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Publié le 12/07/2017

Victimes d’accidents graves, parfois mortels, les bûcherons alsaciens vivent des fins de carrière difficiles. Ils appellent à une meilleure prise en compte de la pénibilité de leur travail.

Moins de 500 bûcherons communaux et domaniaux travaillent dans les forêts d’Alsace en 2017. Ils étaient 1 700 au début des années 1980. « Au fur et à mesure des années, les départs à la retraite n’ont pas été compensés par de nouvelles embauches », expose Patrick Bangert. La baisse des effectifs va de pair avec un vieillissement des bûcherons : selon la pyramide des âges de la profession, la classe d’âge la plus représentée en Alsace est celle des bûcherons âgés de 51 à 60 ans. Le délégué syndical CFDT des bûcherons ONF d’Alsace, par ailleurs administrateur à la MSA et à la CAAA, souligne que les bûcherons sont durement affectés par les problèmes de santé liés au travail : le mal de dos, les douleurs aux genoux, aux épaules, aux cervicales sont le lot des ouvriers forestiers, qui sont exposés durant toute l’année aux intempéries et aux tiques véhiculant la maladie de Lyme. « 40 ans de ce régime, et on finit tout rouillé », résume Didier Zerr, délégué du personnel CFDT, membre du CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) et bûcheron communal à Obernai-Bernardswiller. Un autre danger guette les travailleurs forestiers : l’accident, dont les conséquences sont souvent dramatiques. « Trois bûcherons sont morts par écrasement ces six derniers mois », mentionne Patrick Bangert. À lire la liste des accidents mortels enregistrés ces dernières années en forêt d’Alsace, on s’aperçoit que toutes les tranches d’âge sont concernées : le dernier, survenu dans le Nord de l’Alsace, a causé la mort d’un jeune ouvrier de 20 ans. La dangerosité et la pénibilité du métier se traduisent dans les chiffres : alors que les bûcherons ne représentent que 2 % de la population active agricole, ils comptent pour 11,3 % des accidents mortels et pour 8 % dans le nombre des incapacités de travail, relève le délégué syndical. L’âge moyen pour inaptitude, dans leur profession, est de 52,5 ans et l’espérance de vie moyenne de 62,5 ans, ce qui leur laisse peu d’espoir de pouvoir profiter de leur retraite. Pas de reclassement pour les bûcherons communaux Face à cette situation, ils espèrent une meilleure prise en compte de leur fin de carrière. Si les bûcherons domaniaux (relevant de l’ONF) peuvent parfois bénéficier d’un reclassement, les bûcherons communaux déclarés inaptes suite à un accident du travail ou à des problèmes de santé graves sont généralement licenciés, quel que soit leur âge. « C’est très difficile à vivre quand on se donne à 100 % pour son métier », expliquent Patrick Bangert et Didier Zerr. Les bûcherons domaniaux ont également obtenu des avancées en matière de retraite : depuis la loi d’avenir pour l’agriculture de 2014, ils peuvent bénéficier d’une retraite anticipée pour pénibilité, dès lors qu’ils atteignent 55 ans et justifient de 20 années de travail en forêt. Les bûcherons communaux, qui effectuent un travail similaire, aimeraient bénéficier du même dispositif. David Herrscher, président de la MSA d’Alsace, a adressé un courrier en ce sens au président de l’association des communes forestières d’Alsace, Pierre Grandadam. Un courrier resté à ce jour sans réponse. « Le conseil d’administration de la MSA d’Alsace est conscient que toute avancée sociale en faveur des bûcherons aura un coût pour les employeurs. Néanmoins, l’État et la Sécurité sociale ont pour mission d’adapter la couverture sociale pour protéger les assurés les plus fragiles », écrit David Herrscher. La MSA d’Alsace « pourrait s’engager aux côtés des communes employeurs si elles sollicitaient un financement auprès de l’État et/ou de la Sécurité sociale pour mettre en œuvre cette couverture », ajoute-t-il, estimant que celle-ci devrait relever, au moins en partie, de la solidarité nationale. Au-delà de cette revendication, les bûcherons d’Alsace plaident pour un renouvellement des équipes forestières et pour une politique de prévention renforcée. « Il faut préserver les jeunes », insistent Didier Zerr et Patrick Bangert. Le recours à une main-d’œuvre formée, locale, leur semble le meilleur gage de sécurité.

Contrat de partenariat entre Carrefour et l’exploitation maraîchère ID3A

Des volumes et des prix garantis

Publié le 12/07/2017

Le 5 juillet, l’enseigne de grande distribution Carrefour et l’exploitation maraîchère de Balgau ID3A-Fraîcheur d’Alsace ont signé un contrat de partenariat assurant l’approvisionnement en salades de plus de 500 magasins du Grand Est. De quoi garantir des volumes et des prix pour les deux parties.

