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Syndicat national des labels avicoles de France (Synalaf)

Ne pas remettre en cause ce qui réussit !

Publié le 08/08/2016

Le Synalaf a tenu son assemblée générale en terre alsacienne. Il y a redit sa volonté de défendre les productions fermières sous label de qualité, dont les qualités gustatives sont reconnues par les consommateurs.

Le Synalaf regroupe 17 ODG détenteurs de label rouge en volaille de chair, huit ODG en œufs label rouge, huit groupements en volailles bio et 12 en œufs bios, soit la grande majorité de ces productions en France. La vocation du Synalaf est de défendre et de promouvoir les labels avicoles, mais aussi de coordonner des actions et des programmes de recherche pour améliorer la qualité des volailles fermières label rouge et leur mode d’élevage. Son assemblée générale a été l’occasion de dresser le bilan économique de l’année 2015. La filière volailles de chair label rouge est encore en progression, tirée par les labellisations de poulets (97 millions de poulets labellisés en 2015, + 3 % par rapport à 2014). Les labellisations de découpes de poulet poursuivent leur développement, portées par la demande des consommateurs. Les pintades label rouge continuent de perdre du terrain depuis les années 2000, notamment parce que les abattoirs ont du mal à les positionner en dehors des fêtes de Noël et de Pâques. Par contre, les volailles festives label rouge sont toujours aussi prisées : les ventes progressent de + 6 %, une progression encore plus marquée pour les petites pièces (+ 20 %). La production des volailles de chair biologiques poursuit sa forte progression, si bien que sur dix poulets prêts à cuire (PAC), sept sont labellisés label rouge ou bio. Les exportations de volailles label rouge et bios sont toujours en progression. Les destinations Pays-Bas, Royaume-Uni et Suisse se développent significativement. Un bilan plutôt positif donc, terni par les trop nombreuses promotions pratiquées sur les volailles label rouge dans les GMS, ce qui entraîne des écarts de prix importants. Les filières œufs label rouge et biologiques suivent la même tendance, avec une progression des effectifs de pondeuses alternatives en France en 2015 : 2,5 millions en label rouge et 3,9 millions en bio en hausse de respectivement 6 % et 5 % par rapport à 2014. Ces œufs se vendent bien, surtout les bios, mais leurs prix sont toujours en baisse, surtout les bios aussi, ce qui est inquiétant dans la mesure où les coûts de production sont plus élevés en bio. La filière label rouge pourrait bénéficier d’une campagne de communication dans sept pays européens dans le cadre du soutien à la qualité. Avec un budget de 3 M€ pendant trois ans. « Ces chiffres sont encourageants quant à notre capacité à satisfaire les attentes des consommateurs. Le marché français représente 95 % de nos débouchés. Toute tentative qui viserait à progresser sur d’autres marchés, par exemple en développant des productions spécifiques à l’export, ne doit pas nous faire perdre les fondamentaux qui génèrent cette réussite », a commenté Éric Cachan, président du Synalaf. Défendre une certaine idée du bio Côté défense des labels et réglementation, les membres du Synalaf ne chôment pas. Le projet de nouvelle réglementation européenne sur l’agriculture biologique les mobilise tout particulièrement. Ce projet propose d’imposer l’utilisation de reproducteurs biologiques, ce que le Synalaf considère comme une entrave à la préservation de la diversité génétique actuelle. Le projet prévoit aussi de supprimer la limitation de taille des élevages, ce qui va à l’encontre de l’image que le Synalaf se fait du bio - des élevages de type fermiers et non industriels, ce qui passe par la limitation de la taille des élevages. Plusieurs amendements émanant du Synalaf ont été repris lors des négociations et le syndicat espère qu’ils figureront dans la future loi européenne. « A minima, nous défendons les principes suivants : non-obligation de reproducteurs biologiques ; limitation de taille des troupeaux, des bâtiments et des exploitations, définition d’un âge d’abattage des poulets et définition de la notion de croissance lente ; définition de la région d’origine de l’alimentation ; pourcentage important de lien au sol », a résumé Éric Cachan. Et de prévenir : « En cas d’attaque médiatique, notre syndicat ne défendra pas les élevages dont la taille des bâtiments dépasse nos préconisations. » Non au marketage du « fermier » Le Synalaf mène aussi des actions au niveau national, notamment pour limiter la taille des élevages de poules pondeuses bios, toujours dans l’optique de conserver une production fermière. Autre inquiétude, le développement en cours d’un poulet « sortant à l’extérieur » certifié. Le Synalaf met en garde contre les risques de confusion alors que les critères de production sont très différents. Seuls les poulets label rouge, IGP et bios sont des poulets « fermiers », martèle le syndicat. « Âge élevé, faible densité, taille d’élevage limitée, accès à un véritable parcours… Tous les Français connaissent nos productions fermières avec leurs qualités gustatives ! C’est pourquoi nous ne voulons pas d’un poulet « sortant à l’extérieur », marketé avec des visuels de paysages bucoliques et de poules rustiques : nous le faisons savoir aux opérateurs concernés et nous le dénoncerons auprès des consommateurs si besoin », a déclaré Éric Cachan. Le Synalaf cherche à coller aux évolutions du marché. C’est pourquoi il a proposé à l’Inao des critères de production d’ovoproduits en label rouge. La sélection en danger Au terme de plusieurs présentations sur la production de volailles alternatives dans le monde (dont nous ferons écho dans nos colonnes dans de prochaines éditions), Éric Cachan déclare : « Il n’y a pas de vérité universelle pour définir les productions alternatives, seule la notion de positionnement pertinent sur un marché doit être retenue. » Pour lui, les productions avicoles françaises sous signe de qualité ont de l’avance. Et il souhaite que leurs qualités continuent à être valorisées, ce qui peut passer par l’export de « notre génétique, notre savoir-faire et nos produits finis ». Mais pour ce faire, il faudra tirer les leçons du fait marquant de l’année écoulée : l’épisode d’influenza aviaire.Celle-ci a fragilisé la génétique avicole française. « Le maillon sélection-accouvage fait partie des victimes collatérales de l’épidémie puisque les pays tiers ont fermé leurs portes à leurs productions dès décembre 2015. S’il n’est pas aidé, c’est toutes nos filières qui seront en danger. » Julien Turenne, qui représentait le ministère de l’Agriculture, a annoncé qu’une enveloppe de 20 M€ est prévue pour les accouveurs et les éleveurs du secteur palmipèdes et que d’autres dispositifs de soutien aux volailles non-palmipèdes sont en cours d’élaboration. Les IG : ligne rouge pour le TTIP « La France est très attentive à la préservation de son modèle alimentaire ». C’est pourquoi, dans le cadre du Traité transatlantique (TTIP), la volaille est reconnue comme « un produit sensible » : « Les produits importés devront respecter la réglementation européenne et les indications géographiques constituent une ligne rouge : sans accord sur ce point, il n’y aura pas d’accord transatlantique », a assuré Julien Turenne. Qui voit aussi dans le TTIP une occasion de « promouvoir les normes européennes, les produits labellisés, de haute qualité, qui pourraient trouver des débouchés aux États-Unis. » Il a annoncé la publication d’un décret sur l’utilisation du terme « fermier » au mois d’août, ce qui devrait clarifier les conditions d’emploi de ce terme. Les services de l’État sont en outre en train de travailler sur un décret concernant l’étiquetage : « Les conditions d’application sont en cours de finalisation ».

