A la une

Publié le 26/09/2017

Justine Schmitt, la reine des vins d’Alsace, organisait avec sa famille à Ottrott des vendanges amicales pour une cuvée de rouge d’Ottrott un peu particulière.

Les vendanges amicales sur le domaine Fritz-Schmitt vendredi 22 octobre revêtaient un double intérêt : celui de célébrer la cuvée de la reine des vins d’Alsace qui se prépare avec le millésime 2017, et de rappeler que l’opération Vendangeur d’un jour continue en ces vendanges 2017. Une vingtaine de convives étaient accueillis par Justine Schmitt, son frère, Antoine, et ses parents, Bernard et Catherine Schmitt. 30 vignerons indépendants ont accueilli cette année en Alsace des œnotouristes, désireux de vivre durant une demi-journée l’ambiance amicale et festive des vendanges manuelles. Pour mettre en rapport les vignerons organisateurs et les œnotouristes, l’opération s’appuie sur les offices de tourisme du vignoble alsacien. L’un d’entre eux, celui de la Communauté de communes des Portes de Rosheim, est présidé par Claude Deybach, également maire d’Ottrott, qui s’est félicité d’avoir parmi ses administrés ottrottois la reine des vins d’Alsace. La vendange de rouges terminée, Bernard Schmitt a fait visiter le chai du domaine aux convives et livré quelques explications sur la vinification du rouge d’Ottrott, l’une des 13 appellations communales du vignoble alsacien. Pratique vraiment singulière et fastidieuse dans l’univers des vins d’Alsace, ici à Ottrott, les pinots noirs sont encuvés et macérés dans de grands foudres. Après ouverture de la porte du foudre « au cric », le décuvage s’effectue manuellement. Place ensuite à la dégustation, sans que les invités aient chacun à leur tour, félicité la nouvelle reine des vins d’Alsace. Didier Pettermann, président du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace, a pour sa part rappelé le rôle important d’ambassadrices des vins d’Alsace que jouent la reine des vins et ses deux dauphines. Philippe Meyer, vice-président du Conseil départemental, et maire de la commune voisine de Bœrsch, se disait impressionné par le parcours de la reine des vins élue parmi 27 candidates sur des critères qui exigent une bonne connaissance du vignoble. Quant à Pierre Bernhard, président du Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace, il a surtout félicité la famille Schmitt pour les efforts qu’elle consent en matière de qualité d’accueil œnotouristique.

Arrondissement de Sélestat-Erstein

La rentrée agricole du sous-préfet

Publié le 24/09/2017

La FDSEA et les Jeunes Agriculteurs ont accueilli le sous-préfet de l’arrondissement de Sélestat-Erstein sur deux exploitations de Mussig. Une façon de lui faire découvrir la production laitière et celle de tabac, et de le sensibiliser aux problèmes agricoles d’actualité.

