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Publié le 15/06/2017

Mardi 30 mai, le réseau Dephy Légumes Alsace Lorraine, animé par Planète Légumes, organisait une demi-journée de démonstration de matériels de désherbage mécanique et thermique à destination des producteurs de légumes du Grand Est.

Dans le cadre de la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires, Planète Légumes anime un réseau Dephy Légumes Alsace Lorraine, qui a pour objectif de tester et valider des solutions alternatives aux traitements chimiques. Ce réseau comprend 10 producteurs en Lorraine et 11 en Alsace, dont Christian Ehrhart, de Niedernai, dont les terres accueillaient une démonstration de désherbage alternatif sur oignons et carottes. « Une démonstration du même type sur poireau et pomme de terre est prévue », annonce Chloé Schneller, animatrice du réseau Dephy Alsace Lorraine. En effet, ces démonstrations « émanent d’une volonté des producteurs qui sont confrontés à un cadre réglementaire de plus en plus contraint, avec de moins en moins de solutions chimiques à leur disposition ». Exemple : le Totril, un herbicide à spectre large est interdit depuis décembre 2015, et l’Afalon 50 L, un herbicide jusqu’ici homologué sur carotte, devrait perdre son AMM fin juillet. Aussi sont-ils soucieux de trouver des solutions alternatives qui soient acceptables, malgré les freins qui sont une organisation plus contraignante, la rareté des fenêtres d’intervention, et le montant des investissements. Des outils multifonctionnels Premier outil présenté, le combiné Speedridger de la société AVR, spécialisée dans la pomme de terre, se caractérise par un châssis équipé de vérins qui permettent d’appliquer une pression sur les buttes grâce à des billes d’azote. Ce châssis peut être équipé de différents éléments : des dents pour travailler un sol lourd, des disques pour butter, des socs pour désherber. Autre caractéristique : un système de rappui de la butte grâce à des capes qui peuvent être ouvertes ou fermées. Renseignements. La bineuse Duo-Parallelogramm de la société Kult est spécialement conçue pour les cultures légumières. Avant l’élaboration de l’outil final, le constructeur demande au producteur l’espacement entre les rangs afin de concevoir un outil qui se rapproche au plus près du rang. La bineuse à doigt est équipée d’étoiles qui scalpent les mauvaises herbes et ramènent de la terre sur le rang. Elles sont amovibles en fonction des cultures. Il est possible d’équiper l’outil du RTK, mais comme il faut alors le prévoir sur la bineuse et sur le tracteur cela représente un certain coût. Aussi le constructeur préconise-t-il plutôt un guidage manuel ou par caméra de la bineuse. Renseignements. Désherber couché Le chariot électrique ergonomique et automoteur de la société Coserwa, située à Hagenbach (68), est destiné aux travaux de soins et de récolte en position allongée ventrale. Il facilite considérablement le travail au niveau du sol puisque l’opérateur est couché et non pas accroupi et que le chariot avance tout seul. La vitesse est réglable, il est possible de faire marche arrière, et d’opter pour un chariot biposte ou monoposte. Ce type d’outil