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Développement forestier

Forestiers d’Alsace dans la tempête

Publié le 11/06/2017

Privée de subventions, Forestiers d’Alsace a dû licencier ses quatre techniciens, ce qui remet en cause de nombreuses actions de développement forestier. La fédération réclame le retour en Alsace de la taxe additionnelle sur le foncier non bâti.

Cette année, Forestiers d’Alsace aurait dû fêter 50 ans de développement forestier. Pourtant, le cœur n’est pas à la fête. La fédération, née en 2015 de la fusion de Bois et Forêts 67 et de Forêts Services 68, a dû licencier ses quatre techniciens suite à une baisse importante de ses financements, a confirmé Jean-Marie Batot, son président, à l’assemblée générale de la fédération, le 13 mai dernier à Steige. En avril 2016 déjà, Jean-Marie Batot avait tiré la sonnette d’alarme, estimant que les annonces sur la gestion future du Fonds stratégique de la forêt et du bois et la réorganisation territoriale menaçaient « l’équipe de techniciens compétents et dévoués » qui œuvrent au service du développement forestier en Alsace. Vote d’une résolution, lettre d’information aux élus, interpellation des représentants de l’État et du Conseil régional, adoption d’une motion diffusée aux parlementaires alsaciens, courrier au ministre de l’Agriculture… Les démarches entreprises n’ont pas eu l’effet escompté. 800 jours d’activité perdus La réforme territoriale a privé Forestiers d’Alsace des subventions versées jusqu’alors par la Région Alsace et par les deux Départements alsaciens - respectivement 147 000 € et près de 60 000 € en 2016. Face à cette situation, « les membres du bureau n’ont pas eu d’autres solutions que de cesser les activités subventionnées et de procéder à contrecœur au licenciement économique ». Si les quatre salariés concernés ont pu retrouver un emploi dans le secteur forestier, les conséquences de leur départ vont se faire sentir durablement : « Nous avons perdu annuellement plus de 800 jours d’activité de conseil et de services suite au départ forcé de techniciens cumulant plus de 80 années d’expérience, déplore Jean-Marie Batot. Nous découvrons progressivement l’impact irrémédiable dans les domaines de l’amélioration foncière et des visites-conseil ». Dans ce contexte, une réorganisation s’impose. Celle-ci devra se faire « en cohérence avec les impératifs du service forêt de la Chambre d’agriculture et du Centre régional de la propriété forestière, à présent installé à l’échelle du Grand Est », estime le président de Forestiers d’Alsace, soulagé malgré tout que les quatre conseillers forestiers de la Chambre d’agriculture aient été maintenus. « Une mutualisation inacceptable » Reste qu’une menace plane toujours sur le développement forestier en Alsace : la création d’un service « Valorisation du bois et du territoire » au sein des Chambres d’agriculture, confirmée par un décret daté du 3 mai dernier, va entraîner la remontée des contributions des forestiers alsaciens (les « centimes forestiers ») dans un fonds national dit « de solidarité et de péréquation ». Ces contributions, collectées par le biais de la taxe additionnelle à la taxe sur le foncier non bâti (TATFNB), sont actuellement conservées par la Chambre d’agriculture. Pour Jean-Marie Batot, une mutualisation, « qu’elle soit nationale ou régionale est tout simplement inacceptable au regard des différences invraisemblables de contribution ». En Alsace, la fiscalité foncière par hectare de forêt est la plus élevée de France : elle est neuf fois plus élevée que la moyenne nationale, et 20 fois plus qu’en Champagne-Ardenne, selon Forestiers d’Alsace. En vertu de cette situation, l’assemblée générale de la fédération adopte une résolution demandant « l’affectation au territoire alsacien à partir de 2018 de la totalité de la part de la TATFNB versée par la Chambre d’agriculture d’Alsace au Fonds stratégique forêt-bois (297 056 € en 2017) pour la mise en œuvre d’actions locales dans le cadre du Programme régional forêt-bois. » Cette demande est légitime et soutenue par la Chambre d’agriculture Alsace, précise André Jacob, son directeur, regrettant que la stratégie nationale ne prenne pas en compte la réalité territoriale. « En Alsace, il y a toujours eu une politique partagée entre tous les acteurs de la forêt : le CRPF, la Chambre d’agriculture, les communes forestières, l’interprofession… On s’en félicite. Notre volonté, c’est que l’agriculture et la forêt continuent à travailler ensemble. » La Chambre d’agriculture étudie par ailleurs la possibilité d’un recours juridique contre ce décret, qui concerne aussi d’autres régions, comme la Savoie. La chalarose menace Antoine Herth, député, considère que la résolution adoptée par Forestiers d’Alsace constitue « une première étape qui permet de poser le débat et participe à construire un rapport de force ». Il fait état d’une autre catastrophe, sanitaire celle-là : les dégâts liés à la chalarose du frêne, qu’il a pu observer récemment en forêt de Sélestat, mais qui touchent de nombreuses forêts du Grand Est. La Région est alertée sur le sujet. Puisqu’elle est en train de remettre à plat l’ensemble de ses politiques, il serait bon que les forestiers y fassent inclure un volet chalarose afin de récolter au plus vite les frênes atteints et de substituer à cette essence d’autres moins sensibles, recommande le député.

