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Chambre régionale d'agriculture du Grand Est (Crage)

Pour une agriculture performante et innovante

Publié le 25/06/2016

La Crage a tenu sa session plénière vendredi 17 juin à Sainte-Croix-en-Plaine. L'occasion de faire un premier bilan après six mois d'activité dans cette grande zone géographique, mais également de parler d'avenir et de développement stratégique.

En ouvrant cette session, le président de la Chambre d'agriculture d'Alsace (CAA) Laurent Wendlinger s'est voulu positif. Il s'est félicité du chemin déjà parcouru ensemble par les trois régions historiques. En tant que conseiller régional, il a rappelé que le président de la région Grand Est, Philippe Richert, avait rencontré le 24 février dernier les forces vives du monde agricole pour définir avec eux la politique agricole de cette grande région. Il a ainsi assuré que la compétitivité des entreprises agricoles et leur modernisation par le biais de l'innovation et du savoir-faire étaient au cœur des préoccupations du conseil régional. Sur le budget 2016, ce sont plus de vingt millions d'euros qui ont été octroyés pour accompagner les politiques agricoles dont six millions d'euros en faveur des élevages inscrits dans le plan bâtiment. Le soutien du conseil régional passe également par la formation professionnelle, le tourisme, l'environnement ou encore le soutien aux lycées agricoles. « La tâche est grande, mais sachez que la région restera un partenaire fidèle pour affronter avec vous les nombreux défis de demain. La région Grand Est, comme la Chambre d'agriculture, est en ordre de marche pour assurer la continuité de nos politiques », a conclu Laurent Wendlinger. Une motion pour un classement en zone de « catastrophe naturelle » L'actualité agricole du moment est difficile. Du point de vue économique d'une part, mais également par rapport aux conditions météorologiques. C'est ce qu'a rappelé le président de la Crage Jean-Luc Pelletier. « Intempéries et inondations marquent brutalement cette fin de printemps. Nous ne pouvons que ressentir une forte compassion pour nos collègues agriculteurs qui souffrent et j'espère sincèrement que, par nos travaux, nous apporterons notre pierre à la reconstruction de notre profession ». En Alsace, en effet, le volume de précipitations depuis avril est deux fois plus important que la moyenne régionale. Les semis se sont déroulés dans des conditions pénibles. Plusieurs phénomènes se sont conjugués et ont débouché sur des inondations. Les cultures céréalières souffrent. « Et toutes les productions d'élevage de ruminants sont particulièrement touchées. De nombreux éleveurs ont dû rentrer les animaux qui avaient été mis à l'herbe début avril. Les parcelles de prairies submergées ont été malmenées et dégradées par les piétinements. Les récoltes de fourrage sont en train d'être perdues avec des conséquences encore non mesurables sur la quantité et la qualité des stocks actuels et futurs », ajoute Jean-Luc Pelletier. Les vignobles d'Alsace et de Champagne ne sont pas davantage à la fête. Le mildiou et l'apparition de pourriture sur feuilles et grappes sont bien présents. Cette situation difficile s'ajoute à celle déjà compliquée de certaines filières. « Les dégâts causés par les récentes intempéries sont tels que même les assurances ne nous permettront pas de faire face aux difficultés. Et avec les problèmes de l'abattoir d'Holtzheim, les agriculteurs ne savent plus où ils en sont. Il faut réfléchir à de nouveaux outils pour pouvoir les accompagner. Car, vraiment, aucune filière n'est épargnée. Nous devons demander d'urgence aux pouvoirs publics de tenir compte des conditions climatiques exceptionnelles actuelles lorsque seront réalisés les déclarations et les contrôles de la Pac pour 2016. Par