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Semis sur couverture végétale (SCV)

Des couverts à contenir

Publié le 21/06/2017

La Chambre d’agriculture d’Alsace a proposé, les 7 et 15 mars derniers, une formation « semis sur couverture végétale » destinée en priorité aux agriculteurs situés en zone hamster. Les intervenants ont présenté les intérêts et les points de vigilance à observer avec ce mode de culture.

L’objectif de base de cette formation était de comprendre le fonctionnement du système de SCV et d’en appréhender les impacts techniques et économiques. Mais, face à un public d’agriculteurs ayant pour la plupart déjà effectué des essais de SCV plus ou moins concluants dans leurs systèmes, les deux intervenants ont pu entrer dans le vif du sujet, à savoir les modes de gestion des systèmes de culture en SCV. Car si, sur le papier leurs atouts agronomiques, économiques et environnementaux sont indéniables, en pratique, il n’est pas rare d’essuyer des revers. Des désherbages compliqués Jérôme Labreuche, ingénieur au service Agronomie, économie et environnement à Arvalis-Institut du végétal y est spécialisé en travail du sol et en intercultures. Il a présenté les résultats obtenus par l’institut technique dans le cadre de ses expérimentations. L’une d’elle vise notamment à tester la conduite d’un couvert permanent de luzerne dans une rotation colza, blé d’hiver, orge d’hiver, maïs. Pour l’instant, c’est surtout l’effet du couvert sur la fertilisation azotée qui a été travaillé. « Si le couvert est bien développé, il peut entraîner une augmentation du rendement en blé de 5 à 10 % », indique Jérôme Labreuche. La maîtrise du développement du couvert afin qu’il ne pénalise pas la culture constitue un facteur de réussite crucial de la technique, mais ce n’est pas le seul : « Le fait de mélanger plusieurs espèces limite les possibilités de désherbage si l’on veut à la fois conserver la culture et le couvert vivants. » C’est d’ailleurs en partie pour cette raison que le SCV ne se développe pour l’instant que dans des systèmes où on n’utilise pas ou peu d’herbicides. Le challenge des prochaines années va donc être de déterminer dans quelle mesure un couvert pourrait aider à maîtriser les adventices en utilisant moins d’herbicide, et sans pénaliser la culture. C'est ce qu'il explique dans cette vidéo : D’abord bien implanter le couvert En attendant, Jérôme Labreuche a présenté les premiers enseignements tirés de la conduite d’un couvert de légumineuse sur blé. Première étape : il faut démarrer avec un couvert propre. « Attention donc aux légumineuses pérennes lentes à s’installer, comme le trèfle blanc, car elles laissent un terrain de jeu favorable aux adventices. » Pour laisser aux légumineuses le temps de s’installer sans trop être envahies par les adventices, il peut s’avérer intéresser de les implanter dans un couvert, par exemple dans la culture précédente, avec une culture fourragère annuelle, ou en interculture avec une espèce associée rapide à s’installer et facile à détruire, typiquement un mélange avoine et trèfle blanc, l’avoine étant par la suite éliminée avec un anti-graminées. Une autre solution consiste à installer le couvert permanent sous colza d’hiver. Il s’agit alors de semer la légumineuse assez tôt et en même temps que le colza, la première se développant modérément dans le second, jusqu’à ce qu’il soit récolté. À partir de ce moment-là, le couvert peut se développer jusqu’au semis du suivant. Jérôme Labreuche a également évoqué la possibilité d’installer un couvert permanent sous maïs fourrage, à la bineuse, au stade 3-4 feuilles du maïs pour une légumineuse et au stade 6-8 feuilles pour un ray-grass. Ce qui peut venir télescoper des opérations de désherbage. Cette technique présente l’avantage de combiner un binage et le semis du couvert. Mais comme le binage se fait généralement sur sol ressuyé alors que la levée du couvert requiert de l’humidité, il est difficile de réaliser les deux opérations en conditions optimales. Puis le réguler Il s’agit ensuite de réussir à implanter une culture compétitive, soit qui pousse mieux et plus vite que le couvert. Ce que Jérôme Labreuche conseille d’obtenir avec un semis précoce d’une variété précoce et à un écartement réduit. Le choix de la variété est important également. Elle doit être vigoureuse, avec un bon pouvoir couvrant, et peu sensible à la verse. La culture doit être bien implantée, car le couvert devient souvent très compétitif d’une culture claire. Et la fertilisation doit être adaptée (précoce, localisée, et pas excessive au risque de perdre le couvert). Troisième préalable indispensable à la réussite d’un SCV, le couvert ne doit pas exploiter les mêmes ressources que la culture. Mais, quelle que soit l’espèce choisie, elle entrera inévitablement en compétition avec la culture. Il s’agit donc de faire le choix du moindre mal. Et, si possible, de séparer culture et couvert dans l’espace, ou encore de réguler le couvert aux périodes de compétition potentielle avec des herbicides, ce qui suppose de bien connaître la dynamique de croissance du couvert. Pour illustrer ces propos, Jérôme Labreuche a projeté des photos d’un essai croisant différents types de couvert et différentes stratégies de désherbage. Dans certaines modalités, le désherbage s’avère