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Dénigrement agricole (Agribashing)

Le préfet installe un observatoire départemental

Publié le 06/01/2020

La stigmatisation des activités agricoles et d’élevage conduit à une augmentation d’actes d’incivilité, d’intimidation, d’insultes ou de dégradations. Pour assurer un suivi de ces actes, le ministre de l’Agriculture et le ministre de l’Intérieur ont souhaité la création d’observatoires départementaux du dénigrement agricole. Jeudi 19 décembre, Jean-Luc Marx, préfet du Bas-Rhin, a installé l’observatoire départemental du Bas-Rhin. Placé sous son autorité, cet observatoire, auquel s’est associée la procureure de la République de Strasbourg, réunit la direction départementale des territoires, les forces de l’ordre (gendarmerie, police), la chambre d’agriculture et les représentants de la profession agricole (Confédération paysanne, FDSEA et JA). Il a pour objectifs : - de dresser un état des lieux de la situation - de coordonner des actions de prévention et d’information - de proposer des solutions rapides et coordonnées pour lutter contre les actes de dénigrement. La première analyse de la situation locale, partagée fin décembre, confirme les mises en cause répétées de la profession agricole, en particulier au travers des réseaux sociaux. Bien que les atteintes aux biens et aux personnes restent stables localement, l’ensemble des partenaires restent mobilisés et font preuve de la plus grande vigilance. Dans ce contexte, le groupement de gendarmerie départementale est pleinement mobilisé pour décliner les mesures de la convention nationale de partenariat signée le 13 décembre dernier* et visant à renforcer la sécurité des exploitations agricoles. L’observatoire se réunira régulièrement pour échanger sur l’évolution de la situation. La prochaine réunion aura lieu au printemps 2020.   * Convention signée entre le ministre de l’Intérieur, le directeur de la gendarmerie nationale et les présidents de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles et des Jeunes Agriculteurs.

Publié le 02/01/2020

Médiateur animal est un métier nouveau* en France. Découverte, à Ehnwihr, avec Stéphanie De Sousa, médiatrice animale pour l’association À portée de crins, et les jeunes autistes et leurs éducateurs de l’IMPro du Ried Don Bosco.

