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Confréries viniques

Les vins d’Alsace pour bannière

Publié le 31/07/2017

Réunies dimanche dernier à la cathédrale de Strasbourg, les 11 confréries viniques d’Alsace ont défilé jusqu’à la place Broglie. Un cortège haut en couleur.

Dimanche 23 juillet, peu avant midi, place de la cathédrale à Strasbourg. Les touristes se croisent et se recroisent sur le parvis de l’édifice, les cheveux ébouriffés par le vent. On ne se bouscule pas aux terrasses : le soleil est incertain et la température rafraîchie par les pluies de la nuit. Quand les 11 confréries viniques d’Alsace sortent de la cathédrale, où elles viennent de participer à la grand-messe, les passants font bloc autour du cortège. Les longs habits colorés, les coiffes, les étendards, tout prête à la curiosité. Le cortège des confréries viniques est devenu une tradition estivale alsacienne. Organisé tous les deux ans, il constitue « un moment de communion alliant spiritualité et convivialité » et une occasion rare de « découvrir ou de redécouvrir la tradition des confréries viniques d’Alsace, laquelle est intimement liée aux fêtes religieuses. » Les confrères participent d’abord à la grand-messe. Après l’offrande du pain et du vin, l’archiprêtre de la cathédrale bénit les bannières. Celles-ci sont brandies bien haut lorsque les membres des 11 confréries se déploient devant le portail d’entrée de la cathédrale pour prendre la pose. Au premier plan, de part et d’autre de la reine des vins d’Alsace et de sa dauphine, il y a la confrérie des vins de Cleebourg, reconnaissable à son habit vert, la confrérie Saint-Urbain, de Kintzheim, dont les membres, foulard rouge noué autour du cou, portent la statue en bois de leur saint patron, l’ordre œnophile de Marlenheim en robe bleue et ruban jaune autour du cou. Touristes et traditions Précédée d’une calèche et d’un accordéoniste, la confrérie des amis d’Ammerschwihr et du Kæfferkopf ouvre le défilé en direction de la rue Mercière, suivie de la confrérie Saint-Étienne d’Alsace. Arnaud, un trentenaire angevin, se déporte sur la voie pour tenter d’immortaliser avec son portable la file des confrères avec la cathédrale en arrière-plan. Arrive la confrérie du Haut-Koenigsbourg, cape couleur de raisin vert, béret posé sur le crâne et médaille en sautoir. Un groupe de touristes asiatiques joue des coudes. C’est à savoir qui prendra le meilleur cliché. Faute de maîtriser la langue, nos touristes n’en sauront pas plus sur les rites et coutumes de la confrérie. Son concours vinique, son grand chapitre, organisé chaque printemps à la date anniversaire de l’inauguration du château rénové, ni les coteaux du Haut-Koenigsbourg, qu’elle défend. Après la rue des Grandes Arcades, le cortège emprunte la rue de l’Outre pour rejoindre la place Broglie. Un confrère Bienheureux du Frankstein s’arrête devant le magasin Labonal en signe de soutien au fabricant de chaussettes de Dambach-la-Ville. Passent la confrérie des Hospitaliers d’Andlau et celle de la Corne d’Ottrott, avec sa corne d’auroch destinée au vin rouge d’Ottrott. Les Rieslinger, de Scherwiller, ne sont pas loin. Tonnelet de riesling à la main, Bernard Martin ouvre la voie au comité des reines des vins d’Alsace, dernier admis dans le cercle des confréries d’Alsace. Créé en 2011, le comité regroupe 160 reines des vins d’Alsace et leurs dauphines. « On fait partie intégrante du patrimoine viticole d’Alsace », lance une de ses représentantes. C’est avec un riesling côte de Rouffach 2014, sélectionné pour les 70 ans de la foire aux vins de Colmar, que la délégation est venue à Strasbourg. Le défilé s’achève par un repas entre confrères et consœurs sur le thème de la cuisine méditerranéenne. Un déjeuner sur le principe « 10 mets, 10 vins, c’est divin » signé Richard Guyomard, chef de cuisine du mess des officiers de Strasbourg.

Conseil départemental du Bas-Rhin - Chambre d'agriculture d’Alsace

Soutenir l’agriculture pour dynamiser les territoires ruraux

Publié le 28/07/2017

Jeudi 20 juillet, les élus du Conseil départemental du Bas-Rhin et de la Chambre d'agriculture d’Alsace se sont retrouvés sur le terrain pour discuter du contrat d’objectif 2017 qui lie les deux institutions. Pour cette rencontre annuelle, ils s’étaient donné rendez-vous sur deux fermes emblématiques du dynamisme de l’agriculture de montagne.