nécessaire pour réguler le couvert. Car lorsque le trèfle blanc ou le lotier commence à dépasser le blé, la récolte devient compromise. Mais, outre les herbicides, Jérôme Labreuche a également évoqué une autre technique de régulation des couverts : la fertilisation azotée. En effet, celle-ci favorise la céréale par rapport à la légumineuse. « C’est une technique qui fonctionne avec de l’anticipation, et qui est moins chère et plus vertueuse en matière d’IFT qu’un traitement chimique. » Puis, il a présenté les résultats d’un screening d’herbicides blé sur couverts issus de sept essais. Il faut en retenir que les différentes légumineuses testées présentent des comportements très différents vis-à-vis des herbicides, et qu’un désherbage constitue donc toujours une prise de risque. Aussi, la régulation mécanique des couverts va-t-elle être travaillée dans les prochains essais. Et le tenir sous contrôle Jérôme Labreuche a également présenté les conséquences de la présence d’un couvert permanent dans du maïs, avec l’exemple d’un maïs d’orge de printemps, semé le 23 avril 2013 dans un couvert de trèfle qui avait été semé le 23 août 2012 et freiné au glyphosate lors du semis du maïs. Malgré un trèfle resté petit, « l’expérience ne s’est pas avérée concluante », indique Jérôme Labreuche. Le rendement du maïs avec couvert de trèfle blanc vivant plafonne à 56,5 q/ha, contre 92,7 q/ha sur sol nu. C’est surtout le nombre de grains par plante qui explique cette contre-performance : il est de 270 grains par plante sous couvert de trèfle blanc vivant, contre 445 grains par plante sur sol nu. « Il y a probablement eu une consommation d’azote par le jeune trèfle en développement. Il aurait peut-être fallu le détruire, avec un passage de strip-tiller, ou d’herbicide localisé. » Jérôme Labreuche a également commenté des résultats d’essais de désherbage, dont le principal enseignement est l’importance de réaliser un rattrapage de post-levée, sous peine de voir le couvert repartir de plus belle et entrer tardivement en compétition avec la culture. Aussi conclut-il : « Il ne faut jamais laisser de répit au trèfle, toujours le tenir sous contrôle. » Parmi les spécialités chimiques testées, la vigueur du trèfle a été la plus efficacement contenue avec l’Adengo à 2 l/ha : « Cette modalité a permis à la fois de lever la concurrence du trèfle sur le maïs, tout en conservant des bourgeons qui pourront repartir des stolons pour faire de nouvelles feuilles. » En 2016, Arvalis-Institut du végétal a testé différentes modalités d’implantation d’un maïs dans des couverts permanents de sainfoin, trèfle blanc ou trèfle violet. La conduite de l’interculture avait été effectuée soit avec un déchaumage au Rubin la veille du semis du maïs (28 avril) soit avec du Glyphosate et du 2,4D le 18 mars, suivi ou non de deux passages de stip-till le 24 mars puis le 27 avril. Différents programmes herbicides ont également été comparés. « Les meilleurs résultats ont été obtenus avec le trèfle violet, qui a pu être maîtrisé correctement avec le glyphosate et le 2,4 D. Les résultats sont moins bons avec le déchaumage car le passage de l’engin a créé des mottes qui ont pénalisé la levée du maïs et le rendement en a pâti. À l’inverse, le couvert de sainfoin a été bien régulé par le déchaumage, sans créer de mottes, alors que la régulation chimique n’a pas été suffisante. » Globalement, les rendements sont inférieurs avec le couvert de trèfle blanc. Et les programmes herbicides intégrant une régulation précoce du couvert (Adengo en plein ou en localisé) donnent les meilleurs résultats. Enfin, Adengo donne toujours de meilleurs résultats que Dual. Mieux vaut un couvert mort qu’un mauvais couvert ! Les itinéraires techniques de conduite d’un maïs dans un couvert permanent se précisent donc. Jérôme Labreuche a listé les points qui lui semblent importants à retenir : « Il faut maintenir le couvert sous pression. » Il préconise donc une application de glyphosate 2-3 semaines avant le semis. Puis, il s’agit de favoriser la culture, avec une fertilisation localisée. Et de ne pas relâcher la pression sur le couvert, avec des désherbages de pré et de post-levée suffisamment efficaces. Le trèfle blanc apparaît assez concurrentiel, donc peu adapté à cette pratique. « Il existe d’autres variétés de trèfle, peu commercialisées en France, mais qu’il serait intéressant de tester car elles pourraient permettre de se passer au moins en partie de glyphosate », précise Jérôme Labreuche. Il avertit : « Les pertes de rendement sont potentiellement importantes. Maïsadour rapporte une perte de rendement moyenne de 10 % sur leurs essais avec du trèfle blanc en sable humifère, et malgré des itinéraires optimisés. » Les pertes peuvent donc être encore plus lourdes, en cas de stress hydrique en particulier. Enfin, la pérennité du trèfle blanc, qui est lui aussi concurrencé par le maïs, n’est pas assurée. Au fil des essais il apparaît qu’il est difficile de le garder plus de deux ans sans sursemis. Pour conclure, Jérôme Labreuche, estime que semer un maïs sur un couvert gardé vivant est une pratique « risquée ». Par contre, le maïs a une très bonne capacité à récupérer l’azote relargué par un couvert détruit en sortie d’hiver : « Détruire le couvert peut donc être une solution, son azote sera valorisé. »

