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70 ans de Foire aux Vins à Colmar

Quand musique et vin font bon ménage

Publié le 20/07/2017

Cet été s’entame la 70e édition de la Foire aux vins de Colmar, soixante-dix années de mise à l’honneur du terroir régional par des spectacles, des démonstrations, des divertissements, ne l’oublions pas, par de la musique. Retour sur l’histoire de ce festival de musique et ce à quoi il ressemble cette année.

Une Histoire de Foire… Revenir dans les plus jeunes années de la Foire peut laisser apparaître quelques surprises. Cette dernière accueille en effet des artistes depuis 1958, dix ans après sa toute première édition (en 1948), certes, mais cela montre avec étonnement que cet événement alsacien serait l’une des premières manifestations type festival concernant la musique moderne. Encore loin de l’apparence du Festival de Woodstock (et cela n’est sûrement pas une mauvaise chose), la réunion de plusieurs artistes autour d’une même scène pour une occasion précise serait en effet la définition d’un festival. Et en 1958, ceci n’était pas encore pratique courante. Ce projet fou est impulsé par l’imprésario Johnny Stark, le responsable de la programmation musicale de la Foire cette année-là. À lui seul, il réussit à faire venir Luis Mariano, Dalida, Jean Yanne et bien d’autres sur la scène colmarienne. Le festival de musique de la Foire aux vins est lancé. De là, tout s’accélère. La Foire aux vins ne se séparera plus de ses concerts. Et les artistes sont de plus en plus nombreux à venir rencontrer le public alsacien. Les plus grandes célébrités des « sixties » sont de la partie : Brel, Trenet, Hallyday, Nougaro… Ce serait difficile de tous les citer. Les années se succèdent et le festival ne cesse de grandir. En 1968 la Foire qui célèbre sa 21e édition fait venir environ 200 000 visiteurs, répartis sur cinq énormes halls et un théâtre de plein air. Ce dernier s’agrandit d’année en année et l’on fait venir davantage d’artistes de la scène internationale : Ike & Tina Turner et les Humphries Singers dans les années 1970, The Wailers dans les années 1980, Motorhead, Jimmy Cliff, Kool & The Gang, The Scorpions, Keziah Jones, Iggy Pop, Marylin Manson dans les années 1990-2000… En 2006, nouveau record, plus de 250 000 personnes viennent écouter les artistes de la Foire. La Foire aux Vins constitue alors l’un des plus gros événements culturels français du moment. À la fin des années 2000, la musique électronique émerge en France et Colmar suit la tendance : la première Nuit Blanche de la Foire a lieu en 2009 où les DJ David Guetta, Martin Solveig et Bob Sinclar font danser les Alsaciens jusqu’à l’aurore. On comprend à présent mieux l’importance de ce festival, il passe en 2011 la barre des 600 artistes accueillis, ce qui s’explique très simplement : depuis 1958, le festival n’a été absent qu’une seule fois en 1979 à la suite d’un incendie qui causa trop de dégâts matériels. Cette année les organisateurs du festival comptent bien perpétuer cet événement musical avec une programmation qui met tout le monde d’accord. Gaëlle Magnien  

Publié le 13/07/2017

L’aire d’alimentation de captage de Bouxwiller est classée en zone vulnérable. Les agriculteurs y sont soumis à un certain nombre d’obligations, notamment en ce qui concerne la gestion des effluents d’élevage. Leur compostage peut constituer une solution pour réduire l’impact des épandages sur la qualité de l’eau.

