue par la méthode du bilan. « Il faut aussi choisir la méthode de calcul, car il y en a deux : une pour sécuriser le rendement, une autre pour sécuriser le rendement et la teneur en protéines », précise Pierre Geist. En général, une dizaine d'unités d'azote supplémentaires par rapport à la méthode « classique » sont conseillées pour assurer la teneur en protéines. Après huit jours d'analyses, Pierre Geist constate : « La méthode N-Tester conseille d'apporter encore de 0 à 70 unités d'azote. » L'impasse concerne surtout des agriculteurs qui ont déjà apporté 200 unités. C'est plutôt la fourchette haute qui étonne Pierre Geist : « Au stade où sont les blés, nous ne conseillons pas d'apporter encore 70 unités, parce que les valoriser risque d'être compliqué. Et puis les températures vont augmenter, le sol va minéraliser et libérer de l'azote. Il vaut donc mieux se limiter à 40 unités. » Des blés prometteurs, malgré la septoriose Côté maladie, la septoriose gagne du terrain, avec une intensité variable selon les variétés, plus ou moins sensible, les parcelles et les dates de semis : « Dans les parcelles semées début octobre, on voit des blés dont la F3 est déjà contaminée. Ces parcelles ont déjà dû être traitées. Dans les parcelles semées fin octobre, le profil sanitaire est encore bon et il est moins urgent de traiter. Si possible, il faut attendre que la dernière feuille soit bien étalée pour la protéger au maximum », déclare Pierre Geist, le 4 mai. Mais les contaminations vont progresser au rythme des précipitations et une deuxième intervention trois semaines après la première lui semble quasiment inéluctable : « Cette année, on aura du mal à faire moins que deux ou trois traitements de protection ». Par contre, le potentiel est là, l'état des blés est assez prometteur, la qualité et la quantité de la moisson dépendent désormais essentiellement des conditions météorologiques du mois de juin.












