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Interprofession des fruits et légumes d’Alsace

Une maigre récolte

Publié le 10/09/2017

La récolte battant son plein, les producteurs de pommes, de quetsches, de mirabelles et autres fruits se sont retrouvés sur l’exploitation Bernhard à Sigolsheim mardi 5 septembre. Comme prévu, le gel et la grêle du mois d’avril impactent fortement les rendements. Petite consolation, la qualité est là !

L’exploitation de fruits Bernhard à Sigolsheim date des années 1970. Mirabelles, quetsches, pommes, pêches font partie des vergers de l’exploitation familiale, qui embauche pour la récolte quatre permanents et une trentaine de saisonniers. 20 hectares sont consacrés aux mirabelles et une dizaine d’autres aux quetsches. Actuellement, le personnel est mobilisé pour la récolte de la quetsche. « Nous avons un chantier qui nécessite la présence de dix personnes. Avec l’aide d’engins mécaniques, on fait tomber les quetsches des arbres sur un tapis au sol. Ensuite, on fait le tri en enlevant les feuilles et autres branches. Les quetsches vont alors sur la chaîne, sont calibrées puis mises dans des caisses », explique Yves Claudepierre qui gère l’exploitation avec son épouse Danielle. Cette dernière réceptionne ensuite les caisses au bâtiment de conditionnement. « Ici, nous réceptionnons toutes les commandes des centrales d’achat. Nous faisons cela le matin. On démarre souvent dès 4 h jusqu’à 12 h 30 environ. Ensuite, les camions arrivent et prennent la marchandise pour l’acheminer chez nos clients. Nous avons des machines spécifiques pour les mirabelles et les quetsches, qui ne fonctionnent que cinq semaines dans l’année », précise Danielle Claudepierre. 2017 restera pour eux une année difficile. La grêle de la mi-avril, suivie du gel, le même mois, sont passés par là. « Nous estimons que la perte de rendement est de 70 % pour l’ensemble de l’exploitation. Nous avons donc un énorme manque à gagner. Nous n’avons pu récolter que 20 % de mirabelles et de pommes et la moitié des quetsches. Pour les cerises et les pêches, nous avons perdu la totalité de la production. Je n’ai jamais vu cela. » Danielle Claudepierre a été contrainte de reporter ses cotisations à la Mutualité sociale agricole, ainsi que ses investissements, et a dû se résoudre à recourir au chômage partiel. « J’attends l’indemnisation pour catastrophe naturelle », précise-t-elle. Elle estime sa production à 130 tonnes au lieu de 300 t environ pour les quetsches, et 80 t au lieu de 300 t pour les mirabelles. « 90 % de notre production partent vers les centrales d’achats. Les 10 % restant sont en vente directement ici au magasin. Avec une si petite récolte, c’est évidemment difficile de le développer. Néanmoins, nous cherchons d’autres voies de distribution. Nous avons, par exemple, adhéré à Cœur Paysan à Colmar. Là-bas, les ventes sont intéressantes », constate Danielle Claudepierre. Les atouts de la quetsche d’Alsace Les responsables de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), de l’Association des producteurs de fruits à noyau d’Alsace (Apfna) et de l’association Production fruitière intégrée d’Alsace (PFI) constatent que, sur la région, les pertes sont très importantes. Notamment dans le Haut-Rhin. Tout avait pourtant bien commencé avec la récolte de la cerise. « Les vergers sont principalement situés dans le Bas-Rhin. Nous avons réalisé une belle campagne avec des cerises de joli calibre. Les volumes étaient là. En revanche, pour la cerise à kirsch, cela a été catastrophique. Avec une récolte proche de zéro », souligne Jacques Philippe, conseiller arboricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace. La récolte des mirabelles s’est terminée vers le 20 août. « Sur l’ensemble de l’Alsace, les producteurs ont fait une demi-récolte, soit 7 à 8 tonnes/hectare. Nous avions de beaux calibres et la récolte s’est bien déroulée. Il y a davantage de mirabelles dans le Bas-Rhin, notamment sur les secteurs de Westhoffen et de Traenheim qui bénéficient de terres argileuses parfaitement adaptées à ce fruit », ajoute Jacques Philippe. Mais, la production phare en Alsace est évidemment la quetsche. « Même si nous avons du mal à la valoriser, nous communiquons au maximum sur ses qualités et ses atouts. Nous avons ainsi lancé un visuel appelé « Quetsche alsacienne de tradition ». L’idée est de la promouvoir sur cette courte période de production et donc de vente », note Joël Reisz, président de l’Apfna qui regroupe une vingtaine de producteurs en Alsace. Commencée il y a une quinzaine de jours, la récolte de quetsche touche actuellement à sa fin. Les professionnels constatent que la quetsche est le fruit à noyau le moins touché par les épisodes climatiques successifs. 70 % de la récolte habituelle devrait pouvoir être assurée avec une belle qualité, soit environ 600 à 700 t de fruits de bouche et d’industrie. Néanmoins, il y a des secteurs bien plus difficiles comme, précisément, la région de Sigolsheim. « Nous avons des quetsches magnifiques avec un taux de sucre très élevé, qui sont très fermes, et sans pointe d’acidité », se félicite Jacques Philippe. Univers des fruits et légumes du Grand Est Quant aux pommes, elles ont commencé à être cueillies la semaine écoulée. « C’est toujours le Haut-Rhin qui subit les pertes les plus importantes. Entre 80 et 90 %, quasiment 100 % dans les vergers bios du Sundgau. Il n’est pas improbable que le prix des fruits augmente suite à ces aléas. Dans le Bas-Rhin, la récolte de pommes n’atteint que 50 % de la normale », souligne Daniel Dettling, président de PFI, association forte de 28 membres, qui recommande l’emploi de pare-gel sur les cultures. Il annonce que d’ici deux ans une nouvelle variété de pommes devrait arriver. « On a envie de redonner une dynamique à la pomme alsacienne. C’est une pomme légèrement acidulée qui existe déjà en Italie. Elle est plus résistante à la tavelure », ajoute Pierre Barth, vice-président de PFI. « Septembre est un mois important pour les producteurs de fruits et de légumes, souligne Pierre Lammert, président de l’Ifla. Avec nos partenaires, nous mettons en avant les fruits et légumes d’Alsace dans les rayons des enseignes de la région. Une communication importante est en cours. Elle va se voir, notamment lors de la prochaine édition de Saveurs et soleil d’automne à Sélestat les 21, 22 et 23 septembre prochains. Ce salon sera l’occasion de signer le contrat des fruits et légumes au niveau de toute la région Grand Est au niveau d’une nouvelle entité appelée « Univers des fruits et légumes du Grand Est ». Nous avons réussi à fédérer l’ensemble des producteurs dans cette grande région et ce contrat va définitivement entrer en vigueur à l’automne prochain. Il s’agit de faire face à de nouveaux enjeux et d’être encore plus compétitifs », se félicite Pierre Lammert. Sans oublier le désormais traditionnel concours au niveau des magasins du plus beau rayon de fruits et légumes d’Alsace. « Ce fonctionnement est unique en France pour une interprofession désormais territoriale. La Région nous soutient et nous allons continuer à communiquer sur l’ensemble de nos terroirs et de nos territoires ».

