A la une

Publié le 18/06/2017

Pour ses 60 ans, la cave de Pfaffenheim s’est offert une belle inauguration de sa nouvelle ligne de conditionnement. Une manière également de fêter sa santé économique retrouvée.

Pour ses 60 ans, la cave de Pfaffenheim réussit la double performance de glaner à l’international une belle série de médailles remarquées au Decanter Wine World Awards, et de faire progresser très sensiblement son chiffre d’affaires, notamment à l’export : + 58 % entre 2014 et 2016, précise le directeur Frédéric Raynaud. Une triple performance même, puisque cette réussite s’inscrit « dans une période de turbulences climatiques et économiques », que traverse le vignoble alsacien, notamment avec « une concurrence internationale de plus en plus pressante, dans un contexte de faibles disponibilités des vins d’Alsace », précise-t-il. D’où cet appel du pied du directeur de « Pfaff » et de son président, Jean-Luc Hanauer, au vignoble pour l’inciter à « innover, à aller plus loin dans la recherche de nouveaux produits, mais en s’inspirant de la tradition ». En gardant toujours bien à l’esprit l’objectif de « créer de la valeur ajoutée, de valoriser les vins tout en poursuivant l’amélioration de la rentabilité ». Tout ceci pour rémunérer ses viticulteurs, résume Frédéric Raynaud. Une volonté de coller au marché Le dernier investissement en date, pour 2 millions d’euros (M€), concerne « une chaîne de mise en bouteille ultramoderne, entièrement inertée, pour obtenir des vins plus frais, une meilleure persistance aromatique, et de l’élégance, ce que veulent les consommateurs… », précise le directeur. Il traduit cette volonté d’« innover pour être performant en prenant en compte les attentes des marchés ». Il fait suite à l’automatisation de l’encaissage et la palettisation en 2014, pour 700 000 €, afin de « fiabiliser la chaîne logistique et la gestion des flux par flashage ». Et en 2013, à l’achat d’un pôle logistique de 3 000 m2 sur Colmar. Au total, ce sont pas moins de 15 M€ qui ont été investis. Des investissements particulièrement orientés sur le service export, comme la capsule à vis, « sans renier ses savoir-faire ancestraux et la tradition ». De fait, la cave de Pfaffenheim exporte aujourd’hui 60 % de sa production au Japon, Canada, Russie, Israël, Islande et Brésil. La coopérative : un modèle d’entreprise Cet anniversaire était aussi l’occasion pour Jean-Luc Hanauer de réaffirmer les valeurs coopératives qui président aux destinées de la cave de Pfaffenheim. « Bien plus qu’un regroupement de moyens techniques, la coopérative est un modèle d’entreprise démocratique et durable, fondée sur des valeurs éthiques de responsabilité, de solidarité et de transparence. C’est un acteur du développement économique et social », a-t-il souligné. Rappelant aussi que l’histoire de la cave coopérative n’a pas toujours été un long fleuve tranquille, la fusion avec la cave de Gueberschwihr en 1968, ou encore « les turbulences des années 1980 ». De 40 hectares lors de son lancement en 1957, la cave compte aujourd’hui 320 ha et 153 adhérents. Jean-Luc Hanauer a rappelé l’œuvre de ses prédécesseurs, Arthur Boesch, « l’artisan de la fusion », René Burn qui « a pris le destin de la cave à bras-le-corps », puis Aimé Roeslé, président de 1996 à 2009. Mais également celle de Michel Kueny, le chef de cave qui, pendant 45 ans, a contribué à sa réussite pour faire de « Pfaff » une référence qualitative. En « clin d’œil aux jeunes », le président Hanauer a enfin dit sa « fierté de transmettre des valeurs humaines et professionnelles, et de redonner du sens à la profession en leur indiquant le chemin ». Et de conclure sur un mot de Descartes : « Apprendre, comprendre et transmettre, c’est exister. »

Publié le 17/06/2017

Un petit groupe de jeunes adhérents de la coopérative Acolyance est venu découvrir l’agriculture alsacienne, guidé par le Comptoir agricole, qui leur a fait découvrir les filières houblon, maïs semences, vigne et chou à choucroute.

