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Assemblée générale des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin

Les élus tous ensemble avec la jeunesse agricole

Publié le 06/02/2020

Le 3 février, à Oberhausbergen, l’assemblée générale (AG) des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin (JA 67) a réuni près de 150 adhérents sur 650 et une cinquantaine de lycéens d’Obernai, d’élus, d’organismes agricoles, et de partenaires. Quatre élus alsaciens d’envergure ont répondu aux questions des jeunes actifs ou étudiants et les ont assurés de leur soutien.

Anne Sander, députée européenne, membre du Parti populaire européen (PPE), à la commission de l’agriculture et du développement rural ; Vincent Thiébaut, député national La République en marche (LREM), à la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire ; Frédéric Bierry, président du Conseil départemental du Bas-Rhin (Les Républicains), et Patrick Bastian, président de la commission agriculture et forêt de la Région Grand Est (majorité, droite) ont répondu présent à l’appel des JA 67. Pour son AG 2020, le syndicat a placé « les jeunes au cœur du débat ». Sur l’agribashing, le budget de la Pac, les distorsions de concurrence, le solde des jeunes installés, le troisième règlement de développement rural (RDR3) - élaborant un cadre qui recouvre les différents fonds européens Feader, Feder, FSE, etc, notamment -, Egalim, l’approvisionnement de proximité dans les cantines scolaires, l’aménagement routier, l’entretien des bords de route, les installations classées et le foncier - l’accès au foncier -, les jeunes actifs et étudiants ont interpellé leurs aînés élus. Près de deux heures durant, ces derniers ont essayé d’apporter les réponses les plus précises possible et ont assuré les jeunes de leur soutien indéfectible. Les quatre politiques ont fermement condamné les intrusions en élevage. Vincent Thiébaut veut que ça se sache : « J’insiste pour que les journalistes le répètent ». « La propriété privée doit être respectée », a martelé Frédéric Bierry. Les élus s’en remettent à la justice et enjoignent les agriculteurs à faire de la pédagogie à destination du grand public. Les JA et la FDSEA ont porté plusieurs plaintes au civil et au pénal, contre les militants de Red Pill et les journalistes de France 3 Alsace, qui ont filmé un élevage de porcs, à une vingtaine de kilomètres de Strasbourg, dans la nuit du vendredi 24 au samedi 25 janvier 2020. Le conseil de l’audiovisuel a aussi été saisi par les syndicats, qui n’ont dévoilé aucune action de communication lors de l’AG. Pour illustrer l’appui des administrations au monde agricole, Patrick Bastian a rappelé l’engagement de la Région en faveur de l’installation : financement à hauteur de 80 % du point info transmission, dotation de 500 € aux jeunes stagiaires, entre autres. La politique agricole du Grand Est s’appuie sur 32,4 millions d’euros (M€) en 2020. Ce budget a plus que doublé depuis 2016, a relevé celui qui est aussi maire de Zehnacker. Contrats de filières, dont fruits et légumes, aides pour les bâtiments de stockage (dans le cadre du Plan bâtiment) : les Alsaciens ont gagné, selon lui, à intégrer le Grand Est. Peu de réponses concrètes Le président du Conseil départemental du Bas-Rhin a rebondi sur ces propos pour souligner le dynamisme « dans nos territoires » : « Il y a quelques semaines, j’ai reçu de hauts dignitaires chinois. Ils sont venus voir comment, en Alsace, on gère l’agriculture. À l’heure où les villages chinois se désertifient, où leur monde agricole est en difficulté, ils sont venus s’inspirer de la vitalité du monde rural chez nous, du lien fort des élus locaux à notre agriculture ». Sur la Pac, Anne Sander n’a guère laissé d’espoir : « Je mentirais si je vous disais que le même budget sera alloué pour la Pac après 2020. Les États membres veulent moins participer »… mais veulent tout de même la Pac, rassure la députée. Hormis ces messages plus ou moins réconfortants, peu de réponses concrètes ont été données aux jeunes actifs et étudiants présents, lundi 3 février, dans la salle du centre sportif et culturel d’Oberhausbergen. Frédéric Bierry est revenu sur la création du RSA vendanges comme solution pour trouver de la main-d’œuvre locale saisonnière et sur l’influence du Département du Bas-Rhin en faveur de l’approvisionnement en produits locaux dans la restauration hors domicile (RHD). Il a surtout exhorté les jeunes agriculteurs à faire appel aux élus lorsqu’ils sont face à des difficultés administratives « kafkaïennes ». Dans une vidéo, le représentant national des JA, Samuel Vandaele, a évoqué la demande de moratoire faite par le syndicat sur les ZNT, l’organisation d’Assises de l’installation en juin 2020 avec le ministère et les Régions de France, et un spot publicitaire pour donner envie de rejoindre les métiers de l’agriculture. De quoi galvaniser les adhérents ! Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, s’est dit ravi d’être devant les jeunes, à Oberhausbergen, qui avait accueilli les Terres à l’envers en 2011. « L’avenir de l’agriculture passera par l’économique », a-t-il souligné. Il faut chercher la valeur ajoutée sur les exploitations, conseille-t-il. Christophe Fotré, directeur départemental des territoires (DDT), a ré-invité, en fin d’assemblée, les jeunes à occuper l’espace médiatique pour passer leur propre message : « Les activistes sont minoritaires, relève-t-il. Les Français sont attachés à leur gastronomie et donc aux produits de qualité ». Il a promis, dans un tout autre registre mais toujours en soutien aux jeunes agriculteurs, que tout serait fait pour diminuer la population de sangliers.