Publié le 08/09/2017

Plus spacieux, mais pas très visible… Il faut faire preuve d’une certaine opiniâtreté pour découvrir l’entrée de l’espace agricole, caché derrière le hall 5.

« Elles sont où, les vaches ? » demande une maman, accompagnée de ses enfants, à un visiteur. « Tout au fond, là-bas », indique ce dernier. Car la signalétique fait cruellement défaut pour aiguiller les visiteurs désireux de humer le bon air de la campagne, déguster les produits du terroir et découvrir le dynamisme des filières alsaciennes. Pourtant, elles sont toutes au rendez-vous, impatientes de partir à la conquête du public strasbourgeois. Dommage, car la qualité des animations proposées vaut vraiment qu’on s’y attarde. Avec, chaque jour, des coups de projecteurs, sur les produits bios, la filière ovine, l’interprofession viande, la pomme de terre, etc. Et toujours les indéracinables, comme les aviculteurs, les apiculteurs, les producteurs de fruits et légumes, les vignerons de la Couronne d’or. Sans oublier les nouveautés de cette édition 2017 : les paysagistes, les sculpteurs sur bois et les recruteurs, avec l’Apecita… De belles rencontres gustatives, aussi, avec les bêtes à cornes de la ferme des Mille et une Coquilles à Ettendorf, les steaks d’Interbev, la limonade délicieusement régressive de Limo’s (attention à ne pas retomber en enfance !), la bière avec Elsass Brau, les glaces de la ferme Humbert à Urbeis, sans oublier les barbes à papa de la sucrerie d’Erstein. Profitez-en tant qu’il est encore temps : la foire européenne fermera ses portes lundi prochain, 11 septembre.