ailleurs, je demande l'adoption d'une motion pour le classement en zone « catastrophe naturelle » de toute la région Alsace Champagne Ardenne Lorraine au titre de l'agriculture », explique Denis Nass, président de la FDSEA du Haut-Rhin. Une motion, qui a été approuvée à l'unanimité. Pour autant, les représentants agricoles du Grand Est préparent l'avenir et cherchent à avancer. Un gros travail a déjà été réalisé lors de ces six premiers mois d'existence. Le schéma de gouvernance, approuvé en février 2016, se déploie. Les commissions fonctionnent. Les chantiers se coordonnent. À l'image, en interne, de la préparation de la régionalisation des fonctions supports (ressources humaines, systèmes d'information, administration), mais également celui de la préparation du transfert du périmètre régional de la Chambre de région Alsace dans le cadre de la création de la Chambre régionale. Cette dernière sera donc au complet avec les trois fondateurs au 1er juillet prochain. Trois défis En outre, le projet de développement stratégique de la Chambre d'agriculture se construit. L'ambition des élus est de créer les conditions d'une agriculture performante et innovante. « Pour réussir, trois défis s'offrent à nous. Nous devons créer de la valeur dans les exploitations et dans les filières en amont et en aval pour développer la compétitivité, générer de l'emploi. Nous devons également consolider les systèmes de production spécifiques à une région caractérisée par une agriculture très diversifiée, et adaptés au contexte géographique tout en se basant sur les atouts du maillage territorial, sur la force des organisations en place. Nous devons enfin préserver les ressources naturelles et contribuer à l'aménagement équilibré du territoire, au développement des relations villes-campagnes », assure Jean-Luc Pelletier. Une réussite qui passe par le réseau des Chambres d'agriculture (la Chambre régionale et les neuf Chambres départementales et/ou interdépartementales). Quatre axes sont clairement identifiés : assurer le renouvellement des générations, le développement de l'emploi et des compétences ; développer l'innovation et la bio économie au service de la compétitivité et de la préservation des ressources naturelles ; développer le potentiel technique et économique des filières existantes, et accompagner l'émergence de nouvelles filières ; promouvoir une agriculture au service de la dynamique des territoires, facteur d'attractivité de la région. « Le projet agricole pour le Grand Est devra permettre l'initiative et l'expérimentation territoriale infra-régionale de manière à favoriser l'agilité dans l'accompagnement des mutations des diverses filières. La mise en oeuvre de ce projet et la construction de cette nouvelle région nécessite aussi de participer à l'organisation, au niveau Grand Est, de réseaux de partenaires que sont, par exemple, les jeunes agriculteurs, la Safer », a conclu Jean-Luc Pelletier. Transfert du périmètre régional La session a par ailleurs permis de présenter le budget rectificatif de la Chambre d'agriculture, d'évoquer les travaux des différentes commissions et enfin d'évoquer le transfert du périmètre régional de la Chambre d'agriculture d'Alsace dans la nouvelle structure régionale du Grand Est. Ainsi, le transfert des biens et des personnels de la CAA vers la Crage sera réalisé avant ce 30 juin 2016. Il s'agit d'intégrer les effectifs pour mettre en place la nouvelle organisation et préparer à la mise en application du décret sur l'organisation du réseau des Chambres mais également de régionaliser les activités qui sont d'ores et déjà mises en oeuvre à l'échelle des trois trois territoires comme Ecophyto, le maraîchage et Planète Légumes. Ce transfert concerne huit salariés et neuf bureaux pour une valeur immobilière de 282 000 euros.  