Le siège de la coopérative Acolyance se situe à Reims, en Champagne. Ses principaux secteurs d’activité sont les grandes cultures (pommes de terre, betterave, blé, colza, orge), auxquelles s’ajoute une filière viticole mais seulement pour l’approvisionnement. Chaque année, la coopérative collecte quelque 1,5 million de tonnes (Mt) de denrées agricoles, produites par 3 500 associés coopérateurs, générant 500 millions d’euros (M€) de chiffre d’affaires, grâce au travail de 400 salariés. Au sein d’Acolyance, une commission, le groupe Cap’ac, vise à fédérer les jeunes adhérents, à les « faire sortir de leurs fermes et à recruter de nouvelles têtes pensantes en proposant des formations, des visites, des voyages. La commission travaille par exemple à l’évolution du contrat Cap Jeune, qui propose différents avantages aux jeunes adhérents », indique Adam Romain, président du groupe Cap’ac. Ce groupe, qui existe depuis 10 ans, rassemble 120 à 130 jeunes, dont un noyau dur d’une trentaine. « La limite d’âge est de 40 ans car les installations sont de plus en plus tardives. Il n’est d’ailleurs pas obligatoire d’être installé pour y adhérer », précise Adam Romain. Les membres du bureau de cette commission sont invités à siéger au conseil d’administration de la coopérative, où ils ont droit d’écoute et de parole mais pas de vote. Et, tous les ans, ils organisent un petit et un grand voyage. L’année dernière, ils avaient été en Camargue et à Stockholm. Auparavant, ils ont déjà sillonné Chicago, l’Ukraïne, la Roumanie… Une manière de « cultiver notre ouverture d’esprit, de revenir avec des idées neuves pour renouveler notre système d’agriculture céréalière », indique Adam Romain. Et puis, à l’occasion de ces voyages, il se crée du lien, des échanges entre les membres du groupe. Le rayon d’action de la coopérative couvre les départements de la Marne, Seine-et-Marne, Aisne, Oise, Aube, Ardennes. Ces voyages sont donc aussi l’occasion de provoquer des rencontres entre des agriculteurs aux profils très différents. Cette année, pour leur petit voyage, les jeunes d’Acolyance ont choisi l’Alsace. Une manière de découvrir le côté Est de la nouvelle région. Et de mieux appréhender la nouvelle politique agricole régionale. Ils sont restés trois jours en Alsace, le temps de visiter Strasbourg, de découvrir les filières houblon, maïs semences, viticole et chou à choucroute. 150 start-up dans les AgTech en France Au cours de ce séjour, Matthieu Luthier de Saint Martin, responsable développement et communication au groupe Comptoir agricole, leur a présenté une analyse prospective sur la révolution numérique appliquée à l’économie, avec de « nouveaux businness models ». Puis il a présenté comment cette révolution allait s’appliquer en agriculture et comment le Comptoir agricole prépare les transformations au regard des bouleversements à venir via son projet « Comptoir Smart Farming ». Ainsi la notion de propriété pourrait s’effacer devant celle de droit d’usage. « Les modes de consommation se superposent et s’imbriquent, révolutionnant notre manière de consommer, de travailler, de nous déplacer avec, par exemple des voitures en copropriété (Nissan), mi-roulantes mi-volantes (Pop Up d’Airbus). » La promesse du numérique, « rendre possible ce qui ne l’était pas », est en tout cas en passe d’être tenue en agriculture. Déjà en 2013, 46 % des agriculteurs français étaient équipés d’un système de guidage. Les premiers tracteurs autonomes ne sont déjà plus de la science-fiction avec le lancement en octobre 2016 du Case Autonomous Tractor. Et, demain, la multiplication des données les rendra encore plus intelligents, de manière à répondre automatiquement aux conditions météorologiques. Cela va s’accompagner d’une révolution du conseil, de la distribution… Au niveau mondial, les AgTech (regroupant les start-up spécialisées dans les nouvelles technologies liées aux activités agricoles) ont reçu pour 400 M€ d’investissement en 2010 contre 4,6 Md$ en 2016. « Les fonds d’investissement ont compris les enjeux du développement des nouvelles technologies agricoles », constate Matthieu Luthier de Saint Martin. En France, on dénombre quelque 150 start-up qui œuvrent dans l’innovation numérique en agriculture, dont certaines se sont regroupées au sein de la communauté La ferme digitale. Enfin, Matthieu Luthier a terminé son inventaire prospectif en évoquant le projet Mars de Fendt, reposant sur un essaim de petits robots, capables d’effectuer les travaux agricoles en synergie grâce au géoréférencement de chaque semence. Du défi du développement des NT en Alsace « Nous sommes en veille, nous testons de nouvelles solutions, mais nous ne passons en phase de production et de vente que si elles s’avèrent opérationnelles, efficaces et matures », poursuit Denis Fend, directeur du Comptoir agricole, qui replace les nouvelles technologies dans le contexte agricole local : « En Alsace, nous avons des atouts, comme le Rhin, des industriels locaux, et le maïs, dont les rendements ont considérablement progressé en quelques décennies. Mais nous avons aussi des contraintes comme une taille d’exploitation modeste, à 40 ha en moyenne, un parcellaire très morcelé avec 100 000 parcelles pour 5 000 paysans et une forte proportion de doubles actifs. » Autant d’éléments qui compliquent le déploiement de technologies pour l’instant surtout conçues pour du grand parcellaire et des agriculteurs à temps plein.

