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Du 5 au 15 août au Parc des expositions de Colmar

Onze jours de fête autour des vins d’Alsace

Publié le 03/08/2016

Rassemblement populaire devenu une institution, la foire aux vins d’Alsace de Colmar permet au public d’applaudir les prestations d’artistes internationaux tout en savourant d’excellents crus. Onze jours de fête, d’animations, de concerts et surtout onze jours où le vin d’Alsace sera à l’honneur ! C’est tout simplement le premier événement d’Alsace en fréquentation… et cela fait près de 70 ans que ça dure !

Après avoir attiré 278 658 visiteurs en dix jours l’an dernier, soit un peu moins que le record de 2014 (285 206 visiteurs), les organisateurs de la 69e foire aux vins d’Alsace espèrent « environ 280 000 visiteurs » en onze jours, « même si on n’est pas dans la course aux chiffres », explique le directeur de la foire, Christophe Crupi. Le public sera attendu par près de 350 exposants, avec 74 % d’Alsaciens et 10 % de nouveaux venus, dont un viticulteur : Damien Schueller de Husseren-les-Châteaux. Car, une nouvelle fois, le vin d’Alsace sera bien à l’honneur de la manifestation. Avec, au programme, des dégustations et des animations autour des différents cépages alsaciens avec les apéro-vino et le stand collectif du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa). Mais, également, des conférences et des initiations à la dégustation animées par des spécialistes passionnés. Sans oublier, les after-wine, et l’intronisation de la reine des vins d’Alsace lors de l’inauguration ce vendredi 5 août. Dans la Halle aux vins, le stand de la Feuille de vigne, qui a été totalement repensé et réaménagé, proposera quelque 66 vins et crémants issus de 66 domaines alsaciens à la dégustation. Dans le hall 4, on retrouvera le stand collectif du Civa avec l’ensemble des familles professionnelles. Là, plus de 500 vins seront proposés à la dégustation, parmi lesquels les vins primés lors du 45e concours des vins d’Alsace de Colmar. Tous les jours, de 18 h 30 à 19 h 30 à la halle aux vins, les apéro-vino seront proposés par les confréries viniques d’Alsace, l’association des sommeliers d’Alsace et le comité des reines des vins d’Alsace. Enfin, Pascal Léonetti et Serge Dubs commenteront huit à dix vins, respectivement les vendredis 5 et 12 août, de 19 h 30 à 21 h à l’espace congrès salle crémant, (il convient de réserver préalablement sur www.foire-colmar.com). Conférences, dégustations, cook shows Les verres en verre étaient déjà interdits l’an dernier à partir de 21 h, y compris pour le vin. Mais celui-ci était parfois servi dans des verres en plastique jetable, ou réutilisable mais dans des contenants trop grands. La société Ecocup a conçu spécialement cette année un verre lavable en plastique dur de 15 centilitres. Quelques stands (Wolfberger, Ruhlmann, Hauller) proposeront une flûte en plastique dur de type polycarbonate, tandis que la Feuille de Vigne, le Civa et la cave de Beblenheim ont opté, eux, pour ce qu’on appelle communément un « verre de sécurité », qui ne produit pas d’éclats s’il se brise. Côté