Le lauréat du prix de l’innovation EAV-PHR 2016

La greffe F2 des Pépinières Hébinger

Publié le 06/08/2016

Christophe Hébinger et son équipe d’inventeurs sont les lauréats 2016 du prix de l’innovation. Un prix obtenu grâce à une nouvelle greffe en pépinière assez révolutionnaire, qui a nécessité des trésors d’inventivité, et d’agréger des compétences dans des disciplines très diverses.

Imaginer et inventer une chose dans sa tête, c’est bien. Mais réaliser son invention, en prenant en compte les critères économiques, c’est encore mieux. Et bien souvent le chemin du développement de l’invention nécessite de la force de caractère, de l’abnégation, de l’obstination. Bref de la volonté. Ce que vient d’inventer Christophe Hébinger est incroyable : une nouvelle forme de greffe plus appropriée à la qualité de soudure du point de greffe, et la machine qui va avec, destinée à réaliser les greffes F2 en série, pour rendre le process économiquement viable. De l’idée de la greffe F2 à la réalisation de la machine pour effectuer cette greffe, il a fallu déployer des trésors d’ingéniosité, agréger des compétences dans des disciplines parfois bien éloignées : la physiologie de la plante, le métabolisme de la greffe végétale, l’électrotechnique, l’automatisme, l’informatique… Ce que le pépiniériste d’Eguisheim a réussi, bien entouré d’amis. Compétents. Une qualité de soudure optimisée Venons-en à cette nouvelle greffe F2, « une greffe pensée dans l’intérêt du végétal », et non pas dans celui de l’optimisation des coûts de production des plants greffés soudés racinés. Christophe Hébinger considérait que la greffe classique en oméga, la plus courante, n’était pas tout à fait idéale pour optimiser la qualité de la soudure entre les deux bois de greffon et le porte-greffe. Avec la greffe F2, la surface d’interface du point de greffe est simple, et améliore la simplicité de connexion des vaisseaux de sève, comparée à la greffe Oméga… Cette qualité de greffe est de plus géométriquement homogène sur toute la circonférence des bois, contrairement à la greffe Oméga. Par ailleurs, la greffe Oméga utilise, pour tenir l’ensemble greffon/porte-greffe, un emboîtement sous contraintes mécaniques, mais qui rend difficile ensuite l’appréciation de la qualité de soudure. Dans le cas de la greffe F2, le test de la qualité de soudure ne laisse aucun doute sur le fait de savoir si la greffe a pris et si la continuité des vaisseaux de sève est bien rétablie. Si l’imagination de Christophe Hébinger est une prouesse, la réalisation de la machine à greffer en est une autre, particulièrement technologique, où il a fallu mettre au point la cinématique, avec prise douce en étau du bois et découpage aux couteaux à greffer des biseaux.