Finale régionale des labours

Sillons d’espoir sous le soleil

Publié le 08/09/2017

La finale régionale des labours a connu une belle réussite, dimanche dernier, sur les terres meusiennes de Gironville-sous-les-Côtes, offrant une parenthèse dans un contexte agricole toujours morose. Les concurrents alsaciens ont remporté l’épreuve, mais les trois régions historiques du Grand Est devraient être représentées ce dimanche dans l’Oise.

La finale régionale des labours du Grand Est, baptisée « Void Com on laboure ici », s’est déroulée dans des conditions quasi idéales, dimanche 3 septembre à Gironville-sous-les-Côtes, à la satisfaction des Jeunes Agriculteurs de Void-Commercy. La veille pourtant, un orage avait perturbé la fin de la journée, sans grandes conséquences. Tout était rentré dans l’ordre dimanche matin, et après la bénédiction des attelages, c’est sous le soleil et dans un sol ressuyé, que le coup d’envoi du labour a été donné, vers midi. Premier exercice pour les douze concurrents de cette deuxième finale régionale Grand Est, le tracé délicat de la raie d’ouverture, sur une longueur de 100 mètres. « L’objectif est d’avoir une rectitude parfaite » explique Sébastien Rognon, venu du Doubs, qui présidait le jury avec Raphaël Ramond, du Loiret. Malgré le piquetage préalable, déjà, des différences apparaissent… Doublé pour le Bas-Rhin Après la pause de midi, les jeunes laboureurs ont redémarré leur attelage pour un peu plus de deux heures d’épreuve. Les plus aguerris étaient équipés de charrues de compétition, permettant de multiples réglages, d’autres utilisant des engins moins sophistiqués. Comme Vincent Doudoux, jeune meusien qui ne s’attendait pas à être là. Qualifié la veille après avoir remplacé au pied levé un concurrent, il a dû troquer son brabant quatre socs contre un trois fers, pour se conformer aux règles régionales. Mais qu’importe, « j’aurai au moins la satisfaction d’avoir participé à une finale régionale », confiait-il. Massé le long des parcelles, un public nombreux a encouragé les participants tout au long de l’après-midi, certains appréciant leur travail d’un œil connaisseur. D’autres regrettaient que les jeunes tendent à délaisser ce genre de confrontation amicale : « Même si on laboure moins, il faut continuer à motiver les jeunes, le labour, c’est l’amour du métier », soulignait un agriculteur. Les résultats semblent lui donner raison. Dans les deux catégories, les concurrents venus d’Alsace, où la tradition des concours est toujours bien ancrée, se sont à nouveau montré les plus habiles pour tracer les plus beaux sillons. En labour en planches, Valentin Meyer, du Bas-Rhin, est arrivé nettement en tête, devant le mosellan Ludovic Wagner, qui l’accompagnera en finale nationale, ce week-end, près de Compiègne. L’Alsacien de 22 ans, installé sur une ferme céréalière, avec un élevage de poulet label rouge, tentera de monter sur la plus haute marche, après avoir terminé deuxième l’an dernier. À Gironville, il a apprécié de travailler « un terrain sec et homogène », et sans aucun caillou. En labour à plat, c’est encore le Bas-Rhin qui décroche la timbale, avec Romain Friess, 18 ans, étudiant en BTS Acse. Il participera à sa première finale nationale, avec l’Ardennais Thibault Massart, 17 ans à peine, et seul concurrent de Champagne-Ardenne. Les trois régions historiques du Grand Est pourront ainsi être représentées dans l’Oise. Alain Humbertclaude

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