vient en complément des deux précédents, pour désherber sur le rang. Il est aussi utilisé pour effectuer des plantations en tunnel. À l’avant, le constructeur a prévu des emplacements pour des porte-cagettes. Il est aussi possible d’équiper le chariot de repose-tête pour soulager la nuque. Ou encore d’un poste coulissant pour travailler sur de plus grandes largeurs. Le constructeur avance une autonomie de travail d’une journée, la batterie se retirant très facilement pour être rechargée la nuit. Compter 3 800 à 4 500 € d’investissement en fonction des options. Renseignements. La société Terrateck, basée dans le Pas-de-Calais, conçoit du matériel pour des exploitations maraîchères allant de 1 à 20 ha, avec une large gamme de matériels manuels, mais professionnels, ainsi que des porte-outils maraîchers, dénommés Culti’track. Le plus petit développe une puissance de 23 ch. Il est conçu pour les travaux de semis, de binage, de hersage, d’étrillage… « Bref pour tout ce qui est gratouillage de précision », résume Romain Wittrisch, commercial de la société. « D’un poids de 900 kg, soit 2,5 fois moins qu’un tracteur, l’outil ne le remplace pas mais le complète. Il peut être conçu sur mesure en fonction des besoins des maraîchers. » Plusieurs options sont en effet envisageables : différents types de relevage, installation d’un petit pulvérisateur à l’arrière… Le Culti’track existe aussi en version 35 ch, pour porter une barre de 4,5 à 6 m, et être équipé de l’autoguidage. Renseignements. L’alternative du thermique Jean-Christophe Sussmann, de la société Sussmann FDC distribution, présentait un désherbeur thermique de la marque française 2Ebalm. Jusqu’à présent ce type de désherbeur fonctionnait en phase liquide, le gaz étant vaporisé au niveau du brûleur. L’outil présenté utilise un procédé en phase gazeuse, c’est-à-dire qu’il est équipé d’un détendeur qui lui permet d’atteindre des performances de chaleur supérieures. Les brûleurs de 38 kWatt chacun peuvent dégager une chaleur de 1 400 °C. Les tuyères se dévissent et les injecteurs peuvent être changés pour passer à 16 kWatt, produisant moins de chaleur mais de manière plus précise. Il faut compter 30 à 50 € de combustible par hectare à une vitesse d’avancement de 4-5 km/h qui est dictée par la taille des adventices. « Cet outil fonctionne sur à peu près toutes les cultures, mais pas à tous les stades », précise Jean-Christophe Sussmann. Sur maïs, poireau, pas de problème, car la nouvelle feuille est toujours protégée par les précédentes. Sur carotte, à l’inverse, la technique n’est envisageable qu’en prélevée. L’autre limite, c’est le volume de gaz qui peut être embarqué. Jean-Christophe Sussmann préconise d’utiliser une citerne de 560 kg, chaque brûleur consommant 2,5 à 3,2 kg de gaz par heure. Renseignements. La société Novaxi, importateur exclusif du matériel issu des ateliers anglais du fabricant Garford présentait notamment des bineuses guidées par caméra. Malheureusement, l’orage qui a éclaté à ce moment-là a coupé court à la démonstration ! Mais il est possible de visionner des vidéos des outils en action sur leur site. Retrouvez cette après-midi de démonstration en vidéo :  