conférences, une séance solennelle de dégustation appelée « le cérémonial des vins d’Alsace » sera organisée dimanche 7 août de 15 h 30 à 18 h au château de la confrérie Saint-Étienne à Kientzheim avec un départ en bus du Parc des expositions de Colmar (à réserver préalablement). Une dégustation de millésimes anciens sera proposée les samedis 6 et 13 août et le lundi 15 août, de 15 h à 16 h 30 à l’espace congrès, salle riesling (sur réservation). Le samedi 6 août sera consacré aux années en 6 (1996, 1986, 1976, 1966), le samedi 13 août aux influences du terroir sur le riesling et le lundi 15 août à une balade dans les allées de l’œnothèque ou la découverte des pépites connues et moins connues du vignoble alsacien. Il y aura également des conférences et des initiations à la dégustation des vins d’Alsace lundi 8, mercredi 10 et vendredi 12 août de 17 h à 18 h 30 à l’espace congrès, salle riesling. Sans oublier les conférences professionnelles, les cook shows à la Halle aux vins les après-midi de 14 h 30 à 17 h, les animations diverses telles que de la danse, du cabaret, un loto ou encore un rallye cyclo. Parc agricole et festival Bien évidemment, la foire aux vins ne serait pas ce qu’elle est sans son parc agricole. C’est d’ailleurs la particularité de la manifestation. Les 350 exposants proposent des produits très ciblés pour les professions viticoles et agricoles. « C’est un rendez-vous professionnel de référence sur le Grand Est. Il est possible de découvrir les dernières nouveautés au niveau des tracteurs, des remorques viticoles, des cuves en inox, des appareils de remuage, des lignes d’embouteillage, des bouchons et capsules ou encore des machines à vendanger, des pressoirs et des produits œnologiques. Pour le grand public, c’est aussi une manière de comprendre l’évolution des différents métiers liés à la viticulture, de ses techniques, et d’offrir un regard résolument moderne sur cette activité professionnelle », assure Christophe Crupi. Bien entendu, comme chaque année, vous pourrez retrouver l’Est Agricole et Viticole et le Paysan du Haut-Rhin sur un stand commun avec Groupama et la Chambre d'agriculture d’Alsace (lire aussi en page 18). Tous les jours, de 13 h à 21 h, il sera possible de venir à notre rencontre et de découvrir nos animations. Et notamment le mercredi 19 août lors de la journée « Le Parc agricole fait sa foire ». Bien entendu, la foire aux vins d’Alsace, c’est également tous ces autres exposants dans les différents halls et à l’extérieur du Parc des expositions. Et c’est le trop fameux festival avec des concerts très attendus comme celui des Insus (ex-Téléphone, le samedi 6 août), de Louane et LEJ (le 11 août), de Manu Chao et Teacher Jekyll (le 8 août), des Cranberries et Amy MacDonald (le 12), la Nuit Blanche (le 13), ou encore Alain Souchon et Laurent Voulzy (le 9 août). Sans oublier, tous les jours (sauf du 8 au 10 août), la « scène off » de 19 h à 20 h au stand DSP Poisson Rouge, également au parc agricole. Pour terminer, de nombreux espaces de restauration seront ouverts tous les jours un peu partout. Il y en aura pour tous les goûts.