Récoltes 2016 - Grandes cultures

« Du jamais vu » selon les professionnels

Publié le 04/08/2016

Alors que la moisson de blé français bat son plein, les premières remontées chiffrées des récoltes en céréales à paille et en oléoprotéagineux sont historiquement alarmantes. Les chutes de rendement sont dramatiques, déclare Philippe Pinta, président des producteurs de grandes cultures (Orama).

La récolte française 2016 s’annonce historique. Historiquement désastreuse ! « Du jamais vu ! », s’exclament les représentants d’Orama, l’organisation regroupant les producteurs de blé, de maïs et des oléoprotéagineux à l’occasion d’une conférence exceptionnelle tenue le mercredi 27 juillet. Un bon nombre d’exploitations présenteraient des pertes de chiffre d’affaires, allant de la moitié aux trois quarts. Aux conditions météorologiques catastrophiques vécues à partir de la fin mai avec des excès d’eau considérables, s’ajoute la faiblesse des cours mondiaux qui finit de plomber le secteur grandes cultures. Après leur rencontre avec le ministre Stéphane Le Foll le mardi 26 juillet, les céréaliers attendent désormais que des mesures concrètes soient prises rapidement. Un plan d’urgence pour de la trésorerie Première des priorités pour les producteurs : un besoin imminent de trésorerie. « Pour un certain nombre non négligeable d’agriculteurs, c’est la quatrième année consécutive de mauvaise année », explique Philippe Pinta, président d’Orama. L’objectif pour les producteurs est de pouvoir tenir jusqu’à la prochaine récolte. « On souhaite un plan d’urgence en trésorerie qui prenne en compte les annuités de l’année (environ 300 euros) et les besoins de la prochaine récolte (400 € en moyenne) », développe-t-il. Soit aux alentours de 700 € à l’hectare de prêts exceptionnels pouvant aller jusqu’à 1 000 €/ha, souligne Philippe Pinta qui précise dans la foulée que si un besoin de cautionnement doit être opéré par l’État ou par une autre structure telle que la BPI, celui-ci devra se faire à taux zéro. Le délai de remboursement, informe Orama, se fera en fonction de la situation. Autre demande formulée au ministre, la reconnaissance des zones affectées, y compris des terres arables, en catastrophe naturelle. Concernant l’assurance climatique « grandes cultures », « cette année va être un tournant », signale Philippe Pinta. Selon Orama, le risque « excès d’eau » inclus dans le contrat devra prendre en compte les risques sanitaires et de qualité. Par ailleurs, la profession a explicitement demandé, en plus du solde des aides 2015 toujours pas reçu, à ce que soient versées en avance les aides Pac 2016. À ce titre, 90 % des avances de trésorerie (ATR) devraient être débloquées au 15 octobre au plus tard. S’en suit une série de mesures annexes revendiquées telles que : le dégrèvement de la Taxe foncière sur le non-bâti (TFNB), la confirmation de l’application option n - 1 pour les cotisations sociales MSA de 2016 et 2017, et le report de versement pour les cotisations 2016 et l’IR/IS 2015, l’assouplissement de l’obligation des cultures intermédiaires pièges à nitrates (Cipan) pour permettre la pratique du faux-semis. Les céréaliers demandent aussi un moratoire sur le plan Écophyto 2 afin de résister plus efficacement contre la prolifération des adventices, des insectes et maladies. Relatif au paiement redistributif, « on y a toujours été opposé car il est distorsif vis-à-vis de nos voisins européens », remarque Philippe Pinta. Une pause est demandée par la profession au risque de générer un véritable « casus beli », prévient le représentant des céréaliers. Une prochaine réunion avec le ministre de l'Agriculture est programmée fin août. Les céréaliers sont également en discussion étroite avec les banquiers, en particulier le Crédit Agricole. Des mesures seront proposées courant du mois d’août, avance Philippe Pinta.

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