A la une

Publié le 12/03/2020

Une nouvelle fois, le salon international de l’agriculture à Paris a démontré l’attachement du grand public au monde agricole. Un constat encourageant, comme une parenthèse dans cette période chahutée. Les élus de la Chambre d'agriculture Alsace se sont retrouvés, vendredi 6 mars, en session, à Sainte-Croix-en-Plaine pour évoquer l’actualité.

Cette nouvelle édition du salon international de l’agriculture (SIA), même réduite d’une journée, a été un véritable succès. Enfin, le monde agricole a eu la possibilité de communiquer positivement. « Cela doit interpeller nos décideurs sur la représentativité de certaines minorités agissantes et de groupuscules activistes qui font le buzz sur les réseaux sociaux », observe le président de la Chambre d'agriculture Alsace (CAA) Denis Ramspacher. L’Alsace a par ailleurs retrouvé de la visibilité et de la lisibilité à Paris. « Nos exposants et nos filières ont pu en profiter. Merci à nos deux Conseils départementaux pour cette initiative de créer ce nouvel espace, Terr’Alsace, dans le hall dédié aux institutions. Cela a constitué une belle vitrine des savoir-faire alsaciens pour donner corps à la future Collectivité européenne d’Alsace. Pour concrétiser ces nouveaux partenariats, la CAA a travaillé main dans la main avec nos collectivités régionales et départementales, souligne Denis Ramspacher. Les professionnels, eux, ont pu se mettre en valeurs lors du Concours général agricole et aux concours des races pour les éleveurs. » Le SIA est aussi l’occasion de rencontrer et d’échanger avec les différents élus nationaux et régionaux. Cela tombe bien. Les dossiers d’actualités ne manquent pas. La revalorisation des retraites agricoles n’est toujours pas actée. « Nous devons obtenir du gouvernement les 85 % du SMIC, tout de suite, pour toutes les petites retraites agricoles », répète le président. Les questions sans réponses sont également toujours nombreuses concernant les zones de non-traitement (ZNT). « L’arrêté fixant à cinq ou dix mètres les ZNT à proximité des habitations a été signé le 31 décembre pour être appliqué le 1er janvier. Il s’agit d’un record de vitesse qui n’est pas courant de la part de l’administration ! Ce texte prévoit la possibilité de réduire les distances à trois ou à cinq mètres. À condition de mettre en œuvre des dispositifs techniques particuliers sur les pulvérisateurs et de signer une charte de « bon voisinage » au niveau départemental », précise Denis Ramspacher. Il rappelle qu’un travail est effectué en Alsace sur une charte pour la viticulture. Mais, pour le reste, et notamment l’aspect réglementaire, rien n’est clair alors que la date des premiers traitements approche. « C’est la raison pour laquelle la profession demande toujours un moratoire sur l’application de ces ZNT. Le temps de travailler correctement sur ces chartes. Le temps d’organiser les concertations nécessaires, notamment avec les maires qui seront élus ces prochaines semaines », ajoute le président. Maintenir visibilité et cohérence La profession agricole s’inquiète également des intrusions nocturnes perpétrées par des activistes de la cause animale. Des actions médiatisées de surcroît. « Ceci est inacceptable sur la forme comme sur le fond. Une plainte a été déposée par l’éleveur. Nous avons alerté la nouvelle préfète. Elle a réuni d’urgence la cellule Demeter. De tels agissements doivent être fermement combattus et condamnés par la justice », prévient Denis Ramspacher. Les mêmes inquiétudes concernent les discussions de la nouvelle politique agricole commune (Pac). Des discussions qui s’éternisent. Les professionnels craignent de nouvelles contraintes, mais avec des moyens en baisse. Or, la Pac, à travers son premier pilier, doit rester le levier essentiel pour garantir un socle de rémunération pour la plupart des agriculteurs. « Dans cette période d’incertitudes, il est essentiel de maintenir de la visibilité et de la cohérence autour des futures mesures essentielles pour la vitalité de nos territoires. Les enjeux de l’agriculture sont considérables. Et les attentes envers la Chambre d'agriculture sont grandes. L’État demande de s’engager dans un contrat d’objectifs pour être encore plus efficaces. Avec de nouvelles missions pour accompagner les professionnels vers les transitions économiques, énergétiques et environnementales. C’est l’enjeu de notre projet stratégique », indique le président de la CAA. Ce projet a été adopté lors d’une précédente session. Il s’inscrit en complémentarité des travaux en cours sur le projet stratégique au niveau régional à la Chambre régionale d’agriculture Grand Est et au niveau national à l’assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA), avec la mise en place de seize domaines d’activités stratégiques. Le tout dans un contexte contraint où l’État met la pression pour améliorer l’efficacité du réseau des Chambres d’agriculture. « En Alsace, nous n’avons pas à rougir de nos actions en faveur des agriculteurs et de nos résultats. Sur tous les sujets concernés par le contrat d’objectifs, nous sommes bien positionnés et souvent en avance sur d’autres départements. La fusion « Chambre d’Alsace » nous a fait gagner en efficacité et en compétences. Nous sommes des acteurs essentiels de toutes les politiques publiques sur notre territoire et nous sommes présents sur le terrain sur tous les sujets (lire l'encadré). Je suis donc confiant dans notre capacité à répondre aux défis de l’avenir, de celui de nos agriculteurs et de notre territoire. Pour y parvenir, nous aurons besoin de la confiance de l’État et des différentes collectivités régionales, départementales et locales », a conclu Denis Ramspacher.   A lire aussi : « Une session chambre axée sur le bien vivre ensemble », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin ; « « Nous avons du pain sur la planche » », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