Fermes d’avenir tour 2017

Étape à Obernai ce jeudi 22 juin

Publié le 16/06/2017

Jeudi 22 juin à partir de 12 h 30, le parking des Remparts à Obernai accueille une étape du Ferme d’avenir tour. Avec au programme un déjeuner bio, des conférences et visites, jusqu’en soirée et le vendredi.

Le 1er Tour de France de l’Agroécologie est organisé par l’association Fermes d’Avenir soutenue par de nombreux experts dans le domaine et personnalités du monde politique, associatif et artistique. Il se déroule du 15 juin au 16 septembre, en 30 relais étapes en France, dont 3 villes étapes en Alsace : Schopperten, Obernai et Ungersheim. Et c’est la ville d’Obernai qui a été choisie pour le lancement officiel au niveau national de cet événement. Pendant 3 mois, plus de 200 personnes sillonneront la France, à vélos et en bus. Avec à chaque étape, un prétexte pour agir et fédérer localement : faire découvrir les produits du terroir : un espace restauration (bio, local) sera installé à chaque étape, à l’attention des participants au Tour mais aussi des visiteurs et curieux. verdir la ville-étape : une opération ‘Guerilla Gardening commando’ sera organisée à chaque étape pour planter 500 à 1 500 plants de fruits/légumes dans l’espace public éviter le gaspillage : une disco-soupe permettra de valoriser les invendus des supermarchés locaux – aider les porteurs de projet : à chaque étape sera organisé un chantier participatif dans une ferme, idéalement dans l’espace-test – sensibiliser : un micro-village présentera les actions des partenaires. Mais également s’initier et s’informer sur la permaculture, sur l’installation des agriculteurs, la plantation de verger, le poulailler, le paillage, la conversion à l’agroécologie. Sous un chapiteau, et des expositions, jeudi 22 juin, dressé sur le Parking des Remparts, l’on pourra déambuler à partir de 12 h 30, dans ce village éphémère des Fermes d’Avenir Tour. Avec au programme : 12 h 30 : déjeuner bio-local 14 h 30 : visite de la ferme Saint Blaise à Valff (Route de Meistratzheim, 67 210 Valff) et d’une parcelle de houblon de la ferme du lycée agricole d’Obernai en conversion bio 16 h 30 : Conférence de presse de lancement national du Fermes d’avenir Tour 2017 avec Maxime de Rostolan (coordinateur de Fermes d’Avenir), Lucie Lucas (1er rôle de la Série TV Clem TF1), comédienne engagée, Maurice Meyer, l’organisateur partenaire de l’étape d’Obernai, et Bernard Fischer, Maire d’Obernai. 20 h : Nuit de l’Agroécologie sur le thème « L’Agroécologie sur le territoire d’Obernai », sous le chapiteau, avec Bernard Fischer, Thierry Girodot, proviseur du Lycée Agricole d’Obernai, Freddy Merckling, directeur de la ferme du Lycée Agricole d’Obernai – premier producteur de houblon bio en France, David Lefebvre, journaliste à l’Est Agricole et Viticole et au Paysan du Haut-Rhin, Clément Ritter, Responsable Communication Grand Est, Suez environnement, en charge de la gestion de l’eau et de l’épuration du territoire et Maurice Meyer, agriculteur bio et directeur fondateur du salon BiObernai. 21 h 30 : concert surprise (Chapiteau) Vendredi 23 juin à 14 h La Spiruline du Moulin : visite sur la production de spiruline (attention 25 km de Obernai). Projections toute la journée du vendredi 23 juin 2017

Pages

Les vidéos