Alexandre Piton, sous-préfet de Sélestat-Erstein, a pris ses fonctions en mars dernier. Vendredi 15 septembre, la FDSEA et les JA de l’arrondissement l’ont invité à découvrir deux exploitations agricoles de Mussig, sous la conduite de Gérard Lorber et Julien Koegler, secrétaires généraux des deux syndicats, et des présidents cantonaux. Le Gaec Losser est spécialisé dans la production laitière. Ses trois associés - Adrien et Daniel Losser, Thomas Thirion - élèvent 145 vaches laitières produisant 1,7 million de litres de lait par an. Une production qui a été multipliée par deux depuis 2010. C’est une ferme laitière typique de plaine d’Alsace : les vaches ne sortent pas au pâturage, mais elles sont nourries avec les cultures de la ferme et des sous-produits. Le Gaec Losser dispose de 72 ha de terres labourables, dont 50 ha de maïs, 7,5 ha de blé, 10 ha de betteraves et 3,5 ha de céleri, précise Adrien Losser, l’un des associés. Le Gaec Losser est confronté à la crise laitière qui dure depuis trois ans. « On a perdu 125 000 € sans rien faire », témoigne Adrien Losser. Les associés sont parvenus à limiter la casse en réduisant le coût alimentaire, mais cette solution a ses limites. L’an dernier, les inondations ont gravement affecté la qualité du foin et les éleveurs ont été obligés de passer davantage de maïs sur l’élevage. Cette année, c’est l’inverse : le foin a été récolté très tôt, il est donc de bonne qualité, mais la quantité n’est pas au rendez-vous, déplore Adrien Losser. Devant le sous-préfet, l’éleveur de Mussig évoque un autre sujet : la demande des laiteries pour du lait provenant de vaches nourries sans OGM. « Cela va nous créer un surcoût de 10 €/t sans recette supplémentaire », expose Adrien Losser. La mise en place de cette filière va également engendrer un surcoût pour les laiteries, obligées de multiplier les circuits de ramassage alors que tout plaide pour rationaliser les coûts. La multiplication des cahiers des charges n’est pas le fait du consommateur, mais elle est imposée par les distributeurs, qui veulent se démarquer de la concurrence, ajoute Gérard Lorber. Tabac : un marché porteur Quelques centaines de mètres séparent l’étable d’Adrien et Daniel Losser du hangar à tabac de Rémy Losser et de son fils Étienne, en cours d’installation. Cette deuxième exploitation de polyculture (blé, maïs, betteraves sucrières) est spécialisée dans le tabac. Une plante historiquement présente en Alsace, mais dont les surfaces ont baissé de moitié depuis 20 ans, précise Étienne Losser. Rémy Losser et son fils sont à contre-courant de cette tendance : le tabac, qui représentait « une activité annexe », est désormais une culture phare de leur exploitation (36 ha en 2017). Suite à un essai mené en 2004, ils ont abandonné la récolte manuelle au profit de la récolte mécanisée. Le tabac blond produit en Alsace est entièrement exporté, en particulier en Égypte où il est très prisé par les fumeurs de chicha. « C’est un marché porteur découvert il y a cinq ans, précise Étienne Losser. Combien de temps va-t-il le rester ? On ne le sait pas. » Les cigarettiers ont de toute façon délaissé le marché français pour s’approvisionner au Brésil et en Pologne. Ce dernier pays est en train de monter en puissance sur le marché. Les coûts de revient y sont deux fois moins élevés que ceux des producteurs français, fait remarquer le jeune tabaculteur. Du semis au conditionnement des feuilles en passant par la plantation, l’entretien, la récolte, le tri et le séchage, les différentes étapes de la culture du tabac nécessitent de la main-d’œuvre saisonnière : l’équivalent de 4,5 équivalents temps plein sur l’année pour une exploitation comme celle de la famille Losser. En tant qu’employeur, Étienne Losser utilise le Tesa (Titre emploi simplifié agricole), mais ses conditions d’utilisation (durée maximum, obligation de déterminer à l’avance le nombre de jours du contrat) ne sont pas toujours adaptées aux contraintes agricoles. Toujours dans le domaine de l’emploi, le jeune tabaculteur dénonce le casse-tête que représente le compte pénibilité et la distorsion de concurrence qu’il induit. « Encore une fois, on met aux employeurs français du secteur agricole des contraintes supplémentaires par rapport au cadre européen et on