Publié le 10/03/2020

Expérimentation, conseil, accompagnement des filières : Planète Légumes est présent sur tous les fronts. La station, qui cherche à réduire sa dépendance aux subventions, a lancé une enquête de satisfaction auprès de ses adhérents.

Les adhérents de Planète Légumes sont satisfaits de leur station et de ses actions : c’est ce qui ressort d’une enquête menée du 26 décembre au 28 janvier dernier auprès des 485 adhérents de la station (lire l'encadré). « Nous voulions savoir si nous étions dans le vrai par rapport à nos orientations », a expliqué Pierre Lammert, son président, lors de l’assemblée générale qui a eu lieu le 13 février à la Maison de l’agriculture à Schiltigheim. Planète Légumes entame donc l’année 2020 avec la satisfaction de voir reconnu son travail d’expérimentation, de conseil et d’accompagnement des filières. La station a connu un renouvellement assez important de son équipe en 2019, a informé Pierre Lammert. Fabien Digel, son directeur, ayant pris des responsabilités supplémentaires à la Chambre d’agriculture Alsace, il est désormais épaulé par Yannick Wir, qui consacre une partie de son temps à encadrer l’équipe technique composée de dix conseillers. La station a également embauché un salarié chargé des appels à projets, Wilfried Paget. Ceux-ci constituent, en effet, une nouvelle source de financement, à l’heure où les subventions publiques se réduisent. Grâce à cette embauche, Planète Légumes a répondu à quatre appels à projets dont les résultats seront connus en mars. À ce jour, indique Pierre Lammert, le financement de Planète Légumes est assuré à 50 % par les subventions (contre 70 %, il y a encore quelques années), le reste provenant à parts égales des cotisations des adhérents et des prestations. Cette évolution est inévitable dans un contexte de réduction des moyens, note Denis Ramspacher, président de la Chambre d'agriculture Alsace. La diversification des sources de financement lui permet d’assurer ses missions quand d’autres stations d’expérimentation, trop dépendantes des subsides publics, ont dû fermer leurs portes. Planète Légumes perçoit ainsi 100 000 € de subventions de la Crage (Chambre régionale d’agriculture Grand Est), et autant de la Région Grand Est au titre du contrat de filière. Les autres contributeurs sont l’Agence de l’eau, l’Ademe et dans une moindre mesure, le Casdar. FranceAgriMer n’accorde des financements que dans le cadre d’appels à projets, précise Pierre Lammert. La Chambre d’agriculture Alsace met également deux de ses conseillers à disposition de Planète Légumes. Certification HVE : une demande croissante La séparation de la vente de produits phytosanitaires et du conseil, qui interviendra au 1er janvier 2021, va renforcer les missions de conseil de Planète Légumes. La station accompagne déjà les producteurs dans les certifications notamment la certification haute valeur environnementale (HVE2/HVE3). Cette certification est demandée par les restaurants scolaires, qui doivent se conformer à l’obligation d’utiliser 50 % de produits sous signe de qualité ou 20 % de produits biologiques à partir de 2022. Or, en fruits et légumes, il n’y a pas de signe de qualité en dehors du bio. « Il y a une réflexion à avoir d’ici au 1er janvier 2022 », souligne Pierre Lammert, qui fait état de la demande croissante pour un approvisionnement provenant d’exploitations certifiées HVE. En 2019, Planète Légumes comptait 485 adhérents, contre 40 en 1997, constate Fabien Digel. Les deux-tiers d’entre eux sont installés en Alsace mais la station compte aussi 60 adhérents en Lorraine, une petite centaine en Champagne-Ardenne et 41 ailleurs en France. Ils ont accès à huit « menus » différents, dont le menu maraîchage, le plus plébiscité. 90 % des adhérents sont en agriculture conventionnelle mais les producteurs biologiques sont plus nombreux chaque année et cela va probablement continuer, estime Fabien Digel. Soixante expérimentations conduites en 2019 Soixante expérimentations ont été conduites en 2019. Les conseillers de Planète Légumes les ont passées en revue : essais de désherbage en oignons jaunes et en oignons de printemps, lutte alternative contre l’altise et essai variétés en choux, gestion des adventices en maraîchage bio, désherbage des céleris et des carottes, désherbage de l’interrang en culture de fraise, irrigation par goutte à goutte en raifort, résistance à l’alternaria en pommes de terre… En adhérant à Planète Légumes, et en fonction du menu qu’ils ont choisi, les producteurs ont accès aux résultats de ces essais, mais aussi à des réunions techniques, des démonstrations, des avertissements et bulletins techniques. Une partie des essais seront reconduits en 2020, d’autres seront nouvellement lancés cette année. La station poursuivra également les essais d’homologation de produits phytosanitaires qu’elle réalise à la demande des firmes. L’opération Légumes Mieux, destinée aux producteurs qui souhaitent se convertir au bio, se poursuit en 2020. Elle a concerné 50 producteurs la première année. La station anime également un réseau Dephy légumes, avec pour objectif de tester et valider des solutions alternatives aux traitements chimiques.