« S’engager sur des volumes et des prix, c’est une première. » Le président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) s’enthousiasme pour le contrat de partenariat signé le 5 juillet entre l’enseigne de grande distribution Carrefour et l’exploitation maraîchère ID3A-Fraîcheur d’Alsace située à Balgau. Valable jusqu’à la fin de l’année 2017, ce contrat engage les deux partenaires sur un volume de commande de production de 900 000 salades (350 000 batavias blondes, 150 000 feuilles de chêne rouges, 220 000 feuilles de chêne blondes, et 150 000 laitues) ainsi que des prix « objectifs » garantis. De quoi sécuriser 15 % du chiffre d’affaires annuel de l’entreprise gérée par Claude Keller. « De notre côté, on s’engage chaque semaine à livrer les volumes prévus. Cela nous permet d’optimiser notre taux de récolte et ainsi améliorer notre coût de revient », témoigne l’exploitant. Cela fait trois ans que sa société est partenaire de l’enseigne Carrefour. Progressivement, une relation de confiance s’est établie entre les parties, toutes deux présentes au conseil d’administration de l’Ifla. « C’est cette relation de confiance qui nous amène ici », souligne Fabrice Grandjean, responsable achats Pool Est fruits et légumes chez Carrefour. « Cela prouve qu’on peut aussi vivre avec la grande distribution et, de ce fait, toute l’importance de l’interprofession », complète Claude Keller. Concrètement, ID3A-Fraîcheur d’Alsace livre tous les matins le volume de salade demandé. La production est ensuite acheminée à la centrale de distribution de Lunéville. À partir de là, ce sont plus de 500 magasins de la région Grand Est qui sont approvisionnés dans les heures qui suivent. « Nous sommes ainsi en mesure de garantir le volume, mais aussi la fraîcheur et la proximité du produit. Cela répond à la demande croissante des consommateurs pour des produits locaux », explique Fabrice Grandjean. Ce contrat de partenariat s’inscrit dans la politique soutenue par la Région Grand Est en matière d’agriculture et de consommation. Outre les enjeux environnementaux, il y a un enjeu économique fort ; les entreprises agricoles étant de grandes pourvoyeuses de main-d’œuvre. ID3A-Fraîcheur d’Alsace s’appuie par exemple sur 48 salariés à temps plein tout au long de l’année, et plus de 70 dans les périodes plus intensives.

Remise de prix aux élèves méritants de l’enseignement agricole du Bas-Rhin

Récompenser une génération d’avenir

Publié le 12/07/2017

La 41e remise de prix aux élèves méritants de l’enseignement agricole s’est tenue mercredi 5 juillet à Schiltigheim. Le service Formation emploi de la Chambre d'agriculture d’Alsace a honoré les efforts et le travail fourni par ces 59 étudiants bas-rhinois. Une récompense qui sonnait aussi comme une invitation à défendre l’agriculture dans les années à venir.

« Qu’est-ce que le mérite ? » Il ne s’agit pas ici de l’énoncé d’une épreuve de philosophie. Mais du discours de bienvenue de Christian Schott aux élèves méritants de l’enseignement agricole du Bas-Rhin, mercredi 5 juillet. Le président du service Formation emploi de la Chambre d'agriculture a défendu les valeurs de travail et d’humilité. Il a aussi rappelé leurs engagements aux 59 futurs professionnels venus avec parents et enseignants dans la salle de réception de la Maison de l’agriculture. Selon Christian Schott, « le mérite est ce qui rend une personne digne d’estime au regard de sa conduite ou des obstacles surmontés. » Car cette cérémonie n’a pas célébré les meilleures notes. Mais les plus grands progrès. « On a déjà primé des élèves qui n’avaient pas obtenu leur diplôme, explique Didier Helmstetter, ancien directeur du CFA d’Obernai. Leurs efforts étaient tout de même remarquables. » Dans la salle, une élève maman, une jeune en apprentissage en Allemagne et des personnes en reconversion. Des profils très différents unis par leur travail. Les progrès plutôt que les notes Et leur opiniâtreté aussi. « Il en faut du mérite pour s’engager dans nos métiers dans les circonstances économiques actuelles », a reconnu l’élu de la Chambre d'agriculture. Une conjoncture économique qui oblige ces futurs agriculteurs à « défendre nos filières par l’excellence de leur travail. » Un constat partagé par Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs (JA), pour qui ces étudiants vont « tirer la profession vers le haut. » Mieux, les récipiendaires ont été investis d’une mission supérieure. Partager leurs connaissances. « Votre mérite vous engage à vivre tout, mais à transmettre le meilleur », a ainsi prôné Christian Schott. Les expériences, bonnes ou mauvaises, des aînés doivent servir aux générations futures. L’élu JA s’est aussi montré heureux « de voir qu’il y a des jeunes motivés. » Mais la jeunesse n’a pas été la seule à l’honneur. Les instances agricoles ont décerné deux prix spéciaux à des vétérans de l’enseignement. Après 12 ans de bons et loyaux services, Joëlle Clouchoux, directrice du CFPPA, part pour la Direction régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt. Denis Leclercq, formateur technique hippique au CFA et CFPPA, tire sa révérence pour jouir de sa retraite. Les lauréats de tous âges sont repartis avec un diplôme honorifique et un livre. Au choix, « Histoire de la langue régionale d’Alsace » ou « Dictionnaire amoureux illustré de l’Alsace ». De quoi potasser ses connaissances du terroir pendant l’été.

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