A la une

Fermes en folie ce dimanche à Mietesheim

Le raifort, une histoire pleine de piquant

Publié le 22/08/2017

Pour leur finale départementale de labour, les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin vous invitent à une immersion dans l’univers du raifort, cette racine qui agrémente la gastronomie alsacienne depuis des décennies. Venez découvrir sa culture et sa transformation. Et participez aux nombreuses animations proposées : stock-car, western show, marché du terroir…

La culture du raifort se concentre dans le nord de l’Alsace, entre Trimbach et Berstett, explique Pierre Geist, conseiller de Planète Légumes, spécialisé dans cette culture atypique. L’Alsace est la seule région française à en produire à une échelle industrielle. Enfin, toutes proportions gardées : 17 agriculteurs en cultivent 21 ha. La filière est très organisée : une coopérative, Alsaraifort, rassemble l’ensemble des producteurs, et un industriel, Alélor-Raifalsa, installé à Mietesheim, se charge de la transformation et de la commercialisation. « Chaque année, nous interrogeons les dirigeants de l’usine sur la quantité de raifort qu’ils envisagent de transformer. Sur cette base, nous établissons le plan de culture, en nous fondant sur des rendements moyens. » Des rendements qui oscillent de 7 à 7,5 t/ha les bonnes années. « L’an dernier, le rendement était plus proche des 6 t/ha », souligne Pierre Geist. 75 % du tonnage produit sont destinés à l’usine Alélor-Raifalsa. « Les 25 % restants sont vendus à un négociant allemand. » Ce dernier rachète les radicelles, ce qui représente 3,5 à 4 t/ha. « En Allemagne, les racines sont simplement lavées avant d’être broyées et conditionnées en pots. Alélor produit un raifort épluché, plus qualitatif. » Il se distingue par sa couleur blanche. Une marque née en 1956 Dans les années 1950, Georges Urban et sa sœur, Marguerite Schmitt, exploitants agricoles à Mietesheim, étaient à la recherche d’une source de diversification. Avec la famille Schnepp-Mahler, ils se sont lancés dans l’importation et la transformation de raifort, créant différentes recettes, comme le raifort sauce rémoulade. Ils ont déposé la marque Raifalsa en 1956. D’autres agriculteurs, en particulier les tabaculteurs, ont alors commencé à en produire sur quelques ares. « Chaque producteur livrait directement ses racines à l’usine, à Mietesheim. Ils ont vite senti la nécessité de se fédérer pour négocier un tarif plus avantageux. » La coopérative Alsaraifort a vu le jour le 25 mai 1992, sous la présidence de Joseph Lux. « En 1996, 32 producteurs y adhéraient. » En 2009, la filière ne comptait plus que 12 producteurs pour 13 ha, et la survie de la coopérative était en jeu. Les nouveaux dirigeants de Raifalsa ont mené un plan de communication innovant pour développer la consommation de raifort, en faisant appel à des chefs de cuisine. « Ils ont également cherché à diversifier la gamme de produits. » À partir de 2013, de nouveaux producteurs ont rejoint la filière. « Mais la consommation ne croît que légèrement. Le produit n’est pas très connu en dehors de l’est de la France. » Mécaniser la récolte Grâce à l’adhésion à Planète Légumes, les producteurs ont accès à toutes les prestations - expérimentations, visites d’essais, conseils personnalisés, voyages d’étude -, souligne Pierre Geist. « C’est une filière encadrée qui souhaite aller de l’avant. Cela passe par exemple par la mécanisation de la récolte. » En Allemagne, où le raifort est cultivé sur 300 ha, un producteur a mis au point une machine pour arracher et nettoyer les racines, sans avoir besoin de se baisser. « Il arrive à récolter 1 ha par jour avec deux personnes. Pour une récolte manuelle, il faut compter 50 ares par jour avec sept personnes. » Un agriculteur alsacien a relevé le challenge et construit une machine, mais elle nécessite encore des ajustements. « Les Américains travaillent avec une récolteuse automotrice. Mais ils n’ont pas les mêmes exigences qualitatives. » Le raifort, souligne Pierre Geist, est une culture qui exige beaucoup de travail manuel : de l'ordre de 600 à 800 h/ha. Mais cela peut constituer une voie de diversification pour les agriculteurs qui ont du temps disponible, notamment en hiver. « L’investissement est minime. Le matériel le plus cher, c’est la machine à arracher le raifort. En général, plusieurs agriculteurs l’achètent en commun. » Le kg de raifort est payé 1,52 € au producteur, précise Pierre Geist. « L’usine Alélor-Raifalsa joue la carte de la production locale. Elle a une volonté affichée de travailler ensemble, dans une relation de confiance. C’est un bon partenaire », conclut-il.

