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Publié le 27/05/2017

À Hindisheim, Gaël Meyer se partage entre céréales et prestation de service. L’organisation du travail est la clé de son revenu.

Une exploitation qui tombe du ciel ? C’est un peu l’histoire qui est arrivée à Gaël Meyer. Ses parents ne sont pas agriculteurs, mais le jeune homme prend plaisir à travailler l’été dans une ferme de polyculture-élevage lorraine, à partir de ses 16 ans. En 2010, il démarre un BTS Axe au lycée agricole d’Obernai. Il achève sa formation quand la chance se présente. Pierre Meyer, céréalier à Hindisheim, est à la recherche d’un ouvrier. Il fait passer le message à la classe de Gaël. Ce dernier l’appelle dans l’heure, lui rend visite le soir même. Il est engagé le lendemain ! Au bout de deux CDD de dix-huit mois au total, un CDI scelle la relation de travail. Un souci de santé de Pierre bouscule les événements. L’exploitant en place anticipe sa retraite et Gaël s’installe le 1er janvier 2015. L’Eàrl lui met le foncier à disposition. Le jeune agriculteur loue les bâtiments de 600 m² couverts et reprend 40 % des parts sociales réévaluées de l’Eàrl, ce qui revient peu ou prou à racheter un parc matériel bien entretenu. Il se compose de huit tracteurs, dont un seul de moins de dix ans, de deux semoirs, d’une charrue, d’un déchaumeur, d’un vibroculteur, d’un cross board, de trois remorques dont une trois essieux. L’an passé, Gaël a bénéficié d’un PVE pour investir 77 000 € HT dans un système GPS, un épandeur de 3 000 l et un pulvérisateur de 1 200 l équipés pour gérer la coupure de tronçons. À 25 ans, Gaël est à la tête d’un ensemble foncier dont l’essentiel se partage entre les lœss profonds de plaine et les terres noires du Bruch qui procurent leurs meilleurs rendements en années sèches. Il fait l’impasse en fumure de fond sur blé, mais apporte 350 kg/ha de 25-25 en maïs. Il enfouit 200 kg d’urée en pré-semis et complète la fumure azotée en fonction du reliquat. En blé, Gaël calcule avec un désherbage, deux fongicides en préventif dont un au stade dernière feuille étalée et de 200 à 210 unités/ha d’azote. « Quand je commence à désherber mon maïs, je dois avoir fini sur blé et sur betterave » dit-il. « Passer des heures dans un champ pour exterminer jusqu’à la dernière mauvaise herbe ne m’intéresse pas. Je raisonne pour optimiser mon temps ». Car Gaël n’est pas seulement céréalier. Il est aussi faucheur. Comprenez qu’il entretient les bords de route. Concentré dix heures par jour Gaël poursuit la prestation qui constituait la spécialité historique de Pierre grâce à laquelle celui-ci avait pu développer son exploitation. Il dispose de trois épareuses équipées avec un lamier, un broyeur à bois ou à herbe. Il en conduit une et loue les deux autres. Gaël intervient pour faucher l’herbe des bas-côtés de routes et de chemins viticoles sur le territoire d’une bonne demi-douzaine de communes d’Eichhoffen à Molsheim. Ces chantiers débutent en moyenne à la mi-mai et s’étalent jusqu’à la mi-décembre. « En soi, ce n’est pas sorcier, commente Gaël. On roule à 2,5 km/h, dix heures par jour. Et il faut rester concentré tout le temps. Si l’on oublie que la machine ne s’efface pas en marche arrière, c’est de suite un vérin de cassé ». Il effectue environ 1 000 h/an facturées en moyenne 50 € HT/h. Le chiffre d’affaires réalisé rentre dans celui de l’Eàrl dans la limite de 50 000 €. L’éventuel solde relève d’une micro-entreprise créée pour l’activité. Du coup, « m’organiser est ma principale préoccupation. Je dois être le plus efficace possible pour perdre le moins de temps possible. Il faut que je travaille vite et bien dans mes champs pour me libérer les heures nécessaires pour faucher ». Il n’est pas rare que Gaël sorte son pulvérisateur pour traiter à 80 l/ha à 4 h du matin, quand il n’y a pas de vent. Gaël vend ses récoltes à la moisson. Ses marges brutes en maïs, blé et betterave sont proches les unes des autres. Mais elles ne sont actuellement pas suffisantes. « Depuis trois ans, c’est le fauchage qui me fait vivre » lâche le jeune agriculteur. « En agriculture, je sais à peu près ce que je vais produire mais je n’ai aucune idée de la recette finale. Ma seule piste est d’essayer de diminuer mes coûts en travaillant rationnellement. En prestation de service, j’ai le gros avantage de savoir ce que je gagne avant d’être intervenu ». À moyen terme, Gaël réfléchit à investir dans une unité de stockage-séchage à la ferme qui utiliserait une énergie renouvelable bon marché. Il pourrait s’agir de plaquettes, de rafles de maïs, mais aussi de la chaleur produite par un méthaniseur. Gaël se verrait bien l’approvisionner avec l’herbe qu’il fauche. « Il existe un modèle d’épareuse ramasseuse. Il suffirait d’avoir les chantiers techniquement adéquats. Cette herbe est une matière première disponible qui, en plus, n’ampute en rien mon potentiel de SAU ».