Publié le 10/06/2017

Dans le cadre du projet européen Elena, un état des lieux de la production de lait de vache, de lait de chèvre et de viande porcine va être réalisé en Alsace et dans le sud du Pays de Bade. Il servira de base pour élaborer des outils de conseil communs aux éleveurs du Rhin supérieur.

Le projet Elena, lancé le 31 mai à Schiltigheim, devrait permettre de « dynamiser la compétitivité des systèmes de production en élevage bovin, porcin et caprin ». C’est en tout cas le vœu formulé par Laurent Wendlinger, président de la Chambre d’agriculture d’Alsace, qui ouvrait la rencontre avec Paul Maier, président du LKV du Bade-Wurtemberg (Landesverband für Leistungsprüfungen in der Tierzucht). Les deux organismes ont déjà travaillé sur des projets communs, comme Optimir, projet si fructueux qu’il a transformé les deux partenaires en « Européens convaincus ». Avec Elena, il s’agit de passer à une nouvelle étape de la coopération en faisant avancer la prestation de services auprès des éleveurs des trois espèces de part et d’autre du Rhin, précise Paul Maier. Le projet Elena, qui rentre dans le dispositif Interreg A, concerne le Rhin supérieur, autrement dit une petite partie de Rhénanie-Palatinat, une partie du Bade-Wurtemberg, cinq cantons du nord-ouest de la Suisse et l’Alsace. Un territoire qui concentre 12 000 exploitations sur 600 000 ha de Sau, dont de nombreuses exploitations d’élevage. Chaque région a ses spécificités : les bovins sont les plus nombreux en Alsace, les chèvres sont majoritaires dans le Bade-Wurtemberg et les porcs sont plus représentés dans les cantons suisses. En dépit de ces particularités, les éleveurs sont confrontés à des problèmes communs, auxquels le projet Elena entend trouver des solutions communes, souligne Anne Poidevin, instructrice au secrétariat Interreg Rhin supérieur. Il répond à un objectif spécifique soutenu par l’Union européenne : « accroître les possibilités de développement et de débouchés pour les PME du Rhin supérieur ». Profiter des opportunités de marché Différents éléments ont contribué au montage du projet en 2016, rappelle Fritz Gollé-Leidreiter, directeur du LKV : les difficultés des abattoirs porcins à Holtzheim et à Offenbourg, la pression grandissante des consommateurs en faveur du bien-être animal mais aussi la demande de la laiterie Monte Ziego pour des volumes supplémentaires de lait de chèvre. Plus globalement, les responsables de la CAA et du LKV ont pris conscience des opportunités que constituent une zone fortement peuplée, où la production est largement inférieure à la consommation et où les industries agroalimentaires sont obligées d’acheter leur matière première à l’extérieur de la région. Profiter de ces opportunités de marché est l’un des objectifs recherchés. Il s’agit aussi de mettre en place des synergies, d’améliorer l’accompagnement des élevages pour qu’ils soient plus compétitifs, poursuit Fritz Gollé-Leidreiter. Cette stratégie passe par la réalisation d’un état des lieux de part et d’autre du Rhin, prévue en 2017. « Il faut bien connaître nos territoires avec ses forces et ses faiblesses avant de mettre en place des convergences », insiste Philippe Caussanel, responsable du service élevage à la CAA. Cette étape donnera lieu en 2018 au développement d’outils et de services communs, qui seront diffusés auprès des éleveurs bovins, caprins et porcins en 2019. Il s’agira par exemple de monter des formations communes accessibles aux éleveurs alsaciens et badois et de diffuser des informations techniques à destination de ce même public. Lait sans OGM : une longueur d’avance Dans le domaine du lait de chèvres, où la demande des consommateurs est forte et la production encore insuffisante, le projet Elena pourrait contribuer à structurer une nouvelle filière, selon le directeur du LKV. L’organisation du Bade-Wurtemberg n’a pas les capacités de conseil pour encadrer les exploitations caprines, ajoute-t-il : elle aimerait pouvoir profiter du savoir-faire présent en Alsace dans ce domaine. À l’inverse, dans le domaine du lait de vache, les éleveurs d’Outre-Rhin ont une longueur d’avance sur leurs collègues alsaciens : confrontés depuis trois ou quatre ans à la demande de lait sans OGM, ils ont expérimenté une conduite d’élevage sans soja dont pourraient s’inspirer les éleveurs alsaciens. De même, le Bade-Wurtemberg peut faire partager son expérience dans le domaine de la santé des vaches laitières : un système de collecte des données de santé y a été mis en place voici quelques années avec l’aide des vétérinaires. Alors qu’un projet similaire est dans l’air en Alsace, une valorisation commune des données recueillies pourrait être entreprise dans le cadre d’Elena. La confrontation des pratiques d’alimentation, la valorisation des données fournies par les robots de traite, dont sont équipés environ 20 % des éleveurs laitiers des deux côtés du Rhin, la méthodologie du conseil dispensé aux éleveurs sont d’autres axes de travail du projet Elena. Dans le domaine porcin, où les modalités de commercialisation sont très différentes d’un pays à l’autre, les synergies sont à trouver du côté de l’accompagnement technique des éleveurs. Contrairement au Bade-Wurtemberg, l’Alsace ne dispose pas jusqu’alors d’une « masse critique de producteurs » permettant un suivi de qualité. Pour faire vivre le projet Elena, des groupes de travail ont été mis en place. Une quinzaine de techniciens en font partie. Les éleveurs y seront associés. Une série de six réunions est d’ores et déjà programmée en Alsace au mois de juin à l’intention des éleveurs laitiers, afin qu’ils puissent faire part de leurs attentes, indique Philippe Caussanel. S’agissant des échanges de données qu’implique le programme, le responsable du service élevage précise que le traitement restera confidentiel et que les échanges porteront plutôt sur les pratiques et l’accompagnement que sur les données des exploitations qui restent de toute façon la propriété des éleveurs.