Publié le 01/08/2016

L’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba) tenait une réunion technique viticole le 21 juillet dernier, à laquelle ont participé une vingtaine de vignerons. L’occasion de faire le point sur un millésime qui met à mal les nerfs des vignerons, avec des pluies qui ont empêché de protéger les parcelles et au final amputent certaines récoltes.

Année bissextile disent les vignerons. En tout état de cause, ce printemps s’est montré extrêmement difficile à appréhender au niveau des maladies de la vigne. Jean-Jacques Muller et Martine Becker, les deux représentants vignerons à l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba), ont souhaité faire un point d’étape. L’introduction était proposée par Marie-Noëlle Lauer, de la Fédération régionale de lutte et de défense contre les organismes nuisibles (Fredon). Mildiou, près de 40 cycles depuis le 9 mai « On part d’un hiver hyper favorable. On savait donc très tôt que le mildiou allait contaminer, sous réserve que les conditions soient favorables. Les toutes premières pluies de mai n’ont rien donné. On a ensuite eu une première vague de pluies à partir du 9 mai au stade 3-4 feuilles. Dès les premières réunions et bulletins, nous avions lancé l’alerte, introduit Marie-Noëlle Lauer. On a lancé les traitements à partir du 17 mai, plus tôt que d’habitude, sachant que dans la stratégie Alsace nous attendons les premières tâches pour intervenir. » Les précipitations avant floraison sortent complètement des normes locales : il y a eu autant d’eau avant floraison qu’il en tombe sur une année. Le tour de table fait état de traitements débutés très souvent à partir du 23 mai, avec des doses en cuivre métal cumulées à 3 kg/ha et une couverture un rang sur deux. Si le premier traitement a été a priori léger en quantité, ce sont surtout les pluies à répétition qui ont sévèrement limité la qualité de couverture, déterminante cette année pour contenir la maladie. « On touche du doigt les limites de la pulvérisation alsacienne un rang sur deux », indique Jérôme Attard, de la Chambre d’agriculture d’Alsace. Mais au-delà, les pluies n’ont pas permis d’alterner la couverture, au risque de s’enliser. Et surtout, elles ont lessivé rapidement les produits de contact. « Une des solutions serait l’augmentation du litrage à l’hectare », cependant délicat à mettre en œuvre entre deux pluies rapprochées. Semble également se démarquer, parmi les témoignages, le facteur de la précocité de la parcelle pour diverses raisons agroclimatiques (orientation, labour, cépage) qui aurait favorisé l’installation très tôt d’un mildiou qu’il aurait donc fallu contrer très tôt. Si au début 100 % des parcelles présentaient des symptômes, les pluies et grêles nocturnes du 24 et 25 juin ont été plus particulièrement fatales aux stratégies bios, sur des stades post-floraison fragiles, estime Marie-Noëlle Lauer. « Contre une quinzaine de cycles du mildiou en année normale, on en a enchaîné près de 40 depuis le 9 mai. » Au final, si les gewurztraminers et les rieslings s’en sortent, les pinots noirs et gris sont particulièrement pénalisés. Les vignerons en sont au traitement 7 ou 8 avec jusqu’à présent entre 2 et 3 kg de cuivre métal appliqués par hectare. « Il faut se dire que nous avons fait le maximum. Je lis sur des informations de la Fédération nationale d’agriculture biologique que des vignobles sont touchés à 85 % », rappelle Martine Becker. Cicadelle et drosophiles Une larve de cicadelle de la flavescence dorée a été identifiée par un organisme privé. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a bien confirmé qu’il s’agit d’une cicadelle vectrice. Reste donc à valider la présence dans la vigne par des organismes indépendants. Tant que ce n’est pas acté, les techniciens conseils font preuve de prudence. Jérôme Attard a tout de même rappelé que les bois de pépinières produits dans le vignoble portent la mention ZPD4 (Zone protégée contre la flavescence dorée). Et pour les plants extérieurs, il y a la protection du traitement à l’eau chaude. L’année climatique est favorable à la drosophile. Le réseau interfilières de piégeage suit les populations et les pontes. Un projet Interreg finance la recherche de solutions alternatives. Nous reviendrons ultérieurement sur la menace drosophile qui pèse sur ce millésime et qui sera dépendante des conditions à venir. Journée des vignerons bios, petit bilan La journée des vignerons bios qui se tenait au Cref, la veille du salon Millésimes Alsace, a enregistré 95 entrées. Le retour à l’ancienne formule du 1er mai au château de la confrérie Saint-Étienne est en réflexion. Danaé Girard et Julie Ambry, les deux nouvelles salariées dédiées à la structuration filière et communication, ont présenté les projets d’événementiels : Manger bio local, l’événement du réseau Biocoop du 17 au 25 septembre prochains, et la route des vins bios d’Alsace en site internet, rappelant que les 14 % de vignerons bios constituent un maillage important du vignoble. Troisième projet : les marchés de Noël « off » de Strasbourg auxquels devrait participer l’Opaba. Étude de filière Marjorie Henrion a présenté une enquête sur la filière à partir de questionnaires envoyés aux vignerons. Il en ressort que la part de vente directe au domaine a clairement baissé ces dernières années, au profit des CHR et magasins spécialisés. Globalement, les prix départ cave sont de l’ordre de 25 % plus chers, tandis que le vrac valorise très mal le label bio. Au domaine, une comparaison des ETP montre sans surprise que l’approche bio demande plus de main-d’œuvre : x 2 pour le chef d’entreprise, x 5 pour les salariés et x 3 pour les saisonniers.

Philippe Mangin en Centre Alsace

Ville-campagne : une agriculture connectée

Publié le 27/07/2016

Le premier acte de la Région Grand Est a consisté à jeter les bases du Pacte pour la ruralité. À la veille de la trêve estivale, Philippe Mangin, vice-président du Conseil régional, a voulu se rendre compte, en terre alsacienne, comment des exploitations agricoles voulant se développer peuvent coexister avec une population dense et une économie dynamique. Étude de cas en Centre Alsace.

