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Publié le 20/09/2016

Cette année, la fête de la montagne fête ses 10 ans ! Pour cette édition anniversaire, les organisateurs ont concocté un programme riche et varié, de manière à correspondre aussi bien aux attentes des citadins, des enfants, que des agriculteurs, et en particulier de montagne.

Depuis sa première édition en 1985, la fête de la montagne a bourlingué dans différentes communes de la vallée de la Bruche et du val de Villé. Cette année, elle pose pour la seconde fois ses valises à Plaine. Et, comme à chaque fois, elle a emmené avec elle ce qui constitue le cœur de cette fête pour les éleveurs de montagne : le concours interdépartemental de la race vosgienne. 143 animaux venus de 31 élevages d’Alsace, des Vosges, de la Haute-Saône et du Doubs sont attendus samedi 1er octobre à partir de 10 h pour les derniers préparatifs, et à partir de 13 h pour les premiers défilés. Les animaux seront jugés par section (allaitantes, taries, génisses, jeunes et adultes) par le juge Étienne Adam, éleveur de holstein en Haute-Saône. À l’issue des défilés des différentes sections, cinq bêtes sélectionnées par une commission parmi les animaux proposés par les éleveurs seront mises en vente aux enchères à main levée. Puis Étienne Adam désignera la grande championne. Un salon professionnel Le même jour, en parallèle du concours se tiendra un salon professionnel. Les organisations professionnelles agricoles (banques, assureurs, syndicats) y tiendront des stands où les agriculteurs pourront trouver des réponses à leurs questions. Et les concessionnaires agricoles ramèneront du matériel qui permettra d’organiser des démonstrations de fauchage en pente, de réhabilitation de terrains suite aux dégâts de sangliers, de fenaison en toute sécurité… Les éleveurs à l’honneur Dimanche, la fête prendra une tournure plus dilettante, avec des animations, des expositions - notamment sur l’agriculture à l’ancienne -, un marché paysan, une mini-ferme, un défilé des enfants avec leurs veaux, la projection d’un film sur les circuits courts… Mais il y aura aussi des temps davantage destinés aux professionnels de l’agriculture, comme l’inauguration à 11 h, au cours de laquelle les personnalités locales auront sans doute quelques messages à faire passer, ou encore le concours et le championnat des jeunes présentateurs, au cours duquel 12 participants âgés de 10 à 21 ans s’attacheront à présenter le mieux possible l’animal de leur choix. Puis les vosgiennes seront de retour dans le ring, avec des défilés par lots d’élevage (lot de trois animaux d’un même élevage, les plus homogènes possible), de famille (lot d’animaux issus d’un même parent femelle) et de descendance (lot d’animaux femelles issus du taureau Gusty) qui précéderont la remise des médailles du concours, avec quelques prix spéciaux (meilleure fromagère, meilleure carrière). Un défilé des éleveurs viendra clôturer ces deux jours de fête autour de la vosgienne : « Chaque éleveur participant viendra dans le ring avec l’animal de son choix et ils recevront tous une cloche », indique Mélanie Gutzwiller, de l’Organisme de sélection de la race bovine vosgienne, qui a participé à l’organisation du concours. Débardage, pressage… Et puis certaines animations de la fête de la montagne sauront séduire aussi bien les professionnels que les amateurs. Ainsi, l’espace forêt sera le théâtre de démonstration d’une scierie mobile, des bons gestes pour affûter une tronçonneuse en sécurité, de débardage à cheval, de sculpture sur bois, de matériels forestiers. Sur l’espace apiculture et nature, les visiteurs pourront assister à la mise en pot du miel, à la création de cire pour les abeilles, au pressage de jus qui pourront ensuite être dégustés. Une exposition sera consacrée à l’arboriculture des deux vallées et une autre au concours des prairies fleuries. Les gagnants de l’édition de la vallée de la Bruche et du val de Villé de ce concours seront d’ailleurs dévoilés lors de la cérémonie de remise des médailles qui aura lieu le dimanche. Une opération de communication Le comité d’organisation de la fête de la montagne regroupe des membres de l’Association des producteurs fermiers de montagne (APFM), le syndicat de la race vosgienne du Bas-Rhin, la Chambre d'agriculture via l’Adar de la montagne, les Jeunes Agriculteurs et la FDSEA. Depuis un an, une dizaine de réunions de travail ont permis de peaufiner le programme d’une fête dont « l’objectif est de faire connaître notre métier d’agriculteur de montagne au grand public », explique Julie Humbert, agricultrice à Urbeis, membre de l’APFM et de ce comité d’organisation. Ce sera donc l’occasion de valoriser un travail effectué dans le cadre d’un stage à l’Adar de la montagne, et qui a abouti à la rédaction d’un « Guide de l’agriculture de montagne pour les curieux », au sous-titre évocateur : « Comment bien vivre ensemble en montagne vosgienne ». Dans la première partie de ce guide illustré, les agriculteurs de montagne expliquent leurs attentes vis-à-vis du public : ne pas jeter de déchets dans une prairie, ne pas les piétiner, respecter la tranquillité des animaux. Dans une seconde partie, ils expliquent pourquoi ils se livrent à certaines pratiques qui peuvent irriter leurs concitoyens : le bruit des tracteurs, les convois qui ralentissent la circulation, les épandages odorants, la boue sur les routes… Dans une dernière partie, les bénéfices que l’agriculture de montagne apporte au monde rural sont exposés : entretien des paysages, agritourisme, labels de qualités, emplois et services à la population. « Trois panneaux seront extraits de ce livret et seront disposés sur le site de la fête, et le livret sera distribué aux visiteurs et aux élus lors de la fête. » L’entrée à la fête de la montagne est gratuite. Le parking étant assez éloigné du site, des navettes gratuites seront mises en place toutes les 15 minutes.