Publié le 14/06/2017

Au cours de son congrès annuel qui s’est tenu du 6 au 8 juin derniers, Jeunes Agriculteurs (JA) a fait un bilan de ses travaux à mi-mandat. JA a souhaité aborder des sujets complexes tels que la gestion des risques, la communication sur l’agriculture ou encore la Politique agricole commune.

Le 51e congrès de Jeunes Agriculteurs, qui s’est déroulé du 6 au 8 juin à Dunkerque dans le Nord-Pas-de-Calais, a été riche en émotions. Dégustations de produits locaux, soirée de gala sur le thème du carnaval, ambiance digne du film Bienvenue chez les Ch’tis, mais aussi débats sur l’actualité et l’avenir de l’agriculture étaient au programme du 51e congrès des JA. Du côté syndical, l’ambiance était plutôt morose au regard du contexte de crise qui sévit toujours, des retards insoutenables dans le versement des aides et des normes toujours plus nombreuses. Les sujets n’ont pas manqué pour nourrir les échanges prévus lors des deuxième et troisième journées du congrès, avec notamment la venue très attendue du nouveau ministre de l'Agriculture ! Une délégation bas-rhinoise de neuf JA a fait le déplacement pour suivre les trois journées d’échanges. L’équipe a mis un point d’honneur à soutenir Sébastien Richard pour son travail sur le rapport moral « Communiquer pour promouvoir notre métier » notamment. Sur les terres du Nord-Pas-de-Calais C’est avec brio que les JA Nord-Pas-de-Calais ont accueilli les 800 congressistes venus de France et d’Outre-Mer. Pour les organisateurs, cet événement est une véritable opportunité de mettre en avant la diversité et les initiatives du département, mais également de parvenir à fédérer son réseau autour de l’organisation de l’événement. Le Nord-Pas-de-Calais compte 817 000 hectares de SAU et est le premier territoire producteur de pommes de terre et de légumes. La ville d’accueil, Dunkerque, portuaire, compte cinq capitales européennes à moins de 300 km. La gestion des risques au cœur de débats La gestion des risques en agriculture a été au centre des débats de ce 51e congrès, dont le rapport d’orientation « Anticipons aujourd’hui pour gérer les risques demain » a été débattu à huis clos par l’ensemble du réseau de JA. Les débats furent denses et animés pour que ce rapport soit à la fois ambitieux et adapté à l’ensemble des régions. En effet, face à la diversité et à la multiplication des risques (aléas climatiques, sanitaires, environnementaux, volatilité des prix, etc.), les systèmes actuels de prévention et de gestion sont insuffisants, en particulier pour les jeunes agriculteurs qui sont particulièrement touchés. Pour construire son rapport d’orientation, Jeunes Agriculteurs a auditionné des personnalités extérieures et sollicité son réseau lors d’une tournée régionale de plusieurs semaines. Il s’agit d’enrichir la réflexion avec des points de vue différents et l’expérience de jeunes installés sur l’ensemble des territoires français. Les débats lors du congrès et le vote final du rapport sont les dernières étapes de la construction du rapport d’orientation de JA. L’objectif est surtout de construire des solutions durables pour accompagner les jeunes dans leur carrière. Une quinzaine de propositions y sont faites : sur la rénovation du système assurantiel, sur une gouvernance européenne rénovée, en passant par la gestion des risques humains et sociétaux, etc. Première rencontre du nouveau ministre de l'Agriculture Jacques Mézard a souhaité rappeler en préambule de son intervention qu’en France un jeune sur deux s’installe avec les aides et que l’on compte au niveau national environ 500 installations par an, alors que seuls 6 % des agriculteurs européens ont moins de 35 ans. Jacques Mézard s’est adressé à l’ensemble des congressistes et à tous les JA de France pour rappeler qu’Emmanuel Macron, président de la République, s’était engagé sur un programme d’investissement de 5 milliards d’euros sur 5 ans dédiés à l’agriculture. Il a souhaité exprimer son attachement au monde agricole et a déclaré que « la France a besoin d’une agriculture forte et d’agriculteurs rémunérés à la hauteur de leurs travaux ». Il a évoqué les différentes problématiques actuelles du monde agricole : retards de paiement, excès de normes, prix des productions, aléas climatiques… Il a conclu en déclarant que « les agriculteurs savent mieux que quiconque ce dont ils ont besoin pour leur agriculture ». JA attend des réponses concrètes des fameux États généraux de l’alimentation organisés par le ministre cet été. Malgré tout le discours du ministre a été en demi-teinte : dans le sens de l’agriculture devant les congressistes, mais sans aucun engagement face aux élus JA lors du huis clos. Le tour des Régions Comme tout commence à l’Est, c’est à la région Grand Est qu’est revenu, cette année, l’honneur de commencer les discours des régions. C’est Thomas Gillig, secrétaire général des JA du Grand-Est, qui a pris la parole en ouverture. Il est revenu sur le thème du rapport d’orientation, la gestion des risques, qui représente pour lui « un sujet vaste, vraiment dans l’air du temps, notamment dans cette conjoncture plus que compliquée ». Il a rappelé au réseau JA « qu’il est nécessaire d’apporter aujourd’hui des réponses concrètes aux agriculteurs. Le Grenelle de l’alimentation changera peut-être ce rapport de force. À nous de nous assurer que les propositions faites seront suffisamment fortes pour changer notre modèle. Aujourd’hui, il est anormal que, nous, agriculteurs, qui nourrissons le monde, ne puissions vivre de notre travail ! » Le tour des régions s’est poursuivi, chacune s’exprimant sur les sujets d’actualité. Les Terres de Jim 2017 Le comité d’organisation des terres de Jim 2017 a présenté son projet aux congressistes et a invité tous les JA de France à y participer. Cette année les Terres de Jim seront organisées dans l’Oise à Margny-lès-Compiègne du 8 au 10 septembre. Jérémy Decercle, président des JA, a conclu ce congrès en rappelant que JA fête cette année ses 60 ans : « Nous sommes un syndicat de construction et nous serons force de proposition pour une politique agricole et alimentaire européenne forte capable de fournir à tous ses concitoyens des denrées saines et en quantité suffisante ».