« Ramenez une balle bleue », commande Stéphanie De Sousa. Laurena, Marie, Alexandre, Félicien, Mathis et Sacha, s’activent. Les six adolescents de 15 à 20 ans fréquentent le service d’accueil des jeunes autistes (Saja) de l’IMPro du Ried (Institut médico-professionnel), à Huttenheim. Depuis deux ans et demi, ils viennent une fois par semaine, pour une séance d’une heure à La Ferme du pays d’eaux, à Ehnwihr (Muttersholtz). Là, Stéphanie De Sousa les accueille en tant que médiatrice animale pour l’association À portée de crins. Les jeunes ne cherchent pas les balles bleues seuls… Mais avec des poneys et des ânes, qu’ils tiennent au licol. Chaque binôme marche vers l’un des seaux disposés aux quatre coins du paddock, dans lesquels sont mélangées des balles de couleurs vives. Les ados piochent chacun une balle bleue et l’amènent à Stéphanie, qui enchaîne les consignes… de plus en plus vite, pour stimuler la troupe, doper le jeu, quitte à ce que l’un ou l’autre soit momentanément largué. « Promenez-vous », annonce la médiatrice animale. Exercices et pure détente Justine et Mathieu, les éducateurs qui accompagnent le groupe, veillent, avec Stéphanie, à ce que les jeunes s’approprient tout l’espace. L’objectif pour ce groupe d’ados, parmi les plus indépendants des autistes que reçoit Stéphanie, est d’acquérir un maximum d’autonomie tout en prenant les autres en considération. Justine et Mathieu constatent les progrès réalisés par les jeunes : « Ils se sont ouverts. Ils sont de plus en plus à l’aise avec les animaux, plus enclins à collaborer, à communiquer, à se déplacer en faisant attention aux autres… et aux consignes ! » Stéphanie interrompt : « On suit Mathis sur le parcours ». Chef de file, Mathis avance fièrement sur le pont de bois, à une extrémité de la carrière, suivi de ses camarades… sauf un. On répète la directive pour lui. Puis les jeunes rentrent les animaux à l’étable. Ils troquent les poneys pour des moutons. Là, les jeunes doivent les nourrir. Félicien qui a les granulés se tient à l’écart pour éviter l’émeute. La météo est bonne, en ce début de mois de décembre. Moment de pure détente, au soleil, dans cette carrière bordée de prairies. Non loin coule une rivière. Le couple d’oies de la ferme s’approche du paddock, confiantes. « Comme on dit, les oies sont de retour », s’amuse Marie. « Un jour, on a même pu les caresser », se souvient Mathieu. Mathis, d’ailleurs, a « un truc » avec elles. C’est aussi que tous les animaux de Stéphanie sont élevés pour trouver le contact humain « sympa », précise la médiatrice. Mettre en confiance et garantir la liberté de tous, telles sont les missions de Stéphanie. Dépasser ses phobies, un blocage, s’intégrer dans un groupe. La médiatrice animale évalue à chaque fin de séance les progrès ou du moins le maintien des acquis des jeunes autistes pour qui elle a construit un programme, en lien avec les thérapeutes. Communication non verbale Stéphanie fonctionne avec différents ateliers : préparation du nourrissage, brossage et pansage, parcours ludique, jeu de mémoires, moment tactile, observation des comportements des animaux, connaissance des lieux et conditions de vies des différentes espèces. La séance avec le groupe de l’IMPro du Ried se termine par du portage de petits animaux et de l’observation. Laurena, Marie, Alexandre, Félicien, Mathis et Sacha prennent chacun à leur tour l’un des lapins ou l’une des poules à qui ils ont apporté des carottes et des feuilles de chou à leur arrivée à la ferme. Mathis pose sa main sous un lapin et sent battre son cœur. Alexandre porte son rongeur enroulé dans une couverture. Le contact pour lui n’est pas chose aisée. « Il faut faire preuve d’humilité et de patience, souligne Stéphanie. Ce qui n’est pas possible aujourd’hui le sera peut-être demain. » Laurena est la seule à caresser une poule. « J’ai un pouvoir avec les poules », lâche-t-elle. En effet, l’oiseau est tranquille. Laurena glousse : « les poules sont drôles. J’aime leurs plumes et le bec. Et le bruit qu’elles font ! » Sacha confie qu’il a une préférence pour les chiens et les poneys en liberté. Quand il faut faire claquer le fouet dans les airs pour qu’ils courent. Un vrai cowboy. Stéphanie se réjouit de sa loquacité. « Certains autistes ne parlent pas du tout, rappelle-t-elle. Travailler avec eux a de suite été une évidence. Je sais décrypter le langage corporel et entrer en communication non verbale, une communication accessible, a priori, au plus grand nombre : humains et animaux », explique Stéphanie, hyper attentive à tous. Les jeunes du Saja de l’IMPro du Ried sont parmi les plus bavards qu’accueille Stéphanie. Il n’empêche que détecter les signes de nervosité ou de surstimulation permet de circonscrire disputes et stress. La bande d’ados quitte les lieux dans la bonne humeur.

Publié le 23/12/2019

Le président de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture est décédé dimanche 22 décembre à l'âge de 62 ans.

L’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) fait part, dans un communiqué, du « décès accidentel » de son président Claude Cochonneau, 62 ans, survenu dimanche 22 décembre. Agriculteur dans la Sarthe, il était président de la chambre d’agriculture des Pays de Loire depuis 1995, élu président de l’APCA depuis 2016 et réélu le 20 mars 2019. Il fut également vice-président de la FNSEA entre 2002 et 2014, et maire de la commune de Marçon entre 2001 et 2014. L’APCA « salue l’homme d’engagement, l’agriculteur, le politique qui a œuvré toute sa vie à la défense et aux intérêts des agriculteurs ainsi qu’à la promotion de l’agriculture française ». Dans un communiqué, le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume rend hommage à « un interlocuteur de confiance, un homme de dialogue, de compromis, de construction ».

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