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Publié le 18/08/2017

À Eschau et Lampertheim, deux gîtes insolites accueillent les touristes. Hospitalité, art de vivre et écologie sont les maîtres mots de ces projets hôteliers.

Il était une fois une petite fille d’Eschau qui avait envie d’une roulotte. Les années passent, mais ce rêve reste dans un petit coin de la tête de Nathalie Hottler, revenant la titiller de loin en loin. D’autant plus souvent, ces derniers temps, qu’elle le partage avec son nouveau compagnon. Ils se mettent alors en quête d’une roulotte, « une vraie, celle des gitans ». Las, « c’est très difficile à trouver », souligne Nathalie, parce qu’elles sont devenues rares et du coup chères ! Le couple découvre finalement en Haute-Saône une entreprise qui fabrique des roulottes. Toutes équipées du confort moderne, avec cuisine et salle d’eau. Le bois pour l’authenticité. « Un vrai coup de cœur », se souvient le Nathalie. La roulotte de Tatie, des vacances insolites ! Désormais nichée dans la propriété d’Eschau, cette roulotte semble être là depuis toujours ! Son rêve « de gamine » s’est concrétisé et dépasse même ses objectifs. Elle l’a conjugué avec une autre de ses envies, celle de recevoir. « Chez moi, il y a toujours eu plein d’invités », sourit Nathalie. Une facette de sa personnalité que cette entrepreneuse a voulu exprimer plus largement grâce à sa chambre d’hôtes… Dans sa roulotte, bien sûr ! Nathalie a pris contact avec les Gîtes de France du Bas-Rhin qui l’ont épaulée pour réaliser son projet. Elle a obtenu un soutien financier de la Région, au titre du dispositif d’hébergement insolite. Nathalie fait désormais partie de la grande famille des propriétaires des Gîtes de France. Elle figure dans la centrale de réservations du Relais départemental du tourisme rural du Bas Rhin, ainsi que sur internet. Cette nouvelle aventure a démarré cet été, avec l’accueil des premiers vacanciers. Baptisée la roulotte de Tatie, une façon de « remercier ma tante qui m’a aidée à l’acheter », elle peut recevoir jusqu’à quatre personnes. Sa petite terrasse couverte est entourée d’arbres. Une zone arborée protégée, précise la propriétaire. Elle met des vélos à disposition, donne des indications de visites et s’adapte au caractère de ses invités. « Certains ont envie d’échanger, d’autres sont plus réservés. » Nathalie leur concocte des petits-déjeuners maison, à prendre dans le beau jardin attenant à la roulotte, ou en sa compagnie sur sa terrasse. Elle les propose également en paniers qu’elle dépose à la roulotte. Kougelhopf, brioche, confitures maison, miel de l’apiculteur d’à côté, elle est aux petits soins pour ses vacanciers. « C’est dans ma nature ! » Un art de vivre engagé à Lampertheim À Lampertheim, le contraste est assez saisissant entre la ferme traditionnelle et le bâtiment très contemporain imaginé par André Aman. Avec son épouse Mariette, ils y habitent depuis 2013. Ces amateurs de voyage ont « été des utilisateurs inconditionnels » des Gîtes de France dans différents pays. « Un organisme de qualité », souligne Robert. C’est tout naturellement qu’il s’est tourné vers la section bas-rhinoise des Gîtes de France pour l’aider à réaliser son propre projet hôtelier. Ouvert en mai 2014, avec une entrée indépendante, ce logement élégamment décoré, est classé en Écogîte. Il fait partie de leur bâtiment d’habitation, conçu et élaboré dans un esprit « développement durable ». Des matériaux écologiques ont été utilisés jusque dans les moindres détails. Cet engagement est également palpable dans le jardin. Avec un composteur, un récupérateur d’eau et une terrasse bioclimatique. Tout, dans le gîte comme dans la maison, est tourné vers les énergies renouvelables. « C’est notre effort pour la planète, à notre niveau », souligne André. Le système de double flux de ventilation mécanique donne « un air plus sain à l’intérieur », et permet « d’être neuf fois plus étanche à l’air » qu’une maison classique. La classification Écogîte est « une vraie reconnaissance des efforts engagés », souligne ce propriétaire. Les touristes accueillis à la maison se voient proposer des sorties à thèmes dans le Kochersberg. À la découverte du houblon, du tabac, des asperges, dont la cueillette a été « une belle expérience pour des touristes belges », ajoute Mariette. Ils les invitent à visiter la brasserie Meteor, à emprunter le circuit des forts, les véloroutes jusqu’à Strasbourg, etc. De la terrasse du gîte, située à l’étage, les vacanciers admirent les magnifiques arbres, refuges des écureuils, sur fond de chant des tourterelles. Les enfants peuvent profiter d’une maisonnette en bois dans un coin du jardin. Depuis l’ouverture du gîte, le taux d’occupation moyen affiche 22 semaines par an. « Nous ne souhaitons pas plus », expliquent les propriétaires. Simplement heureux de participer à « la vie économique locale » en conjuguant l’esprit Gîtes de France et leur sensibilité écologique.