Désherbage mécanique

Une technique qui s’anticipe

Publié le 19/06/2017

La volonté des pouvoirs publics de restreindre l’utilisation des produits phytosanitaires incite de plus en plus d’agriculteurs à franchir le pas des techniques alternatives. Parmi elles figure le désherbage mécanique. Qui peut donner de bons résultats à condition de respecter certaines règles.

Dans le cadre de la Semaine des alternatives aux pesticides, qui s’est déroulée du 17 au 26 mars en Alsace, la Chambre d’agriculture d’Alsace organisait à Mommenheim une démonstration de deux outils de désherbage mécanique, une houe et une herse étrille de marque Hatzenbichler. Le principal risque que fait courir le désherbage mécanique, c’est celui d’arracher la culture en même temps que les adventices. Mais, en prenant certaines précautions, cela ne devrait pas arriver : « Il faut soigner la préparation du sol, de façon à avoir un sol le plus nivelé possible, et augmenter un peu la densité de semis », indique David Kraemer, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Les conditions d’intervention sont également importantes : « L’idéal, c’est d’intervenir sur un sol ressuyé et de préférence avant deux à trois jours de temps sec pour que les adventices arrachées s’assèchent en surface », détaille-t-il. D’autres facteurs conditionnent l’efficacité de l’intervention, notamment le type de rotation, la date de semis, la variété… « L’idéal est d’utiliser une variété qui démarre très vite en sortie d’hiver et au port étalé », note Benoît Gassmann, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Désherber mais pas que La houe est un outil polyvalent, utilisable sur de nombreuses cultures et adventices, avec un débit de chantier élevé. Au-delà du désherbage, elle est aussi efficace pour casser les croûtes, ou encore effectuer un faux semis. Efficace sur jeune plantule, la houe le sera moins sur des vivaces ou sur des plantes à système racinaire pivotant, et son efficacité s’estompe sur sols meubles. Autre inconvénient : « Les possibilités de réglage sont limitées. » La houe rotative Hatzenbichler comporte 36 bras équipés d’un système non-stop à doubles ressorts. Les étoiles en acier de 550 mm de diamètre sont suivies d’une rangée de dents étrilles de série, qu’il est possible de compléter avec une deuxième rangée en option. L’agressivité de leur travail peut être réglée grâce à trois positions. Et le sens de rotation des étoiles peut être inversé. Il est donc possible de travailler avec la pointe ou le dos de la cuillère selon le type de sol. L’ensemble de l’outil pèse 1,7 t, et requiert donc un tracteur d’une puissance de 100 ch minimum. Selon les modèles, l’investissement sera de 15 000 à 20 000 €, sachant que, dans les aires d’alimentation des captages d’eau potable, il est possible de bénéficier de subventions allant de 40 à 60 % de l’investissement. Des plantes boostées par le stress La herse étrille est également un outil relativement polyvalent, avec un débit de chantier élevé, mais qui peut s’avérer limite en conditions battantes. Autres limites : « un risque de bourrage sur colzas en sortie d’hiver, de peignage lorsqu’il y a beaucoup de résidus, et une pénétration réduite sur sols secs ou limoneux. » Outre l’action de désherbage, un passage de herse étrille permet d’aérer le sol, de le niveler, d’incorporer des engrais… Plus la herse est passée sur des cultures jeunes, plus il est conseillé de rouler lentement. Il est conseillé d’intervenir lorsque les adventices sont encore au stade de jeunes plantules, et d’éviter les stades sensibles des cultures, telle que l’émergence. Lors des premières utilisations, l’effet d’un passage de herse étrille sur les cultures peut faire peur. Mais David Kraemer l’assure, il ne faut pas se fier aux apparences : « Les plantes s’en remettent vite. Elles sont même parfois boostées par ce stress. » Un travail sur mesure Toutes les dents de la herse étrille Hatzenbichler sont équipées de trois spires de ressort. Elles sont fixées sur des paniers très flexibles, à raison de huit paniers pour une largeur de travail de 12 m. Elles ne sont pas trop longues, afin de bien rester dans leur ligne de travail. Et quatre roues de jauge permettent de bien maîtriser la profondeur de travail. Différents diamètres de dents sont proposés, ce qui permet d’adapter le travail aux cultures. « Les dents de 8 mm de diamètre sont plutôt destinées à l’entretien des prairies », illustre David Kraemer, qui constate : « Les réglages d’une herse étrille sont parfois délicats au début, mais deviennent plus faciles avec la pratique. » Compter 12 000 € pour un modèle à réglage manuel et 15 000 € pour un modèle à réglage hydraulique. Retrouvez cette démonstration en images :  