Publié le 23/06/2016

Ils ont eu leur coupe d’Europe avant l’heure. Les éleveurs français ont particulièrement brillé samedi lors de la Confrontation européenne holstein. Avec des produits de leurs élevages trustant les premières places : la bretonne Héline en classe intermédiaire, la suissesse Galys Vray et l’espagnole Ashlyn Vray, première et deuxième dans la catégorie senior et finale européenne, des vaches issues de l’élevage français Vray-Holstein.

Devant près de 5 000 supporters de 17 nations, dans un théâtre du Parc des expositions de Colmar chauffé à blanc, les éleveurs français ont brillé samedi 18 juin, trustant les podiums avec Héline, Galys Vray et Ashlyn Vray. Le juge international, Markus Mock, avait à départager environ 75 vaches dans chacune des trois catégories junior, intermédiaire 2e lactation et seniors. Au final, sur les quelque 180 concurrentes, c'est un triplet pour les éleveurs français, avec trois vaches holstein nées en France, aux trois premières places du concours final toutes catégories : Galys Vray, Ashlyn Vray et Héline. « Un niveau exceptionnellement élevé » Chez les juniors, dans la troisième section, citons l’alsacienne Gwenn Izaray, de l’élevage Wilt, qui arrive cinquième. Mais la finale ne retient que les deux premières places des trois sections, et c’est la vache suisse Pandora, une fille d’Aftershock, « aux caractères laitiers affirmés » qui se place première devant l’autrichienne Naomi (par Yorick et une fille de Théo), « un modèle exceptionnel, bien balancé ». Les 73 concurrentes en classe intermédiaire étaient réparties en trois sections. Markus Mock a souligné « un niveau exceptionnellement élevé » pour ces vaches en 2e lactation. La bretonne Cap J Irana (par Numéro Uno et une fille de Goldwin), du Gaec Cabon (29), est la gagnante évidente de la première section. Mais c’est Héline (par Chelios et une fille d’Umanoir), la favorite, qui remporte cette finale intermédiaire : « La perfection, le top de la race », pour le juge. Une consécration pour l’élevage breton de Patrick Rabin, peu habitué de ce genre d’épreuve, mais qui détient la vache la mieux pointée de sa génération en Europe. Trois vaches nées en France aux trois premières places Place ensuite aux 75 seniors, départagées en trois sections, d'un niveau global extrêmement élevé, selon Markus Mock qui a parfois pris beaucoup de temps pour scruter les caractères morphologiques des concurrentes. Dans la finale senior, ce sont deux habituées des podiums, Galys-Vray (par Atwood et une fille de Damion), et Ashlyn Vray (issue de Goldwin et Uzes Vray par Lheros), qui arrivent aux deux premières places. Ces vaches suisse et espagnole sont nées dans le même élevage, celui de Jean-Paul et Françoise Bichon, à Trovay en Loire-Atlantique, qui avec ces deux vaches sont passés à la dimension internationale, après avoir renouvelé leurs courants de sang, avec de la génétique canadienne et américaine. Les vainqueurs des trois classes se sont retrouvés dans la finale européenne toutes catégories. Markus Mock a placé les deux seniors Galys Vray et Ashlyn Vray en tête devant Héline, concluant ce championnat européen, finalement par trois vaches nées en France, aux trois premières places.  La moisson de victoires se poursuivant avec la grande finale par équipes nationales. 12 juges avaient à noter les lots de toutes les nations, excepté celui de la leur. L’équipe des éleveurs français faisait retentir la Marseillaise devant des milliers de supporters européens surchauffés. 

Publié le 23/06/2016

Le dernier concours en date avait eu lieu en 2013 à Fribourg. La douzième édition de la Confrontation européenne holstein s'est tenue le week-end dernier au Parc des expositions de Colmar. Pour marquer cet événement, préparé durant trois ans, les représentants des 17 pays concurrents se sont réunis dans le théâtre transformé en ring.

Sur la scène, le présentateur scande le nom de chaque pays en français, en anglais et en allemand avant l'entrée de son représentant. Le public applaudit ou lance quelques huées selon le pays cité. À chacun ses supporters. Lorsque l'ensemble des éleveurs est présent, la parole est donnée à Pascale Gaillot, présidente de la commission agriculture et forêt de la région Grand Est : « Cette très belle confrontation européenne a vocation à faire reconnaître le savoir-faire des éleveurs laitiers de 17 pays européens. Le président de région, Philippe Richert, m'a demandé de vous transmettre ses encouragements pour que cet événement soit une réussite, ainsi qu'une belle fête qui permette à chacun de dépasser la crise qui frappe l'ensemble de la filière, quel que soit le pays dans lequel vous œuvrez. L'agriculture n'est pas seulement une activité économique, c'est une indéniable source de richesse par ses activités productives, non délocalisables. » Le Grand Est produit 10 % du lait français Pascale Gaillot présente la structure de cette nouvelle grande entité : « Nous sommes dans l'une des plus grandes régions agricoles françaises : de l'Alsace aux portes du bassin parisien. Elle représente 10 % du territoire français, dont un tiers est couvert de forêts. 50 000 exploitations mettent en valeur ce territoire. L'agriculture du Grand Est repose sur trois systèmes de production : les céréales, la vigne et l'élevage. Notre modèle se caractérise principalement par la polyculture-élevage. Il reste le modèle le plus résilient face aux incidents climatiques. Nous produisons 10 % du lait français avec un cheptel de 328 000 bovins, soit 2,2 milliards de litres chaque année. 116 établissements transforment le lait. Trois jours ne seront pas suffisants pour découvrir cette région agricole. » 181 prim'holstein présentes La secrétaire générale de la Confédération européenne holstein et red holstein, Suzanne Harding, s'exprime en anglais, directement traduit sur grand écran : « La confrontation européenne est devenue l'un des événements les plus attendus du calendrier européen. Elle réunit les meilleures prim'holstein et prim'holstein rouges. Ce sont 181 prim'holstein qui sont présentes, venues de 17 pays. La douzième édition de cette confrontation sera un spectacle fabuleux et mémorable ». Thomas Prinz, président du Club Holstein 68, conclut la cérémonie d'ouverture : « Cet événement est le reflet de notre métier, l'élevage, et de notre passion, la holstein. »

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