Cette année, pour présenter le contrat d’objectif 2017 qui lie le Conseil départemental du Bas-Rhin (CD 67) et la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), les deux institutions ont choisi de se retrouver en montagne. En l’absence de Frédéric Bierry, président du Conseil départemental, retenu par d’autres obligations, c’est Frédérique Mozziconacci, conseillère départementale du canton de Mutzig, qui a accueilli les participants à cette rencontre sur le terrain. Priorité aux hommes Jean-Paul Bastian, vice-président de la CAA, a souligné la « dynamique favorable » qui a permis à l’agriculture de montagne de considérablement évoluer en 30 ans. Il y a eu l’évolution de la Pac, qui a été plus favorable à l’agriculture de montagne, notamment via la convergence des aides des soutiens différenciés, le soutien aux petites races. Et plus localement, les agriculteurs ont pu bénéficier de soutien à l’investissement dans le cadre du Plan bâtiment, des fruits d’un partenariat « historique » entre la CAA et la Communauté de communes de la Vallée de la Bruche, présidée par Pierre Grandadam. « Tout cela mis bout à bout a permis à un certain nombre de projets d’aboutir. » Sans oublier la volonté des agriculteurs de montagne qui, les circuits de collecte de lait des coopératives laitières n’allant pas jusque chez eux, ont fait le pari de la vente directe. Un allant qu’a relevé également Pierre Grandadam : « Les agriculteurs de montagne ont su créer leurs propres réseaux de commercialisation ». Les résultats, ce sont de belles prairies, bien entretenues, des paysages ouverts, de bons produits, des touristes, des emplois… Selon lui, cette réussite, l’agriculture de montagne la doit à la stratégie qui a été utilisée : « Il faut d’abord s’occuper des hommes qui élèvent des bêtes, qui mangent de l’herbe, pour élaborer de bons produits. Il faut s’en occuper comme ça, et dans cet ordre, sinon, ce n’est pas pérenne. » En écho à cette analyse, Julie Humbert, présidente de l’Association des producteurs fermiers de montagne, a présenté cette structure qui accompagne une trentaine de producteurs fermiers dans leurs démarches de vente directe, que ce soit pour la promotion des produits fermiers, la recherche de nouveaux circuits de commercialisation ou l’appui technique. L’association a aussi élaboré un guide intitulé « L’agriculture de montagne pour les curieux », ainsi que des panneaux qui visent à expliquer les pratiques des agriculteurs à la population, et pourquoi il est important de respecter les prairies et les troupeaux. L’occasion pour Julie Humbert de faire un petit appel du pied pour soutenir le financement de ces panneaux ! L’emploi, priorité des priorités Évoquant « une rencontre organisée depuis plus de 30 ans pour échanger sur la politique agricole menée par le Département », Marcel Bauer, conseiller départemental, a rappelé qu’elle consiste à « retravailler les objectifs du partenariat dans le cadre de compétences modifiées et de finances réduites ». Ce qui n’empêche pas le Département de vouloir rester partenaire du monde agricole. Et de se fixer trois priorités en la matière. La première consiste à « développer l’emploi en agriculture, notamment pour faciliter le retour à l’emploi des bénéficiaires du RSA ». La seconde est d’encourager l’expansion des circuits courts. Et la troisième est de faire du Département du Bas-Rhin un territoire à énergie positive. « Alors que l’agriculture est dans une passe difficile, l’objectif de cette rencontre est de redéfinir notre partenariat pour les trois ans à venir », a déclaré Jean-Paul Bastian. Les rendements 2017 s’annoncent meilleurs. Mais c’est vrai partout dans le monde, ce qui pèse sur les cours des denrées agricoles. Le même jour (NDLR le 20 juillet) se tenait la conférence sur l’alimentation, dont l’un des objectifs est de répondre à cette crise, notamment via une répartition plus équitable de la valeur ajoutée au sein des filières. Et on ne peut que s’en féliciter. Mais Jean-Paul Bastian estime qu’il faut aussi travailler localement. Et notamment poursuivre les travaux de remembrement, d’aménagement du territoire, par exemple dans le cadre de projets d’irrigation. Et il a listé d’autres priorités : encourager la demande pour que tous les projets trouvent des débouchés ; soutenir la diversification, « inscrite de longue date dans l’ADN de l’agriculture départementale » et source d’emplois. Patrick Bastian, conseiller régional, en a cité d’autres : travailler sur l’approvisionnement local de la restauration hors domicile (RHD), et maintenir la qualité sanitaire du cheptel départemental, qui est « bonne » mais reste « fragile ». Il s’agit donc de faire perdurer le partenariat entre la CAA et le CD 67, malgré les changements de compétences et les coupes budgétaires. « Un défi à relever ensemble. » RHD et aménagement du territoire Marcel Bauer a pu les rassurer sur plusieurs points. Non seulement le Département se fixe l’objectif ambitieux d’atteindre 50 % de produits locaux et 25 % de produits bios dans l’approvisionnement des restaurants hors domicile qui relèvent de sa compétence (collèges, Ehpad). « Il faudra que l’offre en produits locaux suive et que les filières s’organisent. » Et le Département compte bien continuer à mettre en œuvre ses compétences en matière d’aménagement du foncier. Chaque année, il consacre 1 million d’euros (M€) à la gestion durable du foncier, notamment via des opérations de remembrement. À plusieurs reprises au cours de cette journée les retards de paiement des MAE ont été évoqués. Si tout le monde s’accorde sur le caractère inadmissible de ces retards, Jean-Paul Bastian et Patrick Bastian mettent en garde : les MAE sont le vecteur de soutiens spécifiques, adaptés aux territoires, et l’agriculture française a besoin de tels soutiens pour rester diversifiée.

Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa)

Les conditions d’un millésime d’anthologie sont réunies

Publié le 26/07/2017

« Un raisin sain et en petite quantité », c’est ce qu’il faut retenir du millésime 2017 qui se prépare dans les vignes, et dont les conditions font penser au mémorable millésime 1947, annonce le Civa.

Le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) a fait procéder, en lien avec l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA), l’Institut français de la vigne et du vin (IFV), la Chambre d’agriculture d’Alsace et l’EPLEFPA, aux prélèvements pour les prévisions de récolte 2017. Cette évaluation quantitative s’appuie sur les travaux de modélisation établis par l’Inra de Colmar : elle se base cette année sur un réseau de 200 parcelles représentatives de l’encépagement, des spécificités pédoclimatiques alsaciennes et de l’état sanitaire du vignoble. À l’instar d’autres vignobles français, l’Alsace connaîtra une petite quantité de récolte en 2017. L’ensemble des cépages et l’ensemble des régions viticoles alsaciennes sont touchés, mais de façon plus marquée, les secteurs les plus précoces et ceux victimes des épisodes gélifs des 20-21 avril derniers, qui avaient occasionné une gelée noire impactant environ 4 500 hectares du vignoble. Cela se constate aujourd’hui à travers un faible nombre de grappes par souche, du fait principalement de la destruction des rameaux primaires. L’estimation de récolte s’élève pour l’heure à 855 000 hectolitres. Ce chiffre peut cependant encore évoluer en fonction des conditions météorologiques à venir, mais également au vu des conditions exceptionnelles de ce printemps qui peuvent biaiser le modèle d’estimation. Dont la robustesse est basée sur le scénario climatique moyen, précise le Civa. L’autre explication à cette petite quantité de récolte est attribuée aux fortes précipitations du printemps 2016, qui ont compromis l’initiation florale (qui rappelons-le se réalise l’année n - 1, au moment de la floraison, et qui est fortement dépendante de la température et la luminosité, très déficitaire lors de ce printemps 2016). Toujours en 2016, une vendange particulièrement étalée et une chute des feuilles précoces n’ont pas permis une accumulation de réserve optimale pour les vignes, précise le Civa. S’ajoutent enfin les maladies du bois rendant non productif 14 % du vignoble en moyenne, sans compter les complants ou autres pieds manquants (source : Observatoire des maladies du bois IFV). 1947-2017, millésimes d’anthologie Après un mois de janvier 2017 froid et sec, les conditions climatiques enregistrées sont douces et battent au passage certains records de chaleur. Le débourrement est précoce (6 avril en moyenne sur le vignoble). Après l’épisode de gel, les vignes se développent correctement amenant une floraison observée le 6 juin 2017. La floraison a été rapide, de l’ordre d’une semaine. À noter que pendant la période de développement végétatif, une période plus fraîche a occasionné du filage et de la coulure. Au niveau protection du vignoble, le printemps chaud et sec n’a pas permis au mildiou et à l’oïdium de s’installer dans les vignes. Début juillet, le vignoble est sain. Un facteur de satisfaction en perspective pour ce millésime… Ce contexte troublant fait d’ailleurs penser certains anciens vignerons au millésime de 1947, connu pour avoir été le millésime du siècle… Du point de vue des marchés, heureusement que le millésime 2016, satisfaisant en volume et surtout d’une excellente qualité, a permis de reconstituer partiellement les stocks de bon nombre d’opérateurs alsaciens et de maintenir les vins d’Alsace sur un maximum de marchés, tant en France qu’à l’export. Avec ce contexte 2017, l’Alsace n’aura donc pas profité longuement des bénéfices du millésime passé. Le niveau de stock théorique actuel, croisé avec le niveau prévisionnel de cette récolte, nécessitera une analyse fine de certaines opportunités commerciales pour pouvoir répondre aux demandes de l’ensemble des marchés. Mais pour rester pragmatique et selon un vieil adage vigneron, rappelons-nous que « ne pourra être réellement quantifié ce millésime que quand il sera rentré dans les caves ».

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