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FDSEA-JA. Section lait

Besoin de transparence

Publié le 18/06/2017

Dans le cadre d’une journée de mobilisation de la Fédération nationale des producteurs de lait, des opérations de contrôle ont été organisées par des éleveurs laitiers de la FDSEA et des JA dans plusieurs supermarchés du département. Objectif : vérifier que transformateurs et distributeurs appliquent la loi Sapin 2.

Pour espérer un prix du lait convenable les éleveurs sont sur tous les fronts. Souvent ils ont dû jouer les commerciaux des laiteries pour passer des hausses de prix auprès des distributeurs, ce mardi ils revêtaient le costume de contrôleur des fraudes. Une opération surprise pour s’assurer que les dés n’étaient pas pipés. Suite à l’action de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) auprès des pouvoirs publics, le précédent gouvernement a introduit dans le cadre de la loi Sapin 2 plusieurs dispositifs visant à favoriser la transparence dans la filière laitière et ainsi bénéficier aux exploitants : l’origine du lait doit être inscrite dans les produits composés à plus de 50 % de lait. les avantages promotionnels consentis par le fournisseur ne peuvent dépasser 30 % de la valeur du barème des prix unitaires, frais de gestion compris. les contrats de vente de lait et de produits laitiers sous MDD conclus après le 10 décembre 2016, doivent mentionner les modalités de détermination du prix du lait payé aux producteurs. Des petits groupes d’éleveurs sont donc allés vérifier le respect de ces engagements directement dans les magasins du département. L’origine France progresse… Les constats sont différents selon les points contrôlés. L’inscription de l’origine du lait sur les emballages progresse très largement par rapport au constat réalisé il y a quelques semaines par les Jeunes Agriculteurs. Toutefois, bon nombre de produits transformés (desserts à base de lait) ne sont pas encore aux normes. Pire, certains produits emblématiques des rayons (Babybel, Vache qui rit) sont encore les mauvaises élèves ! On peut regretter qu’il faille se référer à la composition du produit (écrite en tout petit) pour retrouver l’origine du lait. Gageons qu’un étiquetage plus clair puisse se développer à terme, cela sera facilité par les attentes du consommateur qui sont de plus en plus importantes en la matière. Ce serait d’autant plus facile que l’immense majorité du lait est effectivement français dans les étals. … sur les prix, il y a encore du travail Des promotions systématiques et trop importantes conduisent à la dévalorisation des produits laitiers, d’où la demande de la FNPL de limiter les actes promotionnels. Dans les magasins, des promotions du type « 1 produit acheté = 1 produit offert » ont encore été retrouvées, preuve qu’il y a encore du travail à faire. « On peut admettre qu’en période de surproduction il y ait des actions promotionnelles, mais actuellement avec les cours de la matière grasse, retrouver des offres sur du fromage et du beurre c’est insensé », a déclaré Didier Braun. Le constat est le même sur l’obligation de mentionner les modalités de détermination du prix payé au producteur. Une rencontre avec la DGCCRF « Cette action avait pour but de sensibiliser les acteurs de la filière, mais ce n’est pas à nous, agriculteurs, de faire ce travail, nous n’en avons ni le temps, ni l’envie et encore moins le pouvoir », a résumé Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA. Notamment sur la partie contractualisation, c’est au service des fraudes d’agir avec son autorité et son pouvoir de police pour s’assurer que les différents maillons jouent le jeu. La FDSEA et les JA ont sollicité une rencontre avec la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. « Nous pourrons alors présenter les infractions que nous avons constatées sur le terrain et sensibiliser au besoin de réaliser des contrôles dans les enseignes pour s’assurer du respect de la loi. » « Toute mesure allant vers le rééquilibrage des relations commerciales avec les autres membres de la filière nous profite. La situation devient ubuesque, pas une journée ne se passe sans qu’on nous parle de l’augmentation du prix du croissant vu le prix du beurre, et pour les éleveurs rien sur la fiche de paie ! On peut comprendre que quand les cours sont bas le prix diminue, mais les hausses doivent alors profiter à tout le monde », a conclu Didier Braun.

Publié le 17/06/2017

Un petit groupe de jeunes adhérents de la coopérative Acolyance est venu découvrir l’agriculture alsacienne, guidé par le Comptoir agricole, qui leur a fait découvrir les filières houblon, maïs semences, vigne et chou à choucroute.