Concours de la race charolaise

La fine fleur de l'élevage bovin alsacien

Publié le 21/08/2017

À l’image de l’an dernier, le concours de la race charolaise aura lieu, non pas durant la foire européenne de Strasbourg, mais lors de la finale départementale de labour du Bas-Rhin qui se déroule dimanche 27 août à Mietesheim. Une confrontation qui enregistre un nombre de participants record.

Dimanche prochain à Mietesheim, le concours régional de la race charolaise constituera l’un des temps forts de la finale départementale de labour. Après avoir organisé cette compétition au Parc des expositions de Strasbourg durant des années, le syndicat des éleveurs de la race charolaise d’Alsace a décidé, l’an dernier, de se joindre aux Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin lors de leur grande fête agricole du mois d’août. « C’est essentiellement pour des raisons de logistique que nous avions pris cette décision, explique Thierry Kolb, président du syndicat. C’est beaucoup plus simple en termes d’organisation et de disponibilité des éleveurs. Il est plus aisé de mobiliser les éleveurs sur une seule journée. » Les animaux arriveront le dimanche matin, avant de subir une séance de lifting et une pesée. Les opérations de jury débuteront à 14 h, sous la houlette de Thierry Lechenault, éleveur en Gaec à Saint-Thibault en Côte-d’Or, le juge stagiaire étant Thomas Samyn, venu des Ardennes. La présentation des animaux primés aura lieu à 17 h, juste avant l’annonce des résultats de la finale de labour. Les animaux quitteront le site vers 19 h. Création d’une section « Veaux d’automne » Lors de la réunion de préparation, les éleveurs ont décidé d’apporter quelques modifications au règlement du concours. La première concerne les grands prix d’honneur. « Un animal qui a décroché un grand prix d’honneur l’année précédente ne pourra pas le remporter l’année suivante. » La question était de savoir si, dans ce cas-là, il fallait annuler l’épreuve ou prendre l’animal classé deuxième. « Nous avons finalement choisi de prendre le deuxième de la catégorie. » L’autre modification concerne les veaux. « Nous avons décidé de créer une section Veaux d’automne », explique Thierry Kolb. Jusqu’ici, pour être considéré comme un veau, il fallait que l’animal soit né après le 1er décembre de l’année N-1. Ce qui excluait d’office les veaux nés quelques jours avant la date butoir. Des veaux qui se retrouvaient dans la section Juniors, en compétition avec des animaux beaucoup plus âgés qu’eux. « La majorité des membres du syndicat n’a pas souhaité modifier la date à partir de laquelle les animaux sont admis dans la section Veaux. Ils ont préféré mettre en place une section Veaux d’automne pour que ces animaux concourent entre eux. » Par contre, ils participeront au championnat Juniors, qui regroupe les animaux âgés de 1 à 3 ans. Ce concours est pour les éleveurs participants l’occasion de présenter leur savoir-faire, de montrer le haut niveau génétique de leur troupeau et d’être, en quelque sorte, les ambassadeurs de l’élevage alsacien. Un rôle d’autant plus important que, cette année, la finale départementale de labour aura pour vedette une production végétale, le raifort.