Vulnérable, l’aire d’alimentation de captage de Bouxwiller l’est à plusieurs titres. La géologie de son sous-sol, caractérisé par des failles au niveau du Batsberg, conduit à une circulation de l’eau chaotique. Et, à l’inverse d’autres captages, il est impossible d’y envisager des interconnexions, qui peuvent permettre de rétablir la qualité d’une eau dégradée par dilution. Il n’y a donc pas de plan B. Aussi les collectivités publiques sont-elles particulièrement vigilantes à la préservation de la ressource en eau, et encouragent les initiatives allant dans ce sens. C’est ainsi que des agriculteurs du secteur se sont regroupés et participent régulièrement à des réunions d’information, des réunions techniques… La dernière en date avait lieu à Riedheim, jeudi 29 juin, et portait sur le compostage. Des teneurs en nitrate en baisse En introduction, Jérôme Thien, agent développement durable de la ville de Bouxwiller, a donné quelques nouvelles de la qualité de l’eau. Et elles sont plutôt bonnes : « Depuis la mise en place du captage, les teneurs en nitrate diminuent. La teneur moyenne a même diminué de cinq points entre 2015 et 2016. Mais les premières analyses de 2017 repartent à la hausse », décrit-il. En cause : les fameuses failles du Batsberg, qui conduisent à une évolution erratique des concentrations en éléments. « Mais la tendance de fond est à la baisse », affirme Jérôme Thien, courbe à l’appui. Il souligne d’ailleurs les efforts qui ont permis d’atteindre ce résultat, notamment sur la disposition des tas de fumier. Le constat est le même pour les résidus de produits phytosanitaires : « On trouve encore des dérivés d’atrazine, mais pas d’autres molécules ». Contrairement à d’autres captages, où du s-métolachlore est détecté. Plus de souplesse avec les composts David Kraemer, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace, a procédé à quelques rappels sur la directive Nitrate, adoptée en 1991 avec deux objectifs : réduire la pollution de l’eau par les nitrates, et prévenir l’extension de cette pollution. La directive européenne a été transposée en droit français avec des dispositions en matière de suivi de la qualité de l’eau, de délimitation de zones vulnérables, et l’établissement d’un code de bonnes pratiques. C’est ainsi que, le captage de Bouxwiller ayant été classé en zone vulnérable, les agriculteurs y sont soumis à diverses obligations : équilibre de la fertilisation azotée, établissement d’un plan de fumure et enregistrement des pratiques, respect d’un calendrier et de conditions d’épandage, d’une certaine capacité de stockage… Les fertilisants sont classés en quatre types, avec des calendriers d’épandage différents pour chacun. De ces calendriers il ressort que « la mise en place d’engrais verts apporte de la souplesse aux épandages ». Et qu'« élaborer du compost constitue un levier pour gérer les liserons, parce que cela permet de laisser le temps aux liserons de se développer, pour mieux les atteindre, avant d’implanter une Cipan pour pouvoir épandre les effluents ». Les composts sont aussi plus adaptés aux agriculteurs qui pratiquent le semis direct par rapport à des fumiers qu’ils ne peuvent pas enfouir puisqu’ils s’interdisent tout travail du sol. Enfin, les conditions d’épandage sont plus souples pour les fumiers solides, les composts que pour les autres types d’effluents. Un produit vivant à savoir soigner David Kraemer a ensuite détaillé le processus de compostage, qui consiste en « la transformation contrôlée d’un produit en un autre par l’action des micro-organismes, ce qui nécessite de l’oxygène, de l’eau, un rapport C/N équilibré et une montée en température ». C’est ce besoin en oxygène qui explique qu’une des techniques de compostage les plus utilisées consiste à disposer les effluents en andain, et à régulièrement les retourner pour les aérer. L’humidité du tas est un autre paramètre à maîtriser car il s’agit de conserver un bon équilibre. Si le tas est trop humide il risque de donner du « beurre noir ». Pour rectifier le tir, il est possible d’ajouter de la paille. S’il est trop sec, il devient pailleux et il convient alors d’ajouter de l’eau ou du lisier lors d’une aération. Le compostage conduit à une diminution du volume de matière, donc à une concentration des éléments dans le produit, à une réduction des odeurs, et permet d’obtenir un produit plus stable, plus facile à épandre, et hygiénisé grâce à la montée en température. Le compostage fait intervenir successivement des bactéries, puis des champignons. Il est possible de les laisser agir plus ou moins longtemps, en fonction de l’usage destiné au compost. Un compost frais va booster la vie du sol. Tandis qu’un compost mâture renforcera sa teneur en matière organique. Il s’agit donc de distinguer différents produits. Le fumier assaini n’est laissé en tas qu’une quinzaine de jours. Il est encore en phase thermophile, et riche en biomasse microbienne. Les composts jeunes ont entre un et trois mois, ils ont été retournés deux à trois fois. La température est encore élevée au cœur du tas. Le rapport C/N est compris entre 10 et 15. L’humification des chaînes carbonées s’amorce. Les composts très retournés ont environs 4 mois et ont été retournés environ cinq fois. Ils correspondent à un produit très stable et homogène. Les composts mûrs ont entre 4 et 6 mois. Proches de l’humus, ils sont plus considérés comme un amendement que comme un fertilisant car l’effet fertilisant s’exprime à long terme. « Au-delà de quatre mois, il devient nécessaire de bâcher les tas pour ne pas perdre en potentiel fertilisant », indique David Kraemer. Ces différents types de composts ne s’épandent ni aux mêmes doses, ni aux mêmes périodes. C’est pourquoi David Kraemer conseille de conduire plusieurs tas en parallèle, afin d’avoir aussi bien des produits fertilisants qu’amendants, et de pouvoir les valoriser différemment selon les cultures. Cette demi-journée technique s'est achevée par une démonstration à retrouver en vidéo ci-dessous :  