Le siège de la coopérative Acolyance se situe à Reims, en Champagne. Ses principaux secteurs d’activité sont les grandes cultures (pommes de terre, betterave, blé, colza, orge), auxquelles s’ajoute une filière viticole mais seulement pour l’approvisionnement. Chaque année, la coopérative collecte quelque 1,5 million de tonnes (Mt) de denrées agricoles, produites par 3 500 associés coopérateurs, générant 500 millions d’euros (M€) de chiffre d’affaires, grâce au travail de 400 salariés. Au sein d’Acolyance, une commission, le groupe Cap’ac, vise à fédérer les jeunes adhérents, à les « faire sortir de leurs fermes et à recruter de nouvelles têtes pensantes en proposant des formations, des visites, des voyages. La commission travaille par exemple à l’évolution du contrat Cap Jeune, qui propose différents avantages aux jeunes adhérents », indique Adam Romain, président du groupe Cap’ac. Ce groupe, qui existe depuis 10 ans, rassemble 120 à 130 jeunes, dont un noyau dur d’une trentaine. « La limite d’âge est de 40 ans car les installations sont de plus en plus tardives. Il n’est d’ailleurs pas obligatoire d’être installé pour y adhérer », précise Adam Romain. Les membres du bureau de cette commission sont invités à siéger au conseil d’administration de la coopérative, où ils ont droit d’écoute et de parole mais pas de vote. Et, tous les ans, ils organisent un petit et un grand voyage. L’année dernière, ils avaient été en Camargue et à Stockholm. Auparavant, ils ont déjà sillonné Chicago, l’Ukraïne, la Roumanie… Une manière de « cultiver notre ouverture d’esprit, de revenir avec des idées neuves pour renouveler notre système d’agriculture céréalière », indique Adam Romain. Et puis, à l’occasion de ces voyages, il se crée du lien, des échanges entre les membres du groupe. Le rayon d’action de la coopérative couvre les départements de la Marne, Seine-et-Marne, Aisne, Oise, Aube, Ardennes. Ces voyages sont donc aussi l’occasion de provoquer des rencontres entre des agriculteurs aux profils très différents. Cette année, pour leur petit voyage, les jeunes d’Acolyance ont choisi l’Alsace. Une manière de découvrir le côté Est de la nouvelle région. Et de mieux appréhender la nouvelle politique agricole régionale. Ils sont restés trois jours en Alsace, le temps de visiter Strasbourg, de découvrir les filières houblon, maïs semences, viticole et chou à choucroute. 150 start-up dans les AgTech en France Au cours de ce séjour, Matthieu Luthier de Saint Martin, responsable développement et communication au groupe Comptoir agricole, leur a présenté une analyse prospective sur la révolution numérique appliquée à l’économie, avec de « nouveaux businness models ». Puis il a présenté comment cette révolution allait s’appliquer en agriculture et comment le Comptoir agricole prépare les transformations au regard des bouleversements à venir via son projet « Comptoir Smart Farming ». Ainsi la notion de propriété pourrait s’effacer devant celle de droit d’usage. « Les modes de consommation se superposent et s’imbriquent, révolutionnant notre manière de consommer, de travailler, de nous déplacer avec, par exemple des voitures en copropriété (Nissan), mi-roulantes mi-volantes (Pop Up d’Airbus). » La promesse du numérique, « rendre possible ce qui ne l’était pas », est en tout cas en passe d’être tenue en agriculture. Déjà en 2013, 46 % des agriculteurs français étaient équipés d’un système de guidage. Les premiers tracteurs autonomes ne sont déjà plus de la science-fiction avec le lancement en octobre 2016 du Case Autonomous Tractor. Et, demain, la multiplication des données les rendra encore plus intelligents, de manière à répondre automatiquement aux conditions météorologiques. Cela va s’accompagner d’une révolution du conseil, de la distribution… Au niveau mondial, les AgTech (regroupant les start-up spécialisées dans les nouvelles technologies liées aux activités agricoles) ont reçu pour 400 M€ d’investissement en 2010 contre 4,6 Md$ en 2016. « Les fonds d’investissement ont compris les enjeux du développement des nouvelles technologies agricoles », constate Matthieu Luthier de Saint Martin. En France, on dénombre quelque 150 start-up qui œuvrent dans l’innovation numérique en agriculture, dont certaines se sont regroupées au sein de la communauté La ferme digitale. Enfin, Matthieu Luthier a terminé son inventaire prospectif en évoquant le projet Mars de Fendt, reposant sur un essaim de petits robots, capables d’effectuer les travaux agricoles en synergie grâce au géoréférencement de chaque semence. Du défi du développement des NT en Alsace « Nous sommes en veille, nous testons de nouvelles solutions, mais nous ne passons en phase de production et de vente que si elles s’avèrent opérationnelles, efficaces et matures », poursuit Denis Fend, directeur du Comptoir agricole, qui replace les nouvelles technologies dans le contexte agricole local : « En Alsace, nous avons des atouts, comme le Rhin, des industriels locaux, et le maïs, dont les rendements ont considérablement progressé en quelques décennies. Mais nous avons aussi des contraintes comme une taille d’exploitation modeste, à 40 ha en moyenne, un parcellaire très morcelé avec 100 000 parcelles pour 5 000 paysans et une forte proportion de doubles actifs. » Autant d’éléments qui compliquent le déploiement de technologies pour l’instant surtout conçues pour du grand parcellaire et des agriculteurs à temps plein.