Après un méteil

Pourquoi pas un sorgho ?

Publié le 05/02/2020

Résistants à la chaleur et au manque d’eau, les sorghos avancent deux arguments de poids dans un contexte de changement climatique.

Un des avantages de récolter les méteils au stade ensilage est de libérer suffisamment tôt les parcelles pour implanter une culture suivante, qui profitera d’un sol structuré, avec peu d’adventices et riche d’un reliquat azoté. La solution la plus « basique » est d’implanter un maïs précoce. Mais d’autres possibilités existent. Notamment les sorghos, plantes qui présentent l’avantage, à ce stade de l’année, de bien supporter la chaleur. Il existe plusieurs types de sorghos. Les sorghos monocoupes ne se sèment pas avant le 15 mai. Le sol doit en effet afficher une température de 12 °C, sinon les adventices risquent de pousser plus vite que le sorgho, avec des difficultés de désherbage à la clé. Ce type de sorgho se récolte plus tard qu’un maïs ensilage, vers la mi-octobre, mais peut rester en place jusqu’aux premières gelées sans subir de perte de rendement. « Au contraire, indique Laurent Fritzinger, conseiller à la Chambre d'agriculture Alsace, plus le sorgho mûrit plus le rendement augmente. Et comme leur valeur alimentaire découle essentiellement de leur digestibilité et de leur teneur en sucre, il ne faut pas les récolter trop tôt. » La principale difficulté est de déterminer quand le sorgho est mûr. Les sorghos multicoupes s’apparentent davantage à une graminée, et se gèrent donc « comme de l’herbe ». La première coupe doit donc être positionnée avant l’épiaison. Puis, selon la chaleur, deux à trois coupes permettent de valoriser les repousses, qui sont assez rapides : « Il faut prévoir une coupe toutes les six semaines », prévient Laurent Fritzinger. Cependant, la valeur alimentaire de ce fourrage est moyenne, comparable à celle d’« un bon foin ». Pour ces deux types de sorghos, il existe des variétés BMR, moins riches en lignine, ce qui améliore leur digestibilité, donc permet de gagner en UFL. Mais, forcément, ces sorghos sont plus sensibles à la verse. Il s’agit donc de « bien gérer la densité de semis et la fertilisation azotée ». Itinéraire technique Les sorghos se sèment au semoir monograine afin de garantir une levée homogène. En effet, il n’y a pas de produit de désherbage homologué à moins du stade trois feuilles du sorgho, qui prend un certain temps à être atteint, d’où l’intérêt d’une levée homogène. Le besoin en azote est limité, de 50 à 80 unités, soit moins qu’un maïs. Laurent Fritzinger déroule les atouts des sorghos par rapport au maïs : « Ils sont moins gourmands en intrants, les semences sont moins chères, ils résistent bien à la chaleur et à la sécheresse grâce à un système racinaire plus profond. Ils attirent moins les sangliers. Riches en sucres, ils s’ensilent bien. Dans les rations, ils ramènent de l’énergie mais sans amidon, ce qui limite le risque d’acidose. » Quelques inconvénients tout de même : « Ils démarrent lentement, sont sujets à la verse, mûrissent lentement et doivent être ensilés après le maïs. » La comparaison des coûts de revient entre un maïs et un sorgho donne l’avantage au second. « Sachant qu’avec un sorgho BMR, on apporte quasiment autant d’UF qu’avec un maïs. » Citant une étude réalisée par Arvalis - Institut du végétal, Philippe Le Stanguennec, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture Alsace, précise : « Même si on fait 2 tMS/ha de moins avec un sorgho qu’avec un maïs on est encore bon en termes de coûts alimentaires. Et, à rendement égal, on obtient un gain de 5 €/1 000 l de lait avec le sorgho. »   Lire aussi : « Des pistes pour reconstituer les stocks », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