Publié le 16/09/2016

La générosité doit se poursuivre malgré les temps difficiles. Tel est le message donné lors du lancement officiel de la Journée nationale du don agricole, mardi dernier à Strasbourg.

Le 14e relais solidaire est né mardi 13 septembre à l’Îlot de la Meinau à Strasbourg. En présence de Geoffrey Andna, « maraîcher-donateur », ce fut l’occasion pour Angélique Delahaye, présidente de Solaal (Solidarité des producteurs agricoles et des filières alimentaires), de donner le coup d’envoi de la 2e Journée nationale du don agricole. Une journée qui s’étale sur tout le mois de septembre, une quarantaine d’actions étant organisées partout en France : appels au don, opérations de glanage, communication médias. Laurent Wendlinger, président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Patrick Bastian, vice-président de la commission agricole de la Région Grand Est, Denis Digel, président des Maraîchers réunis de Sélestat, Dominique Steinmetz, chef de service au Département du Bas-Rhin, Françoise Buffet, adjointe au maire de Strasbourg, Freddy Sarg, président de la Banque alimentaire du Bas-Rhin, ainsi que les représentants des Restos du cœur et du Secours populaire, ont mis l’accent sur l’importance du don alimentaire pour améliorer le quotidien des populations les plus démunies. Agriculteurs solidaires En agriculture, la solidarité n’est pas un vain mot. Entraide, coopération, syndicalisme, elle constitue l’une des valeurs fondatrices du monde agricole. Et sa générosité se tourne aussi vers l’extérieur : on se souvient des dons de lait, sous le régime des quotas. En homme visionnaire, Jean-Michel Lemétayer, ancien président de la FNSEA, a créé une association chargée d’encourager ces dons agricoles et d’en gérer la logistique. Son objectif était, entre autres, de pérenniser le don de lait malgré la fin des quotas laitiers. Là dessus est venue se greffer la crise de l’E-coli en 2011 déclenchée par la déclaration intempestive d’un ministre allemand qui invitait les consommateurs européens à ne plus manger de légumes crus. Conséquence : des centaines de tonnes de légumes ont fini dans la broyeuse. Un crève-cœur pour les producteurs qui se sont alors organisés pour donner les produits excédentaires ou les invendus. « Cettre journée est aussi l’occasion d’expliquer que nous subissons des pertes pour des raisons qui nous échappent », souligne Angélique Delahaye : météo erratique, campagnes médiatiques, crises politiques (comme l’embargo russe), refus de palettes, calibre des produits, etc. L’an dernier, Solaal a ainsi distribué 8 500 tonnes de produits agricoles, dont 99 % de produits frais, fruits, légumes, viandes, produits laitiers, œufs, céréales, huiles et, nouveauté 2016, miels. Ce n’est pas anodin : ces dons ont permis de préparer 17 millions de repas ! Par ce biais, les donateurs peuvent donner une image positive de l’agriculture, participer à la lutte contre le gaspillage alimentaire et, cerise sur le gâteau, bénéficier d’une défiscalisation, dans la plupart des cas, précise Angélique Delahaye. Comme l’a souligné Laurent Wendlinger, l’agriculture alsacienne est en crise et la situation est très difficile pour de nombreux agriculteurs qui n’ont jamais connu une conjoncture aussi défavorable : récolte faible, prix bas, sécheresse, canicule. Pourtant, cette générosité est plus vitale que jamais, car la précarisation ne cesse d’augmenter. Ainsi, cet été dans le Bas-Rhin, les Restos du cœur ont enregistré 20 % de demandeurs supplémentaires - parmi lesquels des agriculteurs, a souligné Denis Digel -, et ce bien que les conditions pour accéder à l’aide alimentaire soient plus restrictives qu’en hiver. « Rejoignez-nous dans ce magnifique élan de solidarité », exhorte Laurent Wendlinger.

FDSEA-JA. Groupe lait

Une année laitière à oublier

Publié le 14/09/2016

Le groupe lait de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs s’est réuni lundi 12 septembre. En pleine crise laitière, il a forcément été question de l’action syndicale Lactalis et des mesures d’accompagnement des producteurs.