pénalise la compétitivité de l’agriculture française. » Besoin de personnel compétent Malgré les mesures d’allégement concédées ces dernières années, le coût du travail en France reste supérieur à celui constaté en Allemagne, insiste Étienne Losser qui chiffre le surcoût à 3,06 €/h pour une exploitation spécialisée française. Il aimerait que les réductions de cotisations sociales soient étendues à la main-d’œuvre qualifiée car « les exploitations ont besoin de personnel compétent pour mener des projets de diversification ». En plus des mesures à court terme, il appelle à « plus de convergence sociale » en Europe. La gestion de la Pac est un autre sujet de préoccupation pour les agriculteurs bas-rhinois. Gérard Lorber s’en est ouvert à Alexandre Piton : l’augmentation du paiement redistributif et le transfert d’une partie des montants des crédits du premier pilier vers le second pilier de la Pac vont se traduire par une baisse des aides accordées aux exploitants du département. À cela s’ajoutent les retards de paiement pour l’agriculture biologique et les MAEC (mesures agro-environnementales). Sur le secteur de l’Ill, où beaucoup d’exploitants pratiquent la fauche tardive et sont exposés aux inondations de printemps, ces retards sont particulièrement mal vécus. Gens du voyage : l’aire de Benfeld prête l’an prochain Toujours au chapitre des inondations, le secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin évoque le PAPI d’intention Ill-Ried-Centre Alsace (programme d’actions de prévention des inondations). Ce programme prévoit différentes mesures comme l’arasement des digues de protection en secteur agricole pour protéger les habitations en cas de crue importante. Compte tenu des enjeux agricoles, la FDSEA et les JA du Bas-Rhin demandent à être associés plus étroitement aux discussions en intégrant le comité de pilotage du PAPI. Dans le domaine des phytosanitaires, Gérard Lorber met en garde contre les restrictions grandissantes dont font l’objet certains produits, quand ils ne sont pas purement et simplement interdits. Il appelle à ne « pas prendre de décision dictée par l’idéologie ». Un appel entendu par le député Antoine Herth, présent à cette rencontre, pour qui le « zéro phyto » n’est tout simplement « pas faisable en l’état actuel de nos connaissances » et qui recommande la prudence sur le sujet. Cette rencontre avec le sous-préfet a également été l’occasion d’évoquer les gens du voyage et les « dégâts collatéraux » causés sur les prairies lors de l’installation sauvage et en grand nombre de caravanes. Un médiateur a été mis en place cet été et le schéma départemental d’accueil des gens du voyage va être « retravaillé », précise Alexandre Piton. Les travaux de construction d’une aire d’accueil vont démarrer à Benfeld, ajoute Denis Schultz, conseiller départemental du canton d’Erstein. Cet équipement, qui devrait être prêt l’an prochain, contribuera à « améliorer les conditions d’accueil » des gens du voyage, présume le sous-préfet, dont le rôle consiste à « prévoir les arrivées pour limiter les dégâts. » « Du revenu pour les agriculteurs » Le faible montant des retraites agricoles et les actes de malveillance sur les cultures ont également été abordés. Tout comme les États généraux de l’alimentation. Denis Digel, qui participe à l’atelier sur les initiatives locales et le développement des synergies, a fait part de ses doutes quant aux résultats de ces rencontres. « L’enjeu principal, c’est de trouver du revenu pour les agriculteurs et de le garder », a-t-il expliqué. Le député Antoine Herth, lui, compare les États généraux de l’alimentation au Grenelle de l’environnement : « C’est extrêmement important que la profession y soit. C’est important aussi que l’Assemblée nationale se mobilise et c’est ce que nous faisons. Cela permet à une majorité qui n’est pas issue d’un parti politique de se forger une opinion sur un sujet qu’elle ignore et de fixer le cap à l’issue des États généraux. » Concernant la Pac, indépendamment des problèmes de retard de paiement, Antoine Herth estime que le système actuel « n’est pas le bon » et qu’il « génère sa propre perte à trop vouloir coller à des microréalités ». Il se dit attentif aux propositions que fera la profession pour faire évoluer la Pac en 2020.