Première étape à Muttersholtz pour Philippe Mangin, vice-président du Conseil régional. Il était accompagné de Patrick Bastian et Bernard Gerber, conseillers régionaux, ainsi que d’un aréopage d’élus et de responsables agricoles. Le maire, Patrick Barbier, les a accueillis dans la Maison de la nature du Ried et de Centre Alsace. Ce centre d’initiation à la nature et à l’environnement propose une découverte des milieux naturels du Ried, à travers des visites guidées, des ateliers, des balades. Dans cette zone de prairies inondables, à la faune et à la flore particulières, la sensibilité environnementale est très forte : « Les premières mesures agroenvironnementales ont été mises en place ici, explique Jean-Paul Bastian, vice-président de la Chambre d'agriculture d’Alsace. J’ose espérer que le Conseil régional continuera à soutenir cette politique. » La deuxième étape a conduit les participants à l’ancienne centrale hydroélectrique de Muttersholtz (photo 1). L’occasion, pour le maire, de présenter le projet d’équilibre énergétique de la commune qui prévoit de relancer la production d’électricité grâce à l’installation de nouvelles turbines. Cette centrale entrera en service l’an prochain et couvrira les trois quarts de la consommation électrique communale, celle-ci devant baisser à l’avenir grâce à une série de mesures d’économie d’énergie. Acharnement environnemental Tout à côté, dans la ferme de Roland Sigwalt et Claude Jehl à Muttersholtz, la problématique des inondations printanières a été posée (photo 2). Les deux associés du Gaec du Cygne cultivent 112 hectares, dont 50 ha de prairies, et élèvent 65 vaches laitières et leur suite, pour une production de 600 000 litres de lait. Ils visent l’autosuffisance fourragère, mais celle-ci est menacée : « Nous avons réussi à faucher certaines prairies avant les inondations d’avril, mais les autres, nous ne les récolterons pas car l’herbe est de qualité médiocre. Elle sent le poisson ! » Le Gaec du Cygne a décidé de ne pas s’engager dans un nouveau contrat MAEC, cette année : « Les obligations de ce programme, en particulier l’interdiction de faucher avant le 1er juillet, ne sont pas compatibles avec notre façon de travailler ». Roland Sigwald a dénoncé l’empilement des contraintes environnementales, entre périmètre de captage et protection des prairies. « Cet acharnement environnemental est notre plus gros souci. À un moment donné, il faut arrêter ! » « Les ruraux viennent vers les citadins » Embarquement pour Sélestat, où Denis Digel, président des Maraîchers réunis de Sélestat, dévoile les projets innovants de la coopérative qui réunit treize producteurs (photo 3). Spécialisée dans la salade - elle en produit 2 500 tonnes par an -, elle s’est équipée d’un système performant de lavage et d’hydrocooling pour une meilleure conservation. Cette production est vendue dans tout l’est de la France, notamment à travers les magasins Lidl. « La défense des produits locaux menée par l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace commence à porter ses fruits : les consommateurs les demandent et les distributeurs sont obligés d’en proposer. » Denis Digel regrette cependant que les relations amont-aval soient si compliquées. C’est pour s’affranchir de cette pression que la coopérative a décidé de se lancer dans la vente directe. Elle a été sélectionnée pour participer au projet d’Agroparc qui devrait voir le jour en 2019 à Vendenheim. « Nous avons également l’ambition d’ouvrir un magasin de producteurs fermiers à Sélestat et à Colmar, poursuit Denis Digel. Notre objectif est de mutualiser nos efforts pour offrir aux consommateurs urbains, en un point de vente unique, l’ensemble des productions agricoles et alimentaires du secteur, afin de générer de la valeur ajoutée. » À Colmar, l’opportunité s’est présentée d’acquérir un ancien magasin Lidl de 600 m2, route de Neuf-Brisach. Une SCI a été constituée pour porter ce projet qui associe 25 producteurs fermiers de Centre Alsace. « Ce choix stratégique est primordial. Je ne me vois pas être producteur pour la grande distribution. » À