Publié le 18/06/2017

Pour ses 60 ans, la cave de Pfaffenheim s’est offert une belle inauguration de sa nouvelle ligne de conditionnement. Une manière également de fêter sa santé économique retrouvée.

Pour ses 60 ans, la cave de Pfaffenheim réussit la double performance de glaner à l’international une belle série de médailles remarquées au Decanter Wine World Awards, et de faire progresser très sensiblement son chiffre d’affaires, notamment à l’export : + 58 % entre 2014 et 2016, précise le directeur Frédéric Raynaud. Une triple performance même, puisque cette réussite s’inscrit « dans une période de turbulences climatiques et économiques », que traverse le vignoble alsacien, notamment avec « une concurrence internationale de plus en plus pressante, dans un contexte de faibles disponibilités des vins d’Alsace », précise-t-il. D’où cet appel du pied du directeur de « Pfaff » et de son président, Jean-Luc Hanauer, au vignoble pour l’inciter à « innover, à aller plus loin dans la recherche de nouveaux produits, mais en s’inspirant de la tradition ». En gardant toujours bien à l’esprit l’objectif de « créer de la valeur ajoutée, de valoriser les vins tout en poursuivant l’amélioration de la rentabilité ». Tout ceci pour rémunérer ses viticulteurs, résume Frédéric Raynaud. Une volonté de coller au marché Le dernier investissement en date, pour 2 millions d’euros (M€), concerne « une chaîne de mise en bouteille ultramoderne, entièrement inertée, pour obtenir des vins plus frais, une meilleure persistance aromatique, et de l’élégance, ce que veulent les consommateurs… », précise le directeur. Il traduit cette volonté d’« innover pour être performant en prenant en compte les attentes des marchés ». Il fait suite à l’automatisation de l’encaissage et la palettisation en 2014, pour 700 000 €, afin de « fiabiliser la chaîne logistique et la gestion des flux par flashage ». Et en 2013, à l’achat d’un pôle logistique de 3 000 m2 sur Colmar. Au total, ce sont pas moins de 15 M€ qui ont été investis. Des investissements particulièrement orientés sur le service export, comme la capsule à vis, « sans renier ses savoir-faire ancestraux et la tradition ». De fait, la cave de Pfaffenheim exporte aujourd’hui 60 % de sa production au Japon, Canada, Russie, Israël, Islande et Brésil. La coopérative : un modèle d’entreprise Cet anniversaire était aussi l’occasion pour Jean-Luc Hanauer de réaffirmer les valeurs coopératives qui président aux destinées de la cave de Pfaffenheim. « Bien plus qu’un regroupement de moyens techniques, la coopérative est un modèle d’entreprise démocratique et durable, fondée sur des valeurs éthiques de responsabilité, de solidarité et de transparence. C’est un acteur du développement économique et social », a-t-il souligné. Rappelant aussi que l’histoire de la cave coopérative n’a pas toujours été un long fleuve tranquille, la fusion avec la cave de Gueberschwihr en 1968, ou encore « les turbulences des années 1980 ». De 40 hectares lors de son lancement en 1957, la cave compte aujourd’hui 320 ha et 153 adhérents. Jean-Luc Hanauer a rappelé l’œuvre de ses prédécesseurs, Arthur Boesch, « l’artisan de la fusion », René Burn qui « a pris le destin de la cave à bras-le-corps », puis Aimé Roeslé, président de 1996 à 2009. Mais également celle de Michel Kueny, le chef de cave qui, pendant 45 ans, a contribué à sa réussite pour faire de « Pfaff » une référence qualitative. En « clin d’œil aux jeunes », le président Hanauer a enfin dit sa « fierté de transmettre des valeurs humaines et professionnelles, et de redonner du sens à la profession en leur indiquant le chemin ». Et de conclure sur un mot de Descartes : « Apprendre, comprendre et transmettre, c’est exister. »

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