EARL Lortz à Seebach

25 ans de virginie

Publié le 19/08/2017

Le virginie, la famille Lortz le connaît bien. Un quart de siècle qu’elle l’a introduit sur son exploitation. Avant 1992, elle cultivait du tabac brun. Vingt ans plus tard, elle a décidé de mécaniser l’atelier de récolte et de triage. Aujourd’hui, la surface tabacole s’élève à 22 ha. Actuellement, la récolte bat son plein et s’avère prometteuse.

Le tabac est l’une des cultures phares de la ferme Lortz. L’autre est la vigne, dont ils livrent les raisins à la cave vinicole de Cleebourg. Sans oublier le blé et le maïs. Roland et Mathieu Lortz, les deux associés de l’EARL, décident de se lancer dans la mécanisation de la culture du virginie en 2011. « Lorsque je me suis installé en 2008, mon projet prévoyait la mécanisation de l’atelier tabac, mais sans échéance précise », explique Mathieu Lortz. Ce qui les a décidés à franchir le pas ? La perspective de gagner en main-d’œuvre et en souplesse de travail. « Cela nous a permis de libérer du temps pour d’autres activités, comme l’entretien des vignes et les vendanges. » La vigne et le virginie sont deux cultures qui cohabitent bien au sein de l’exploitation, selon les Lortz. Sauf les rares années où le ban des vendanges est ouvert début septembre. Et cela risque fort d’être le cas cette année ! 22 hectares de virginie En 2010, les associés ont décidé de mécaniser leurs installations. Le tabac occupait alors 14 hectares, récoltés manuellement avec deux porte-cueilleurs. Les surfaces ont augmenté progressivement pour atteindre 22 ha cette année. « Nous voulions prendre le temps de bien connaître nos parcelles et, surtout, nous familiariser avec la mécanisation avant de nous développer. Mais on s’y est vite habitué… » L’avantage, d’après Roland Lortz, c’est que le recours aux travailleurs saisonniers est nettement moindre. « Nous avions besoin de 17 jeunes pour faire tourner le chantier de récolte. Aujourd’hui, nous tournons avec une équipe de cinq personnes pour la récolte et le remplissage des fours et une équipe de sept personnes pour le triage. » Les piliers étant Robert et Mathieu Lortz et leurs épouses, Marie-Odile et Florence, qui travaillent comme salariées à temps plein sur l’exploitation. « Mon père nous donne régulièrement un coup de main dans les vignes », précise Roland Lortz. Lorsqu’elle a décidé de mécaniser la récolte du tabac, l’EARL Lortz a fait une sortie d’exploitation. En 2010, elle a construit un hangar de 1 800 m2, avec une toiture photovoltaïque. Ce bâtiment abrite les machines ainsi que la chaîne de récolte et de triage. La récolte mécanique se fait à l’aide d’une récolteuse et d’un quai de chargement De Cloet, de six fours et d’une salle de triage Horizon Sud. Sans oublier la récolteuse Spapperi pour les feuilles de tête. « Auparavant, nous étions dans le tabac du lundi au samedi. Maintenant, nous ne récoltons plus que trois jours par semaine. » Le reste du temps étant consacré aux travaux de la vigne (rognage) et du tabac (traitements, écimage inhibition). La récolte 2017 est prometteuse, souligne Roland Lortz. « Les plants ont bénéficié d’un bon démarrage et d’un bon enracinement. » En l’absence de sinistres climatiques (gel, grêle), on constate une belle homogénéité dans les parcelles. Les premières feuilles ont été cueillies le 27 juillet. La récolte devrait se prolonger jusqu’à début octobre. Le triage jusqu’à la mi-octobre. « Les premiers fours sont de bonne qualité, niveau texture et coloration. » De plus, le rendement en poids par hectare est satisfaisant.

Pages

Les vidéos