Groupement de défense sanitaire (GDS) des animaux d’Alsace

BVD : de l’éradication à la surveillance, un processus qui questionne

Publié le 09/03/2020

Lancé en 2015, le plan d'éradication de la Diarrhée virale bovine (BVD) Est entame sa quatrième année de mise en oeuvre dans le Grand Est. À ce stade, des allègements de procédure devraient pouvoir être envisagés, pour atténuer le coût de la lutte. Mais il reste des freins et des inquiétudes à lever.

La Diarrhée virale bovine (ou BVD pour Bovine viral diarrhea) fait partie des maladies à fort impact économique. « Il est estimé entre 46 et 83 € par bovin et par an », pointe Céline Zuber, directrice du GDS d’Alsace. Aussi, au courant de l’hiver 2015, tous les GDS du Grand Est se sont engagés dans un plan d’éradication de la maladie. Une décision qui faisait suite à l’engagement de la Suisse, de l’Allemagne et de la Belgique dans de telles démarches. Or les virus ne s’arrêtant pas aux frontières, il était logique que la région Grand Est, transfrontalière de ces pays, emboîte le pas. Le programme d’éradication doit se dérouler en plusieurs phases. La première phase consiste à assainir un maximum de cheptels en mettant en œuvre des mesures prophylactiques obligatoires dans les élevages. Pour résumer, cela passe par le dépistage des veaux à la naissance, au moyen de la pose d’une boucle permettant le prélèvement de cartilage auriculaire sur lequel est pratiquée une analyse virologique. C’est donc bien la présence du virus qui est détectée par ce procédé. Les animaux diagnostiqués Infectés permanents immunotolérants (IPI) doivent être éliminés rapidement (lire en encadré). À cela s’ajoute la vaccination des animaux reproducteurs selon le statut de l’élevage, et le contrôle du statut des bovins introduits. Lors de l’élaboration du plan, la phase de bouclage était prévue pour une durée de quatre ans. À ce stade, le statut de quasiment tous les bovins devait être connu. Et cette première phase, si elle est efficace en termes d’assainissement des élevages, est coûteuse en analyses. Il était alors prévu de passer à une surveillance sérologique des troupeaux. Cette fois-ci, ce n’est plus le virus qui est recherché mais ses anticorps spécifiques, soit par des analyses de tank de lait en élevage laitier, soit par des analyses de sang sur des animaux sentinelles en élevage allaitant. Entre-temps, en 2019, un arrêté ministériel a rendu la lutte contre la BVD obligatoire dans tous les cheptels de France. L’arrêté précisait des mesures à mettre en œuvre dans les cheptels infectés : obligation d’éliminer les individus IPI sous quinze jours, restriction des mouvements d’animaux en cas d’IPI, vaccination des animaux reproducteurs… Un arrêté qui donnait satisfaction aux GDS du Grand Est, précurseurs en matière de plan d’éradication de la maladie. Sauf qu’un nouvel arrêté a été publié, six mois plus tard, supprimant les restrictions de mouvement des animaux. Une décision incompréhensible puisqu’incompatible avec la maîtrise de la maladie. Patrick Bastian, président du GDS, commente : « En Alsace, nous continuerons à appliquer le 1er arrêté. Sinon, l’argent injecté jusqu’ici dans la lutte contre la BVD est perdu. » Des analyses coûteuses Reste qu’après quatre années de mise en œuvre de la première phase du plan d’éradication en Alsace, Patrick Bastian analyse : « Nous avons pris de l’avance sur la maladie mais la méthode par analyse virologique sur cartilage auriculaire représente un coût qu’il faut pouvoir supporter ». Céline Zuber, directrice du GDS, confirme : « Les analyses constituent notre poste de dépense le plus important. » L’exercice 2019 du GDS d’Alsace est marqué par le plan d’éradication de la BVD : il se clôt sur un déficit de 73 000 €. Et Patrick Bastian et Céline Zuber annoncent d’ores et déjà des résultats déficitaires pour les prochains exercices, car il y aura, au moins pendant un certain temps, cumul du bouclage pour analyse virologique et surveillance sérologique des troupeaux. « Il faut trouver des solutions moins onéreuses sans pour autant laisser la