Campements sauvages des gens du voyage

De gros préjudices pour les éleveurs touchés

Publié le 16/08/2017

Depuis le début de l’été, des groupes de gens du voyage composés de 100 à 200 caravanes s’installent sans autorisation sur des prairies exploitées par des agriculteurs. Epfig, Sélestat, Benfeld, Sermersheim, Altorf, Molsheim, Reichstett, Haguenau, Strasbourg, tous les lieux à proximité des grands axes routiers sont concernés. Les agriculteurs sont excédés.

Dans tout le département, les agriculteurs ont à faire face au stationnement illicite de gens du voyage. « Rarement - pour ne pas dire jamais - le consentement, ni du propriétaire, ni de l’agriculteur est demandé, dénonce Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA. En cette période estivale, nombreux sont les vacanciers à faire du camping, mais tous réservent et paient leur emplacement sur des terrains aménagés à cet effet. Deux poids, deux mesures ! » Pour lui, cette situation n’a que trop duré. À chaque fois, les fourrages sont saccagés, les prairies jonchées de bouteilles et de détritus. « Il est grand temps que cette situation cesse car inévitablement des tensions vont naître. » Pascal, Martine et Guillaume Fuchs, éleveurs à Ohlungen, viennent d’en faire la triste expérience. « Le 5 août dernier, 200 caravaniers se sont installés dans un pré situé à la sortie de Rohrwiller. Nous exploitons une quinzaine d’hectares dans ce secteur. Ils ont pris possession de 4 ha. » Aucune demande officielle n’a été faite préalablement auprès des propriétaires des parcelles concernées, et lorsque l’agriculteur s’est rendu sur les lieux pour discuter avec ces occupants, il a été plutôt rudement accueilli… Le maire de la commune de Rohrwiller a déposé plainte, souligne l’éleveur. En conséquence, une trentaine de gendarmes se sont rendus sur place, vendredi dernier, pour distribuer un courrier de la préfecture. Les gens du voyage étaient déjà venus sur la même parcelle il y a trois ans, à la suite de quoi le maire a mis en place un dispositif de chicanes pour les empêcher de réinvestir les lieux. « Mais cela n’a pas servi à grand-chose… » « Pour la deuxième coupe de foin, c’est raté » « La fois précédente, c’était différent. Il faisait sec et le fourrage a repoussé. Cette fois-ci, il a plu 40 mm il y a quelques jours, et le terrain s’est transformé en bourbier. La circulation des voitures a provoqué de profondes ornières. Ils ont même dû trouver un nouveau chemin d’accès, car l’ancien était devenu impraticable. » Les gens du voyage ont repris la route lundi dernier, laissant derrière eux un pré totalement dévasté. « Il ne nous reste plus qu’à ramasser les ordures, pour éviter de retrouver des morceaux de verre dans le fourrage, puis à réensemencer les prairies. » Cette situation est d’autant plus préoccupante que le fourrage se fait rare cette année. La première coupe a donné des rendements médiocres, mais « avec la météo de ces dernières semaines, l’herbe avait bien repoussé et nous espérions faire une bonne coupe », explique Martine Fuchs. « Nous aurions pu faire 8 à 10 rouleaux de regain par hectare, confirme son époux. Ce fourrage va nous manquer, car nous avons un troupeau de 50 vaches laitières et leur suite à nourrir. » « Ce que nous demandons, en tant qu’éleveurs, c’est que l’état prenne ses responsabilités et leur interdise de stationner n’importe où. Pour cela, il doit mettre à leur disposition des terrains adaptés. » En attendant, la famille Fuchs ne touchera aucune indemnité. « Le problème n’est pas d’être indemnisé, mais de pouvoir récolter le fourrage dont nous avons bien besoin. » Chaque département - et le Bas-Rhin ne fait pas exception - est doté d’un schéma départemental d’accueil des gens du voyage, stipulant qu’il faut un certain nombre d’aires de grand passage, explique Gérard Lorber. « La profession agricole a fait des propositions au cours de ces dernières années en privilégiant des terrains inutilisés. Mais à chaque fois un autre prétexte fait qu’il ne convient pas et comme les candidats ne se bousculent pas au portillon, les occupations sauvages continuent… »

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