Conférence « Les enjeux des médias sociaux »

« Les particuliers sont les nouveaux prescripteurs »

Publié le 21/05/2017

Clarifier la place du numérique dans le monde du vin, voici l’ambition de la conférence organisée le 10 mai à la confrérie Saint Étienne par le fabricant de bouteille en verre, Verallia et Ampélys, marque dédiée à la viticulture de la CAC. Les pratiques d’achat liées au vin sont en train d’évoluer. Arnaud Daphy, associé d’une agence de conseil en marketing du vin, expose ce que cela implique pour les vignerons.

« En 2016, 34 % des Français ont déjà acheté du vin sur internet, alors qu’ils n’étaient que 10 % il y a six ans ». C’est le constat dressé par Arnaud Daphy, de l’agence Sowine, d’après les études menées par cette dernière. « Ces achats se portent surtout sur des vins de moyenne et haute gamme. Pour 44 %, il s’agit de bouteilles vendues entre 11 et 20 euros. Ce qui est encourageant. Mais il est surprenant de constater que ces achats se font principalement sur les sites des producteurs (50 %), puis à 36 % sur des sites de vente privée, ensuite sur les sites des cavistes (32 %) et, enfin, sur les sites de la grande distribution (30 %) », énonce-t-il. « 49 % des acheteurs déclarent consulter le site internet du producteur de vin. C’est une bonne nouvelle si vous avez un bon site ! Je n’ai pas fait d’étude en Alsace, mais j’en ai réalisé une à la demande de l’interprofession des vins de Loire sur les sites des vignerons labellisés « Vignoble et découverte ». Il reste beaucoup de travail à faire les concernant. » 30 % des Français ont déjà acheté un vin conseillé par un blog Malgré la place grandissante du numérique dans l’acte d’achat de vin, l’entourage reste le premier conseil des Français (52 %). Il est suivi des cavistes et sommeliers (42 %) et d’internet (19 %). « Internet est donc devant la presse, qu’elle soit spécialisée ou généraliste », souligne-t-il. Un Français sur cinq lit des blogs liés au vin et y accorde du crédit. 30 % ont déjà acheté un vin ou un champagne recommandé par ce type de média. « Avant, les prescripteurs étaient quelques journalistes spécialisés et les guides. Désormais, les particuliers deviennent les nouveaux prescripteurs. Comme pour le cinéma, les critiques sont des spécialistes pointus, payés à regarder plusieurs films par jour, leurs goûts ne sont pas forcément ceux du grand public », compare Arnaud Daphy. La recherche d’avis et de conseils n’est pas une chose nouvelle : « L’achat d’une bouteille de vin est anxiogène, car c’est un objet social. 65 % des Français pensent qu’il faut avoir des connaissances pour acheter du vin, 85 % qu’il faut s’informer ». Les consommateurs vont chercher ces informations à travers l’avis d’autres consommateurs. Dans ce cadre-là, l’image du domaine viticole sur internet devient primordiale. « Lors d’une recherche sur Google, la première chose que l’internaute voit est votre « note ». Elle est récupérée par le moteur de recherche à partir d’autres sites. » Or le viticulteur ne peut pas laisser les seuls internautes s’emparer de son renom : « Si vous faites l’objet de commentaires négatifs, il faut toujours accuser réception et répondre de manière argumentée, cordiale, voire avec humour ». Le commerce électronique représentait 20 milliards d’euros en 2010. Il représente 70 milliards en 2016. En parallèle, le panier moyen a augmenté de 800 à 1 750 € par an. « Pourtant, il est souvent difficile de trouver la boutique en ligne sur les sites des producteurs. Regardons ce qui se fait ailleurs ». Arnaud Daphy présente le site internet d’un grand producteur de vin aux États-Unis. Il dispose d’un lien direct vers Amazon Wine. Il existe plus de 350 sites d’achat en ligne sur lesquels le domaine peut s’adosser. « Les viticulteurs américains proposent aussi des wine clubs : ils invitent les clients à souscrire un abonnement pour la livraison de six bouteilles tous les trois mois ». Penser son identité visuelle en fonction du digital Pour finir, Arnaud Daphy distille dix conseils qu’il suggère de mettre en place dès le lendemain : « Il est nécessaire de penser son identité visuelle pour le digital, c’est-à-dire, en carré (forme utilisée par les réseaux sociaux) et visible même en petite taille. Il faut être accessible à travers les informations que vous indiquez sur votre site en précisant ce que vous proposez : horaires d’ouverture, dégustation gratuite ou non… Répondre aux e-mails : ce conseil paraît évident, mais c’est incontournable. » Être référencé sur Google Business permet de rendre visibles les informations liées au domaine dans l’encart à droite lors d’une recherche sur Google. Il suggère également de traduire son site, au moins en anglais. Surveiller ce que l’on dit de son domaine sur internet est possible en créant une alerte Google (avec son nom de domaine entre guillemets). Enfin, pour ce qui est du contenu disponible sur son site : « Il est bon de parler des autres : viticulteurs, restaurateurs, lieux culturels. Cela peut paraître contre-productif. Or, rendre service comme le ferait un office du tourisme revêt un aspect sympathique et c’est utile pour un meilleur référencement du site par les moteurs de recherche ».