maladie regagner du terrain », estime Patrick Bastian. Car la BVD n’est pas la seule maladie infectieuse que le GDS a à gérer : en plus des maladies endémiques du territoire, il y en a de nouvelles qui apparaissent, comme la besnoitiose, qui a été détectée pour la première fois en Alsace cette année. Vers un dépistage plus « light » Depuis le lancement du plan d’éradication, « le nombre de veaux IPI a effectivement baissé dans le Grand Est mais il reste des positifs. Et le nombre de cheptels infectés ne baisse plus sur la dernière année. Ce qui révèle qu’il y a des points que nous ne maîtrisons pas, comme les pâtures, les introductions d’animaux », décrit Céline Zuber. Cependant, il est désormais envisageable d’aller vers un dépistage plus « light », avec un statut de cheptel au lieu d’un statut pour chaque individu. Pour tester la faisabilité de cette transition, le GDS Alsace a identifié des zones géographiques exemptes de circulation de BVD depuis deux ans. Des sérologies sur le lait y sont effectuées. En l’absence de contamination détectée, les analyses se poursuivent sur le lait. En cas de résultat positif à la BVD sur le lait, les jeunes animaux sont dépistés par des analyses sanguines. Un protocole certes plus « light » et moins coûteux, mais non sans limites. Il est peu adapté aux petits troupeaux car il est difficile d’y identifier des animaux sentinelles qui soient statistiquement représentatifs. Il manque souvent de matériel de contention adapté aux jeunes animaux dans les élevages. Enfin, il peut y avoir des interférences, avec de possibles résultats positifs liés à vaccination. En matière de circulation des animaux, les GDS proposent aussi quelques évolutions à l’introduction des animaux : « Ne plus contrôler le statut des bovins de moins de trois mois introduits par prise de sang, puisqu’ils sont déjà garantis non IPI. Et, entre deux éleveurs du Grand Est qualifiés IBR (pour rhinotrachéite infectieuse bovine, ndlr) et non suspects en termes de BVD, on peut aussi se passer de la prise de sang à l’introduction », décrit Céline Zuber. L’exemple belge Jean-Yves Houtain, directeur du département encadrement sanitaire à l’Agence régionale de santé et d’identification animales (Arsia) en Belgique, était invité à décrire le programme d’éradication de la BVD en Belgique, qui atteint un peu avant le Grand Est la phase délicate d’allégement du dépistage avec maintien de l’efficacité du dispositif : « Après cinq années de lutte, il nous reste du chemin à parcourir avant de crier victoire », pose d’emblée Jean-Yves Houtain. Il rappelle que la base légale du programme d’éradication est l’arrêté Royal, qui date de 2014. Le plan est entré en vigueur en 2015, avec, un peu comme en Grand Est, un dépistage obligatoire des veaux à la naissance, des restrictions de déplacement… À partir de 2019, il a été décidé d’alléger le dépistage à la naissance, et de passer en dépistage sérologique. Dans cette phase d’allégement actuelle, un troupeau peut être qualifié indemne de BVD sous certaines conditions (que des animaux non IPI…), ce qui lui permet de déroger au dépistage systématique, « sauf pour les femelles achetées pleines, dont le veau doit être testé en sérologie ». Si les conditions ne sont pas remplies, la qualification se poursuit grâce à des bovins sentinelles, qui ne sont pas vaccinés et nés dans le troupeau, sur lesquels sont réalisées des analyses sérologiques annuelles par prise de sang. Selon les résultats des analyses, la qualification est prolongée, suspendue (avec un monitoring sérologique sur une cohorte de veaux), ou bien, lorsque deux à quatre animaux sont positifs, se met en place une procédure de confirmation, avec un test Elisa plus spécifique. Et s’il y a un résultat positif à ce test, un nouvel échantillonnage sur les positifs est réalisé. Si tous les résultats sont négatifs sur ce nouvel échantillonnage, le doute est levé, sinon un double test Elisa est réalisé. Lorsqu’un élevage perd sa qualification d’indemne parce qu’un individu IPI y est détecté, une enquête épidémiologique est