A la une

Création de la fédération des vignerons indépendants Grand Est

Peser et être efficace dans l’action syndicale

Publié le 22/02/2020

Avec 420 adhérents en Champagne et près de 440 en Alsace, les vignerons indépendants des deux régions viticoles comptent renforcer leur efficacité politique. Les deux syndicats ont scellé leur union à travers la fédération des vignerons indépendants Grand Est.

440 adhérents, pour 4 500 ha et 40 % de la surface, du coté alsacien ; 420 adhérents, 2 600 ha, 9 % de la surface, du côté champenois : c’est la proportion que représentent respectivement les vignerons indépendants (VI) dans les deux grands vignobles du Grand Est. Après trois années de discussions « sans anicroches », souligne Yves Couvreur, président des VI de Champagne, les destinées des deux syndicats ont été officiellement unies vendredi 14 février, lors du salon des VI du Wacken, par une ratification des statuts par Pierre Bernhard, président du Synvira, Yves Couvreur, et Jean-Marie Fabre, président des Vignerons indépendants de France. Avec ses 900 vignerons, la nouvelle fédération régionale des VI pèse lourd et la présence à cette inauguration des nombreux représentants politiques, élus, députés, sénateurs, conseillers régionaux atteste du potentiel lobbystique et syndical de la nouvelle entité régionale. En aparté, les administrateurs des Vignerons indépendants ne font pas mystère qu’en prenant de l’étoffe régionale, ils entendent aussi « faire valoir leur parole » au sein des instances professionnelles, interprofessions, ODG… respectives des deux vignobles. Cela faisait trois ans qu’ils y réfléchissaient. « Il nous fallait une interface avec la nouvelle Grande Région. Sur les questions d’environnement, de tourisme, d’export, la communication, nous avons trouvé avec une facilité déconcertante des points communs. C’est un acte fondateur », souligne Yves Couvreur. « Il va y avoir une mise en commun de moyens, nous allons dégager des synergies, travailler en toute transparence et en confiance », assure Francis Backert, futur président du Synvira, qui a filé la métaphore du « mariage équilibré » où les identités des époux sont respectées. « Les intérêts seront mieux pris en compte. Car les VI sont des acteurs du territoire, du tourisme et du rayonnement des vignobles. Vous allez construire de véritables actions régionales à la hauteur de vos engagements et de vos attentes de collaboration », a souligné pour sa part Jean-Marie Fabre, président des VIF.

Publié le 21/02/2020

Les Alsaciens reviennent de Vinexpo / WineParis avec un avis a priori favorable sur ce nouveau salon. Côté politique, les représentants du secteur vins et spiritueux attendaient du ministre Didier Guillaume des réponses concrètes à leurs questions sur les conséquences du Brexit et les taxations Trump. En vain.

« Avis positif », pour Guy Ruhlmann, vigneron à Scherwiller dont c’est la première participation. « Satisfait a priori », selon Jérémy Welty, vigneron à Orschwihr. Même sentiment pour Mathilde Pauma et Pierre Scharsch, qui exploitent le domaine Bader à Epfig. « La fréquentation a pris une nouvelle dimension, ça donne de la visibilité sur le marché parisien », exprime Jean-Daniel Héring, vigneron à Barr. « Pour une première fois, je trouve une belle organisation avec un stand qui dénote et nous booste », selon Étienne Arnaud Dopff. Vinexpo et Wine Paris ont conjugué leurs fichiers, et affichent un premier taux de visitorat de 29 280 visiteurs professionnels, dont un tiers d’étrangers en provenance de 126 pays. Le salon se tenait la semaine dernière (du 10 au 12 février) au parc-expo de la Porte de Versailles. Près de 30 000 visiteurs, ce qui ne fait pas le compte si l’on fait la somme Vinexpo Bordeaux + Wine Paris (ex-VinoVision). Mais, pour une première, les organisateurs affichent leur satisfaction et également leur ambition face à Prowein du 15 au 17 mars prochains à Düsseldorf. Une satisfaction cependant mesurée étant donné le contexte mondial bousculé avec le Brexit, les taxations sauvages de Trump et le coronavirus. L’économie mondiale des vins et spiritueux reste néanmoins dynamique : les prévisions de croissance sont de 0,2 % pour les vins et de 0,6 % pour les spiritueux sur la période 2018-23, avec des tendances fortes : la premiumisation des spiritueux, la croissance mondiale des rosés, mais également la volonté des consommateurs d’en savoir plus sur le vin, le vin comme composante du mode de vie, et paradoxalement la baisse générale du niveau de connaissance sur le vin, selon l’agence Wine Intelligence. Pour les alsaces, l’heure était à la séduction avec le nouvel ensemble de stands qui donne, semble-t-il, entière satisfaction aux professionnels. Une centaine de metteurs en marché alsaciens ont fait le déplacement. Sur les 2 800 exposants totaux, cela donne un taux de représentation de 2,5 %, sensiblement équivalent à la proportion des vins d’Alsace parmi les vins français. C’est le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume qui a inauguré le salon le lundi matin, l’occasion pour les filières du vin de lui rappeler que les taxations sauvages américaines auraient déjà fait perdre 40 millions d'€ de devises. Dans cette affaire, les vins et spiritueux français ont le sentiment de faire les frais d’un conflit en lien avec Airbus, qui ne les concerne pas. Mais également les frais de l’absence de cohésion européenne, a reconnu le ministre Didier Guillaume. Mêmes inquiétudes exprimées par la filière au sujet du Brexit : l’objectif est de « sécuriser définitivement l’environnement commercial » avec le Royaume Uni. La France y exporte pour plus d’1,3 milliards d’euros de vins et spiritueux. Elle est en retour le deuxième importateur de whisky écossais pour 150 M€. Quant à l’Alsace, elle a exporté 11 200 hl de vins d’Alsace pour 7,4 M€. Quel sera le niveau de taxation des vins et spiritueux ? Quelles seront les formalités administratives et douanières des échanges ? La filière a enfin souligné les méfaits de l’absence d’accord bilatéral de libre-échange entre l’Union Européenne et la Chine. Devant tous ces sujets, le ministre n’a pas apporté de réponses concrètes, et les responsables viticoles ont exprimé une certaine déception.  