Jusqu’à dimanche aux Tanzmatten de Sélestat

Des saveurs et des couleurs pleines de vitamines

Publié le 22/09/2017

La 7e édition de Saveurs et soleil d’automne démarre aujourd’hui aux Tanzmatten de Sélestat. Jusqu’à dimanche, petits et grands sont invités à venir voir, sentir, entendre et déguster les nombreuses créations, recettes et décorations réalisées avec les fruits et légumes d’Alsace.

Retour au bercail pour la plus grande manifestation française dédiée aux fruits et légumes et destinée au grand public. Ce vendredi, la septième édition de Saveurs et soleil d’automne revient aux Tanzmatten de Sélestat pour un événement qui s’annonce encore une fois riche en couleurs et surprises. Créée en 2001 afin de « célébrer les bienfaits des fruits et légumes et sensibiliser le grand public à la production locale », Saveurs et soleil d’automne a lieu tous les deux ans quelque part en Alsace. La dernière édition, en 2015, s’était ainsi déroulée pendant les Journées d’octobre de Mulhouse. Une présence remarquée qui avait suscité l’enthousiasme de près de 30 000 visiteurs attirés par les sculptures, décors et animations concoctés autour des fruits et légumes. Une recette gagnante que les organisateurs ont décidé de reprendre pour ce millésime 2017. Pour les enfants tout d’abord, avec multitude d’activités et de spectacles qui leur sont consacrés. Pour la première journée, pas moins de 700 élèves venus de plusieurs établissements scolaires sont attendus. Au programme : ateliers culinaires à la découverte des saveurs des fruits et légumes, dégustations à l’aveugle, réalisations de recettes gourmandes encadrées par les lycées agricoles et hôteliers d’Alsace, ateliers récréatifs (course de mini-tracteurs, course en sac de pomme de terre, stand de maquillage), ateliers pédagogiques pour apprendre en s’amusant (initiation aux gestes du quotidien en matière d’écologie, utilité du compost, etc.), et des ateliers de jardinage pour s’initier à la main verte. Au niveau des spectacles, les enfants - et leurs parents - auront également de quoi faire avec la montreuse de légumes Andrée Krupp, le jeu clownesque et interactif « L’Arche aux légumes », le potager musical où ce sont les légumes qui font office d’instruments, et l’aventure des « bonshommes mini-soupe » qui invite les enfants à confectionner un bonhomme avec des légumes et déguster une soupe avec les morceaux restants. « Faire rêver » avec les fruits et légumes Comme le révèle le directeur de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), Fabien Digel, l’idée globale de la manifestation est de « faire rêver » les visiteurs et d’aller bien au-delà « d’une simple assiette de fruits et légumes ». Il y a les décorations tout d’abord qui s’inspirent pour certaines de celles qui ont émerveillé le public en 2015 : les tableaux de mosaïques en perspective accueillent les visiteurs à l’entrée du site, tout comme la pyramide des saveurs ; les dinosaures de fruits et légumes apportent un soupçon de Jurassic Park et emmènent petits et grands plusieurs dizaines de millions d’années en arrière ; et le jardin éphémère créé par le Syndicat des maraîchers de Sélestat apporte une touche bucolique dans le but de mettre tous les sens en éveil. « Faire rêver » passe aussi par les saveurs gustatives. C’est ce que feront les chefs étoilés Patrick Fulgraff (le samedi) et Joël Philipps du restaurant Le Cerf à Marlenheim (le dimanche). Au menu, des démonstrations culinaires à base de fruits et légumes d’Alsace, mettant en lumière des recettes transmises de génération en génération dans les cuisines du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. « On veut ainsi montrer qu’on peut faire plein de bons repas avec les fruits et légumes locaux », souligne le président de l’Ifla, Pierre Lammert. Dans un autre registre, le champion d’Europe de sculpture sur fruits et légumes, Frédéric Jaunault étalera tout son art en réalisant des œuvres aussi colorées qu’improbables. Fleurs, cigognes, oiseaux exotiques, il déshabillera les fruits et légumes pour faire découvrir leurs trésors cachés avec finesse et volupté. Samedi, Saveurs et soleil d’automne accueillera pour la première fois le concours du Meilleur ouvrier de France (MOF) dans la catégorie primeur. Trente candidats auront 2 h 30 pour réaliser trois corbeilles différentes correspondant à trois commandes distinctes dévoilées le jour même. Le retour des Bateliers de la Lauch Les fruits et légumes, ce sont aussi des alliés précieux pour la santé. Un aspect essentiel que le docteur Christian Recchia ne manquera pas de rappeler dans ses conférences et ateliers pour enfants. Pour lui, notre identité culinaire s’étiole et notre santé est en danger, en particulier chez les jeunes générations, de moins en moins éduquées au plaisir de l’alimentation et de la cuisine. « De nos jours, nombreux sont ceux qui oublient de prendre le petit-déjeuner, sautent un repas puis grignotent pour combler une petite faim. Par ailleurs, les consommateurs ont perdu de vue ce qu’est un bon produit, sain, naturel et de saison. Nous varions moins notre nourriture que par le passé. Or, il ne faut jamais oublier que nous sommes ce que nous mangeons, à la molécule près », explique celui qui est aussi chroniqueur sur les radios RMC et France Inter. La confrérie des zewweltreppler et la maison du pain n’ont, elles, pas oublié de manger beaucoup de légumes, surtout quand il s’agit d’oignons. Dimanche, elles composeront ensemble une tarte géante à l’oignon dans le village des saveurs. Une recette traditionnelle que les visiteurs pourront bien sûr déguster. La confrérie des zewweltreppler profitera de l’occasion pour introniser l’ambassadrice des fruits et légumes d’Alsace, Delphine Wespiser. La restauration ne sera bien sûr pas en reste avec de nombreux espaces dédiés et moult buvettes. Saveurs et soleil d’automne oblige, les mets et boissons proposés aux gourmands seront quasi exclusivement réalisés avec des fruits et légumes d’Alsace : saucisses de légumes, frites fraîches, salades, soupes, plateau apéro, tartes aux pommes, choucroute, et jus de fruits créées spécialement pour l’occasion. Le tout payable uniquement en zewala, une monnaie locale, propre à la manifestation, qui vaudra un euro pour un zewala. Le ventre plein, les visiteurs pourront aller faire une pause le long de l’Ill où les Bateliers de la Lauch, venus tout spécialement de Colmar, descendront la rivière, l’embarcation pleine de fruits et légumes. Ils n’avaient pas participé à la manifestation depuis la première édition en 2001. À noter enfin que tous les fruits et légumes utilisés pour la décoration (ou non consommés) pendant cette septième édition de Saveurs et soleil d’automne seront distribués aux Restos du Cœur. L’inauguration est prévue ce soir à 17 h et sera suivie, de 18 h 30 à 22 h 30, d’un afterwork qui permettra de découvrir l’ensemble des décorations du site en version nocturne, le tout dans une ambiance musicale assurée par un DJ.

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