Zoom sur une élève méritante

Une apprentie sur deux rives

Publié le 13/07/2017

Léa Geissler vient de terminer son BTS gestion de l'eau en alternance au CFA d'Obernai. Petite particularité, son employeur est basé en Allemagne. 

Sept heures de cours par jour ? Très peu pour Léa Geissler. À sa sortie du lycée, en 2015, cette originaire de Dessenheim ne veut pas suivre un cursus classique. Elle se lance alors à la chasse au contrat d'alternance, dans le domaine de la gestion de l'eau. Un parcours du combattant qui finit par payer. « J'ai envoyé des dizaines de CV autour de chez moi et plus loin, sans résultat », se dépite-t-elle. Son salut viendra d'Allemagne. Un récent partenariat entre le CFA d'Obernai et des entreprises allemandes lui permet d'intégrer la station de traitement des eaux de Breisach-Grezhausen, voisine de Neuf-Brisach. Pénurie d'alternants en Allemagne Car les employeurs allemands ont de grosses difficultés à trouver des prétendants à l'alternance. À l'inverse de leurs homologues français qui croulent sous les demandes de jeunes motivés. La française a donc ôté une épine du pied à Michael Hacker, son patron. « En général on met des mois à trouver un alternant », confirme-t-il. Il se dit « très fier » de voir son apprentie recevoir le prix d'élève méritante. D'autant plus que la jeune fille est la première française à travailler à la station d'épuration. Dans une entreprise composée à presque 100 % d'hommes, « Léa a apporté une certaine diversité et nous a beaucoup appris. »  Une formule bénéfique pour tous Un sentiment partagé par l'intéressée. Quand elle débarque à Breisach, à 18 ans, elle a un bon niveau d'Allemand, mais est « loin de le parler couramment. » Problématique pour travailler ? Pas du tout selon la jeune femme. « Ils m'ont très bien accueillie, et j'ai beaucoup progressé. » Modeste, elle refuse d'assumer son niveau bilingue. Mais une bonne atmosphère de travail ne fait pas tout. Les compétences techniques qu'elle a acquises au cours des deux ans de BTS vont lui servir dans sa vie professionnelle. Et elle garde l'impression d'avoir appris plus de connaissances pratiques que ses camarades en France. À l'inverse, son chef a particulièrement apprécié l'enseignement fourni par le CFA. Des cours « généraux » qui forment les alternants de manière plus complète qu'outre-Rhin. Renouveler l'expérience Seul regret du manager allemand ? Léa a décliné son offre de prolonger pour une troisième année son contrat. Pourtant l'expérience a convaincu. Michael Hacker va embaucher un nouvel alternant dès l'année prochaine. Didier Helmstetter, chargé de développer les programmes transfrontaliers auprès du CFA, confie vouloir multiplier les contrats dans les années à venir. Il vient même de conclure un partenariat avec une école allemande. Désormais, les étudiants français pourront étendre leurs études d'un an et ainsi obtenir l'équivalent du BTS en Allemagne. Léa, quant à elle, va mettre à profit son expérience pour « voir autre chose. » Normal à 20 ans. Retourner en Allemagne ? Pas une priorité. Pourtant, elle s'empresse de préciser qu'elle « ne se ferme aucune porte pour autant. » Après tout, les voyages ne forment-ils pas la jeunesse ?

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