Ouverture de la saison des alliacées

Une ferme modèle pour le lancement des alliacées

Publié le 13/06/2017

L’interprofession des fruits et légumes d’Alsace a organisé la première journée de lancement des alliacées, vendredi 9 juin, sur l’exploitation de Jean-François Vierling à Schnersheim. L’occasion pour lui de présenter sa ferme et sa philosophie.

Ça y est. L’ail, l’échalote et les oignons ont leur événement à eux. Une quinzaine de professionnels ont participé à la première journée de lancement des alliacées, vendredi 9 juin. Les responsables de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), d’Alsace Qualité et de la distribution ont découvert l’exploitation de Jean-François Vierling, à Schnersheim. La première ferme homologuée « agriculture raisonnée » en Alsace. Depuis 2004 la certification récompense les efforts du producteur pour respecter un cahier des charges exigeant. Pour notre hôte, le plus important c’est de « respecter la qualité intrinsèque du légume. » En d’autres termes, cultiver le plus naturellement possible. Cela passe ici par le paillage plastique. Pour voir les bienfaits de ce système, rien de mieux que de juger sur pièce. Des bénéfices du paillage plastique Direction la parcelle d’échalotes. Sa grande fierté. À l’extérieur du village il a planté 15 hectares de plants sur plastique. Premier point positif, l’économie d’eau. Le plastique retient l’humidité et la chaleur. « Ça donne le même effet que si on court avec un K-way », illustre le maître des lieux. Résultat, plus besoin d’irriguer ! Un avantage considérable dans une région régulièrement sujette aux sécheresses. Et ce n’est pas tout. Le film plastique protège les pousses des projections de terres et empêche l’apparition de mauvaises herbes. « Cela réduit le développement de bactéries et d’insectes », précise le producteur. D’où l’absence de traitement insecticide et herbicide. Et Jean-François Vierling d’ajouter : « On traite une seule fois, avec une substance de croissance ». Enfin, tous les plants achetés sont certifiés « sains ». Un investissement de près de 200 000 € par an. Pour notre guide, le jeu en vaut la chandelle. « Nous avons réduit de 80 % les produits phytosanitaires » utilisés sur l’exploitation. Mais cette solution comporte bien des inconvénients, non ? « Quand le vent se lève, les bâches se gonflent et les échalotes glissent en dessous, concède le producteur. Cette année on a passé dix jours à replacer les plantes correctement. » Bilan, certains légumes souffrent de légers retards de développement. Pas de quoi démotiver le propriétaire, pour qui cette technique est la meilleure. Un tracteur customisé Retour à la ferme. Là, celui qui a aussi fondé la marque Les arômes d’Alsace expose une autre innovation. Son tracteur customisé. Il a adapté une arracheuse de poireaux pour la récolte de l’ail. Mathieu, un des dix employés de l’entreprise, fait la démonstration. Le fonctionnement est le même que pour les poireaux. Seule différence, l’équipe de la ferme a installé une scie hydraulique afin de couper les feuilles avant l’arrachage. « Cela facilite le travail des personnes en charge du nettoyage (retirer les feuilles et les racines), et constitue un gain de temps », détaille le patron. Il n’a pas comptabilisé les heures de travail économisées. Mais Mathieu, lui, a fini sa rangée en une trentaine de minutes sur son tracteur modifié. D’ailleurs on pourrait même retrouver les bâches du champ d’échalotes dans cet engin. Jean-François Vierling a en effet suivi le parcours du plastique usagé. « Il est expédié en Chine pour être retraité, et nous revient sous forme de pièces pour l’automobile. » Rien ne se perd, tout se transforme !

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