51e congrès de Jeunes Agriculteurs

La force d’un réseau jeune !

Publié le 08/06/2017

C’est le cœur serré mais la tête pleine de projets qu’a débuté le 51e congrès du 6 au 8 juin à Dunkerque pour les congressistes Jeunes Agriculteurs.

« Travaillons ensemble à notre avenir », a lancé le secrétaire général de Jeunes Agriculteurs (JA), Samuel Vandaele, dans son discours d’ouverture. Pour lui, « il est essentiel que le réseau JA se retrouve ». Le rapport d’activité a d’ailleurs présenté lors de la première après-midi de travail les différentes actions entreprises par JA et son réseau. « Vivre dignement de nos produits ! » Jérémy Decercle, président des JA, absent pour raison de santé lors de l’ouverture du 51e congrès national de JA, a laissé son secrétaire général, Samuel Vandaele, prononcer le discours d’ouverture. Celui-ci a rappelé, qu’il « faut travailler ensemble à notre avenir ». Le congrès national est un événement important du réseau qui « nous permet de nous retrouver, de discuter sans pour autant occulter la crise ». Samuel Vandaele a souhaité rappeler que « JA se battra toujours pour que les choses avancent ». Il a insisté sur le fait d’être « fiers de représenter la jeunesse agricole française ». « Défendons et représentons ce métier qui en a tant besoin. » Il a terminé son discours par les paroles de son prédécesseur Florent Dornier : « Restons fiers, forts et debout ! » Fiers de représenter la jeunesse agricole ! Fidèle à ses habitudes, le syndicat Jeunes Agriculteurs a su une nouvelle fois faire entendre sa voix de manière non conventionnelle. L’année dernière, Florent Dornier, secrétaire général de l’époque, avait interpellé l’ensemble des élus et de la société française sur les maux de l’agriculture à travers un clip musical. Cette année, certains membres du bureau ont mis en scène un court-métrage comique, « Le ministre de l’Agriculture est dans le pré ». Dans cette saynète, les différents membres du bureau national JA étaient candidats au poste de ministre de l’Agriculture et devaient argumenter leur candidature. L’engagement du réseau ! Cette première partie de congrès a laissé une grande place au débat et à la voix des régions. L’inquiétude s’est fait sentir sur les nombreuses thématiques d’actualité évoquées. Le rapport d’orientation sur le thème de la gestion des risques, laissera certainement place à de nombreuses interventions. Malgré la morosité, plusieurs responsables JA ont voulu rappeler que le travail du réseau paye et que « nous devons plus que jamais aujourd’hui rester confiants et unis ». Les 800 congressistes présents et impliqués dans les débats sont la preuve de la force du réseau JA. La délégation bas-rhinoise de neuf personnes s’est d’ailleurs déplacée, afin d’associer aux débats ses nouveaux administrateurs départementaux.

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