« Il s’agit d’une période intense en travaux, mais nous voulions pouvoir échanger avec les producteurs de lait dans ce contexte particulièrement difficile économiquement et très chargé syndicalement », a introduit Didier Braun. Le président de la section lait de la FDSEA est revenu sur les actions qui ont fait l’actualité de ces dernières semaines. « Face à l’attitude de Lactalis, il était important de réagir, les actions ont été respectueuses et efficaces. L’accord ne résout pas tout, mais il donne un peu d’air pour les producteurs. Lactalis est un symbole, mais il faut maintenant être vigilant à l’attitude des autres laiteries. » Partout en France, la situation du prix du lait est très mauvaise avec des prix bien en deçà des coûts de revient. Dans la salle on fait remarquer que les cours de la vache de réforme sont également en chute libre. En Alsace, la situation est plus hétérogène. Sur la période janvier-juillet 2016 le prix payé aux producteurs par la coopérative Alsace Lait est de 315 euros, l’un des meilleurs prix pratiqués en France. Chez Unicoolait le prix est dépendant du prix Lactalis (soit 263 €), toutefois Unicoolait ajoute une avance sur complément de prix qui amène à 279 € sur cette même période. Chez Sodiaal, le prix A est de 280 € sur la période, mais en intégrant 10 % de prix B le prix moyen descend autour de 272 €. Malgré ces différences, il n’en reste pas moins que le prix décroche depuis 18 mois et qu’une réaction est impérative. La Commission européenne a engagé une première série de mesures mais des réflexions à long terme sur la gestion du marché laitier européen et mondial s’imposent. Première mesure de régulation Suite aux difficultés du secteur laitier et à la pression syndicale, le Conseil des ministres européens avait voté une enveloppe de 500 millions d’euros à destination du secteur laitier. 150 M€ étaient d’ores et déjà fléchés à la réduction des volumes et 350 M€ (dont 49,90 M€ pour la France) dans des mesures au choix de l’État membre. La France a fait le choix de doubler l’enveloppe de 49,90 M€ et d’affecter l’ensemble de la somme à la réduction laitière, ceci en indemnisant les agriculteurs baissant leur production (voir détails en encadré). La mesure a fait l’objet d’un vif débat dans la salle, Denis Ramspacher, membre de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), a salué la prise de conscience de l’Europe sur la nécessité de régulation des marchés. Si plusieurs pays jouent le jeu, cela peut permettre de libérer le marché de l’équivalent de 100 000 tonnes de poudre, a expliqué Michel Debes, président d’Alsace Lait. Toutefois, il s’agit d’une mesure de volontariat, dont on ne connaît pas la portée dans les autres pays. L’Irlande ou le Danemark continuent à produire. L’Allemagne freine. Va-t-elle continuer ? Rien n’est moins sûr ! La réduction de production doit être réfléchie mais constitue une opportunité pour les producteurs français qu’il ne faut pas hésiter à saisir. Les différents organismes de conseil ont d’ailleurs déjà communiqué sur le sujet pour bien anticiper ce dispositif. Activer tous les leviers Par ailleurs, « syndicalement, l’ensemble des leviers d’actions sont enclenchés pour aider dans cette période de crise », a expliqué Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA. Toutes les mesures sont bonnes à prendre et l’accumulation de plusieurs dispositifs finit par peser dans la balance. La FDSEA travaille à l’obtention d’un nouveau dégrèvement de la taxe foncière sur le non bâti (TFNB). Des enveloppes supplémentaires pour les Agridiff ont été demandées, de même pour la reconduction du recours à l’année n - 1 pour le calcul des cotisations sociales. La profession demande aussi que le financement des exploitations soit mis à plat pour leur redonner l’oxygène nécessaire qui leur permettra de passer le cap. « Cela reste des pansements, car seuls des prix permettent de vivre de son métier, nos instances nationales y travaillent mais localement, c’est un travail important qui donne un peu d’air et qu’il ne faut pas renier », a-t-il insisté. Unicoolait par l’intermédiaire de sa vice-présidente, Véronique Klein, et de son directeur, Marc Hoenen, a annoncé la décision du conseil d’administration de la coopérative de collecte de distribuer 1 M€ pour les producteurs afin de faire face à la conjoncture (lire aussi ci-dessous). Du mieux pour 2017 ? Après plusieurs mois de chute ininterrompue, les marchés affichent un léger sursaut. Sous l’effet d’une diminution importante de la collecte en Europe (baisse des prix, météo, stock) et d’un regain des importations chinoises, russes et brésiliennes, les produits industriels affichent une tendance haussière. Cela reste un frémissement, la valorisation beurre poudre oscille encore autour des 230 € la tonne, mais le changement est réel et laisse envisager de meilleurs lendemains. Attention cependant, les stocks européens restent importants et pourront peser dans la reprise du marché. Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs, a conclu en espérant que le retournement des cours sera durable et permettra l’embellie sur 2017. « En attendant, il est essentiel que tous les agriculteurs et tous les maillons de la filière soient unis pour franchir cette mauvaise période. »

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