Plus de 4 200 coureurs étaient inscrits au départ du 13e marathon du vignoble d’Alsace. Les vignerons de la région de Molsheim-Marlenheim se sont mobilisés pour assurer le ravitaillement des sportifs, dans une ambiance festive et débridée.
Trois courses - quatre avec celle des enfants -, 12 stands gastro-viniques, 42 kilomètres de circuit, plus de 4 200 participants inscrits : organisé le week-end dernier, le marathon du vignoble d’Alsace a connu son succès habituel. Il y a ceux qui viennent pour le sport, mollets galbés par l’entraînement, poumons gonflés par l’effort, bien décidés à grappiller quelques minutes sur leur performance de l’année dernière. Et il y a ceux qui viennent pour le fun, perruque fluo sur la tête, en costume de bagnard, de légionnaire romain, ou simplement vêtus d’une couche-culotte…
Pourtant, quelque chose réunit les participants : c’est la joie de courir dans un environnement unique, protégés de l’ardeur du soleil par les nombreux nuages qui défilent dans le ciel. Le circuit, qui traverse 17 villages de Molsheim à Marlenheim, offre une vue sans pareil sur la mosaïque des cultures de cette petite région traversée par la Mossig : les vignes y côtoient les parcelles de blé et de maïs, les vergers de cerisiers succèdent aux champs de tournesol.
Rutscherle et gobelets en carton
Les vignerons du secteur sont à pied d’œuvre. Ils assurent le ravitaillement des coureurs sur des stands répartis le long du parcours. À Dorlisheim, première des 12 étapes gastro-viniques, des rutscherle remplis de sylvaner accompagnés de brioche attendent les coureurs. « Plus ils sont déguisés, plus ils s’arrêtent », constate un jeune vigneron, amusé, en regardant défiler les marathoniens encore fringants. Suivent les stands kougelhopf-pinot blanc à Mutzig, choucroute-riesling à Molsheim, tarte flambée-pinot noir rosé à Ergersheim. Distants de quelques kilomètres, les stands des vignerons alternent avec des points de ravitaillement sportif : là, c’est l’eau qui coule à flots, comme à Avolsheim, où les bénévoles du village ont aligné les gobelets en carton qu’ils remplissent d’eau du réseau.
À Scharrachbergheim, les coureurs du semi-marathon attendent 10 h pour prendre le départ. Une foule joyeusement colorée se presse derrière les barrières pour encourager les marathoniens, qui ont déjà 21 km dans les jambes. L’effort se lit sur leurs visages. Les coopérateurs de la cave du Roi Dagobert ont vu passer les premiers quelques minutes plus tôt. Ils ont prévu une cinquantaine de bouteilles de pinot gris. « On va les écouler sans problème », prédit Sébastien Kaspar, en servant un verre à un coureur - chirurgien.
En sortant de Wangen, les sportifs attaquent une côte bordée de vignes. Le 30e kilomètre n’est plus très loin. Pas de quoi réjouir Muriel, qui souffre d’ampoules aux pieds. « Allez Muriel ! », l’encourage un groupe de Vosgiens assis sous un cerisier. Ils sont venus soutenir leur fille, Sandra, qui participe à son premier semi-marathon. « C’est pas elle, là-bas ? », interroge la mère. Non, Sandra est encore loin : le deuxième coureur du semi-marathon, reconnaissable à la couleur verte de son dossard, vient tout juste de passer.
Arrivés à Wolxheim, au 39e kilomètre, les coureurs passent au régime sucré - muscat et pain d’épices - pour finir les 42 km avec un duo mignardises-crémant. La ligne d’arrivée franchie, il ne leur reste plus qu’à rejoindre le village marathon, où chaque finaliste reçoit… une bouteille de pinot blanc auxerrois. Quant aux vainqueurs de la course la plus longue, Yoann Altmeyer chez les hommes et Aurore Soliveres chez les femmes, ils sont priés de monter sur la balançoire : sur le siège d’en face, une caisse en bois que l’on remplit de bouteilles de vins d’Alsace jusqu’à ce que leur poids soit atteint.