Publié le 04/02/2020

Les méteils cumulent de multiples vertus, qu’elles soient agronomiques, alimentaires ou économiques. En outre, dans un contexte de changement climatique qui pénalise aussi bien le rendement des prairies que du maïs ensilage, ils diversifient les sources de fourrage, donc sécurisent les stocks.

Les méteils, mélanges de céréales et de légumineuses, présentent de nombreux avantages, exposés par Laurent Fritzinger, conseiller à la Chambre d'agriculture Alsace : « Ils constituent une couverture hivernale des sols, qu’ils explorent efficacement, grâce à des systèmes racinaires différents. Ils contribuent au maintien de la structure des sols. Selon les espèces utilisées, les méteils permettent aussi de limiter les opérations de désherbage en concurrençant les adventices. La présence de légumineuses implique des restitutions d’azote sur la culture suivante. En outre, les méteils sont généralement peu sensibles aux maladies et moins exigeants en eau que d’autres solutions, comme les intercultures de ray-grass. Enfin, ils ne requièrent aucun matériel spécifique, puisqu’un semoir à céréales et une faucheuse suffisent. » La principale charge des méteils est constituée par les semences : « Compter 150 à 200 €/ha, sachant que le prix augmente avec la proportion de protéagineux. Et qu’il est possible de faire son propre mélange, avec des semences de ferme pour les céréales, et de n’acheter que les protéagineux. » Il s’agit aussi d’être attentif à la composition du mélange, pour en maximiser les bénéfices. Laurent Fritziner conseille : « La proportion de chaque espèce dans le mélange dépend de ce qu’on veut en faire. Il est important d’utiliser des espèces qui affichent des précocités comparables et d’incorporer au moins une espèce tuteur. » Parmi les céréales envisageables, l’orge a peu d’intérêt, justement parce qu’elle ne constitue pas un bon tuteur. Le triticale est plus adapté, si on choisit des variétés résistantes à la verse. L’avoine peut être utilisée, à condition de choisir une variété résistante au gel. Tout comme le seigle fourrager, sachant que sa valeur alimentaire est médiocre, qu’il est très compétitif envers les protéagineux, mais qu’il est précoce. La tardiveté de l’épeautre peut nécessiter de retarder l’implantation de la culture suivante. Bref, la céréale parfaite n’existe pas ! Idem en ce qui concerne les protéagineux : le pois fourrager risque de faire verser le méteil s’il est semé trop dense, les vesces sont riches en protéines mais sont tardives et peuvent aussi faire verser les céréales, les trèfles survivent difficilement à la compétition inhérente au mélange, par contre la féverole est plus adaptée : « Elle résiste au gel, est très riche en protéines et constitue un tuteur en elle-même. » Des essais sur les méteils menés par la Chambre d'agriculture Alsace depuis plusieurs années, il ressort que les fertiliser ou pas ne change pas grand-chose, tant en termes de rendement que de valeur alimentaire. Ce n’est pas interdit « pour aider la céréale », mais si le mélange est riche en protéagineux, la fertilisation risque d’être contre-productive. Ces essais révèlent aussi que les méteils présentent des UFL compris entre 0,74 et 0,9. Les plus faibles valeurs énergétiques sont obtenues avec les mélanges à base de seigle ; les plus élevées avec des mélanges riches en pois ou en vesce. Quant à la teneur en protéines, elle va de 15,7 à 21 % de MAT (Matière azotée totale) avec de la féverole. Donc mieux qu’un maïs. Ces essais comprennent également une analyse économique, qui permet de démontrer l’intérêt de ces mélanges. Notamment parce que « leur coût de production, évalué à 55-80 €/tMS, est inférieur à celui de l’ensilage d’herbe, essentiellement grâce au faible niveau d’intrants », précise Laurent Fritzinger. Du champ à l’auge Outre ces avantages agronomiques et économiques, les méteils présentent