Philippe Mangin qui s’inquiète de la réaction des distributeurs, il réplique : « Ils n’ont qu’à payer le prix ! » Attention, souligne Jean-François Vierling, président d’Alsace Qualité. La grande distribution, qui représente 75 à 80 % de la commercialisation, reste incontournable. « Notre ennemi, ce ne sont pas les magasins, mais les centrales d’achat qui ne considèrent que le prix. » La vente directe, un créneau d’avenir Marcel Bauer, maire de Sélestat et président de la commission agricole du Conseil départemental du Bas-Rhin, poursuit : « Je ne peux que soutenir les maraîchers dans leur démarche. S’ils ne prennent pas leur destin en main, ils sont condamnés à disparaître. Et alors, tous les légumes que nous mangerons viendront d’Allemagne. » Jean-Paul Bastian l’affirme, « c’est en multipliant les démarches alternatives que nous parviendrons à modifier le rapport de force. » En Alsace, 3 500 agriculteurs font de la vente directe (en dehors du secteur vin). C’est, estime-t-il, une des façons de faire vivre le modèle agricole alsacien. « Il faut trouver les moyens financiers pour encourager cette évolution. La Chambre d'agriculture est très pushing là-dessus », affirme Jean-Paul Bastian. La prochaine étape mène les participants à la ferme-auberge des Cimes à Urbeis. Quels meilleurs interlocuteurs que Bertrand Richard, son épouse Françoise et leur fils Sébastien, pour aborder le thème de l’agriculture de montagne ? « J’ai toujours milité pour une politique de montagne cohérente à l’échelle du massif vosgien, explique Bertrand Richard. La grande région devrait permettre d’avancer sur cette voie. Tous les agriculteurs du massif doivent bénéficier des mêmes aides à l’investissement. » « L’agriculture de montagne reste fragile » En Alsace, la problématique de l’agriculture de montagne a été prise à bras-le-corps à la fin des années 1990. « Nous étions une poignée d’agriculteurs motivés. Suite à l’arrêt de la collecte de lait par les laiteries, nous devions mettre en place une stratégie pour valoriser nos productions. Sans transformation, sans valorisation, nous étions morts. Une dynamique s’est créée, les fermes se sont restructurées, et aujourd’hui des jeunes investissent. Nous sommes précurseurs dans ce domaine. » L’agriculture de montagne reste fragile, prévient Bertrand Richard. « Nous avons réussi à sortir la tête hors de l’eau mais nous ne sommes pas à l’abri. C’est dans cette optique que nous avons créé un nouveau fromage, Cœur de massif, produit avec du lait de vosgienne. » Jean-Marc Riebel, président de la Communauté de communes du Val de Villé, présente les actions entreprises pour lutter contre la fermeture des paysages, nuisible à l’agriculture, mais aussi au tourisme, comme la suppression des microboisements et l’amélioration pastorale. « Nous avons défriché et remis en herbe 220 ha. » Cette politique agricole s’est développée en partenariat avec la Chambre d'agriculture et la Communauté de communes de la Vallée de la Bruche, dans une dynamique de coconstruction. « C’est là que nous avons besoin du soutien des collectivités territoriales. » S’associer pour mieux vendre Terminus de ce périple rue de la Gare à Villé, pour visiter le point de vente collectif Fermes et Compagnie (photo 4). Ce magasin de producteurs, explique Nanou Humbert d’Urbeis, est installé dans une ancienne usine. Tous les samedis, il accueille les clients à la recherche de produits de qualité et de proximité. « Après une formation en 2005, nous avons ouvert un premier magasin à Triembach l’année suivante. » Le succès est au rendez-vous, mais en raison de la fréquentation élevée, les producteurs se mettent en quête d’un local plus grand. Fin 2013, ils emménagent dans les locaux actuels qu’ils ont rénovés et aménagés. Rapidement victimes de leur succès, ils sont obligés d’agrandir le local de vente. Plus de trente producteurs proposent aujourd’hui leurs produits dans ce magasin qui fonctionne sous forme d’association et emploie une salariée, les producteurs assurant une permanence à tour de rôle.

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