Publié le 20/05/2017

Ils se sont rencontrés au lycée agricole d’Obernai, où certains d’entre eux sont toujours scolarisés. Claire, Julie, Valentin, Johann, Nicolas, Lucas et leurs camarades ont gardé des liens si forts qu’ils ont eu envie de participer au challenge Vache’ment jeunes, au festival de l’élevage à Brumath. « C’est l’occasion de se retrouver, explique Claire Cousandier, élève en 1re S. Plusieurs membres du groupe ont quitté le lycée d’Obernai pour poursuivre leurs études ailleurs, à Besançon et Vesoul, et une autre viendra au lycée l’an prochain. » C’est Claire et son amie Julie Wendling, élève de 1re STAV, qui ont lancé l’idée auprès de leurs camarades. Toutes deux filles d’éleveurs, comme la plupart des membres du groupe, elles ont déjà assisté au challenge Vache’ment jeunes en tant que spectatrices les années précédentes. « Ça nous a donné l’envie de nous lancer », expliquent-elles. Restait à trouver des idées pour pouvoir les présenter au public. « On n’a pas bouclé le scénario, mais on va s’inspirer de faits réels : la conjoncture agricole, en élevage et dans les cultures, il y a de quoi faire », rassurent Johann et Valentin, élèves en Bac pro élevage. Dans la plus pure tradition du challenge Vache’ment jeunes, l’ambition des neuf membres du groupe est d’aborder l’actualité sous un angle critique, tout en restant drôles et en amusant le public. Le sketch se présentera donc sous la forme d’un journal télévisé et réunira, outre les neuf jeunes lycéens, quelques vaches et génisses participant aux concours du lendemain. Une sorte de répétition pour Claire et Julie, qui ont toutes deux fait l’école des jeunes et présenteront des animaux de l’élevage familial sur le ring le dimanche.

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