Fédération régionale (FR) des Cuma du Grand Est
Dina-miques !
Fédération régionale (FR) des Cuma du Grand Est
Publié le 02/03/2020
L’assemblée générale de la Fédération régionale des Cuma du Grand Est a été à l’aune de l’état d’esprit qui anime ces structures : dynamique, constructive, optimiste et conviviale !
Pour leur assemblée générale, les Cumistes du Grand Est se sont retrouvés chez Kuhn, à Monswiller. L’état des finances de la structure est rapidement évacué. Les cotisations payées par les 100 000 adhérents au prorata de leur chiffre d’affaires contribuent à hauteur de 57 % aux produits. Leur montant n’a pas évolué depuis 2017, et n’augmentera pas non plus en 2020. Le budget prévisionnel reflète la montée en puissance de la FR Cuma : le chiffre d’affaires progresse de 100 000 €, en lien notamment avec le développement des GIEE à partir des Cuma, ce qui engendre aussi une hausse des frais de personnel. C’est d’ailleurs sur les ressources humaines qu’embraye le rapport d’activité. Après deux embauches en 2019, portant le nombre de salariés à huit, trois nouvelles embauches sont prévues en 2020. Les animateurs de Cuma devraient bénéficier de la mise en place d’une classe de formation avec L’Institut polytechnique UniLaSalle et, les responsables de Cuma et les salariés d’une plateforme d’e-learning. Les salariés de FRCuma ont poursuivi leur mission d’accompagnement des Cuma (lire en encadré). L’un des enjeux majeurs des Cuma pour les années à venir, c’est la gestion des données, qui constituent un précieux gisement d’informations. Des travaux sont donc en cours pour améliorer la qualité des données, notamment leur saisie, grâce à l’harmonisation des pratiques d’enregistrement, gage d’une bonne analyse, donc d’une bonne valorisation des données. La commission Data Compta se fixe comme objectif d’arriver à fournir des comptabilités justes, claires et dans les temps d’ici février 2021. Le logiciel MyCuma Compta a été développé à cette fin. Thierry Magisson, chargé de mission numérique : « Disposer de données de qualité est essentiel, il faut les qualifier le plus finement possible. Car c’est ce qui permettra d’établir une cohésion entre animateurs de Cuma et comptables, donc d’améliorer le conseil ». « Une Cuma sans projet, c’est comme un bateau sans boussole » Comme le monde agricole dans sa globalité, les Cuma vont aussi devoir rapidement s’adapter, à la fois aux évolutions du climat, et à celles des attentes sociétales. C’est pourquoi, les Cuma doivent évoluer vers la mutualisation des assolements, des achats d’intrants, du stockage… « La fédération sera en ordre de marche pour accompagner ces mutations, en tissant des partenariats, en militant pour faciliter l’accès aux subventions », assure Sébastien Francart, secrétaire général de la FRCuma. Autre enjeu majeur pour le monde agricole : l’accès à la main-d’œuvre. L’emploi partagé en Cuma est une solution portée par la FRCuma. Et puis il y a bien sûr la future Pac : « La fédération nationale (FN) Cuma a formulé des propositions pour une meilleure reconnaissance des collectifs agricoles dans la nouvelle mouture », indique Sébastien Francart. Des revendications qui ont été entendues et inscrites dans le Programme stratégique national (PSN) Grand Est qui, avec les autres PSN émanent des régions, servira à écrire le PSN Pac national au niveau du ministère de l’Agriculture. Pour clore cette assemblée générale, Matthieu Goehry, président de la FRCuma du Grand Est, a tenu un discours à contre-courant sur l’agribashing : « Ce serait avancer avec des œillères que de ne pas voir que la société évolue ». Il constate que, comme d’autres professions, notamment les enseignants, ou le corps médical, les agriculteurs sont soumis à un étrange phénomène : « Tout le monde sait mieux que le principal intéressé quelle est sa mission et comment il doit la mener à bien ! Mais cette attitude ne date pas d’hier. L’essentiel est donc ailleurs », balaie le président. Face à un prix du matériel agricole qui a plus que doublé en dix ans, être en Cuma, c’est bien, mais « ça ne suffit plus » : il faut avoir un projet. Car « une Cuma sans projet, c’est comme un bateau sans boussole en pleine mer », compare le président. En résumé, Matthieu Goehry, invite à devenir « Cuma addict ». Parce que « quand les voisins deviennent des partenaires et non des proies », c’est un autre état d’esprit qui s’installe : « Ce n’est pas par hasard si la population agricole diminue plus vite que le nombre d’adhérent en Cuma », lâche-t-il. Faire fructifier le modèle Luc Vermeulen, président de la FNCuma, a salué « l’énergie » de la FRCuma Grand Est : « Ça nous booste, au niveau national, de voir que sur le terrain les choses bougent malgré les incertitudes, le manque de visibilité, d’ambition agricole d’un gouvernement qui ne nous aide pas dans nos missions. » Mais trêves de récriminations : « La force qui nous anime, c’est celle de travailler avec des hommes qui vont de l’avant, qui ne se lamentent pas sur leur sort », constate Luc Vermeulen, qui incite à « activer encore plus le levier du collectif ». Une volonté qui passe par la formation des élus des salariés car « la complexité exige des compétences pointues ». Enfin, il pointe un certain manque de communication sur la réussite du modèle des Cuma : « Nous voulons davantage faire connaître ce modèle de l’agriculture de groupe, donner envie de s’y engager pour le faire fructifier ». Après une journée studieuse, les Cumiste ont partagé un cocktail, un spectacle, et un dîner. Le lendemain, ils ont visité le Parlement européen, où ils ont rencontré la députée européenne Anne Sander et pu assister à une partie des débats, avant de repartager un repas et de rentrer chacun dans son département. Plus d'informations : www.grand-est.cuma.fr/content/federation-des-cuma-grand-est