Fermes d’avenir tour 2017

Étape à Obernai ce jeudi 22 juin

Publié le 16/06/2017

Jeudi 22 juin à partir de 12 h 30, le parking des Remparts à Obernai accueille une étape du Ferme d’avenir tour. Avec au programme un déjeuner bio, des conférences et visites, jusqu’en soirée et le vendredi.

Le 1er Tour de France de l’Agroécologie est organisé par l’association Fermes d’Avenir soutenue par de nombreux experts dans le domaine et personnalités du monde politique, associatif et artistique. Il se déroule du 15 juin au 16 septembre, en 30 relais étapes en France, dont 3 villes étapes en Alsace : Schopperten, Obernai et Ungersheim. Et c’est la ville d’Obernai qui a été choisie pour le lancement officiel au niveau national de cet événement. Pendant 3 mois, plus de 200 personnes sillonneront la France, à vélos et en bus. Avec à chaque étape, un prétexte pour agir et fédérer localement : faire découvrir les produits du terroir : un espace restauration (bio, local) sera installé à chaque étape, à l’attention des participants au Tour mais aussi des visiteurs et curieux. verdir la ville-étape : une opération ‘Guerilla Gardening commando’ sera organisée à chaque étape pour planter 500 à 1 500 plants de fruits/légumes dans l’espace public éviter le gaspillage : une disco-soupe permettra de valoriser les invendus des supermarchés locaux – aider les porteurs de projet : à chaque étape sera organisé un chantier participatif dans une ferme, idéalement dans l’espace-test – sensibiliser : un micro-village présentera les actions des partenaires. Mais également s’initier et s’informer sur la permaculture, sur l’installation des agriculteurs, la plantation de verger, le poulailler, le paillage, la conversion à l’agroécologie. Sous un chapiteau, et des expositions, jeudi 22 juin, dressé sur le Parking des Remparts, l’on pourra déambuler à partir de 12 h 30, dans ce village éphémère des Fermes d’Avenir Tour. Avec au programme : 12 h 30 : déjeuner bio-local 14 h 30 : visite de la ferme Saint Blaise à Valff (Route de Meistratzheim, 67 210 Valff) et d’une parcelle de houblon de la ferme du lycée agricole d’Obernai en conversion bio 16 h 30 : Conférence de presse de lancement national du Fermes d’avenir Tour 2017 avec Maxime de Rostolan (coordinateur de Fermes d’Avenir), Lucie Lucas (1er rôle de la Série TV Clem TF1), comédienne engagée, Maurice Meyer, l’organisateur partenaire de l’étape d’Obernai, et Bernard Fischer, Maire d’Obernai. 20 h : Nuit de l’Agroécologie sur le thème « L’Agroécologie sur le territoire d’Obernai », sous le chapiteau, avec Bernard Fischer, Thierry Girodot, proviseur du Lycée Agricole d’Obernai, Freddy Merckling, directeur de la ferme du Lycée Agricole d’Obernai – premier producteur de houblon bio en France, David Lefebvre, journaliste à l’Est Agricole et Viticole et au Paysan du Haut-Rhin, Clément Ritter, Responsable Communication Grand Est, Suez environnement, en charge de la gestion de l’eau et de l’épuration du territoire et Maurice Meyer, agriculteur bio et directeur fondateur du salon BiObernai. 21 h 30 : concert surprise (Chapiteau) Vendredi 23 juin à 14 h La Spiruline du Moulin : visite sur la production de spiruline (attention 25 km de Obernai). Projections toute la journée du vendredi 23 juin 2017

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