réalisée. Parmi les causes avérées de recontamination, Jean-Yves Houtain cite l’achat d’une femelle gestante porteuse d’un fœtus IPI, un contact indirect d’un individu sain avec un individu IPI d’un autre élevage par le biais d’un visiteur. Pour le déterminer, les enquêteurs ont fait séquencer l’ADN des souches de virus issus de deux cheptels qui partagent des mêmes intervenants (marchand, vétérinaire…). Résultat : les souches sont analogues à 100 % entre les deux cheptels. Autres sources potentielles d’IPI cités par Jean-Yves Houtain : le partage de prairie, les achats issus de cheptels ayant récemment été en contact avec un IPI. Sans oublier des suspicions d’erreurs de qualification liées à des faux négatifs. Les remontées du terrain, suite à la mise en place du processus d’allégement, montrent que les éleveurs et les vétérinaires préfèrent le monitoring virologique : « Certes, il est plus coûteux que le monitoring sérologique, mais il est plus rassurant, car il permet de lever rapidement les craintes de réinfection. Et puis, comme pour l’instant il est soutenu financièrement et que le processus de certification est automatisé grâce à la centralisation des résultats d’analyses dans une base de données nationale, c’est confortable ». Le monitoring sérologique reste peu utilisé, surtout à cause de difficultés de mise en œuvre liées à la contention et aux pratiques de vaccination. « Il apparaît plus complexe, ce qui entraîne appréhension et réticence », indique Jean-Yves Houtain. Pour l’instant, le choix du monitoring est laissé au détenteur. « Mais il y a d’autres programmes à financer, donc les financements vont se réduire, ce qui va peut être inciter à aller vers la sérologie ». Les données disponibles ont aussi permis de modéliser l’évolution du nombre d’IPI, afin d’estimer à quel moment ils auront été éradiqués. « Les résultats sont peu rassurants, confie Jean-Yves Houtain. Surtout parce qu’il y a encore des cheptels où naissent des IPI alors qu’ils sont qualifiés indemnes ». Il nuance : « L’assainissement du cheptel a été moins rapide que prévu, mais la progression va dans le bon sens ». Le monitoring aura toujours un coût « Chez nous, c’est compliqué, mais ailleurs ce n’est pas facile non plus », constate Patrick Bastian, à l’issue de cette intervention. Il reconnaît que le système de prélèvement auriculaire constitue une garantie, et assure : « On ne forcera pas les éleveurs à arrêter du jour au lendemain. Mais pour le GDS, gérer les deux systèmes au choix de chacun va être un enfer ». Vétérinaire à Sarre-Union et éleveur, Jean-Philippe Weinstein donne son avis sur la question : « Lorsqu’on compare le coût du dépistage par virologie à la naissance et de la protection de la mère par vaccination, soit une quinzaine d’euros, au coût alimentaire quotidien, d’environ 2 €/j, et quand on connaît les conséquences financières de la maladie, on ne se pose pas de question très longtemps. » Un autre intervenant rappelle que, quel que soit le type de monitoring, il aura toujours un coût, mais qui reste inférieur au coût de la maladie. Enfin, des éleveurs s’inquiètent de voir les règles de dépistage s’assouplir. Pour eux, il n’aura alors « servi à rien d’injecter autant d’argent dans un plan d’éradication pendant quatre ans ». Ultime question de Philippe Caussanel, responsable du service Élevage à la Chambre d’agriculture d’Alsace : « Ne pourrait-on pas profiter du prélèvement auriculaire pour réaliser d’autres analyses ? » Histoire de rentabiliser le prélèvement ? Pour l’instant, ce n’est pas le cas en Belgique. Mais cela pourrait constituer une alternative aux deux procédés actuellement dans la balance.   Assemblée Générale du #GDS #Alsace Groupement de Défense Sanitaire. L'intervention du jour par Jean-Yves Houtain portera sur la #BVD @EAVPHR #lagricultureelleassure pic.twitter.com/G9IvZPoReT — Germain Schmitt (@germain_schmitt) March 3, 2020   A lire ausi : « « Le sanitaire doit être prioritaire » », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.  

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