aussi des intérêts alimentaires, puisqu’ils s’intègrent bien dans les rations à base de maïs ou d’herbe où ils apportent fibres et protéines. À condition de réussir la récolte ! Une étape pas toujours évidente : « Les méteils se caractérisent par leur faible teneur en matière sèche (MS) sur pied, la présence d’espèces à grosses tiges, difficiles à sécher au champ, leur tendance à former un couvert dense, qui maintient un microclimat humide et peu aéré au niveau du sol », décrit Philippe Le Stanguennec, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture Alsace. L’objectif est donc d’atteindre un méteil à 30 % de MS au champ, seuil qui permet de préserver les teneurs en sucres et en protéines en ensilage. Pour atteindre ce stade, « deux jours de séchage, c’est incompressible », constate Philippe Le Stanguennec. Il rappelle les facteurs qui conditionnent l’aptitude à l’ensilage d’un fourrage : « Plus la teneur en sucre est élevée, meilleure est la conservation. Et plus la teneur en éléments minéraux est élevée, plus le pouvoir tampon est fort, donc plus la baisse de pH est difficile. Enfin, plus le fourrage est humide, plus les protéines sont dégradées. » D’où l’intérêt du préfanage qui, en en accélérant la baisse du pH, réduit la protéolyse. Selon la météo, il n’est pas toujours évident d’obtenir un fourrage réunissant ces qualités. Dès lors, la pertinence du recours à un conservateur peut se poser. Ces conservateurs sont généralement composés de bactéries, qui transforment les sucres simples en acides, qui diminuent le pH. Ils contiennent éventuellement aussi des enzymes, qui ont pour objectif d’attaquer la cellulose et de transformer les sucres complexes en sucres simples. Ils peuvent aussi être plus simplement composés d’acides. Pour Philippe Le Stanguennec, ces conservateurs ont un intérêt si la teneur en MS du méteil est insuffisante, s’il est riche en légumineuse, si l’acidification risque d’être lente entraînant une dégradation des protéines, ou encore si de la terre a été incorporée à la récolte, engendrant un risque de multiplication de spores butyriques. Pour garantir leur efficacité, il convient de « les répartir de manière homogène dans le silo, en respectant la dose préconisée par le fabricant ». Maintien des performances techniques, amélioration des performances économiques Il ne reste plus ensuite qu’à valoriser les méteils dans les rations. Ils peuvent par exemple remplacer une partie de l’herbe. Leur teneur en azote plus élevée permet d’économiser du correcteur. Ils peuvent aussi remplacer une partie du maïs, avec également des économies de correcteur à la clé. « Mais, comme on perd en UF, il faut apporter des céréales », tempère Philippe Le Stanguennec. Le conseiller cite une étude menée par l’Idele et qui démontre qu’en intégrant 30 % de méteil dans une ration, les résultats sont équivalents à la ration de référence, que ce soit en termes d’ingestion, de production de lait ou de taux, avec cependant la perte d’un point de matière grasse. Ce qui se répercute sur la paie de lait. Mais « comme le coût de la ration est un peu inférieur, la marge est supérieure avec la ration comprenant 30 % de méteil », rapporte Philippe Le Stanguennec. Qui précise que l’étude se fonde sur un rendement en méteil de 6,5 tMS/ha. « Si le rendement baisse, le coût à la tonne augmente. Mais le méteil reste performant jusqu’à 4,5 tMS/ha. » Pour conclure, les techniciens rappellent qu’afin d’obtenir la valeur énergétique la plus élevée possible, les méteils gagnent à être récoltés jeunes, donc généralement en mai. Ce qui suggère de bien choisir la culture suivante.   Lire aussi : « Une association gagnante », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin ; « Des pistes pour reconstituer les stocks », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.  

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