Publié le 20/02/2020

Diluée dans le Grand Est, l’identité alsacienne avait quelque peu été atténuée ces derniers temps dans ce grand concert des territoires qu’est le salon de l’agriculture. Pour cette édition 2020, l’Alsace est de retour en force avec deux stands dédiés. Premier signe des effets concrets de la Collectivité européenne d’Alsace.

« On avait perdu en lisibilité », reconnaît Frédéric Bierry, président du Conseil départemental du Bas-Rhin. « Le stand était noyé dans le Grand Est », indique de son côté Brigitte Klinkert, présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin. « Il y avait une ambition partagée de retrouver enfin l’Alsace au salon de l’agriculture », poursuit-elle. Ce sera fait ! L’Alsace revient en force sur le salon de l’agriculture et donne rendez-vous du 22 février au 1er mars dans le hall 4 sur le stand « TerrAlsace » de 120 m2, et dans le hall 3 sur le stand « Village d’Alsace » au sein du Grand Est. Deux stands donc : le Village d’Alsace, à vocation plutôt commerciale avec ses 13 producteurs, porté par la grande région Grand Est, et TerrAlsace, plus institutionnel, porté par la Chambre d’agriculture Alsace, Alsace destination tourisme, les deux conseils départementaux et la future Collectivité européenne d’Alsace. Les deux stands utilisent la même thématique d’illustration. Où il est question d’identité Pour TerrAlsace, les collectivités territoriales et la chambre consulaire ont mis le paquet sur les codes identitaires. Objectif : rendre l’Alsace visible dans ce grand concert des territoires et des terroirs qu’est le salon de l’agriculture et bien sûr séduire. Avec ses produits du terroir et ses agriculteurs « façonneurs de paysage », l’agriculture est au centre du propos intitulé « agriculteur et plus encore… ». TerrAlsace se compose d’un coin stammtich avec ses chaises typiques et ses moules à kougelhopf faisant office de suspension d’éclairage, une cuisine qui sera animée cette année par les chefs cuisiniers des collèges, un jardin d’arrière-cour, une bàbbel plàtz avec un grand pommier où pourront être cueillies quotidiennement 1 500 pommes de variété alsacienne natti, décrit Anne Lienhart, de l’agence Au Trente Deux à Strasbourg, conceptrice du projet. Côté décorations murales, les deux stands sont ornés des illustrations de l’artiste Missy, avec ses cigognes, son houblon, son raisin aux traits fins caractéristiques… Le nouveau stand TerrAlsace mise également sur l’angle humain avec des visuels de portraits géants d’animateurs du territoire : des viticulteurs, maraîchers, céréaliers, fermiers aubergistes qui incarnent l’agriculture alsacienne. Les heureux acteurs agricoles retenus, engagés dans leur territoire, sont Christophe Diss, agriculteur à Landersheim, Fatima Riahi, maraîchère urbaine et créatrice de lieux sociaux, André Frieh, apiculteur, Jacques Lochert, fermier aubergiste, Sophie Barmès, vigneronne, et Bernard Ingwiller, houblonnier. S’agissant des animations sur ce stand du hall 4, chaque journée sera consacrée à une thématique de produit du terroir (crémant, lait, fruits, houblon, pain…) associés à une proposition gastronomique très identitaire, à des ateliers pédagogiques, à des cook show. Les cuisiniers des collèges feront également le show gastronomique. Le Village d’Alsace : « moins institutionnel » Dans le hall 3, le Village d’Alsace « moins institutionnel » accueillera pour sa part les exposants : vignerons, distillateurs, choucroutiers, biscuitiers, brasseurs… L’occasion de valoriser les savoir-faire régionaux « et de le faire savoir, souligne Frédéric Bierry. C’est important dans ce contexte d’enjeux comme l’agribashing, le défi climatique, les prix agricoles… ». Car le salon de l’agriculture devrait accueillir plus de 600 000 visiteurs. « C’est un acte de foi dans l’Alsace et son agriculture », conclut le président du Conseil départemental du Bas-Rhin. Pas de rivalité donc entre les deux stands et une cause commune, celle de « défendre l’agriculture », martèle Denis Ramspacher, président de la chambre consulaire, « ravi de la collaboration » avec les collectivités territoriales. Car, reconnaît Denis Rampacher, « avec (uniquement) la grande région, c’était tout de même devenu plus difficile de vendre les produits du territoire ». Surtout quand ceux-ci s’appuient sur des identités territoriales fortes. Un sentiment unanimement partagé, ce jeudi 13 février au magasin de producteurs du Verger expérimental d’Alsace (Verexal) à Obernai, lieu emblématique des produits du terroir, où se tenait la conférence de presse.    

Pages

Les vidéos